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DES POUMONS

supérieurs , volumineux en haut, se terminent inférieurement en pointe, tandis que le contraire a lieu pour les lobes inférieurs, qui sont toujours plus gros. Dans le poumon droit, le lobe moyen est triangulaire; il présente son sommet en dehors et sa base en dedans; il est plus petit que les deux autres.

La face interne des poumons, plane ou légèrement concave pour s’accommoder à la saillie du cœur, est contiguë au médiastin , et correspond en arriéré à la colonne veitébrale. Vers le milieu de sa hauteur on voit l’insertion des bronches et des vaisseaux pulmonaires. Ses deux tiets antérieurs sont rnédialemenl en rapport avec le péricaide et avec le thymus.

Leur bord antérieur est mince, tranchant surtout inférieurement, oblique, sinueux, plus ou moins inégal, dirigé obliquement en bas et en avant, et echaneré du coté gauche seulement, pour recevoit la pointe du cœur.

Leur bord postérieur est épais, arrondi, presque vertical, et logé dans une gouttière que forment les côtes sur les côtés de la colonne vertébrale (94)*

Leur base , légèrement concave, repose sur la face supérieure du diaphragme (85 r ) , et est un peti oblique en bas et en dehors de chaque côté : elle est circonscrite par un bord tranchant et sinueux qui est logé entre les côtes et les insertions du diaphragme, et sur lequel on trouve la fin de la scissure inter-lobaire. Cette base est cependant formée spécialement par le lobe inférieur.

Leur sommet enfin, étroit, obtus, un peu bosselé, est situé au niveau de la première côte, qu’il surmonte souvent un peu.

b. Organisation des Poumons.

2107. Le tissu des poumons est très-complexe; il semble essentiellement composé des prolongemens et des ramifications successives des bronches, des artères et des

veines pulmonaires, qui s’accolent dans toutes leurs divisions, et sont soutenues dans leur assemblage par un tissu cellulaire très -fin, de manière à constituer une suite de lobules qui sont îecouverts et réunis par les plèvres, et parsemés de nerfs , de vaisseaux et de ganglions lymphatiques.

i°. Des Plèvres (Itteupai, Pleurœ-, Pleures , Chacss.).

2108. Les plèvres sont deux membranes minces, diaphanes, perspirables, qui revêtent intérieurement chaque côté de la poitrine, et se réfléchissent de là sur lun et 1 autre poumons. Comme toutes les membranes séreuses , à 1 ordre desquelles elles appartiennent, leur surface interne est dans un rapport continuel avec elle -même, et elles représentent ainsi chacune un sac sans ouverture. Par leur adossement elles forment les médiastins, et leur trajet est absolument Je même à gauche et à droite.

Parties des côtés du sternum, les plèvres se portent en dehors , tapissent la face interne des côtes , de leurs cartilages et des muscles qui occupent leurs intervalles , séparées cependant de ces derniers par les vaisseaux et nerfs intercostaux et par du tissu cellulaire adipeux; elles avancent ainsi jusqu a la colonne vertébrale, en se réfléchissant inférieurement sur le diaphragme, dont elles recouvrent la face thoracique , et supérieurement sous les premières côtes , derrière lesquelles elles forment une sorte de cul-de-sac, pour loger les sommets des poumons; vers les articulations costo-vertebrales , elles sont appliquées sur les ganglions nerveux thoraciques (1797) et sur leurs rameaux, puis elles se portent sur les parties latérales du corps des vertèbres.

Là, les deux plèvres se trouvent rapprochées l’une de 1 autre; mais cependant il reste entre elles un espace étroit

tlES PLÈVRES.

et irrégulièrement triangulaire, où sont logés l’aorle descendante, l’œsophage, la veine azygos, le canai thoracique, la partie inférieure de la trachée-artère, l’origine des bronches et un grand nombre de ganglions lymphatiques, le tout plongé dans du tissu cellulaire. Cet espace est le Médiastin postérieur, dont la direction est verticale et parallèle à celle de la colonne vertébrale.

Au-devant de cet espace, les plèvres, très-rapprochées l’une de l’autre ne se touchent pourtant point encore , mais elles se portent sur les côtés du péricarde, en recouvrent d’abord une petite étendue, et se réfléchissent sur la partie postérieure des vaisseaux pulmonaires et sur les poumons eux-mêmes : elles tapissent d’abord la face convexe de ceux-ci, leur sommet et leur base, en s’enfonçant profondément dans les scissures interlobaires. Elles reviennent de là sur leur face plane , sur la partie antérieure des vaisseaux pulmonaires , sur l’autre portion des côtés du péricarde, au-devant duquel elles se trouvent rapprochées de nouveau. Elles gagnent alors la face postérieure du sternum et le point d’où nous les avons fait partir, en interceptant entre elles un espace non parallèle au sternum , mais oblique de haut en bas et de droite à gauche , plus large inférieurement que supérieurement, très-étroit à sa partie moyenne , et représentant une espèce d’X dont les branches inférieures seroient plus écartées que les supérieures. Cet espace, qu’on nomme communément le Médiastin antérieur, loge en haut le thymus, et est rempli inférieurement par du tissu cellulaire graisseux qui communique avec celui de l’abdomen à travers un écartement des fibres du diaphragme , sur les côtés de l’appendice xiphoïde (8/[8). En abandonnant la partie antérieure du médiastin, les plèvres recouvrent les vaisseaux mammaires internes et un certain nombre de ganglions lymphatiques.

