DU TRAJET DE LA MEMBRANE PITUITAIRE. 28 J
un canal membraneux, étroit, oblique d’avant en arrière, qui mène dans le sinus ; son entrée est placée au-devant de l’ouverture que présente les os (34^), et est ordinairement cachée par une petite lame osseuse revêtue également par la membrane olfactive.
Sortie du méat moyen, la membrane pituitaire s’étend sur la surface convexe du cornet ethmoïdal , et forme, sur son bord libre , un repli assez lâche qui se termine postérieurement en pointe, mais qui n’augmente pas sensiblement l’étendue verticale de cette lame osseuse.
Parvenue dans le méat supérieur, elle s’enfonce dans les cellules ethmoïdales postérieures , qu’ellerevêt comme les anterieures; elle passe sur le trou sphéno-palatin , qui lui transmet une grande quantité de nerfs et de vaisseaux, et qui permet a une lame du périoste de 1<« fente pléry»o-
maxillaire de se joindre à elle.
Elle se porte ensuite à la voûte des fosses nasales , où elle tapisse la lame criblée de l’ethmoïde, dont elle ferme tous les trous, en sorte que les nerfs olfactifs viennent se terminer la a sa surface extérieure. En arrière elle recouvre le corps du sphénoïde et s’enfonce dans les sinus de cet os, en formant à leur orifice un repli qui les rétrécit plus ou moins suivant les sujets; en devant elle se réfléchit sur la surface postérieure des os du nez, passe sur les deux ou trois trous qui s’y trouvent, et y reçoit les vaisseaux qui les traversent : elle descend de lâ jusqu’aux ouvertures es narines, ou elle est garnie d’un assez grand nombre
e poi s , et ou elle se distingue par des particularités d’organisation fort remarquables.
Enfin, en quittant la voûte des fosses nasales, la ment-
forme P'tU,‘a,re drend SUr '* Cl0is0" qui les sépare , sans former aucun repl. , et arrive ainsi à l'endroit d'où nous 1 avons 1 ait partir.
E. De V Organisation de la Membrane pituitaire.
iç)52. Analogue aux autres membranes muqueuses par le fluide quelle fournit, la membrane pituitaire se continue avec plusieurs d'entre elles, c est-a-dire avec celles des organes de la digestion et de la respiration , et avec la conjonctive oculaire. Elle tapisse aussi, comme elles, l’intérieur d’une cavité qui communique avec la peau par des ouvertures que cette çnveloppe présente à la surface du corps. Mais elle diffère spécialement des autres organes du même genre par une épaisseur plus considérable et par une mollesse plus grande. Elle mérite véritablement l’épithète de veloutée.
1958. La couleur de la membrane pituitaire varie dans les divers points de son étendue, où elle paroît tantôt blanche et tantôt rouge : c’est cette dernière teinte qui prédomine tant qu’elle ne s est pas introduite dans les sinus , et elle est beaucoup plus intense que dans les autres membranes muqueuses , même que dans celles de 1 estomac et des intestins grêles. Cette couleur rouge de la membrane pituitaire tient au sang qui y est en éta* de circulation , et non à une combinaison de ce fluide avec son tissu.
1954. Par rapport à sa disposition la plus générale, celte membrane ne peut être considérée comme une simple membrane muqueuse ; elle est formée évidemment de deux feuillets distincts , dont l’un est muqueux , tandis que l’autre , qui est fibreux , n’est autre chose que le périoste ou le périchondre des cavités nasales. L union de ces deux feuil-* lets est des plus intimes ; mais on peut très-facilement en reconnoître l’existence sur les cornets et surtout sur la cloison. En brisant celle-ci et en l’enlevant par fragmens,. on la détache de la portion fibreuse, qui adhère beaucoup plus à la membrane muqueuse qu’à l'os, ce qui est U contraire des autres portions du périoste, qui sont tresforiejîiept unies aux os et fort peu aux parties voisines.
