‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 8 sur 161 · DE LA DURE-MÈRE · texte numérisé non relu

DE LA DURE-MÈRE

g0. Des Enveloppes membvaneuses.de V Encéphale.

De la Dure-mère ( Méninge , Chauss. ; Meninx exterior ,

SoEMM.).

1^5 ï. La dure-mère est l’enveloppe membraneuse la plus extérieure de l’encéphale-, elle est destinée en partie à le soutenir, en partie à en isoler les diverses portions; elle appartient tout à la fois à eet organe et aux os de la cavité qui le contient , auxquels elle semble servir de périoste interne jusqu’à un certain point. C’est une membrane fibreuse, ferme, épaisse, compacte, blanchâtre, comme nacrée, demi-transparente, occupant l’intérieur du crâne et du canal vertébral.

i453. Sa surfaçe extérieure , dans le crâne, est de toutes parts appliquée sur les os , ce qui lui donne un aspect inégal et lloconneux, à cause du grand nombre de filamens et de vaisseaux sanguins qui la font communiquer avec eux.

r 4 ^ 4 • est peu adhérente aux os larges et assez lisses

de la voûte du crâne : aussi la détache-t-on avec facilité du coronal , des pariétaux , de l’occipital et de la portion écailleuse des temporaux. Cependant , au niveau des sutures , son union est bien plus intime, en raison des petits filamens fibreux et des nombreux vaisseaux qui les traversent pour aller se joindre au péricrâne , ce qui est surtout remarqua* L'e pour la suture sagittale. A la voûte du crâne aussi, la dure-mère envoie par le trou pariétal un petit conduit fibreux qui sert d’enveloppe à une vénule.

i455. A la base du crâne , cette même surface extérieure delà dure-mère est très-compliquée dans sa disposition , à causedu grandnombre detrous et d’inégalités qu’on observe dans cette région. Elle s’enfonce dans le trou borgne (i42) où elle contracte des adhérences assez intimes par plusieurs prolongcmens. Elle embrasse le sommet de l’apophyse

crista-galli de l’elhmoïde, d’où elle descend de chaque côté dans les gouttières elhmoïdales ; là , au niveau de chaque trou de la lame criblée (120) , elle fournit , pour les rameaux des nerfs olfactifs, un petit canal fibreux qui se termine dans la couche extérieure de la membrane pituitaire. Plus latéralement , de semblables canaux pénètrent dans les conduits orbitaires internes pour accompagner les nerfs et les vaisseaux qu’ils contiennent, et vont se continuer avec le périoste de l’orbite. Enfin, tout-à-fait sur les côtés, la dure-mère adhère peu aux voûtes orbitaires, même au niveau de la suture sphénoïdale (186).

i456. Plus en arrière, elle adhère d’une manière marquée à la gouttière placée au-devant de la fosse sus-sphénoïdale, et pénètre dans les trous optiques, en formant une enveloppe aux nerfs du même nom : cette enveloppe cylindrique , arrivée au point d’insertion postérieure des muscles droits de l’oeil, se dédouble ; sa lame extérieure , assez mince , s’épanouit dans le périoste de l’orbite 5 l’intérieure, plus blanche, plus dense, plus épaisse , immédiatement appliquée sur le nerf, l’accompagne jusqu’au globe de l’œil, et se continue avec la membrane sclérotique.

Derrière le trou optique, la dure-mère présente une ouverture circulaire qui embrasse l’artère carotide interne au moment où elle sort du sinus caverneux ; quelques fibres, nées de la circonférence de cette ouverture , semblent se jeter dans les parois de l’artère : à sa partie antérieure, on rencontre l’orifice d’un petit canal creusé inférieurement entre les deux lames de l’enveloppe du nerf optique : il transmet dans l’orbite l’artère ophthalmique.

La dure-mère tapisse ensuite la fosse pituitaire (106), où elle est recouverte par le corps du même nom (i4°3) , qui la sépare de l’arachnoïde en cet endroit; puis elle passe sur les côtés du corps du sphénoïde, où elle se divise , pour former les sinus caverneux , en deu>$ lames ; l’une , interne

et mince, recouvre immédiatement la gouttière caverneuse ; l’autre , externe , libre, forme la paroi opposée dusinus.

1457. Sur le bord libre des apophyses d’Iugrassias , la dure-mère forme un petit repli qui entre dans la scissure deSylvius ; puis , descendant delà verticalement, elle bouche la fente sphénoïdale, et envoie par elle un prolongement, plus épais du côté interne, qui se porte dans l’orbite et se continue avec le périoste de cette fosse , lequel paroit n’être ainsi qu’une expansion de la dure-mère. Ce prolongement offre plusieurs ouvertures pour le passage des vaisseaux et des nerfs qui entrent dans l’orbite.

