DE L’ESTOMAC
et dirigées dans trois sens différens. i°. Les unes, plus superficielles , sont longitudinales ; moins multipliées et moins uniformément répandues que les autres , elles sont la continuation du plan charnu extérieur de l’oesophage (ao3îî) , ce dont on peut facilement se convaincre en les examinant près du cardia, où on les voit s’écarter les unes des autres. Les principales forment un faisceau qui suit la petite courbure jusqu’au pylore-, un autre faisceau descend sur le grand cul-de-sac et se prolonge de même dans le sens de la grande courbure. Celles qui se répandent sur les deux faces cle l’estomac sont beaucoup plus courtes et irrégulièrement disposées. Quelques-unes d’entre ces dernières se rassemblent pourtant en deux petites bandelettes , l’une en devant, l’autre en arrière,, qui parviennent au pylore après un pouce de trajet environ. — 20. Les fibres du second genre , immédiatement subjacentes aux précédentes , sont circulaires, et appartiennent en propre à l’estomac; elles ne paroissent avoir aucune connexion avec celles de l’œsophage. Peu nombreuses au cardia, elles sont beaucoup plus multipliées dans le reste de l’organe , et surtout au milieu. Parallèles entre elles , elles ne font jamais entièrement le tour de l’estomac ; mais il est fort difficile de leur assigner des points d’origine ou de terminaison exacts. — 3°. Enfin les fibres du troisième genre sont obliques ; elles constituent deux larges bandes : l’une s’étend du côté gauche du cardia sur les deux faces de l’estomac , l’autre se prolonge du côté droit de ce même orifice sur Je grand cul-de-sac , où elle semble remplacer les fibres circulaires qui ne s’y rencontrent qu’en petit nombre.
Une couche de tissu cellulaire filamenteux, dense et serré, unit la membrane musculeuse à la membranemuqueuse : les anciens la nommoient improprement Tunique nerveuse.
2o5o. Membrane ou Tunique muqueuse (. M.folliculeuse , Chauss. ). C’est elle qui forme la face interne de l’estomac :
3s6 ORGANES DE LA DIGESTION,
fongueuse, molle , d’un blanc rougeâtre et comme marbrée, couverte de villosités qui semblent constituer un tissu lomenleux et coloré , continuellement enduite d’un fluide visqueux , inodore , abondant , elle présente des rides irrégulières , nombreuses et purement accidentelles , lorsque l’estomac est vide. Elle ne paroîl point du tout être une continuation de la membrane interne de l’œsophage; son aspect et son tissu sont entièrement différens; on aperçoit même une espèce de ligne de démarcation entre ces deux membranes. Les replis longitudinaux que forme celle de l’œsophage se terminent au cardia par autant de mamelons ou de tubercules. D’ailleurs, la membrane muqueuse de l’estomac est plus épaisse que celle de l’œsophage, qui n’est pointcouverte de, villosités.
2o5 i . Entre les tuniques musculeuse et muqueuse de l’estomac, et le long des deux courbures seulement, on observe des follicules mucipares, d’un petit volume , et ouverts au-dedans du viscère par des orifices enfoncés et peu apparens ; on les appelle communément Glandes de Bfunner, du nomd’un anatomistequilesa décrits le premier.
ao52. A l’endroit où le pylore présente le moins de largeur, on trouve intérieurement un bourrelet circulaire , aplati, et perpendiculaire aux parois de l’orifice : on l'a nommé improprement Valvule du pylore . C’est simplement un repli des membranes musculeuse et muqueuse de l’estomac , qui répond par une de ses faces à la cavité de celui-ci, et , par l’autre, à celle du duodénum; et dont la petite circonférence est mince , libre et flottante, de manière à circonscrire une ouverture étroite par où les alirnens passent dans les intestins. Mais sa grande circonférence est formée par un anneau fibreux particulier, solide, blanc , et placé entre les deux membranes précitées : cet anneau est le Muscle, pylorique de quelques auteurs,
2o53. Les artères de l’estomac sont très-nombreuses et très-grosses , relativement au volume de l’organe et à l’é-
U u duodénum. 027
paisseur Je ses parois. Elles proviennent des deux gastroépiploïques , de lapylorique , de la coronaire stomachique et de la splénique. Elles rampent d’abord dans le tissu cellulaire intermédiaire aux tuniques péritonéale et charnue; mais leurs divisions secondaires traversent celle-ci , et leurs dernières ramifications vont former un réseau très-fin et trèsdélié dans l’épaisseur de la membrane muqueuse. Ces artères sont extrêmement flexueuses , à cause des changemens de volume auxquels est exposé l’estomac.