ORGANISATION Î)E LA MEMBR. -PITUITAIRE. 2Üq
Lorsque la membrane a été ainsi enlevée , on peut bien reconnoitre son épaisseur considérable ; on la voit blanchâtre , solide , dense et résistante du côté des os ; spongieuse, molle et rouge du côté des cavités.
Le feuillet muqueux auquel appartiennent ces dernières qualités est spécialement formé par un chorion très -prononcé , et qui approche pour l’épaisseur de celui des gencives et du palais.
1955. En se desséchant , la membrane pituitaire devient transparente et très-ténue; elle se colle intimement à la surface des fosses nasales. Si alors on l’humecte, elle reprend en partie son aspect habituel. Sous l’influence de l’humidité , elle se putréfie avec facilité; elle prend d’abord une teinte giisâ're , et bientôt après on peut enlever la portion muqueuse de dessus la fibreuse, sous la forme d’une bouillie où toute trace d’organisation a disparu. L’acide sulfurique et le chlore lui donnent une teinte noirâtre. La potasse caustique la dissout, ou plutôt la saponifie avec une grande promptitude. Par 1 ébullition, elle devient épaisse, transparente , gélatineuse; elle se détache de dessus les os en se déchirant; elle se crispe, se roule sur ellenieme et acquiert un degré d’élasticité assez remarquable.
Ellese gonfle beaucoup par la macération ; mais , si avant de la soumettre à cette opération , on en a injecté les vaisseaux , et qu’on renouvelle souvent le liquide dans lequel elle trempe , la surface de cette membrane deviendra tomenleuse et se couvrira de villosités très-fortes et trèsprononcées , dont on ne peut au juste apprécier la nature ; elles sont extrêmement serrées dans les fosses nasales: mais , dans les différons sinus, on peut à peine les recounoitre. Bichat pense que leur base est nerveuse.
1956. Dans la plupart des autres membranes muqueuses, existe des glandes situées au-dessous du chorion ou même
ans son épaisseur, et qui versent sans cesse , par de petites ouvertures , une humeur mucilagineuse qui lubrifie leur
ago O II G A N £ S DE LA SENSIBILITÉ.
surface libre. Cette disposition est peu apparente dans la membrane pituitaire, mais elle y existe. On aperçoit quelquefois dans son tissu, la couche fibreuse étant enlevée, des granulations assez difficiles à distinguer , parce quelles sont très-serrées les unes contre les autres , et qui semblent former une véritable couche folliculeuse analogue à celle qu’on rencontre au voile et à la voûte du palais , mais qui est moins marquée que dans ces dernières parties. Dans d’autres circonstances, ce sont de véritables cryptes pulpeuses , épaisses, arrondies ou ovales , et ouvertes par un pore dans les fosses nasales : on en observe alors sur les deux côtés delà cloison, sur les cornets moyens et inférieurs, et dans les méats inférieurs , surtout près du pharynx. Leurs ouvertures sont constamment assez apparentes dans ces divers endroits. A la partie antérieure de la cloison, on voit même une vaste lacune transversale qui est commune à beaucoup de ces follicules, lesquels forment une couche de la largeur du petit doigt, d’un blanc rougeâtre et parallèle au plancher des fosses nasales; on en observe également quelques autres, mais moins prononcées, en arrière de la cloison aussi. Celte structure devient surtout très - apparente après une légère macération dans l’eau.
En outre , la duplicature de cette membrane , qui bouche l’entrée du sinus maxillaire , renferme une véritable glande d’une forme irrégulière , et couverte d’une quantité innombrable de petits vaisseaux excréteurs. Chez 1 homme , cet organe est beaucoup moins prononcé que dans les animaux, où il verse un fluide particulier a 1 aide d un canal trèslong et volumineux.
