‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 70 sur 161 · DU DERME · texte numérisé non relu

DU DERME

membrane est plus fine et plus blanche dans les femmes et les enfans, que dans les adultes et les hommes. Chez les vieillards , elle devient sèche et aride.

197g. La surface interne de la peau est unie aux diverses parties qu’elle couvre par un tissu cellulaire dont la nature et la disposition ne sont point les mêmes dans toute l’étendue du corps. Il est en général rempli de vésicules adipeuses (761) 5 mais, dans quelques parties, il en est absolument dépourvu , comme aux paupières , au scrotum, à la verge, etc. L’adhérence de la peau aux organes subjacens ne varie pas moins 5 elle est souvent peu marquée, comme au cou , au bas-ventre ; d’autres fois , cettemembrane fournit des points d’attache à des muscles, comme au front, au sourcil , à la paume des mains , etc.

1980. La peau est composée de trois couches bien distinctes : le derme ou corium, le corps muqueux réticulaire, et l’épiderme ou cuticule.

i°. Du Derme (Aipp*, Xopiov des Grecs),

198 t. C’est la partie la plus épaisse de la peau 5 sa teinte est blanche , sa force considérable : il repose au-dessus du tissu cellulaire graisseux , et est composé de fibres lamelleuses et d’alvéoles. Ceux-ci sont analogues à ceux qu’on observe dans le tissu cellulaire graisseux , et paroissent seulement plus petits. Les fibres lamelleuses sont formées d’une manière inextricable par du tissu cellulaire, des artères , des veines et des nerfs. Le tissu qui en résulte est plus ferme et plus dense extérieurement , plus épanoui et plus lâche intérieurement.

L’épaisseur du derme varie suivant les régions du corps, 1 âge et le sexe. Dans toute la partie postérieure du tronc, il a une épaisseur presque double de celle qu’il présente à sa partie antérieure. Aux mamelles , à la verge , au scrotum, aux grandes lèvres , il est remarquable par sa ténuité. Sa face interne ne se distingue du tissu cellulaire que par une

3oO OUGÀNES DE LA SENSIBILITÉ,

différence de densité ; sur toute la ligne médiane , excepté à la partie antérieure du cou , son adhérence est assez prononcée, quoique moins intime qu’à la paume des mains et à la plante des pieds. Cette même surface interne présente aussi des ouvertures par où des poils s’introduisent dans le derme pour le traverser ; ils ont à-peu-près un tiers de ligne de diamètre , et sont plus ou moins nombreux ; dans l’adulte on en rencontre ordinairement cent par pouce carré à la cuisse, < t deux cents au bras.

La surface extérieure du derme est, dans toutes ses régions , parsemée d’aspérités plus ou moins prononcées , qui sont séparées à la paume des mains et à la plante des pieds par des dépressions régulières j là, ces aspérités sont disposées en sillons parallèles , rectilignes , circulaires ou spiroïdes , et apparens à travers l’épiderme. Chacun d’eux est partagé en deux plus petits par un léger enfoncement longitudinal, forme d’une série de petites excavations au nombre de quatre ou cinq par ligne. On a nommé Papilles les aspérités du deime.

2°. Du Corps muqueux réticulaire.

ic)8>.. Il se compose de quatre couches bien distinctes, qui sont, de dedans en dehors, i°. un tissu vasculaire sanguin 5 2n. un tissu blanc ; 3°. un assemblage de petites granulations j 4°* utl autre tissu blanc.

iy83. La première Couche ( Bourgeons sanguins , Gaultier) est essentiellement formée par les vaisseaux de la peau, disposés en bourgeons qui surmontent les aspérités du derme , auquel ils sont peu adhérens , et qui , à la piaule des pieds et à la paume des mains , sont rangés dans l’ordre des sillons papillaires.