Les veines de l’estomac portent le même nom et suivent la même marche que ses artères. Elles versent leur sang dans le tronc de Ja veine porte , ou dans une de ses principales branches. Comme les artères , elles s’anastomosent entre elles un grand nombre de fois.
2o54- Les vaisseaux lymphatiques de l’estomac naissent à sa surface interne ou à sa surface externe, et présentent pour la plupart leurs troncs principaux au-dessous du péritoine. On peut les rapporter à trois ordres ; ils se rendent particulièrement dans les ganglions placés le long des deux courbures , comme nous aurons soin de le faire connaître plus tard.
2o55. Les nerfs de l’estomac viennent particulièrement des nerfs pneumo-gastriques (1606), et des trois divisions du plexus cœliaque (1808).
a0. Du Duodénum (1) ( Ventriculus succenturiatus de quelques auteurs}.
a. Conformation et disposition générale.
4o56. Le duodénum, par lequel commencent les intestins proprement dits, succède immédiatement à l’estomac; moins volumineux que lui , il a cependant un calibre plus
(1) Ce noin lui vient de ce qu’on évalué ordinairement sa longueur ît duusotravers de doigt.
considérable que celui du reste du canal digestif, et est susceptible dune très-grande dilatation. Il occupe la partie moyenne profonde de l’abdomen , où il se trouve caché par le mésocolon transverse ou par l’estomac.
2oo y . La direction du duodénum est telle qu’on peut le partager en trois portions : la première, qui a deux pouces environ de longueur, commence à la valvule du pylore (2062) , marche horizontalement. en arrière et à droite , et finit près du col de la vésicule biliaire, en se réunissant angulairement à la seconde , qui a une longueur variable , et qui descend verticalement et un peu à gauche jusqu’à la troisième vertèbre des lombes. La dernière enfin se continue insensiblement, et sans former d’angle, avec la seconde; elle se porte transversalement à gauche , au-devant deda colonne vertébrale, et finit en se dirigeant en haut et en avant , vers l’extrémité supérieure du mésentère , au-dessus des vaisseaux mésentériques supérieurs, qui en croisent la direction, et qui se trouvent embrassés dans une sorte de courbure particulière qu’elle leur offre.
La première portion est tapissée , dans la plus grande partie de son étendue, par le péritoine, et est en rapport avec l'épiploon gastro-hépatique; souvent elle est teinte en jaune par la transsudation de la bile. La seconde n’a d’autres rapports avec le péritoine que celui d’ètre recouverte par le feuillet supérieur du mésocolon transverse. La troisième est renfermée entre les deux lames de ce repli.
D’après cette disposition, le duodénum forme une espèce de demi-cercle qui circonscrit le pancréas, et a sa concavité à gauche et sa convexité à droite : il ne paroît maintenu d’une manière fixe que dans ses deux tiers inférieurs.
2o58. Les rapports du duodénum avec les organes environnans sont les suivans : en haut , il répond au foie et à une partie du col de la vésicule du Gel ; en bas , il est borné par le feuillet inférieur du mésocolon transverse; en de-
nîJ DUODÉNUM. 32CJ
vaut , il est recouvert par le feuillet supérieur de ce repli inférieurement, et par l’eslomac et l’extrémité droite de l’arc du colon supérieurement-, en arrière , il est appliqué sur les parles antérieure et latérale droite de la colonne vertébrale , sur le rein droit , sur la veine cave inferieure , l’aorte et le pilier droit du diaphragme. Par tout son côté interne il embrasse le pancréas , dont il est séparé en bas par les vaisseaux mésentériques supérieurs. Son côté externe est plongé dans le tissu cellulaire sous-péritonéal , entre le rein et le colon lombaire droits.
aoÔg. La surjace intérieure du duodénum est muqueuse comme celle de l’estomac ; on y voit une multitude de replis circulaires fort rapprochés les uns des autres : ce sont les Valvules conniyentes ; la seule membrane muqueuse les forme , et leur existence est constante dans tous les états du duodénum. Elles ont trois ou quatre lignes de saillie dans l’intérieur de la cavité de l’intestin -, quelquesunes sont obliques et s’entrecroisent avec celles qui les avoisinent; leur longueur n’est pas la même dans toutes ; elles ne forment jamais des cercles entiers ; elles en représentent seulement des aies qui embrassent la moitié , les deux tiers ou les trois quarts de l’intestin , et dont les extrémités, qui se terminent en pointe, s’avancent inégalement au-delà les unes des autres : leur largeur ne varie pas moins que leur longueur. On leur assigne l’usage de retarder le cours des substances alimentaires pour favoriser l’absorption du chyle.
