DES CONDUITS AURIFÈRES DES POUMONS
b. Organisation de la Trachée-artère et des Bronches.
2i 1 5. Les conduits aërifères des poumons sont composés de cerceaux fibro-cartilagineux, de membranes, de vaisseaux artériels , veineux et lymphatiques , de nerfs , de follicules muqueux et de corps d’une nature particulière connus sous le nom de Ganglions ou Glandes bronchiques.
2i 16. Cerceaux fibre cartilagineux. A la trachée-artère ils sont au nombre de seize ou de vingt , et ils représentent des anneaux incomplets } interrompus dans leur tiers postérieur, placés de champ les uns au-dessus des autres horizontalement, et séparés par des intervalles étroits membraneux. Recourbés sur eux-mêmes, aplatis suivant le plan de leur épaisseur , ils ont tous la même longueur; mais leur largeur est très-variable : leur forme se rapproche de celle d’un triangle rectangle fort allongé, lorsqu’on les a étendus. Ils sont ordinairement plus épais h leur partie moyenne qu’à leurs extrémités, qui sont quelquefois bifurquées. Parleur face convexe , ils répondent à unemembrane fibreuse; par la concave, ils sont en rapport avec une membrane muqueuse. Leurs bords arrondis donnent attache h la première de ces membranes , et sont un peu plus saillans à l’intérieur qu’à l’extérieur du conduit. Quelquefois aussi on en voit plusieurs se réunir et se confondre. Le premier est ordinairement très-large, et quelquefois joint att cartilage cricoïde; le dernier est encore plus large et se distingue beaucoup des autres. Il est triangulaire, et sou milieu se prolonge inférieurement , en se recourbant uu peu en arrière , pour s’accommoder à l’origine des bronches.
Dans les premières ramifications des bronches, ces cerceaux fibro-cartilagineux ressemblent tout-à-fait à ceux de la trachée-artère ; ils sont seulement plus minces, plus petits , et quelquefois formés de plusieurs pièces. Mais dans les ramifications secondaires , ce ne sont plus que de petits
grains irréguliers, de figure variable, unis ou séparés, qui diminuent insensiblement , en sorte que, dans les dernièies divisions de ces canaux, ils disparoisscnt toutà-fait.
La couleur et la consistance des fibro-cartilages de la trachée-artère et des bronches sont les mêmes que pour ceux de l’oreille, des ouvertures du nez, etc. Leur élasticité est très-remarquable; ils ne s’ossifient que très -rarement , même dans la vieillesse la plus avancée.
2117. Membrane fibreuse ou extérieure. Elle prov ient de la circonférence inférieure du cartilage cricoïde, et se prolonge jusqu’aux dernières extrémités des bronches , en s’amincissant progressivement à un point excessif. Elle est formée défibrés longitudinales, parallèles, dont les plus superficielles sont rougeâtres, et dont les profondes sont blanches.
Cette membrane constitue seule en arrière la portion solide de la trachée-artère, ce qui donne , dans cet endroit, une forme arrondie à ce conduit: en avant elle est continuellement interrompue par les cerceaux fibro-cartilagineux qui paroissent développés dans son épaisseur, et clic n’envoie au-devant d’eux qu’un fort petit nombre de fibres.
La surface extérieure de cette membrane est parsemée en arrièrede granulations rougeâtres, ovoïdes ou arrondies, et de figure variable. Ce sont des follicules mucipares , dont les canaux excréteurs traversent toute l’épaisseur du conduit pour s’ouvrir à son intérieur : on les nomme communément Glandes trachéales : elles manquent en devant.
Sa surface intérieure correspond antérieurement , et dans les intervalles des fibro-cartilages , à la membrane muqueuse , dont elle est séparée par une multitude d’autres granulations plus petites et de couleur variable, qui paroissent être également des follicules. Mais en arriéré, elle
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est immédiatement appliquée sur une couchede fibres transversales , très - rapprochées , très-denses, attachées aux extrémités des cerceaux , et de nature musculeuse. Ces libres sont disposées par petits faisceaux , et forment un plan tout-à-fait distinct.
21 18. Membrane muqueuse ou intérieure. Continue à la membrane du larynx (i384), elle se propage jusqu’à la terminaison des bronches. Mince , rougeâtre et plissée sur sa longueur, surtout postérieurement , où elle est appliquée contre les fibres d’apparence musculaire dont nous venons de parler, elle correspond , dans le reste de son étendue, à la face interne des cerceaux fibro-carlilagineux , et, entre eux, à la membrane fibreuse. Elle est en général peu adhérente à ces diverses parties. Sa surface interne est comme criblée par les orifices excréteurs de ses follicules muqueux , qui répandent continuellement un fluide assez épais et peu abondant. Son organisation , du reste , n’offre rien de remarquable.
2119. Les vaisseaux de la trachée-artère viennent des thyroïdiens supérieurs et inférieurs; ses nerfs lui sont donnés par les pneumo-gasti iques (1602, i6o3) et par les ganglions cervicaux (1778, 1787). Les bronches ont des artères qui portent leur nom et qui naissent immédiatement de l’aorte : elles sont ordinairement au nombre de deux , une droite et l’autre gauche : des veines leur correspondent et se rendent, à droite dans la veine azygos, à gauche dans l’intercostale supérieure. Leurs nerfs leur sont fournis par les deux plexus pulmonaires (160/4, I79^» 1800).
