‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 72 sur 161 · DU PHARYNX · texte numérisé non relu

DU PHARYNX

constamment écartées, tandis que plus bas elles sont contiguës les unes aux autres.

2020. On peut distinguer plusieurs parois à la surface interne du pharynx. La postérieure , aplatie, n’offre rien de notable , et peut être aperçue au fond de la bouche quand on ouvre celle-ci. V antérieure présente en haut les ouvertures postérieures des fosses nasales, au milieu la face postérieure du voile du palais et de la luette, plus bas, l’ouverture gutturale de la bouche, la base de la langue, 1 épiglotte, 1 entrée du larynx , et enfin la face postérieure de cet oigane. Les deux latérales sont étroites} ou observe à leur partie supérieure le pavillon des trompes d’Eustachi ( i()o6), tout près des ouvertures des fosses nasales.

2021. En haut le pharynx est attaché dune manière solide à l’apophyse basilaire par l’aponévrose céphalo-pharyngienne , a laquelle se fixe une partie des fibres des muscles constricteurs supérieurs (ioa5)-, plus forte et plus dense au milieu que sur les côtés, elle constitue là à elle seule la partie résistante de l’organe. Elle se confond en bas insensiblement avec la membrane muqueuse.

2022. En bas, la séparation du pharynx et de l’oesophage est indiquée par un rétrécissement subit à l’extérieur, et bien remarquable par un changement de direction dans les fibres charnues.

b. Organisation du Pharynx .

2023. Couche musculeuse. Les muscles qui la composent sont les six muscles constricteurs , les deux stylo-pharyngiens (1029) , et les deux pharyngo-staphyïins (990): nous les connoissons déjà. Observons seulement que leurs fibres , plus ou moins obliques, forment des plans qui s’entrecroisent dans diverses directions.

202/j. Membrane muqueuse. Elle se continue en haut a^cla membrane pituitaire, au milieu avec celle de la

3 16 on G A. N ES UE LA DIGESTION,

bouche , en bas avec celles du larynx et de l’oesophage, et sur les côtés avec celles des trompes dEustachi. Apiès avoir recouvert l’aponévrose cephalo-pharyngienne et la paroi postérieure du pharynx , aux muscles de laquelle elle tient par un tissu cellulaire assez lâche, elle se prolonge sur le voiledu palais, se réfléchit sur ses piliers, s’enfonce dans les deux espaces qui séparent latéralement les cartilages thyroïde et cricoïde (1^89 ) , tapisse la partie postérieure de ce dernier, passe sur les côtés du larynx, et se trouve appliquée sur les muscles aryténoïdien , crico-aryténoïdiens postérieurs et thyro-aryténoïdiens ( i 'iSs).

Cette membrane a une teinte rouge très-prononcée; elle est lisse , dépourvue de villosités , et n offre que quelques inégalités dues à la présence des follicules mucipares. Elle a évidemment plus d’épaisseur en haut qu’en bas : elle est recouverte d’un épiderme très mince, et est plissée dans sa partie qui correspond au larynx. Elle est parsemee d une multitude de vaisseaux capillaires. Ses follicules sont plus abondans supérieurement qu’inférieurement; ils sont ovoïdes et assez volumineux ; leurs orifices sont fort apparens.

2025. Le pharynx reçoit de chaque côté deux artères principales , la pharyngienne supérieure et l’ inferieure , la première venant de la carotide externe , et l’autre de la maxillaire interne : les palatines inférieures et les thyroïdiennes supérieures et inférieures lui envoient aussi que ques ramifications. Ses veines se rendent dans les ju0u aires internes, dans les thyroïdiennes et dans les labiales. Ses vaisseaux lymphatiques se dirigent vers les ganglions placés près de la bifurcation de la veine jugulaire interne. Ses nerfs lui viennent des glosso-pliaryngiens , des pneumogastriques, et des ganglions cervicaux supérieurs et moyens, dont les filets entrelacés constituent le Plexus pharyngien (i5<,8).

D E l’üE S O P H A G E.

3°. De l'OEsophage (i) (Gula , OEsopliagus). a. Conformation générale.

2026. L’œsophage est un conduit musculo-membraneux qui s’étend depuis la partie inférieure du pharynx jusqu’à l’oritice supérieur de l’estomac; il commence par conséquent au cou vers la cinquième vertèbre , et se termine entre les piliers du diaphragme. Il a une direction verticale en général , mais il offre quelques inflexions partielles. A son origine , immédiatement au-dessous du pharynx , il est placé sur le trajet de la ligne médiane , qu’il abandonne au-dessous du larynx pour se dévier à gauche, en sorte que, tout- à -fait au bas du cou, il est situé derrière le côté correspondant de la trachée-artère. En entrant dans la poitrine, il se rapproche de sa direction primitive jusqu’à l’origine des bronches , où il la reprend tout-à-fait jusqu’au moment où il quille cette cavité: alors il se dirige de nouveau à gauche en pénétrant dans l’abdomen , où il se termine au bout d’un trajet fort court.