2060. On trouve encore dans l’intérieur du duodénum , au point de réunion des seconde et troisième courbures , un petit tubercule , au sommet duquel on observe les orifices réunis ou isolés des conduits cholédoque et pancréatique.
2061. En bas, le duodénum se continue avec l’intestin grêle , sans ligne de démarcation bien sensible.
or, G A N E S DE LA DIGESTION.
h. Organisation du Duodénum.
2065. D’après ce que nous avons dit tout-à-l’heure , on sait déjà que le duodénum n’est point, comme l’estomac, revêtu d’une membrane séreuse ; le péritoine 11’est appliqué sur lui que dans une petite partie de son étendue , et seulement en avant. C’est au défaut partiel de cette tunique que cet intestin doit la faculté de se dilater, au point d’acquérir presque le volume de l’estomac.
2o63. Membrane charnue. Elle est assez épaisse; toutes ses fibres sont transversales ou circulaires, et ressemblent beaucoup à celles de l’estomac. La couche de tissu cellulaire dense et solide qui l’unit à la membrane muqueuse a été aussi appelée Tunique nerveuse par les anciens.
so64- Membrane muqueuse. Elle est rougeâtre , trèsmolle , fongueuse , villeuse et comme tomenteuse. C’est elle qui forme en se repliant les valvules conniventes. Elle partage tous les caractères de la membrane interne de l’estomac et se continue véritablement avec elle i^2o5o). Entre elle et la précédente , on rencontre une grande quantité de follicules muqueux , aplatis , et dont les orifices sont plus visibles qu’à l’estomac.
2o65. Les artères du duodénum sont très-nombreuses , et proviennent de la mésentérique supérieure , de la pylorique , des pancréatiques , des gastro-épiploïques. Ses veines leur correspondent absolument. Ses vaisseaux lactés et lymphatiques se portent dans les ganglions placés audessus du pancréas. Ses nerfs lui viennent du plexus solaire (1808),
3°. De ï Intestin grêle (Intestinum tenue).
a. Conformation et disposition générale.
•2066. L’intestin grêle , auquel aboutit le duodénum , est la portion la plus longue des voies digestives. Il forme une grande courbure générale dont la concavité tient au mésentère , tandis que la convexité est libre et flottante, et il est en outre plié et replié un grand nombre de fois sur lui-même en difïérens sens , ce qui produit des contours auxquels on a donné le nom de Circonvolutions.
2067. Toutes ces circonvolutions , dont la convexité est tournée en devant , et dont la concavité regarde en arrière vers la colonne vertébrale , rapprochées les unes des autres , constituent une masse considérable qui occupe , dans l’abdomen , l’ombilic, l’hypogastre, une partie des flancs, des régions iliaques et de l’excavation du bassin. Cette masse est circonscrite de tous côtés par les gros intestins , c’est-à-dire, supérieurement parle mésocolon transverse et l’arc du colon , qui la séparent de l’estomac, du pancréas, du foie et de la rate; à droite par le coecum et le colon ascendant; à gauche par le colon descendant et l’S romaine de cet intestin. En devant, l’intestin grêle est recouvert par le grand épiploon , et souvent sur les côtés il passe sur les deux portions lombaires du colon , et correspond ainsi directement à la paroi antérieure de l’abdomen.
2068. L’intestin grêle commence au-dessous des vaisseaux mésentériques supérieurs , du côté gauche du mésocolon transverse , et se termine dans la région iliaque droite , en s’ouvrant dans le cæcum. Il résulte de là que sa direction générale est oblique de haut en bas et de gauche à droite. Sa longueur est considérable, et égale à-peu-près quatre ou cinq fois la hauteur totale du corps : aussi beaucoup d’anatomistes ont-ils voulu le partager en deux portions, mais sans pouvoir assigner à chacune d’elles des li-
IUJles ^xes et distinctes. De ces deux portions, l’une, su. peneure, a été nommée Jéjunum , parce qu’on la trouve ordinairement vide ; l’autre est appelée Iléon. Le jéjunum occupe les deux cinquièmes supérieurs de l’intestin grêle, et l’iléon le reste de son étendue. On voit assez combien une pareille division est arbitraire et peu fondée.