2120. Ganglions lymphatiques des Bronches ( Glandes bronchiques). Ils sont en très-grand nombre ; ils sont situés au-devant de la bifurcation de la trachée-artère, autour des bronches, et même dans l’intérieur des poumons, où ils sont irrégulièrement disséminés. Leur forme présente des variétés multipliées, tantôt ovoïde ou arrondie, tantôt lobuleuse, etc. Leur volume varie beaucoup aussi :
Jes plus gros soin loges au-dessus de la trachée-artère , les plus petits dans les intervalles des bronches. Leur couleur est noiie, ou d un brun obscur chez l’adulte, rougeâtre dans les enfans. Leur tissu est généralement peu consistant; ils s écrasent sous les doigts, auxquels ils communiquent leur couleur. Je n ai jamais pu découvrir les conduits excreleurs que quelques anatomistes leur attribuent, et par lesquels ils sont supposés verser un fluide particulier dans les bronches; mais j ai vu manifestement plusieurs fois, comme Haller l’indique, des vaisseaux lymphatiques y aborder, ou en partir pour se jeter dans le canal thoracique. Fourcroy a pensé que leur teinte noire étoit due à 1 accumulation du carbone qu’il supposoit se séparer du sang pendant l’acte de la respiration.
3°. Tissu propre des Poumons.
axa t. Nous avons déjà , jusqu’à un certain point, une idée de la structure intime du poumon , puisque nous connoissons plusieurs des organes qui entrent dans sa composition. Mais lorsqu’on vient à le considérer avec quelque attention, en faisant abstraction de ses parties constituantes , on reconnoil qu’il est divisé en plusieurs lobules distincts, même à l’extérieur, et séparés les uns des autres par de petites rainures blanchâtres : on les aperçoit surtout très-bien si on déchire le tissu de l’organe après l’avoir soumis à l’ébullition. Leur volume et leur forme sont fort variables; ils offrent en général plusieurs facettes limitées par des angles saillans, et présentent dans leurs intervalles un tissu cellulaire lâche, filamenteux, non graisseux, fort extensible, et susceptible de devenir emphysémateux avec la plus grande facilité, soit pendant la vie, par la rupture d’une bronche, soit après la mort, par 1 insufflation. Chacun de ces lobules , au reste, sc partage eu d’autres plus petits, sans qu’on puisse reconuoître le
terme exact de celte division. (Quelle est la slinctuie intime de ces derniers lobules ? Ont-ils , autour des ramifications des bronches, une disposition racémiforme, comme le prétend Wiilis? Cela ne paroit point être. Il est seulement très-probable qu’ils sont formés par la réunion des dernières extrémités des bronches, des vaisseaux et des nerfs qui se répandent dans les poumons.
9.122. Outre toutes les parties que nous avons déjà vu entrer dans la composition des poumons , on y rencontre encore les artères et les veines pulmonaires , dont nous parlerons à l’occasion du cœur 5 elles établissent effectivement une liaison intime entre les organes de la respiration et ceux de la circulation.
§ II. Du Thymus ( Ovpoç clés Grecs).
2 123. On nomme ainsi un organe dont les usages sont totalement inconnus, mais que sa position dans le médiastin antérieur fait étudier à la suite des organes de la respiration. Il est parenchymateux, bilobé, glandiforme , oblong, mollasse, lobuleux , d’un volume et d une couleur très-variables. Il est à remarquer que chez le fœtus il s’étend à-peu-près depuis le corps thyroïde jusqu’aux environs du diaphragme, et qu’il diminue progressivement avec l’àge, en sorte que dans l’adulte il est comme atrophié, et que dans les vieillards on nele découvre qu’avec peine au milieu du tissu cellulaire.
2124. Le thymus occupe Térartement supérieur du médiastin antérieur, et correspond en arriéré a la trachée-artère (21 13), aux veines thyroïdiennes inférieures, a la veine sous-clavière gauche, à la veine cave supérieure, à la crosse de l’aorte et au péricarde; en devant, il est couvert par le haut du sternum , et par la partie inférieure des muscles slerno-thyroïdiens. Ses bords sont en contact avec les plèvres inférieurement. Son extrémité supérieure est
ORGANES DE LA HESP IRATl OP.
partagée par une échancrure en deux portions, dont la droite est ordinairement plus grosse et plus longue que la gauche. Son extrémité inférieure , qui est plus volumineuse, est également échancrée, et présente le même rapport entre ses deux portions. Ces deux échancrures se continuent l’une avec l’autre par une rainure qui règne le long de la face antérieure du thymus.
2 125. Le thymus est enveloppé par une capsule celluleuse très-mince, qui envoie des prolongemens dans son intérieui, et qui divise ainsi son parenchyme , mou, jaunâtre ou blanchâtre, en lobules d’un volume inégal, et dans chacun desquels on distingue plusieurs vésicules remplies d un liquide laiteux et légèrement visqueux, et paroissant communiquer les unes avec les autres dans toute 1 étendue de 1 organe. On ne lui reconnoît au reste aucun conduit excréteur, mais il est parsemé de vaisseaux sanguins et lymphatiques. Ses artères, quoique d’un petit volume, sont assez nombreuses : elles naissent des thyroïdiennes inférieures, des mammaires internes, des bronchiques, des médiastines et des péricardines. Ses veines leur correspondent exactement. Il reçoit quelques filets nerveux des pneumo-gastriques , des diaphragmatiques (i63i), et des ganglions cervicaux inférieurs.