1 458. Ensuite la membrane s’étend dans les fosses latérales moyennes de la base du crâne : elle y adhère peu • mais , en se rapprochant des côtés du corps du sphénoïde, elle fournit d’abord une enveloppe aux nerfs maxillaires supérieur et inférieur dans les canaux osseux qui les transmettent au-dehors du crâne ; elle en donne une aussi à 1 artère méningée moyenne , et elle concourt à former le sinus caverneux et diiîérens conduits : l’un de ceux-ci est pour le nerf moteur oculaire commun 5 il commence uti peu au-devant de 1 apophyse clinoïde postérieure ; il est fibreux dans tout son contour et revêtu par l’arachnoïde dans le commencement de son trajet; mais ensuite celle-ci l’abandonne pour se réfléchir sur le nerf, et on n’aperçoit plus de canal fibreux complet, mais seulement la lame de la dure-mère qui forme la paroi externe du sinus caverneux se trouve en dehors : en dedans, le nerf n’est séparé du sinus lui-même que par uçe membrane mince et comme cellulaire. Un autre conduit appartient au nerf pathétique; un peu supérieur au précédent, beaucoup plus étroit, il est de même fibreux et tapissé par l’arachnoïde dans la première portion de son trajet; ensuite il n’est plus formé aussi que par une seule lame de la dure-mère apliquéeen deho’s sur le nerf, qui est séparé du reste du sinus par une membrane mince et transparente. Enfin , un peu plus en

arrière et au niveau du bord supérieur du rocher, la duremère forme au nerf trifacial un conduit composé de deux* lames : l’une, supérieure, est fixée à l’apophyse clinoïdep postérieure et se continue sur le bord supérieur du rocher:: l’autre est placée entre le nerf et le sinus caverneux , etl devient tellement mince qu’elle se change en un feuillett cellulaire qui se prolonge en dedans de la branche ophthal — inique. En avançant , les trois nerfs moteur commun , pathétique et ophlhalmique s’engagent chacun dans unee nouvelle portion de conduit entièrement fibreuse, queleur présente le prolongement de la dure-mère qui passe de: la fente sphénoïdale dans l’orbite.

1459. Sur le milieu de la face supérieure du rocher , las dure-mère recouvre le filet supérieur du nerf vidien , ett peut facilement en être détachée.

i4Go. Ensuite elle adhère assez fortement au bord supérieur du rocher et à la lame quadrilatère du sphénoïde. Elle descend de là dans la gouttière basilaire , et tient d’une manière intime à l’occipital dans toute la circonférence dm trou du même nom. Un peu latéralement , elle offre , pom; le nerf moteur externe de l’œil , un trou auquel ne succède: point un canal , et qui le transmet de suite dans le sinuscaverneux: l’arachnoïde s’y enfonce jusqu’à ce sinus qu’elle bouche ; elle se réfléchit ensuite sur le nerf. Plus loin , et sur la face postérieure du rocher , la dure-mère pénètre dans le conduit auditif interne, semble s’engager dans l’aqueduc de Fallope , mais ne peut être suivie dans les: ! trous qui sont traversés par les filets da nert acoustique. Plus bas, au niveau du trou déchiré postérieur., elle enveloppe les rierfs glosso-pharyngien , pneumo-gastrique et spinal , et se continue avec le périoste de la base extérieure du crâne : une lame plus mince entoure la veine jugulaire interne. Elle envoie aussi dans le trou condylien antérieur, on canal fibreux qui se continue de même avec le périoste.

1461. Par le grand trou occipital la dure-mère s’engage

de lA dure-mère. 6l

clans le canal vertébral , dans l’intérieur duquel elle forme une gaine membraneuse, infundibuliforme , arrondie dans toute son étendue, plus étroite que le canal osseux, beaucoup plus large, au contraire , que la moelle n’est volumineuse. Sa surface extérieure n’adhère point aux vertèbres, dont elle est séparée par un tissu cellulaire rougeâtre , graisseux, lâche et filamenteux;, excepté en devant où elle contracte une union assez intime avec le ligament vertébral postérieur (556). Sur les côté;s, cette gaine membraneuse fournit un petit conduit à chaque nerf au moment où il soi t par le trou de conjugaison correspondant : ces petits conduits sont d’autant plus longs , plus larges et plus obliques qu’on les examine plus inférieurement : tous sont aussi manifestement dilatés dans l’intérieur du trou de conjugaison , à cause du petit ganglion qu’on y observe; au dehors de la colonne vertébrale, ils se perdent dans le tissu cellulaire voisin, sans se continuer avec le périoste, comme cela a lieu autour du crâne. La gaine méningienne de la moelle vertébrale se termine inférieurement par cinq filamens ligamenteux qui la fixent au sacrum et au coccyx.

i/\6‘î. Surface intérieure de la dure-mère. Elle est revêtue dans toute son étendue par l’arachnoïde, qui lui donne un aspect poli, lisse, brillant, et qui lui adhère intimement, excepté sur le milieu du sphénoïde où le corps pituitaire l’en sépare; elle donne naissance à plusieurs replis , qui sont la Faulx du cerveau , la Tente du cervelet , et la Faulx du cervelet.

i463. Faulx du cerveau ( Repli longitudinal de la méninge, Chauss. ). C’est une espèce de lame étendue d’une extrémité du crâne à l’autre sur la ligne médiane, large en arrière, se rétrécissant progressivement en devant, ayant assez bien la forme d’une lame de faulx, et occupant la grande scissure inter-lobaire du cerveau , de manière à en séparer les deux hémisphères. Son bord supérieur , convexe , épais , correspond en devant à la crête corouale ,

ORGANES î) E

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