‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 82 sur 161 · DU VENTRICULE DROIT · texte numérisé non relu

DU VENTRICULE DROIT

divisions et les ramifications successives de l’artère pulmonaire accompagnent les bronches jusqu’à leurs dernières extrémités , en se multipliant comme elles, en sorte qu’il n’y a aucun point de l’organe qui n’en reçoive des ramus» cules. A leur terminaison , ces ramuscules s’anastomosent avec les racines des veines pulmonaires et avec les artères et les veines bronchiques.

21 5a. L’artère pulmonaire a la même structure que l’aorte, dont nous parlerons ci-dessous: seulement ses parois sont bien moins fortes : aussi remarque-t-on quelles sont affaissées dans l’état de vacuité.

d. Veines pulmonaires (V. pulmonares).

21 53. Elles naissent des dernières extrémités des artères du même nom, et se rassemblent en ramuscules, en rameaux et en branches, d’un volume successivement plus considérable , qui n’abandonnent jamais les divisions des bronches et marchent à côté de celles des artères. On remarque seulement que le plus ordinairement le rameau veineux est placé au-dessous, et l’artériel au-dessus du rameau bronchique. Enfin toutes les branches des veines pulmonaires se réunissent à quatre troncs qui abandonnent, deux à deux, chaque poumon, par le milieu de sa face interne, et pénètrent dans le péricarde.

La veine pulmonaire droite supérieure sort au-dessous de la bronche, se dirige obliquement en bas, et s’ouvre en haut et à droite de l’oreillette gauche du cœur. L'inférieure vient du lobe inférieur du poumon, et remonte obliquement vers la partie droite inférieure de la même oreillette. Toutes les deux sont difficiles à mettre à découvert , parce qu’elles sont cachées par la veine cave supérieure et par la partie voisine de l’oreillette droite.

Les deux veines pulmonaires gauches suivent la même marche , etsont simplement un peu plus rapprochées l’une de l’autre.

21 54. Les veines pulmonaires ont la môme slructure que les aunes veines du corps, donl elles diffèrent en ce que, pendant la vie, elles contiennent du sang ronge. Ce sont elles qui ramènent ce fluide dans les cavités gauches du cœur, après son élaboration dans les poumons.

e. Partie gauche du Cœur.

Oreillette gauche {Auriculci sinistrà).

2155. Située à la partie supérieure, postérieure et gauche du cœur, l’oreillette gauche est presque entièrement cachée par les gros vaisseaux de la base de cet organe, en sorte qu’on n’aperçoit, au premier coup -d’œil, que son appendice, près du côté gauche de l’artère pulmonaire. Sa forme est à-peu-près cubique, tandis qu’on peut en quelque sorte rapporter celle de l’oreillette droite à un segment d’ovoïde. Sa capacité est d’environ un cinquième moindre que celle de celte dernière.

En arrière elle appuie sur la colonne vertébrale dont elle est séparée par le péricarde; en avant et au dedans , elle est unie au reste du cœur. De sa partie interne et supérieure on voit s’élever un appendice analogue à celui de l’oreillette droite (2140), mais moins grand et dirigé à droite; scs bords sont également dentelés , mais sa forme est triangulaire.

2 1 5(i. Sa surface intérieure présente à examiner quatre parois ou côtés r

t°. Le côté postérieur est lisse et n’offre rien de remarquable en bas; en haut, il reçoit les veines pulmonaires droites.

20. L’ antérieur présente en bas une large ouverture qui conduit dans le ventricule gauche , et en liant la cavité de l’appendice, qui contient beaucoup moins de colonnes charuues qu’à droite (214^)*

3°. Le droit est lisse et formé par la cloison inter auri-

U xj VENTIttClILE GAUCHE. 3 ’j 5

culaire (-ai 4a , 4°.); 011 y observe une valvule semi-lunaire qui présente son bord concave en avant et à gauche, et qui forme le fond de la fosse ovale, dont nous avons parlé.

4°. Le gauche est percé par les deux veines pulmonaires correspondantes , dont les orifices sont très - rapprochés , et semblent même souvent confondus. Comme ceux des veines pulmonaires droites , ils ne sont garnis d'aucune valvule.

Ventricule gauche (T' cntriculus sinister

a 157. U occupe la partie postérieure et gauche du coeur; un peu moins large que le droit, il a une longueur plus considérable, et avance plus loin sur le sommet de 1 organe. Sa forme est celle d’une pyramide un peu aplatie; mais , comme ses parois sont fort épaisses, il ne présente jamais le même affaissement que le ventricule opposé. A 1 extérieur , il n’offre rien de remarquable, si ce n’est que la graisse y est moins abondante que du coté droit.

A l’intérieur, il présente des colonnes charnues analogues à celles du ventricule droit (2i45) , mais moins multipliées et moins irrégulièrement disposées. Deux de ces faisceaux charnus , plus gros que les autres , libres par leur circonférence, naissent l’un en devant, l’autre en arrière, un peu au - dessous de la partie moyenne des parois du ventricule, par plusieurs faisceaux distincts et plus petits , montent obliquement vers la base du cœur, et se terminent par une extrémité arrondie ou bifurquee, du sommet de laquelle partent une multitude de tendons très-greles, divergens, souvent entrecroisés, qui s’attachent au bord libre de la valvule mitrale.

21 58. La base du ventricule gauche offre deux ouvertures.