I9^7* Au reste> membrane pituitaire ne présente point une structure uniforme dans toute son étendue. Auprès des narines elle est bien moins rouge que lorsqu’on l’examine à une plus grande profondeur; elle y est beaucoup moins fongueuse; elle y est aussi plus mince, et
ORGANISATION de Là MEMBRANE PITUITAIRE. 2^ j pourtant plus dense : il en naît des poils en plus ou moins grand nombre, suivant les individus, mais toujours plus abondans et plus longs chez les personnes fortfes et vigoureuses. Ces poils , qu’on a nommés vibrissœ , placés à l’entrée des fosses nasales, tamisent, pour ainsi dire, l’air à son passage et empêchent l’introduction des corps étrangers dans ces Cavités. Ordinairement noirs etroides, ils sont souvent bifurques à leur sommet, et envoient de petits rameaux de chacun de leurs côtés. Ils ont les mêmes organes de génération que les poils qu’on observe dans les autres parties du corps. On leur distingue très-bien une capsule extérieure, épaisse , blanche , nacrée , aussi marquée que pour les poils du menton , laquelle renferme une gaine, enveloppe immédiate de la racine du poil, entourée à sa partie supérieure par des follicules sébacés infiniment plus petits que ceux des ailes du nez 5 l’intérieur de ces poils est aussi creusé par une espèce de canal cloisonné.
1958. Dans les sinus, la membrane pituitaire, entièrement privée de follicules, perd beaucoup de sa couleur rouge . dans 1 état habituel , ses vaisseaux ne paroissent presque point y contenir de sang. Son épaisseur y est fort peu marquée , surtout dans les sinus sphénoïdaux et dans les cellules ethmoïdalesj elle y ressemble à l’arachnoïde , et sa superficie n’est nullement fongueuse 5 on n’y rencontre point non plus profondément la couche dense et fibreuse qui dépend du périoste : aussi son adhérence aux parois des sinus est-elle fort légère.
J9^9- N°us avons déjà fait connoître l’organe essentiel de l’olfaction : c’est le nerf olfactif (i5o3) , qui vient s’épanouir dans la membrane pituitaire. Celte membrane reçoit en outre un grand nombre d’autres filets nerveux qui lüi sont fournis par le nerf nasal interne de l’ophthalmique (*%), Par le rameau frontal du même tronc (1Ô47), par le ganglion de Meckel (1761), par le grand nerf palatin
(i763) , par le nerf vidien (i 767) etpar le rameau dentaire antérieur du maxillaire supérieur ( 1 554)-
1960. Les artères de la membrane pituitaire sont fournies parles branches de l’artère maxillaire interne connues sous les noms de sphéno-palatine , de sous-orbilaire , d alvéolaire supérieure , de palatine , de ptérygo-palatine; par les branches sus-orbitaire et elhmoïdales de l’artère ophthalmique , par l’artère carotide interne, parla labiale supérieure et par les dorsales du nez. Ses veines sont peu connues : elles paroissent en général suivre le trajet des artères. Quelques-unes d’entre elles se réunissent avec celles du nez pour remonter par les trous dont les os de cette partie sont percés (259) vers le commencement du sinus longitudinal supérieur de la dure-mère (1469). Les veines sphéno-palatines vont se décharger dans les veines maxillaires internes. Quelques-unes de celles des sinus sphénoïdaux communiquent avec le sinus coronaire de la duiemère ( 1 474)- Les autres viennent s’ouvrir dans la veine angulaire.
Au reste, tous ces vaisseaux rampent presqu’à nu à la surface de la membrane -, il est à remarquer aussi qu’ils ne se ramifient presque pas dans son feuillet fibreux.
1961. Les vaisseaux lymphatiques de la membrane pituitaire ne sont presque pas connus; on en a cependant observé quelques troncs principaux qui accompagnent les vaisseaux sanguins, et vont se rendre dans les ganglions jugulaires.
1962. Du Mucus nasal. Pendant la vie , comme après la mort, la membrane olfactive est constamment enduite par une humeur inodore , mncilagineusc , épaisse, visqueuse, d’une couleur variable, le plus souvent un peu jaunâtre , légèrement salée, fade, peu soluble dans l’eau, même chaude. Elle forme une couche épaisse dans les endroits où la membrane est dépourvue d’épiderme , tandis qu'il y en a beaucoup moins là où cet épiderme peut la protéger,
comme à l’entrée des narines. Ce mucus est produit par les follicules de la membrane pituitaire, et varie en quantité dans les diverses circonstances de la vie.