DES POUMONS
2103. Les poumons ont un poids proportionnel beaucoup moindre que celui des autres organes -, ils ne se précipitent jamais au fond de l’eau tant qu’ils sont dans leur état naturel, et cette légèreté provient de l’air qui en pénètre tout le tissu. Aussi , le plus ordinairement , dans les enfans qui n’ont point encore respiré , les poumons ne surnagent point au fluide dans lequel on les plonge.
Mais la pesanteur absolue des poumons varie beaucoup suivant les individus chez lesquels on les examine, ce qui peut dépendre de la plus ou moins grande quantité de sang qui s’y est arrêté au moment de la mort , ou d’un développement plus ou moins considérable. Remarquons aussi quo chez les enfans qui n’ont point respiré, les poumons sont* avec le poids total du corps , dans le rapport variable de 55 ou ^oà i , tandis que ce rapport est de afl ou 35 à i lorsque la respii’ation a été mise en exercice. Cet acte augmente donc de beaucoup leur pesanteur ; considération utile en médecine légale.
2104. La couleur des poumons , dans l’état sain et chez l’adulte, est d’un fauve pâle qui se rapproche plus ou moins du blanc ou du gris. On retrouve celle teinte à l'extérieur et à 1 intérieur de l’organe également. Mais il faut pour cela que le sang ne se soit point accumulé dans son parenchyme, car alors ou y observe une couleur d’un ronge foncé ou violet, uniformément répandue ou seulement dispersée par plaques, ce qui produit l’apparence du marbre. C'est pour cette raison que du côté sur lequel un cadavre a reposé, les poumons sont plus colorés que par-tout ailleurs. Au reste., la couleur fauve ou grisâtre des poumons est interrompue par de petites tâches noires oubrunes, irrégulièrement disséminées à leur superficie, et plus ou moins multipliées. Elles sont exactement circonscrites , et affectent en général une forme linéaire. Rarement elles sontisolées les unes des autres; quel ques - unes sont absolument superficielles; d’autres pénètrent plus ou moins profondément dans le
tissu des poumons ; il en est qui semblent bornées à la plèvre ou à la membrane qui enveloppe immédiatement ceux-ci, dans l’épaisseur desquels on en rencontre aussi. Buisson les regarde comme analogues aux ganglions lymphatiques des bronches. Elles ne commencent à se manifester que vers l’âge de dix à douze ans.
2105. De tous nos organes formés par des tissus solides, les poumons sont ceux qui dirent la densité la moins prononcée. On les comprime avec la plus grande facilité, et ils ne reviennent ensuite qu’incomplètcment à leur état primitif. Cependant, quoique llexibles et mous, ils ont des parois qui ne se déchirent qu’avec peine.
2106. La figure des poumons est assez difficile à déterminer; néanmoins on peut en général la rapporter à celle d’un conoïde très-irrégulier, dont la base est tournée en bas et le sommet en haut, et qui se trouve aplati en dedans. Le droit est divisé en trois lobes inégaux par deux scissures obliques; le gauche ne présente qu’une seule scissure et n’a par conséquent que deux lobes.
Lieui'Jace externe, convexe dans toute son étendue, surtout en arrière, et presque plane anléi ieurement , est libre dans toute son étendue et en rapport avec les parois de la poitrine, dont elle est séparée par le feuillet costal des plèvres. Lisse et polie, elle est constamment humectée par un lluide séreux. Sur le poumon gambe, elle offre une fente qui descend obliquement du bord postérieur à l’antérieur, et divise cet organe en deux lobes, un supérieur et antérieur plus petit, et l’autre inférieur et postérieur , plus grand : cette fente pénètre presque toute l’épaisseur de l’organe. Une semblable rainure est observée sur le poumon droit; mais chez lui le lobe supérieur est divisé en deux portions par une scissure secondaire dirigée obliquement ert bas et en dehors, et par conséquent en sens contraire de la grande, et qui varie beaucoup pour l’étendue et la profondeur. Dans les deux poumons, les lobes