Chacun de ces bourgeons est formé de petits filamens rougeâtres qui partent isolément de chacune des aspérités qui existent sur le dos des sillons du derme. Ces filamens , au nombre de douze, quatorze ou dix-huit, s’élèvent à

3or

DE l'ÉPIDERME.

angle droit, et sont enveloppés d’un tissu assez blanc , comme parenchymateux, qui les réunit en un bourgeon conoïde, divisé jusqu’à sa base en deux parties à-peu-près égales. Légèrement flexueux, ils se repli ni beaucoup sur eux-mêmes , mais ne s’entrelacent jamais.

Des parties latérales de ces bourgeons partent de petites productions blanches qui pénètrent dans la seconde couche. De leur sommet s’élèvent un ou deux petits vaisseaux qui traversent l’épiderme et viennent s’ouvrir a la superficie de la peau.

i984- La seconde Couche ( Couche allé de profonde , Gaultier ) repose sur les bourgeons sanguins et dans les intervalles du derme qui les séparent. Dans l’enfoncement des sillons, on voit, apres une macération convenable , un très grand nombre de prolongemens cylindriques, régulièrement espacés , qui sortent de celte couche pour pénétrer dans l’épaisseur du chorion. Sa surface externe offre les mêmes saillies , les mêmes enfoncemens qu’on remarque sur l’épiderme.

1985. La troisième Couche {Gemmules , Gaultier) est chargée de matière colorante , brune chez le Nègre , d’un blanc opaque dans l’Européen. Elle semble composée d’une suite de petits corps convexes en dehors, concaves en dedans, et contigus entre eux. Leur nombre est égal à celui des bourgeons sanguins, car chacun d’eux correspond médiatement à un de ces bourgeons.

1986. La quatrième Couche ( Couche albide superficielle , Gaultier ) estblanche et d’une extrême ténuité. Elle forme une enveloppe membraneuse générale percée par les poils et adhérente à l’épiderme.

3°. De l Epiderme ou Cuticule ( Cuticula ).

1987. C est une enveloppe dense , imperméable , tout-à fait superficielle, etséparéedu derme par le corps muqueux réticulaire , à la quatrième couche duquel elle adhère par

3ôa or. G A NES DE LA SENSIBILITÉ.

sa surface interne. L’épiderme est d’une épaisseur variable, toujours en rapport avec le volume des bourgeons sanguins , et paroît formé de plusieurs couches superposées. C’est lui qui présente toutes les rides et tous les sillons dont nou3 avons parlé en décrivant la surface extérieure de la peau. Il est mince et transparent et inaltérable à l’air. Son tissu est ferme et serré ; mais sa structure intime est encore peu connue : il semble extérieurement composé d’un grand nombre de petites écailles placées les unes au-dessous des autres. Des vaisseaux exhalans le traversent sans s’y ramifier ; on n’y trouve ni nerfs ni vaisseaux sanguins.

1988. Les artères de la peau viennent par ramifications nombreuses et courtes de plusieurs troncs cachés dans fe profondeur des muscles ou dans leurs interstices. D’abord elles se divisent, et s’anastomosent dans le tissu cellulaire sous-cutané; puis elles pénètrent dans le derme pour se rendre dans la première couche du corps muqueux réticulaire ( 1 983) , d’où parlent , en outre , les radicules des veines de la peau, moins connues que ses artères , et probablement aussi des vaisseaux lymphatiques. Tous ces vaisseaux forment donc, au-dessus du derme, une couche dont nous avons parlé , et où leur ténuité est si grande qu’avec la pointe d’une aiguille on peut en léser plusieurs à la fois.

198g. Les nerfs de la peau sont très-nombreux et trèsdéliés, et ne peuvent pas être suivis au-delà du derme. Comment se terminent-ils ? Sont-ce véritablement eux qui constituent les papilles ? on l’ignore.