2069. L’intestin grêle offre un calibre bien moins marqué que celui des autres parties du tube digestif. Il paroît cylindrique lorsqu’il est distendu : sa coupe transversale est elliptique quand il est vide : il est au reste plus large supérieurement qu’inférieuremenl. Toute sa surface extérieure est parfaitement lisse , excepté sur son bord postérieur où elle est dépourvue de péritoine et logée entre les ceux feuillets du mésentère: il est rare qu’elle présente des appendices graisseux , comme il en existe sur les gros intestins, Sa surface intérieure offre le même aspect que le duodénum (2059) : °n y voit des villosités multipliées , disposéessous la foi me de franges plus ou moins saillantes, et cîes valvules conniventes extrêmement prononcées. Mais celles-ci sont d autant plus nombreuses qu’on examine I intestin plus près du duodénum; elles vont, au contraire, en diminuant progressivement à mesure qu’on s’approche du cæcum.
b. Organisation clc l’Intestin grêle.
2070. Membrane ou Tunique séreuse, et Mésentère (1). Le péritoine recouvre la surface entière de l’intestin grêle, excepté au niveau du bord postérieur , où il s’adosse contre lui-même pour se prolonger en arrière par deux feuillets <iui constituent le mésentère, et qui laissent entre eux et 1 intestin , au moment de leur rapprochement, un espace ti langulaii e tout-à-fait semblable a celui qui règne le long
(i) K. R. Mi«t , au milieu , moyen ; svlipov , intestins.
T) E l’iHTESTlN GRÊLE. 3.Î 3
des courbures de l’estomac. Dans cet espace , l'intestin n’adhère point au péritoine, ce qui favorise singulièrement sa dilatation.
Quant au mésentère lui-même , on peut le considérer comme un repli du péritoine qui suspend et retient en position l’intestin grêle. L’un de ses feuillets se continue en haut avec le mésocolon transverse; l’autre se fixe en bas à la colonne vertébrale, dans le trajet d’une ligne qui descend de gauche à droite , depuis le côté gauche du corps de la seconde vertèbre lombaire jusqu’à la fosse iliaque droite. Etroit dans la plus grande partie de son étendue, il est très-large antérieurement, près de l’intestin : c’est évidemment cette inégalité dans les dimensions du mésentère qui est la cause de l’existence des circonvolutions de l’intestin grêle : aussi l’a-t-on comparé, avec assez de justesse, à un morceau demi - circulaire de peau de chamois, dont le grand bord aurait été tiraillé et fort allongé en sens contraire. Ce bord en effet correspond à toute la longueur de l’intestin grêle , tandis que le postérieur n’est pas plus étendu que la portion lombaire de la colonne vertébrale.
Le mésentère contient, entre les deux lames qui le forment, une grande quanlitéde ganglions lymphatiques, plus volumineux chez l’enfant que dans l’adulte , et fort irrégulieiement disposes dans une couche très-épaisse de tissu cellulaire toujours chargé de graisse. On y trouve en outre les troncs et les branches des vaisseaux mésentériques et les plexus nerveux qui les accompagnent, ainsi qu’un grand nombre de vaisseaux lactés et lymphatiques.
207 1 . Membrane ou f unique musculeuse. Elle est moins épaisse que celle du duodénum ; ses fibres sont pâles et peu apparentes. Les superficielles sont longitudinales , trèsminces , peu nombreuses , et rassemblées surtout le long du bord convexe del intestin : il s’en faut pourtant de beaucoup qu’elles en parcourent toute l’étendue; elles sont interrompues d’espace eu espace, et semblent composées de
fibres plus courtes dont les extrémités s'enlre-digilent.. Les profondes forment un plan plus prononcé ; elles sont courbées dans le sens transversal de l’intestin 5 mais aucune d’elles n’en fait entièrement le tour : elles sont interrompues comme les longitudinales.
La membrane musculeuse est unie au péritoine par une couche de tissu cellulaire fort mince en général, mais assez épaisse et lâche du côté du mésentère. Elle est séparée de la membrane muqueuse par une autre couche de tissu cellulaire plus dense et plus serré, qui continue la Tunique nerveuse des anciens , dont nous avons déjà parlé.
