DU COLON
qu’à scs deux extrémités , et a une forme à-peu-près demicirculaire. Il est composé de deux feuillets : l’un , inférieur, se continue avec le mésentère ( 2070 ) : l’autre , supérieur , se prolonge dans l’arrière-cavité péritoneale et recouvre une partie du duodénum. Dans l’intervalle de ces deux feuillets on trouve les vaisseaux et les nerfs destinés à l’arc du colon, ainsi qu’un grand nombre de ganglions lymphati jues. Entre eux et le bord concave de l’intestin, on observe un espace triangulaire vide, analogue à tous ceux que nous avons déjà signalés pour l’estomac et 1 intestin grêle. Ces deux feuillets, après s’être réunis sur le colon , vont donner naissance à la lame antérieure du grand épiploon.
Quant au Mésocolon iliaque , il varie beaucoup pour son étendue, et ressemble aux autres replis du même genre. Il est plus large à sa partie moyenne qu’à ses extrémités: il se continue supérieurement avec le mésocolon lombaire gauche, ou se termine en pointe derrière le colon, et inférieurement il est uni au mésorectum. Il renferme aussi , dans son épaisseur, des vaisseaux, des nerfs et quelques ganglions lymphatiques.
•ioç)o. Les Membranes musculeuse et muqueuse sont absolument les mêmes dans le colon que dans le cæcum ( 20^8 ).
209t. Les artères du cæcum , du colon lombaire droit et de la moitié du colon transverse sont fournies par la mésentérique supérieure. Celles du reste du colon viennent de la mésentérique inférieure. Les veines de ces deux intestins forment les deux mésaraïques et s’ouvrent dans la veine porte. Les vaisseaux lactés y sont moins nombreux que sur l’intestin giêie. Les nerfs sont donnés par les deux plexus mésentériques.
2092. La longueur totale du gros intestin est d’environ sept pieds dans un homme de moyenne stature; elle forme à-peu-près le cinquième de celle de l’intestin gièle. Au
reste, le gros intestin diffère essentiellement de celui-ei par un calibre plus considérable, parla réunion de ses fibres charnues longitudinales en trois bandelettes , par la présence d un grand nombre d’appendices adipeux, par la situation au pourtour et sur les côtés de l’intestin grêle , par son mode de connexion avec les parties adjacentes, et par l’origine, le nombre et la disposition de ses vaisseaux,
§ III. De V Intestin rectum 3 ou de V Organe de la
Défécation.
a. Conformation et disposition générale.
2093, Il occupela partie postérieure du bassin et termine les voies digestives. Il succède à l’S iliaaue du colon, et s étend depuis le côté gauche de l’articulation sacro-vertébrale jusqu au sommet du coccyx , où il s’ouvre à l’extés îeur. Il est un peu incliné de gauche à droite dans son origine; mais ensuite il suit presque verticalement le trajet delà ligne moyenne du corps. Il s’accommode à la courbure du sacrum, c’est-à-dire qu’il décrit une courbe dont la concavité générale est en devant. Souvent aussi il présente des inflexions latérales plus ou moins marquées. Il est cylindrique dans la plus grande partie de son étendue ; mais, près de son extrémité inférieure, il offre ordinairement un renflement plus ou moins considérable. Moins volumineux que le coecum et le colon , il est cependant susceptible d’une dilatation excessive, et ne présente à sa superficie ni bosselures ni bandelettes charnues. Seulement , dans 1 état de vacuité, il oflre quelques rides transversales irrégulières, dues à l'affaissement de ses parois.
2094. Fixe et immobile a sa place, le rectum a des rapports conslans et invariables, mais qui diffèrent suivant le sexe en devant seulement. Ainsi dans l’homme, en bas et en devant , il répond an bas-fond de la vessie , à la prostate, et aux vésicules séminales ; tandis que dans la femme
DE l’intestin RECTUM. 343
il est recouvert par le vagin , auquel il est uni par un lacis vasculaire très- considérable : c’est à cette union qu’on donne le nom de Cloison recto-vaginale. Mais, en devant et en haut, le rectum est recouvert par le péritoine dans les deux sexes, et est en rapport médiat avec l’utérus chez la femme et le corps de la vessie chez l’homme : sauvent une ou deux anses de l’intestin grêle se glissent entre lui et ces organes.
En arrière , et dans les deux sexes , le rectum est couché sur le sacrum et sur le coccyx, dont il est séparé par les vaisseaux et nerfs hypogastriques , renfermés dans un repli du péritoine large en haut, où il se continue avec le mésocolon iliaque, étroit en bas , et nommé Mésorectutn : louià-fait inférieurement il est en contact avecle muscle releveur de l’anus. Sur ses côtés, cet intestin n’a de connexions qu’avec le tissu cellulaire adipeux qui se trouve en abondance dans le bassin, et avec les muscles releveurs de l’anus.
20q5. La surface extérieure du rectum est lisse, polie, blanche; tapissée en haut par le péritoine, elle présente dans toute son étendue des stries verticales et parallèles , qui sont dues à la présence des fibres charnues longitudinales uniformément répandues sur tout son contour , et ressemble assez à l’oesophage considéré de même extérieurement. On y observe en outre les nombreuses anastomoses des vaisseaux hémorrhoïdaux, et quelques appendices adipeux vers la base du sacrum.