L’une ( Orifice auriculo - ventriculaire gauche), postérieure et plus considérable, conduit dans 1 oreillette, et es*

376 OP.GÀNES de la circulation.

à-peu-pres elliptique. Connue «elle du rôle droit, elle est bornée d une zone blanchâtre, et garnie d’un repli membraneux qu on appelle / alvu/e mitrale', parce que son bord libre est paitagé en deux languettes auxquelles se viennent fixer les tenuons des colonnes charnues, et dont l’une est appliquée sur l’embouchure de l’aorte, qu’elle ferme presque entièrement, lorsque le ventricule est dilaté. Cette valvule est plus épaisse que la valvule triglochine , et renferme souvent de petits tubercules durs, fibro-cartilagineux, et quelquefois même des plaques osseuses.

L’autre ouverture est à droite et au devant de celle ci; elle mène dans l’aorte, et est garnie de trois Valvules sigmoïdes, analogues à celles de l’entrée de l’artère pulmonaire (2147)- C’est au - dessus de leur bord libre qu’on trouve les orifices des deux artères coronaires du cœur. Cet orifice de l’aorte est boidé d’un anneau calleux, véritable limite entre le tissu du cœur et celui de l’artère. Il est bon de remarquer aussi que dans les endroits qui correspondent aux valvules sigmoïdes, les parois de l’aorte sont enfoncées , et forment trois bosselures à l’extérieur.

f. Organisation du Cœur.

21 5g. Du Tissu musculaire des Oreillettes. Les parois des oreillettes sont beaucoup plus minces que celles des ventricules, ce qui dépend évidemment delà moindre quantité de fibres charnues qui concourent à les former. Dans 1 Oreillette droite , le tissu musculaire constitue une couche assez épaisse de fibres longitudinales vers le point de réunion des «leux veim's caves où il est séparé du feuillet séreux du péricarde par une assez grande quantité de graisse. Dans le reste de 1 oreillette, ce tissu ne se présente plus que par faisceaux entrecioisés, saillans à l’intérieur et plus minces, dans les intervalles desquels le feuillet séreux du péricarde est en contact immédiat avec la membrane interne de la cavité. Ces faisceaux, quoique plus

DE l’oRG A Tf I S A T ION DD COE DR. 3 77

petits, sont pins multipliés dan* l’appendice. Un d’eux entoure circulairement l’oiifice de la veine cave supérieure. La disposition que nous venons d’indiquer fait qu’une partie de l’oreillette droite paioît transparente.

Dans l’ Oreillette gauche , la couche charnue est beaucoup plus forte et plus uniforme que dans la droite. Ici les fibres musculaires semblent provenir des veines pulmonaires. sur lesquelles elles commencent à paroître par faisceaux parallèles dès le moment où ces vaisseaux sortent des poumons. Sur l’oreillette elle-même, elles conservent superficiellement leur direction primitive, et forment un pian transversal -, mais profondément, elles sont irrégulièrement entrecroisées, sans être cependant disposées en faisceaux isolés comme à droite.

Entre les deux oreille* les, le tissu musculaire forme une couche plus épaisse et plus uniforme, de laquelle résulte la cloison inter-auriculaire.

2160. Du Tissu musculaire des Ventricules. Les parois du V entricule droit sont assez minces 5 une couche charnue uniforme le revêt à l’extérieur; plus profondément le tissu musculaire se rassemble en faisceaux disposés comme ceux des oreillettes, mais plus forts et plus multipliés. Plusieurs d’entre eux , détachés des parois de la cavité, donnent naissance aux colonnes charnues.

Le V entricule gauche a des pai ois beaucoup plus épaisses que celles du ventricule droit. Ses fibres superficielles sembl tînt dirigées longitudinalement de la base au sommet. Les moyennes sont entremêlées d’une manière inextricable. Les plus profondes concourent à la formation des colonnes charn ues.

Dans la cloison, les fibres charnues du ventricule droit s entrelacent avec celles du gauche eu formant des angles fort aigus. Avec de la patience, on peut venii à bout de les isoler, de manière a partager le cœur en deux moitiés, 1 une droite et 1 autre gauche.

3^8 on CA K ES DE LA CIHCULATT O If.

2 161. Les fibres charnues du cœur sont extrêmement nombreuses et très-serrées les unes contre les autres-, leur couleur rouge est moins brillante et plus obscure que celle des muscles locomoteurs. Leur direction est très- difficile à assigner-, elles s’entremêlent les unes avec les autres, sans que jamais du tissu cellulaire s’interpose entre elles , comme cela arrive dans les autres muscles , pour en former des faisceaux distincts. Leur origine ne sauroil être non plus fixée : elles naissent de divers points delà surface de l’organe, sans en parcourir toute l’étendue. Elles sont charnues dans toute leur longueur : les colonnes intérieures seules se terminent par des tendons.

2162. Membrane des cavités droites du cœur. Elle se continue d’une manière évidente avec la membrane qui tapisse les vaisseaux destinés à la circulation du sang noir. En quittant les veines caves elle revêt toute l’étendue de l'oreillette, appliquée sur les faisceaux musculaires , et, dans leurs intervalles , contre Je feuillet séreux du péricarde, auquel elle est unie par un tissu cellulaire dense, mais peu abondant. Au-dessous de la veiue cave inférieure , elle se replie sur elle-même pour former la valvule d Eustachi, et ensuite celles des veines coronaires du cœur. Au pourtour de l’orifice auriculo-ventriculaire , elle est séparée du tissu musculaire par une couche de graisse peu épaisse et demi-fluide, laquelle constitue la zone blanche dont nous avons parlé. La aussi cile se replie, en abandonnant les parois de l’organe , pour donner naissance aux valvules triglocbines ; après quoi elle recouvre tout le ventricule en devenant excessivement mince , s’introduit dans l’artère pulmonaire ., forme à son origine les trois valvules sigmoïdes et se continue jusque dans les dernières ramifications de ce vaisseau.

2i63. Membrane des cavités gauches du cœur. Elle fait partie de celle qui tapisse les parois des vaisseaux qui charrient le sang rouge. Elle commence aux extrémités:

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