2072. Membrane ou Tunique muqueuse. Elle est blanchàlre et plus épaisse que dans l’estomac. INous avons indiqué les valvules conniventes qu’elle forme en se repliant sur elle-même (2067). Ses villosités, excessivement nombreuses et très-apparentes, sont minces, flexibles, et rassemblées en pelotons ou en franges. En les examinant au microscope, on reconnoît que chacune d’elles est terminée par une ampoule ovalaire percée d’un petit trou , que Lieberkuhn regarde comme l’entrée d’un vaisseau lacté. Les parois de cette ampoule sont tapissées d’un réseau artériel et veineux très-fin et très-serré. Les intervalles qui existent entre ces villosités sont garnis d’un grand nombre de follicules muqueux, désignés ordinairement sous le nom de Glandes de Pejer , et qui font une légère saillie en dedans de l’intestin. Ils sont plus multipliés du côté du mésentère * que par-tout ailleurs 5 leur forme est ronde ou ovale ; on eu trouve aussi davantage dans la région inférieure de l’intestin.
2073. Les artères de l’intestin grêle viennent de la convexité et de la branche de terminaison delà mésentérique supérieure. Ses veines vont s’ouvrir dans la veine porte. Ses vaisseaux lactés , plus nombreux en haut qu’en bas , vont aboutir aux ganglions du mésentère. Ses nerfs naissent du plexus mésentérique supérieur (1822).
DU COECUM.
4°. Du gros Intestin (Intestinum crassum) , ou du Cæcum
et du Colon.
A . Du Cæcum ( i j .
a. Conformation et disposition generale.
20^4* Le cæcum , placé entre la fin de l’intestin grêle et le commencement du colon, dans la fosse iliaque droite , qu i! remplit presque en entier, a été ainsi nommé parce qu’il se prolonge inférieurement sous la forme d’un culde-sac. Son volume est souvent triple de celui de l’intestin grêle , et surpasse celui du colon et du rectum. Sa longueur est de trois ou quatre travers de doigt à-peu-près, et on ne sauroit lui assigner d’autres limites pour le distinguer du colon , que la terminaison de l’intestin grêle. Il a presque l’apparence d’un prisme triangulaire irrégulier; sa surface extérieure offre des bosselures très-volumineuses , disposées sans ordre, et interrompues en trois endroits par des enfoncemens longitudinaux très-marqués , et formés par la réunion des fibres charnues longitudinales. L’un de ces enfoncemens est antérieur; les deux autres sont postérieurs; mais 1 un est tourné à droite et l’autre à gauche.
La surface extérieure du cæcum est au reste en rapport en avant avec les parois de l’abdomen , en arrière avec les muscles psoas et iliaque du côté droit, en dedans avec l’intestin grêle, dont il reçoit l’extrémité inférieure, qui s’y insère en formant un angle aigu en bas et obtus ou presque droit en haut. On observe dans cet endroit une rainure circulaire plus profonde et plus marquée en bas qu’en haut.
2oy5. Le cæcum est surmonté de plusieurs appendices formes par des replis particuliers du péritoine et remplis de graisse. Leur nombre , leur forme et leur volume sont également indéterminés. En bas, à gauche et en avant , on en
(i) Ccccus f aveugle.
voit naître constamment un appendice particulier, de mêmff nature que lui : c’est Y Appendice vermiforme ou cœcal. De la grosseur du tuyau d’une plume à écrire , d’une longueur variant de deux à quatre pouces , cylindrique , ilexueux et replié sur lui-même, libre’dans presque toute sa circonférence , cet appendice est assujetti à droite contre le cæcum par un repli du péritoine. Sa surface est libre, polie , blanchâtre, parcourue par quelques vaisseaux. Il est creux intérieurement dans toute son étendue et communique avec la cavité du cæcum. Ses parois sont fort épaisses, et il est habituellement rempli par un fluide muqueux. Dans le fœtus, l’appendice vermiforme est remarquable par son grand développement. On en ignore absolument les usages.