2027. Ce conduit est cylindroïde et légèrement comprimé de devant en arrière dans l’état de vacuité. Il est uni aux parties voisines par un tissu cellulaire extensible, trèslâche , et renfermant quelques ganglions lymphatiques.

2028. Dans sa portion cervicale , l’œsophage correspond , en devant et de haut en bas , au larynx, au lobe gauche du corps thyroïde, à la moitié gauche de la trachée-artère, aux vaisseaux thyroïdiens gauches inférieurs, dont il croise la direction , et au muscle sterno-thyroïdien ; en arrière au ligament vertébral commun antérieur et au muscle long du cou du côté gauche ; latéralement d’abord aux artères carotides primitives et aux veines jugulaires internes, et ensuite à droite à la trachée-artère, à gauche au nerf récurrent et à l’artère carotide de ce côté.

(1) R. R. 0“i t»,feroj et corne do ; c’est-à-dire, porte-manger,

202g. Dans sa portion thoracique , l’œsophage, entièrement renfermé dans le médiastin postérieur, répond en devant un peu à la trachée artère, puis en entier à la bronche gauche dont il croise la direction, et enfin à la base du cœur et cà la partie postérieure du péricar de ; en arrière à la colonne vertébrale , à la courbure de la veine azygos , au canal thoracique , et tout-à-fait inférieurement à l'aorte; latéralement, il avoisine les poumons, ayant l’aorte à sa gauche.

2030. Ce conduit est un peu plus large à son origine que dans le reste de son étendue, excepté cependant au moment où il se joint à l’estomac. Sa surface extérieure est lisse dans toute son étendue ; rougeâtre en haut , elle prend une teinte blanche en descendant; elle présente beaucoup de stries longitudinales parallèles. Sa surface intérieure est bien plus blanche que celle du pharynx ; elle oilre constamment des plis longitudinaux.

b. Organisation de l’OEsophage.

2031. Comme le pharynx , l’œsophage est composé par une couche musculeuse et par une membrane muqueuse.

2032. Couche musculeuse. Elle est plus épaisse et plus ' forte que la couche charnue du pharynx , et surtout que celles qu’on observe à l'estomac et aux intestins. Elle est formée manifestement de deux plans de fibres , l’un externe et l’autre interne. Les premières sont longitudinales , et semblent venir en partie des côtés du cartilage cricoïde, on sorte que, supérieurement et en airière, elles présentent un écartement où l’on voit à nu les fibres du plan interne. Celles-ci sont transversales, annulaires, souvent interrompues dans le cercle qu elles décrivent et moins rapprochées que les précédentes. Les plus élevées sont disposées par petits faisceaux distincts réunis par du tissu cellulaire ; elles ont une teinte rouge. Mais , dansle reste du conduit, les fibres des deux ordres sont serrées les uues

DE LOESOPHAG E. 3,^

contre les autres et ne sont point séparées par du tissu cellulaire ; leur rougeur diminue d’ailleurs beaucoup 5 elles finissent meme par devenir presque blanches.

Vers l’estomac, les fibres longitudinales s’épanouissent et divergent sensiblement , en sorte que, dans les intervalles de leurs faisceaux, on distingue parfaitement la membrane muqueuse intérieure. Elles se continuent sur l’estomac, tandis que les fibres circulaires cessent absolument.

Entre cette couche musculeuse et la membrane interne de l'œsophage , on trouve un plan de tissu cellulaire dense et serré, qui ne contient jamais de graisse.

2o32. jyfenibi ane muqueuse. Elle est molle, fongueuse, fine , assez mince et blanche , surtout inférieurement. Elle se continue en haut avec la membrane du pharynx, et non en bas avec celle de l’estomac. Dans toute son étendue et dans l’état de vacuité , elle offre des plis longitudinaux plus ou moins multipliés, dus à la contraction des fibres transversales de la couche musculeuse. Dans l’épaisseur de ces plis il y a des prolongemens du tissu cellulaire dont nous venons de parler, et auquel les anciens ont donné le nom de Tunique nerveuse.

2o3/p Les follicules mucipares de l'oesophage sont bien plus petits et beaucoup moins nombreux que ceux du pharynx. Us sont semés de distance en distance dans le tissu cellulaire intermédiaire aux deux couches qui le forment. Leurs orifices sont très-peu visibles. On lésa nommés quelquefois Glandes œsophagiennes.

