‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 79 sur 161 · DU PÉRICARDE · texte numérisé non relu

DU PÉRICARDE

21 3 1. Membrane séreuse. Elle a un trajet beaucoup plus étendu que la précédente , puisqu’après avoir tapissé sa face interne elle se réfléchit sur le cœur et le recouvre en entier, sans cependant le contenir dans son intérieur, en quoi elle est semblable aux autres membranes séreuses que nous avons déjà examinées, comme 1 arachnoïde et les plèvres. Appliquée en bas , immédiatement et d’une manière très-serrée , contre l’aponévrose du diaphragme, elle remonte en avant le long de la membrane fibreuse, jusqu’au moment où celle-ci va se prolonger sur les gros vaisseaux de la base du cœur. Là, elle se réfléchit au milieu sur l’aorte, au-dessus de sa première courbure j à gauche sur l’artère pulmonaire , avant sa bifurcation ; à droite sur la veine cave supérieure, un pouce à-peu-près au-dessus de son entrée dans l’oreillette , et sur les veines pulmonaires droites , immédiatement après leur sortie du poumon. Elle recouvre la face antérieure de tous ces vaisseaux, pénètre dans leurs intervalles à une distance plus ou moins grande, et tapisse l’aorte et l’artère pulmonaire dans tout leur contour , excepté dans l’endroit où elles sont en contact immédiat ; elle tapisse également , entre elles le canal artériel ou le ligament qui le remplace. C’est dans l’endroit où la réflexion de cette membrane a lieu qu’on peut très-bien observer la séparation des deux feuillets du péricarde : un espace triangulaire très-sensible existe entre eux.

Ainsi parvenue à la base du cœur, la membrane séreuse du péricarde se porte directement de l’artère pulmonaire sur les ventricules, et de la veine cave sur l’oreillette droite. En quittant l’aorte , elle se prolonge dans un eufoncement qui existe entre celle artère et l'oreillette droite, d’où elle se dirige également vers les ventricules. Du sommet et des bords du cœur, elle se porte à la face postérieure de cet organe, la tapisse, remonte de nouveau à sa base, embrasse à droite et en bas la veine cave inférieure , à

3ü4 ORGANES DE LA CIRCULATION.

gauche et en haut les veines pulmonaires gauches , et se réfléchit sur la partie postérieure de la membrane fibreuse.

Cette membrane s’enfonce dans toutes les inégalités que le cœur offre à sa surface , où elle est d’une telle ténuité et d’une si grande transparence, surtout au niveau des ventricules, qu’il devient fort difficile d’en démontrer l’existence, si ce n est dans les endroits où elle est séparée des libres charnues par du tissu cellulaire graisseux. Elle adhère intimement à la membrane fibreuse , et ne peut en être détachée que dans des points peu étendus, ou au niveau de sa réflexion. Elle tient très-peu aux vaisseaux, et peut être facilement enlevée de leur surface.

2 1 32. La surface interne de cette membrane , en contact par tout avec elle-même, est continuellement humectée par de la sérosité. Elle est lisse et polie.

21 33. Les artères du péricarde sont très-petites , et naissent des thymiques , des phréniques , des bronchiques , des œsophagiennes , des coronaires du cœur , des mammaires internes et de l’aorte elle-même. Ses veines leur correspondent et vont aboutir en partie dans la veine azygos. Ses vaisseaux lymphatiques se rendent dans les ganglions qui entourent la veine cave supérieure et l’origine de l’aorte. On n’a point encore poursuivi de filets nerveux dans l’épaisseur de ses feuillets.

2h. Du Cœur ( Kîjp , Kap&a des Grecs; Cor des Latins), a. Coriformation générale.

21 34. Le cœur, centre de la circulation , est un organe musculaire creux, irrégulièrement conoïde ou pyramidal , oblique en avant , en bas , en dehors et de droite à gauche , aplati en arrière et en bas , convexe en avant et en haut , et logé dans le péricarde. Nous avons indiqué ses rapports généraux en décrivant ce dernier : nous n’y reviendrons point ici.

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