2109. Le degré d’adhérence de ces plèvres avec les or-

35a ORGANES DE LA RESPIRATION.

ganes subjacens n’est point le même dans loule leur étendue; on les détache facilement du sternum, des côtes, des muscles intercostaux et des côtés de la colonne vertébrale : elles sont unies d'une manière beaucoup plus intime à la surface des poumons : cependant on trouve entre elles et le parenchyme de llorgane une sorte de membrane assez dense, formée par du tissu cellulaire. Elles tiennent d’une manière lâche aux parties antérieure et postérieure des faces latérales du péricarde: mais , sur leur légion moyenne et au niveau des vaisseaux pulmonaires, elles sont extrêmement adhérentes.

ai io. La surface interne des plèvres est lisse, polie, humectée par de la sérosité , et libre de toute adhérence dans l’état naturel; celles qu’on y observe souvent sont constamment l'effet de quelque maladie. L’ébullition leur fait perdre leur transparence pour leur donner une teinte1 opaline, opaque. Sur les côtés du diaphragme, elles pré-’ sentent de petits appendices graisseux , analogues à ceux que nous avons signalés sur le gros intestin (2087) , et leur épaisseur est un peu plus marquée à la face postérieure de1 la poitrine qu’à l’antérieure.

2111. Les artères des plèvres leur viennent des intercostales, des mammaires internes , des diaphragmatiques,, des thyroïdiennes inférieures , des thymiques , des pér icardiques et des bronchiques. Les veines leur correspondent exactement. On y aperçoit une quantité prodigieuse’ de vaisseaux lymphatiques. On n’y a point encore poursuivi de filets nerveux.

DES CONDUITS AERIFÈltES DES POUMONS.

2°. Des Conduits aërifères des Poumons , ou de la Trachée - artère et des Bronches (Aspera - arteria et Bronchia).

a. Conformation générale.

2112. La trachée-artère (i) est un tuyau cylindroïde , fibro-cartilagineux et membraneux , un peu aplati en arrière , placé au-devant de la colonne vertébrale, depuis la partie inférieure du larynx jusqu’au niveau de la seconde ou de la troisième vertèbre du dos , dans le médiastin postérieur. Située le long de la ligne médiane du corps, symétrique et régulière dans toute son étendue, légèrement mobile et extensible, la trachée-artère a huit ou dix lignes de diamètre environ ; ce diamètre est le même dans toute son étendue , et ne varie que suivant les âges et quelques dispositions individuelles ; il est en général proportionné au volume des poumons.

2 1 1 3. Le côté antérieur de la trachée-artère , convexe , est couvert en haut par le corps thyroïde , par les veines thyroïdiennes inférieures , et par les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-thyroïdiens , dont il est séparé par une couche de tissu cellulaire lâche assez épaisse; en bas il est en rapport avec le thymus , la veine sous-clavière gauche , l’artère braehio-céphalique et la crosse de l’aorte. — Son côté postérieur , aplati , recouvre l’oesophage , et un peu à droite le corps des vertèbres, ce qui dépend de l’obliquité de T oesophage (2026). — Latéralement, elle avoisine les artères carotides primitives, les veines jugulaires internes, les nerfs pneumo-gastriques , et les rameaux de communication des ganglions nerveux cervicaux , qui en sont écartés par une masse de tissu cellulaire graisseux.

2114. A son extrémité inférieure, la trachée-artère se bifurque et donne naissance à deux conduits qui pénètrent

(0 Tp&Xtl* à. fin fia. , Aspera arteria.

ir.

354 OR G A ri ES UE LA RESPIRATION,

dans les poumons : ce sont les bronches , qu’on distingue en droite et en gauche, et qui s’écartent l’une de l’autre en se dirigeant en bas et en dehors, et en formant un angle presque droit. La Bronche droite est plus large , plus courte, plus horizontale que la gauche, et lui est un peu antéiieure. Elle pénètre dans le poumon à la hauteur de la quatrième vertèbre du dos , est embrassée, dans son trajet, parla courbure de la veine azygos et par l’arcade que forme la branche droite de l’artère pulmonaire. — La Bronche gauche , un peu moins volumineuse , mais plus longue et plus oblique , est embrassée par l’aorte, et par la branche gauche de l’artère pulmonaire.

Parvenues dans les poumons par le milieu de leur face interne, les bronches se divisent en deux branches , qui, après un très-eoutt trajet, se bifurquent elles-mêmes , et donnent ainsi des rameaux de moins en moins volumineux, qui prennent toutes sortes de directions et se comportent à la manière des artères. Ces ramifications semblent partager tout le tissu de l’organe en lobules séparés les uns des autres par du tissu cellulaire, et existent absolument dans tous ses points. Il est extrêmement difficile de les suivre jusqu’à leur dernier terme. Malpighi croit qu’elles se terminent par des vésicules arrondies et membraneuses , qui sont pédicellées suivant Willis. Sénac pense que les lobules des poumons sont composés de vésicules polyèdres , d’un sixième de ligne de diamètre, dans chacune desquelles un rameau des bronches vient s’ouvrir. Mais il paroît démontré au contraire que les bronches , ramifiées à l’infini , se terminent enfin à leur dernière extrémité par un petit cul-de-sac non dilaté, et que c’est de la réunion de plusieurs de ces ramuscules, joints parle tissu cellulaire dans lequel ils sont plongés , que résulte ce que l’on appelle un Lobule pulmonaire .

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