DU COEUR
Son volume varie beaucoup suivant les individus. Sa masse, comparée à celle du corps , est très-petite, mais , en général , elle est d’autant plus grande que les sujets sont plus jeunes. Quoiqu’il soit retenu par le péricarde, par le médiaslin et par les gros vaisseaux , sa situation change cependant à chaque instant pendant la vie, parce qu’il suit les mouvemens du diaphragme , ou que son poids l’entraîne dans tel ou tel sens , suivant la position que l’on prend.
21 35. Sa face antérieure , qui est tournée un peu en haut , est convexe , et offre , dans son milieu , une rainure qui la traverse obliquement de haut en bas et de gauche à droite , et dans laquelle sont logées l'artère et la veine coronaires antérieures, au milieu d’une assez grande quantité de tissu adipeux. La portion de cette face qui est située à droite de la rainure est beaucoup plus large que celle qui est à sa gauche.
21 36. Sa face postérieure est tournée en bas et presque horizontale; elle est aplatie et repose sur le centre aponévrolique du diaphragme , dont elle n’est séparée que par la membrane séreuse du péricarde. Elle est traversée presque verticalement par une rainure qui reçoit l’artère et la veine coronaires postérieures, et qui se joint à la précédente au sommet du cœur. La portion de la face postérieure du cœur qui est à gauche de la rainure est beaucoup plus large que celle qui occupe sa droite.
2x37. Le bord droit du cœur est en même temps inférieur; il est mince et comme tranchant; il est plus long que le gauche , et est couché sur le diaphragme. Le bord gauche est dirigé en amère et en haut ; il est obtus , arrondi, trèsépais , et côtoyé par une branche de l’artère coronaire postérieure.
21 33. La base du cœur, située en haut, en arrière et à droite, légèrement oblique de haut en bas et de gauche à droite , est. séparée de la colonne vertébrale par l’aorte et
par l’oesophage , et tient au péricarde par le moyen des artères qui en parlent et des veines qui s’y rendent. On yv observe une rainure oblique qui indique la jonction des> oreillettes et des ventricules. Son sommet , qui regarde em avant , en bas et à gauche, est logé dans une échancrure du poumon de ce côté (2106) , répond à l’intervalle des cartilages des cinquième et sixième côtes, est garni de beaucoup dégraissé, et présente un enfoncement qui marquele point de réunion des deux rainures que nous avons indiquées en décrivant ses faces.
21 3q. Le cœur renferme quatre cavités , que l’on nomme ses V eniricules e t ses Oreillettes : les deux oreillettes occupent sa base ou sa région supérieure et postérieure ; les deux ventricules sont contenus dans sa partie inférieure-, une oreillette et un ventricule sontplacés à droite ; à gauche , on observe également une oreillette et un ventricule. De chaque côié , l’oreillette communique avec le ventricule correspondant ; mais les cavités droites ne communiquent jamais immédiatement avec les gauchi s dans l’état naturel et après la naissance-. Dans les premières , on rencontre du sang noir , . qui doit être incessamment soumis à l’action de l’air dans les poumons ; dans les secondes , on trouve du sang rougequi a déjà subi cette action; les premières reçoivent le sang de tout le corps et le chassent dans les poumons ; les secondes reçoivent le sang des poumons et le chassent dans tout le corps. C’est d’après cette considération importante que , de nos jours , assez généralement , on distingue deux parties principales dans le cœur , l’une droite et l’autre gauche.
b. Partie droite du Cœur.
Oreillette droite ( Auricula dextra s. anterior').
2izJo. Elle occupe la partie inférieure, droite et antérieure de la base du cœur , et repose sur le diaphragme : sa forme est très -irrégulière et bien difficile à déterminer;
allongée transversalement, elle présente sa plus grande largeur à droite et en arrière, sa partie la plus étroite en devant et à gauche , sens dans lequel elle se prolonge par un appendice flottant , aplati , terminé en pointe , dentelé irrégulièrement sur ses bords, et placé transversalement entre l’aorte et le ventricule droit. Elle est en général plus ample que l’oreillette gauche.
2 1 4 1 • Sa surface extérieure est libre en dehors ; mais en dedans elle est unie avec l’oreillette gauche , en bas avec le ventricule droit , en arrière avec les orifices des deux veines caves-, eu devant, elle est surmontée de l’appendice dont il vient d’ètre question.
2142. Sa surface intérieure présente quatre côtés cà considérer: i° son côté postérieur offre en haut l’orifice de la veine cave supérieure , dirigé obliquement en avant et en bas, et garni d’un bord saillant, arrondi , épais et charnu , plus marqué et plus fort postérieurement qu’antérieurcruent. Cet orifice est moins large que celui de la veine cave inférieure , qu’on observe au-dessous de lui et plus en arrière, et qui est dirigé obliquement en haut et en dedans. Ces deux ouvertures sont très-rapprochées l’une de l’autre, et se continuent même par une portion de leur contour : c est dans celte portion commune à toutes deux qu’ou rencontre quelquefois un tubercule plus ou moins prononce, auquel on a donné le nom de Tubercule de Tower , et qui n est autre chose qu’une saillie formée par de la graisse ou par un faisceau charnu.
En bas, 1 orifice de la veine cave inférieure est garni d un repli membraneux qui avance dans la cavité de l’oreillette, et qu on appelle T alvule d' Eustachi. La largeur o.c celte valvule varie beaucoup chez l’adulte, mais jamais elle ne peut obturer entièrement l’ouverture cîe la veine; ses dimensions sont plus considérables chez les eufans et surtout chez les fœtus, et elle s’efface insensiblement avec 1 âge, en sorte qu elle est peu marquée chez les vieillards.