2096. La surface intérieure du rectum est ordinairement lisse dans sa moitié supérieure; mais, dans l’inférieure, on rencontre une certaine quanti té déridés longitudinales parallèles, plus épaisses auprès de l’anus, et d’une longueur variable. Ces rides, dontle nombre varie depuis quatre jusqu’à dix ou douze, et qu’on appelle les colonnes du rectum , sont formées par la membrane muqueuse et par la couche de tissu cellulaire subjacente. Entre ces colonnes, il existe presque constamment des replis semi-lunaires , membra-
neux , plus ou moins nombreux , obliques ou transverses , don je proqîiouanl esi dirigé de bas en haut du < ôlé de la ca\iié de l’intestin. Ces replis forment des espèees de la" curies dont le fond est étroit et tourné en bas. On trouve en outie en dedans du rectum les orifices de follicules muqueux qui se dirigent debaul en bas , et des villosités rougeâtres qui appartiennent à la membrane muqueuse.
2097. L 'extrémité supérieure du rectum s’abouche avec la fin du colon iliaque. L 'injérieure } très rétrécie, se termine par un orifice arrondi et plissé, auquel on donne le nom d 'Anus (1). L’anus est situé à un pouce environ audevant du coccyx : sur ses boids, la membrane interne de l’intestin se continue avec la peau , qui , là , est très-fine, garnie de plis rayonnés ,el ombragée d’une plus ou moins gi ande quantité de poils qui n’existent que chez l’homme adulte. Cette même extrémité est embrassée par le musc le sphincter de l’anus (1068) et par ses deux releveurs (1061).
b. Organisation du Rectum.
2098. Membrane ou Tunique séreuse. Le rectum en est entièrement privé dans sa partie inférieure, comme nous venons de le dite. Il n’en est point de même de sa région supérieure, derrière laquelle le péritoine forme même le repli nommé Mésorectum (2094). Dans l’état de dilatation considérable de la matrice , le péritoine , soulevé par ect organe, abandonne presque totalement le rectum. Chez l’homme, la distension de la vessie cause le même phénomène , mais à un moindre degré.
2099. Membrane ou 'Tunique musculeuse. Plus épaisse, que dans les autres intestins , elle a beaucoup d’analogie avec celle de l’œsophage. Sa face externe est séparée en haut du péritoine par une couche de tissu cellulaire grais-
(1) Bfaithx des Grecs,
DE L’IN TES TIW RECTDM. 345
seux; l’interne tient à la membrane muqueuse par un tissu cellulaire lâche et non graisseux.
Elle est composée de deux plans de fibres, les unes superficielles et longitudinales , les autres profondes et ci i calai fe s. Les premières prédominent d’une manière marquée dans les deux tiers supérieurs du rectum ; les secondes existent presque seules dans son tiers inférieur et près de l’anus. Les premières aussi ont une teinte blanche ; les secondes en acquièrent une rougeâtre, d’autant plus prononcée qu’elles sont plus inféi i 'ures. C’est ce qui fait que beaucoup d’anatomistes placent autour de la partie inférieure du rectum un anneau charnu auquel ils donnent le nom de Muscle sphincter interne de l'anus.
2100. Membrane ou Tunique muqueuse. Elle est analogue à celle du reste du conduit digestif : elle est seulement plus épaisse, plus ronge , plus fongueuse, et enduite d’une mucosité plus épaisse et plus abondante. Elle offre les rides , les lacunes , et les orifices des follicules dont nous avons déjà parlé. Ses villosités sont peu abondantes; elle ne présente aucune valvule connivente.
2101. Aucun intestin ne reçoit autant de vaisseaux san-
guins que le rectum eu égaid à son volume. Ses artères lui viennent de la mésentérique inférieure, de l’hypogaslrique etde la houleuse interne ; on lesdésignecolleciivementsous le nom d'artères hêmorrhoïdales , et on les distingue en supérieure , moyenne et inférieure. Ses veines se rendent en partie dans l’hypogaslrique, en partie dans la mésaraïque inférieure. Ses nerfs proviennentdes plexus sciatique (1724) et hypo-gastrique fi82{) (1).
(1) D’après l’ordre physiologique , nous devrions décrire ici les organes de l'absorption ; mais comme l’elude en est considérablement facilitée par celie des oi ganes de la circulation , nous eu renvoyons l’cx;.uien à la suite do çeux-ci.
CLASSE SECONDE
ARTICLE SECOND
§ Ier. Des Poumons (^veupoyeç, Pulmones ).
a. Conformation et disposition générale.
2102. Les poumons sont deux organes spongieux, cellulaires , expansibles, renfermés dans la cavité du thorax, séparés l’un de l’autre par les médiaslins et par le cœur 5 entourés par des membranes qu’on nomme plèvres , et destinés à faire subir à l’air et au sang qui les pénètrent les changemens sur lesquels est essentiellement fondé l'acte de la respiration.
Quoique les poumons soient séparés et distincts en apparence, ils sont pourtant réunis véritablement l’un à l’autre , puisqu’ils reçoivent l’air par un même conduit et que le sang leur est transmis par un seul vaisseau. Leur volume n’est point égal cependant; mais , en raison composée de la saillie du diaphragme à droite (85 1) causée par le foie , et de l’obliquité du médiastin à gauche , le poumon droit offre plus d’épaisseur que le gauche , qui , à son tour, a plus d’étendue verticale que lui. En totalité aussi le gauche est un peu plus petit.
Dans tous les cas, le volume des poumons est toujours exactement en rapport avec la capacité de la cavité du thorax ; il est d’autant plus considérable que celle-ci est plus ample. Ils suivent au reste très- exactement les mouvemens imprimés à ses parois, contre lesquelles ils sont toujours appliqués , et se dilatent et se resserrent comme elles. Aussi n’existe-t-il jamais aucun vide dans l’intérieur de la poitriue.