2o35. Les arteres de l’œsophage sont en général peu considérables ; elles viennent au cou des thyroïdiennes inférieures ; dans la poitrine, des bronchiques cl de l’aorte directement; dans l’abdomen , des diaphragmatiques inférieures et de la coronaire stomachique. Ses veines aboutissent aux thyroïdiennes inférieures, à la veine cave supé- 1 ieure, aux mammaires internes, à l’azygos, aux bronchiques, aux phréniques et à la coronaire stomachique. Ses vaisseaux

lymphatiques vont se rendre aux ganglions qui 1 environnent. Ses nerfs lui sont donnés par les plexus pharyngien et pulmonaire (i6o4) , par les neifs cardiaques (1787)1 Par les ganglions nerveux thoraciques C 1 7 97^ ’ et surlout Pai les pneumo-gaslriques et leurs branches récurrentes (1602). Tous ces nerfs forment autour de lui un plexus considérable qui l’enveloppe jusqu’à l’estomac.

§ II. De r Estomac et des Intestins, ou des Organes de la Chymification et de la Chj UJication.

i°. De V Estomac (r a.a'zrp des Grecs, E entriculus des

Latins).

a. Disposition générale.

2o36. L’estomac, organe principal de la digestion, est un réservoir musculo - membraneux , tonoïde, allonge, courbé de devant en arrière et de bas en haut dans le sens de sa longueur, légèrement déprimé sur deux faces opposées, se continuant d’un côté avec l’œsophage, de 1 autie avec le duodénum, situé au-dessous du diaphragme, entre le foie et la rate, derrière les fausses côtes gauches, occupant , à la partie supérieure de l’abdomen , l’épigastre et une portion de l’hypochondre gauche, et destiné à fluidifier, à convertir en chyme les alimens avant de les tiansmettre aux intestins.

20^7. Le volume de ce viscère est très-exposé à changer dans les diverses circonstances delà vie, en sorte que bien souvent il n’est plus caché par les fausses côtes , mais qu il descend au-dessous d’elles , derrière les parois abdominales : c’est ce qui arrive en particulier lorsqu il est distendu par les alimens. E11 général aussi 1 estomac est plus ample chez les individus qui mangent beaucoup que chez les autres personnes.

DE LESTOMAC.

Son plus grand diamètre est transversal; le petit, qui est vertical, diminue graduellement en allant de l’oesophage vers le duodénum. Ses deux orifices sont considérablement rétrécis , et sont dirigés en haut et en arrière.

Sa direction est communément presque transversale, et seulement un peu oblique en bas , à droite et en avant , en sorte que son extrémité droite est un peu antérieure et inférieure à la gauche. Lorsque le viscère est rempli par les alimens, cette obliquité augmente encore, et l’estomac se rapproche de la direction verticale.

ao38. On distingue à l’estomac une surface extérieure , une surface intérieure, deux courbures ou bords , et deux extrémités, ayant chacune un orifice , l’une plus grosse à gauche , l’autre plus petite à droite.

De l'Estomac considéré à l'extérieur.

2039. Sa face antérieure , plus convexe que la postérieure , se tournant un peu en haut dans l’état de répletion, correspond , de droite à gauche , au lobe gauche du foie , au diaphragme et aux fausses côtes, et, dans letat de distension seulement , à la paroi antérieure de l’abdomen , dans une étendue plus ou moins grande. Sa direction est constamment oblique en bas et en avant.

2040. Sa face postérieure , aplatie , oblique comme la précédente, mais moins étendue qu’elle , regardant en bas pendant la réplétion du viscère , est toujours entièrement cachée dans l’arrière-cavité des épiploons , et se trouve en rapport avec le mésocolon transverse , et quelquefois même avec l’arcdu colon et le duodénum.

204 * • Ces deux faces sont lisses et polies, continuellement humides , parcourues par un grand nombre de vais-» seaux sanguins , et d’une couleur blanchâtre.

2042. Grande Courbure de V Estomac ( Bord colique , Chauss. ). On nomme ainsi l’endroit où les deux faces de

l’estomac se réunissent extérieurement en bas et en avant. Celle espèce de bord est convexe , et s’étend de i’un des orifices à l’autre; dans le voisinage de la rate et à gauche , sa convexité est plus marquée qu’ailleurs. Elle correspond au mésocolon transverse et à l’arc du colon ; elle se trouve , pour ainsi dire, logée dans un écartement des lames du feuillet antérieur du grand épiploon , en sorte que, dans l’état de vacuité, le péritoine n’est point exactement appliqué sur elle : c’est à cet espace que correspondent les artères gastro-épiploïques droite et gauche, et un certain nombre de ganglions lymphatiques.