Elle est posée presque verticalement, et sa forme est semilunaire. Sa face postérieure , tournée en arrière , à droite et en haut , répond à la cavité de la veine inférieure ; Y antérieure , dirigée en sens contraire , répond à la cavité de l’oreillette : son bord libre , qui regarde en haut et en arrière, est quelquefois réticulaire 5 il est plus ou moins concave, mais il est toujours fortmince: son extrémité droite tient au contour de la veine cave inférieure ; la gauche se prolonge sur la paroi interne de l’oreillette, et se continue avec le pilier antérieur de la fosse ovale, dont nous allons
Au-dessous de la valvule d’Eustachi et au-dessus de l’entrée du ventricule , est l’ouverture commune des veines coronaires , laquelle est aussi garnie d’une valvule en croissant , mais assez large pour la fermer entièrement , et dont le bord libre est tourné en bas.
30. Son côté antérieur présente en haut la petite cavité de l’appendice, remarquable par les saillies qu’y forment une multitude de colonnes charnues entrecroisées , et en bas l’ouverture large qui fait communiquer entre elles les deux cavités droites du cœur ( Orifice auiiculo-ventricu laire droit ). Cette ouverture est circulaire lorsque le cœur est rempli 5 mais elle est elliptique quand il est affaissé : elle est bordée d’une espèce de zone blanche sur laquelle nous reviendrons.
3°. Son côté externe ne présente de remarquable qu’un grand nombre de saillies irrégulières, formées par des faisceaux musculeux qui laissent entre eux des espaces de dimensions variables , et dont les principaux sont en général dirigés de derrière en devant. Ces saillies y sont ordinairement moins multipliées que dans l'appendice.
4°. Son côté interne est formé par une cloison qui sépare l’oreillette droite de la gauche. Dans l’adulte il présente au-dessous de sa partie moyenne un enfoncement qu’on nomme la Fosse ovale , et qui est plus marqué supe-
rieurement qu’inférieu rement , où il disparoît insensiblement en se continuant avec la veine cave inférieure. La surface de cet enfoncement est tantôt lisse, tantôt inégale et réticulée. Il ne paroît point avoir de limite fixe en arrière; mais , en devant , il offre une sorte de valvule très épaisse , semi-lunaire, dont l’extrémité intérieure se continue avec la valvule d’Eustachi. Par sa face interne, cette valvule correspond à une antre valvule qui fait saillie dans l’oreillette gauche et qui forme à elle seule le fond de la fosse ovale. En poussant d’arrière en avant le manche d’un scalpel entre ces deux valvules, on passe aisément de l’oreillette droite dans la gauche.
L’espace occupé dans l’adulte par la fosse ovale l’est , chez h* foetus , par une ouverture qu’on nomme Trou de Bot al , et qui se conserve quelquefois après la naissance. Son usage est de transmetue, avant l’époque de la naissance , le sang de la veine cave inférieure immédiatement dans l’oreillette gauche.
2141. On observe en outre dans toute l’étendue de la surface intérieure de l’oreillette droite un grand nombre de petits orifices non garnis de valvules : ils appartiennent à des veines des parois du cœur.
Ventricule droit \ entriculus dexter seu anterior).
21 44- Plus ample et plus large, mais moins long que le gauche , àla partiedroiteet antérieure duquel il est situé, le ventricule droit ressemble assez bien à unepyramide triangulaire dont la base est tournée en haut et en arrière, et se confond avec l’oreillette correspondante. Il offre plus d’étendue sur la face antérieure du cœur que sur la postérieure.
2i45. Sa paroi antérieure et externe est assez mince et très-concave ; la postérieure et interne est formée par une cloiscn qui appartient également au ventricule gauche, et constitue une saillie demi-ovoïde : leur épaisseur est inégale dans les différentes parties de leur étendue. Toutes les ir. a4
deux sont assez lisses vers leur base ; mais, dans le reste de leur étendue , elles présentent un grand nombre de faisceaux musculeux, désignés communément sous le nom de Colonnes charnues , et qui varient beaucoup par rapporta leur grosseur, à leur longueur et à leur direction. Leur disposition est en général assez irrégulière , les uns se portant verticalement du sommet à la base , tandis que les autres les croisent en toutes sortes de sens, et forment avec eux un réseau très-confus.
Parmi cescolonnes , quelques-unes , dontle nombrevarie de trois ou quatre à huit ou neuf, sont beaucoup plus volumineuses que les autres. Elles sont arrondies , et diffèrent tellement pour la longueur , qu’il en est qui ressemblent à de simples mamelons , tandis que d’autres ont près d’un pouce d’étendue. Toutes naissent d’un point quelconque des parois du ventricule, se dirigent, en grossissant, de son sommet vers sa base , et se terminent brusquement chacune par plusieurs petits tendons qui s’insèrent aux pointes de la valvule tricuspide en divergeant sensiblement entre eux, et quelquefois en s’anastomosant, pour ainsi dire, les uns avec les autres. Quelques-uns deces tendons sont bifurques ; la plupart s’élargissent au moment de leur terminaison.
D’autres colonnes charnues du ventricule droit, plus nombreuses que les précédentes , tiennent à ses parois par leurs deux extrémités , mais sont libres dans leur circonférence.
Les dernières enfin tiennent à ces mêmes parois dans toute leur étendue et en manière de pilastres. Ce sont les plus nombreuses et les moins épaisses. Elles suivent toutes sortes de directions , et s’entrelacent de manière qu’elles représentent des espèces de nattes. Elles laissent entre elles des enfoncemcns de forme et de dimensions différentes.
3146. La base du ventricule droit est percée de deux ouvertures.