2076. A l’intérieur, le cæcum est tapissé par une membrane muqueuse sur laquelle nous reviendrons. Il présente trois saillies longitudinales qui répondent aux trois enfoncemens extérieurs précités (2074) 1 et des demi-cellules occupant leurs intervalles, séparées par des replis transverses, et formant au dehors les bosselures que nous avons également mentionnées. En bas et en arrière on voit l’entrée de l’appendice vermiforme , toujours libre et béante, et un peu évasée-, et à gauche l’orifice de l’intestin giêle et la } nivale iléo-colique ou de Bauhin. Cette valvule , destinée à empêcher le retour des matières excrémentitielles du cæcum dans l’intestin grêle, est elliptique, large, molle, épaisse, sans soutien, et dirigée transversalement. Suivant son grand diamètre, elle est divisée par une fente qui la partage en deux lèvres réunies par leurs extrémités, adhérentes par leur bord convexe , et flottant dans le cæcum par leur bord concave. De ces deux lèvres , la supérieure, plus étroite, répond en haut au colon , et en bas à l’intestin grêle-, l’inférieure , plus large, regarde en haut ce même intestin grêle et en bas le cæcum. Leurs extrémités se réunissent et forment une ligne saillante de chaque côté , qui se tenu *o
OU COECUM. 33^
insensiblement dans la partie droite du cæcum. Morgagni a nommé ces espèces de rides Freins delà valvule de Bauhin.
b. Organisation du Cæcum.
2077. Membrane ou Tunique séreuse. Le péritoine recouvre en totalité la portion inférieure du cæcum, et en revêt la plus grande partie supérieurement : il le quitte pour se porter sur les parois de l’abdomen, sans former pour l’ordinaire aucun repli. Quelquefois néanmoins on en observe un plus ou moins prononcé et qu’on appelle Mésocœcum.
2078. Membrane ou Tunique musculeuse. Elle est ‘ composée de fibres longiludinales et de fibres circulaires.
Ces dernières noffrent rien de particulier et sont disposées absolument comme sur 1 intestin grêle. Mais les fibres longitudinales méritent de fixer I attention; elles sont réunies en trois bandelettes distinctes et sont moins longues que l’intestin lui-même, en sorte quelles l’obligent à se replier, à se raccourcir pour ainsi dire, et à présenter les bosselures que nous avons indiquées (2074). Ces bandelettes semblant naître de l’appendice veimiforme, et si on les coupe transversalement , on voit aussitôt le cæcum s’allonger, et les bosselures, les plis transversaux qu’il présentoil, disparoitre entièrement.
La couche de tissu cellulaire qui unit cette membrane à la suivante est plus épaisse que dans l’intestin grêle, mais ne présente du reste rien de remarquable.
2079. Membrane ou Tunique muqueuse. Ses villosités sont beaucoup moins apparentes que dans l’intestin grêle. Elle n offre presque plus de valvules conniventes , et contient une plus grande quantité de follicules mucipares ; mais ils sont isolés les uns des autres.
2080. La valvule iléo-cœcale est formée par la tunique muqueuse de 1 intestin giêle et par la couche cellulaire qui la tapisse , repliées sur elles-mêmes, de manière à faire
338 O 1t G A N F S U E L A DIGESTION,
saillie clans le eoecura avant de se continuer avec les membranes analogues de cet intestin et du colon. Il en résulte qu’elle est formée par quatre feuillets muqueux, deux pour chacune de ses lèvres, et que dans leur intervalle on trouve du tissu cellulaire. Mais, en outre, on observe dans lalèvre inférieure un plan défibrés charnues, blanchâtres et fortes, qui se continuent avec celles de l’intestin grêle.
2081. L’appendice vermiforme est absolument analogue au reste du cæcum pour sa structure. Seulement sa tunique charnue est très-épaisse et principalement formée de fibres longitudinales : c’est d’elle que semblent provenir les trois bandelettes de l’intestin , comme nous l’avons dit.
B. Du Colon (1).
a. Conformation et disposition generale.
2082. Le colon forme la partie la plus considérable du gros intestin. Il s’étend de la région iliaque droite à la gauche, depuis le cæcum jusqu’au rectum avec lequel il se continue, et en décrivant divers détours qui l’ont fait diviser en quatre portions : i° le Colon lombaire droit ou ascendant, 20 Y^4rc du Colon ou le Colon transverse ; 3° le Colon lombaire gauche ou descendant -, 4° l’*S du Colon ou le Colon iliaque gauche.
