ARTICLE TROISIÈME
§ Ier. Du Cœur et de ses Enveloppes, ou de C Organe central de la Circulation.
i°. Du Péricarde (Pericardium) (i).
2126. Le péricarde est un sac membraneux qui enveloppe le cœur et les troncs artériels et veineux qui en partent ou qui s’y rendent. Il est logé dans l’écartement inférieur du médiastin antérieur, au-dessus de l’aponévrose centrale du diaphragme à laquelle il est fortement uni. Sa forme est , au premier aspect , celle d’un cône dont la base est tournée en bas et un peu à gauche , et dont le sommet regarde en haut, en arrière et à droite; mais lorsqu’on l’a bien isolé de la graisse dans laquelle il est comme plongé , et des lames du médiastin , on reconnoit qu’il est exactement moulé sur le cœur. Sa grandeur est proportionnée au volume de l’organe qu’il renferme.
2 127. En devant, le péricarde est couvert par la plèvre, excepté dans sa partie moyenne, où il correspond à l’écartement du médiastin et au thymus , et médiatement au sternum et aux cartilages de prolongement des dernières vraies côtes gauches, dont il est séparé latéralement par la partie antérieure des poumons. En arrière , il a fort peu d’étendue, et appuie sur les bronches , l’œsophage et l’aorte descendante. A droite et à gauche , il est en rapport avec les plèvres, les nerfs phréniques (i63i) et la face interne des poumons. En bas, il répond au centre aponévrotique et, un peu à gauche , aux fibres charnues du diaphragme.
(1) R. R, Tlifl, autour ; Kctp<T!x , cœur.
3tiü on G- A UES DE LA CillCULATION.
2128. Le péricarde est composé de deux membranes , 1 une extérieure et fibreuse, l’autre intérieure et séreuse.
2129. Membrane fibreuse. Parfaitement identifiée en bas avec l’aponévrose du diaphragme , elle remonte autour du coeur , qu’elle embrasse jusqu’à sa base , et là elle se continue plus ou moins loin sur les gros troncs des vaisseaux, en se divisant en plusieurs gaines distinctes qui les accompagnent à une certaine distance. Le péricarde n’est donc point percé pour laisser passer ces vaisseaux, comme beaucoup d’anatomistes l’ont dit;maisson feuilletûbreuxse perd insensiblement sur leurs parois , et semble même ainsi s’unir à elles. Ces gaines sont au nombre de huit : une, très-courte, pour la veine cave supérieure ; quatre, plus courtes encore, pour les veines pulmonaires ; une, qui se prolonge indéfiniment, pour l'aorte; deux pour chaque artère pulmonaire. La veine cave inferieure pénètre dans le péricarde par le centre du diaphragme, et est dépourvue de gaine fibreuse.
Cette membi ane fibreuse correspond immédiatement aux plèvres par la plus grande partie de sa surface extérieure ; elle en est séparée par une couche de tissu adipeux plus ou moins épaisse, excepté dans son milieu où le contact et l’adhérence sont plus intimes. Sa surface interne est tapissée dans presque toute son étendue par la membrane séreuse, excepté lorsqu’elle se continue sur les vaisseaux.
2130. Cette membrane offre la plus grande analogiede structure avec la dure-mère : seulement elle a une moindre épaisseur ; sa couleur est nacrée, aponévrotique ; ses fibres sont quelquefois isolées , souvent rapprochées en faisceaux distincts , d’une épaisseur et d’une largeur variables , irrégulièrement disposés , et entrecroisés en divers sens : le plus grand nombre cependant monte verticalement et parallèlement à l’axe du péricarde , se continuant en bas avec l’aponévrose phrénique, et s’écartant en haut sur les vaisseaux.