A droite, la grande courbure de l’estomac forme une espèce de coude, lequel répond à un enfoncement intérieur, qu’on appelle \epetit Cul-de-sac. A gauche , elleoffre une saillie considérable nommée la Tubérosité ou 1 e grand Cul-de-sac de l' estomac ( Extrémité splénique, Chauss.), laquelle , placée au-dessous de l’orifice œsophagien , se prolonge dans l’hypochondre et sort de la direction générale du viscère. Elle augmente d’une manière marquée sa longueur, et correspond à la moitié antérieure de la face interne de la rate, à laquelle elle tient par un repli du péritoine qui loge les vaisseaux courts.

2o43. Telite Courbure de V Estomac ( Bord diaphragmatique, Chauss. ). Elle est concave et réunit les deux faces de l’estomac en haut et en arrière. Elle correspond à l’aorte, à la grande scissure et au lobule du foie , et s’étend d’un orifice à l’autre sans présenter ni dilatation ni cul-de-sac , ce qui fait qu’elle a des dimensions moins marquées que la courbure précédente. Mais, comme elle aussi , elle 11’est point revêtue immédiatement par le péritoine; elle s’enfonce en effet entre les deux lames de l’épiploon gastrohépatique, et est côtoyée par l’artère coronaire stomachique.

De la Surface intérieure de V Estomac.

2044. Elle est d’un blanc rougeâtre , comme marbrée , continuellement enduite d’une mucosité épaisse , et tapissée par la membrane muqueuse. Sa forme correspond parfaitement à celle que le viscère offre à l’extérieur : seulement on y observe des rides nombreuses et irrégulières qui disparoissent hors de l’état de vacuité. Elle est recouverte d’une humeur visqueuse très-abondante.

Des Extrémités et des Orifices de l'Estomac. -

2045. Du Cardia ou Orifice gauche ( Orifice œsophagien , Chauss. ). Il sépare à gauche les deux courbures, et se trouve placé au-dessous du diaphragme , et au-dessus du grand cul-de-sac , à la réunion des deux tiers droits et du tiers gauche de l’estomac : c’est lui qui reçoit la terminaison de l’œsophage. Il est environné par un cercle que forment l’artère et la veine coronaires stomachiques, et contourné par les extrémités des cordons œsophagiens des nerfs pneumo-gaslriques (i6o5). Il se trouve aussi en rapport avec une partie du lobe gauche et le lobule du foie , et avec le côté antérieur correspondant de la colonne vertébrale.

2046. Du Pylore (1) ou Orifice droit ( Orifice intestinal, Chauss.). Il est situé dans l’épigastre , plus bas et plus en avant que le cardia ; il termine à droite l’estomac , en formant le sommet du cône représenté parce viscère, et le fait communiquer avec le duodénum. Dirigé dans le sens des deux courbures à la fois, il commence par un évasement infundibuliforme , et se termine brusquement par un rétrécissement circulaire. Il monte en général en arrière et un peu à droite jusqu’à la réunion des deu£ scissures du

(1) R. R. nt/Mi , 'porte ; Oi/foç, gardien , c’est-à-dire portier ,

foie. Il correspond en haut et en devant au foie, en bas et en arrière au pancréas , en arrière directement à l’artère gastroépiploïque droite , à droite au col de la vésicule biliaire. Souvent il est coloré par la transsudation de la bile au travers des parois de cette vésicule , et toujours il est entouré par un grand nombre de rameaux vasculaires et de filets nerveux.

b. Organisation de l’Estomac.

20/(7. Les parois de l’estomac sont formées par trois membranes superposées , l’une séreuse , l’autre musculeuse, et la troisième muqueuse. Il entre en outre dans leur composition du tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs.

2048. Membrane ou Tunique séreuse ( Membrane capsulaire , Chauss. ). Elle est formée par le péritoine, et n’existe point le long des courbures , lorsque l’estomac est vide, comme nous l’avons déjà dit : il résulte de cette disposition que ce viscère, dans l’état de vacuité, n’est plus recouvert par des portions de péritoine qui étoient en rapport avec lui lors de sa distension par les alimens ou par toute autre cause, car alors il se prolongeoit entre les feuillets des épiploons, qui laissent dans tout son contour un espace libre circonscrit par des vaisseaux.

Au reste, jci comme dans le reste de son étendue, le péritoine est blanc, transparent, lisse, et lubrifié en dehors par un fluide séreux. Il est uni à la membrane charnue par un tissu cellulaire fort lâche sur les bords de l’estomac , mais très-serré dans la partie moyenne de ses deux faces , où il y a une adhérence intime.

20^9- Membrane ou Tunique musculeuse. Elle a fort peu d épaisseur, et diffère essentiellement en cela de la couche charnue du pharynx et de l’œsophage. Elle est composée de faisceaux de fibres musculaires blanchâtres et jamais rouges , molles, placées les unes à côté des autres ,

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