1990. Dans toute l’étendue de la peau, excepté à la paume des mains et à la plante des pieds , on trouve une fouledepetitsfollicules sébacés qui versent àsa superficieun fluide onctueux qui en entretient la souplesse , et la défend en partie contre l’action des corps extérieurs. Leur existence est liée constamment à celle des poils , en sorte que les endroits qui présentent le plus de ceux-ci , comme le crâne, le pubis, les aisselles , etc. , sont aussi ceux où on

DE LA BOUCHE

trouve le plus de ces follicules, dont les uns sont isolés, plus volumineux , utriculaires, et ont un canal excréteur très-court, tandis que les autres sont beaucoup plus petits , et agglomérés en couronne dans la capsule où se trouve renfermée la racine de chaque poil (i).

CLASSE SECONDE

ARTICLE PREMIER

§ Ier. De la Bouche , du Pharynx et de l’Œsophage, ou des Organes de la Mastication et de la Déglutition.

i°. De la Bouche (Zr6y.x des Grecs, Os des Latins).

1991. On entend par bouche une cavité à-peu-près ovale , comprise entre les deux mâchoires, interceptée latéralement par les joues , circonscrite en devant par les lèvres , en arrière par le voile du palais et par le pharynx, en haut par la voûte palatine , en bas par la langue. Sa direction est horizontale. Son diamètre vertical est exposé aux plus grandes variations , en raison des mouvemens de la mâchoire inférieure ; l’antéro-postérieur est plus fixe, et ne varie que par les mouvemens des lèvres ; le transverse est dans le même cas , parce qu’il est limité par les joues. Tous ces diamètres présentent en outre aussi de nombreuses différences individuélles. Les parois delà bouche et les divers organes quelle contient sont tapissés par une membrane muqueuse commune.

(l) La plupart des faits consignés ici pour l'histoire de la peau sont dus aux recherches de M. le docteur Gaultier, qui les a publiés dans une thèse

soutenue à la Faculté de Médecine de Paris , en i8n.

3o4 ORGANES DE LA DIGESTION.

a. Du Trajet de la Membrane muqueuse de la Bouche.

1992. En bas , elle commence sur le bord libre de la lèvre inférieure , dont elle tapisse la face postérieure , pour se réfléchir ensuite sur le corps de l’os maxillaire -, là , elle forme, au niveau de la symphyse du menton , un repli plus marqué en bas qu’en haut , et nommé le Frein de la lèvre inférieure : il se perd insensiblement sur celle-ci. Ensuite la membrane envoie dans chaque alvéole un prolongement qui affermit l’implantation des racines des dents , et se continue avec un feuillet membraneux qui tapisse ces cavités. Elle se porte de là sur la face postérieure du corps de l’os maxillaire inférieur , forme , au niveau de la symphyse , le frein de la langue (1970), recouvre , comme nous l’avons dit , toute la superficie de cet organe , gagne l’épiglotte , et se continue avec la membrane muqueuse du larynx (i384), et avec celle du pharynx.

1993. En haut, ellecommencesur le bord libre de la lèvre supérieure, forme, entre elle et les os maxillaires supérieurs, un/rem analogue à celui de la lèvre inférieure, gagne l’arcade alvéolaire supérieure, envoie un prolongement dans les alvéoles correspondans , passe à la voûte du palais dont elle bouche le trou antérieur et les deux trous postérieurs, reçoit les nerfs et les vaisseaux qui les traversent , et se réfléchit au-devant du voile du palais, sur le bord libre duquel elle se continue avec la membrane pituitaire (igûi).

1994. De chaque côté , cette membrane , partie de la commissure des lèvres , tapisse les joues, au milieu desquelles elle offre l’orifice du canal parotidien, et se porte sur les branches de l’os maxillaire inférieur, en formant un repli vertical au niveau de leur bord antérieur; tout-àfaiten arrière, elle se contourne sur les muscles glossostaphylins (993) et pharyngo -staphylins (990), pour former les piliers du vôile du palais, entre lesquels ell*

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