2oS3. Le Colon lombaire droit commence an cæcum et monte verticalement et un peu en arrière jusque vers le rebord des fausses côtes correspondantes. En devant , il est recouvert par le péritoine et par l’intestin grcle ; en arrière, il correspond immédiatement au muscle carré des lombes et au rein du côté droit; en dedans, il tient au feuillet inférieur du mésocolon transverse et aufenilletdroitdu mésentère (2070); en dehors , il est appliqué contre les parois abdominales. Son volume ne surpasse point de beaucoup
(»)' Kuacv des Grecs , de \u>hlu, ÿ arrête.
celui de l’intestin grêle. Sa mobilité est peu marquée, parce qu’il tient au rein et au muscle carré lombaire par une grande quantité de tissu cellulaire graisseux 5 cependant quelquefois le péritoine lui forme en arrière un repli plus ou moins lâche, qu’on nomme Mésocolon lombaire droit.
2004. Le Colon transverse occupe la région antérieure et inférieure de 1 épigastre , au-dessous de l’estomac, audessus de 1 intestin grêle , derrière le grand épiploon et devant le mésocolon transverse. Il se porte ordinairement directement d’un hypochondre à l’autre; mais quelquefois aussi il s’infléchit dans son milieu et descend dans la région ombilicale. L’est la plus longue et la plus grosse des quatre portions de cet intestin. Sa face supérieure est libre et lisse; elle correspond au foie et à la grande courbure de 1 estomac, qui avance plus ou moins sur elle; tout-à-fait a gauche, elle est en rapport avec la rate. Sa face inférieure, lisse et polie aussi , repose sur la masse de l’intestin grele. Son bord antérieur , convexe, donne attache au grand épiploon et se trouve en contact avec les parois de l'abdomen; le postérieur , concave, est embrassé par un repli du péritoine nommé Mésocolon transverse.
2ob5. Le Colon lombaire gauche commence au-dessous de la rate , et a la plus grande analogie , pour le volume , la hxite et les rapports, avec le colon lombaire droit. Comme lui il est placé derrière l’intestin grêle, et devant le rein gauche et le muscle carré des lombes, auxquels il est uni par du tissu cellulaire , ou par un repli du péritoine nommé Mesocolon lombaire gauche.
2086. Le Colon iliaque , d’un volume médiocre , trèsmobile et analogue sous ce rapporta l’intestin grêle, occupe profondément la fosse iliaque gauche, où il décrit um double coin bure en forme d’S. Il commence à la fin de la région lombaire gauche, et se termine au détroit supérieur du bassin, près de l’articulation sacro-vertébrale. Il
34o ORGANES DE LA DIGESTION.
est entouré dans presque tout son contour par le péritoine, qui le fixe en haut et en arrière , par un repli fort étendu et fort lâche , oblique de gauche à droite , et nommé Mésocolon iliaque. En devant il correspond à l’intestin grêle; en arrière, aux muscles psoas et iliaque gauches, ainsi qu’aux vaisseaux spermatiques et à l’uretère du même côté.
2087. D’après ce simple exposé, il est facile de reconnoître que le colon décrit dans l’abdomen un cercle qui en mesure presque toute la circonférence et qui contient les circonvolutions de l’intestin grêle ( 2067 ). Dans toute son étendue, cet intestin offre, comme le cæcum, des bosselures interrompues et produites par trois bandelettes charnues , longitudinales et déprimées ; mais ces bosselures , un peu moins prononcées qu’au cæcum, s’effacent presque entièrement dans la portion iliaque. Il présente aussi un très-grand nombre d’appendices adipeux, dus à des replis particuliers du péritoine , et tellement multipliés dans ses portions lombaires, qu’il en paroit comme enveloppé et qu’ils forment une couche continue. Il y en a moins sur le colon transverse et fort peu sur l’S iliaque; ils y sont d’ailleurs beaucoup moins volumineux.
2088. A l’intérieur, le colon offre la même disposition
que le cæcum.
b. Organisation du Colon.
2089. Membrane ou Tunique sei'euse. Elle est formée par le péritoine, qui , après avoir enveloppé l’intestin, le fixe aux parties voisines par différens replis qui tirent leur nom de la portion à laquelle ils appartiennent. Le plus: considérable de ces replis est le Mésocolon transverse , qui part du bord concave de l’arc du colon qu’il soutient, et. forme une cloison horizontale et mobile qui séparé la région épigastrique de l’ombilicale, et l’estomac, le foie et lai rate, de l’intestin grêle. Il est plus large dans son milieu t