DIRECTION DU THORAX
grande au refroidissement, des infiltrations séreuses et des gangrènes plus fréquentes.
Appelés à protéger des organes qui s’emplissent et se vident tour à tour, et dans lesquels l’air atmosphérique devait incessament se renouveler, la cavité thoracique, pour opérer ce renouvellement, se dilate et se resserre ; elle joue, en un mot, le rôle d’une pompe aspirante et foulante. Ainsi considérée, elle se compose de trois parties qui prennent à sa dilatation une part très différente :
1° D’une partie postérieure, médiane, fixe, immobile, servant de point d’appui à toutes les autres : c’est la colonne dorsale ;
2° De deux parties latérales, représentant chacune un large éventail, dont les pièces se rapprochent et s’éloignent : ce sont les côtes;
3° D’une partie antérieure remplissant l’office d’une clef de voûte.
La destination dr thorax nous explique sa structure à la fois osseuse, cartilagineuse et musculaire. Ces trois éléments cependant ne prennent pas à sa composition une part égale: l’élément cartilagineux est le moins important ; viennent ensuite l’élément osseux et l’élément musculaire, qui sont répartis en quantité à peu près égale. Sur le squelette, où les muscles ne sont pas représentés, le thorax est percé à jour de toutes parts, en sorte qu’il a pu être comparé à une sorte de cage.
Sa forme est celle d’un cône comprimé d’avant en arrière, dont la base répond à l’abdomen, et le sommet tronqué à la partie inférieure du cou.
La cavité thoracique nous offre à considérer sa direction et ses dimensions, sa configuration extérieure et intérieure, et son développement.
A. — Direction du thorax.
Le cône constitué par la cavité thoracique n’est pas régulier et ne possède pas d’axe, à proprement parler, ou du moins il ne possède pas un axe qui soit commun à toutes ses parois. En l’examinant sous ce point de vue, on peut reconnaître qu’il en présente réellement trois : un médian et deux latéraux.
L’axe médian exprime la direction des parois antérieure et postérieure : il est oblique de haut en bas et d’arrière en avant.
Les axes latéraux expriment la direction de chacune des moitiés du thorax : ils sont obliques de haut en bas et de dedans en dehors. En haut, ces derniers se rapprochent beaucoup du plan médian ; légèrement prolongés, ils le rencontreraient sous un angle très aigu. Inférieurement, ils s’en éloignent d’autant plus que le diamètre transversal de la cavité est plus étendu. C’est autour des axes latéraux que les côtes décrivent leur courbure d’enroulement; leur longueur est notablement plus grande (pie celle de l’axe médian.
0STEOLOGIK.
B. — IHmension»$ dit thorax.
Les dimensions du thorax ne sauraient être étudiées avec trop de soin, car on chercherait vainement dans l’économie un appareil où l’énergie de la fonction soit aussi rigoureusement liée au volume des organes. Une poitrine largement développée accuse toujours des poumons volumineux, une respiration puissante, une circulation rapide, une nutrition active, un grand développement des muscles ; elle annonce, en un mot, la plénitude de la vie et la vigueur de la constitution : heureux privilèges qui coïncident avec la saillie et ta rondeur des épaules, en sorte qu’aux dimensions de celles-ci on peut juger, au premier coup d’œil, de l’ampleur du thorax.
Lorsque cette cavité est étroite, les clavicules deviennent comparativement trop longues ; les épaules se détachent en arrière comme des ailes. Elles sont saillantes aussi en haut et en dehors; mais la saillie qu’on observe alors est anguleuse ; et les membres thoraciques tombent de chaque côté, comme les deux manches d’un habit des extrémités d’un portemanteau. L’aspect des individus ainsi conformés contraste étrangement avec celui d’un homme aux larges et puissantes épaules.
Le diamètre vertical le plus long du thorax s’étend du bord interne de la première côte au bord inférieur de la dernière; il est en moyenne de 29 centimètres chez l’homme. Mais la plèvre qui revêt les parois de cette cavité, et qui en fixe les limites véritables, s’élève un peu audessus de la première côte ; la longueur réelle du diamètre vertical est donc un peu supérieure à sa longueur apparente. Or c’est ce diamètre réel qu’il importe surtout de connaître, et que je me suis attaché à déterminer. Sur le cadavre, sa détermination est facile. Sur le vivant, il n’en est pas ainsi, parce que nous manquons de point de repère pour son extrémité supérieure. En explorant sous ce point de vue tout le contour de la poitrine, j’ai reconnu qu’une ligne verticale passant par le mamelon, se terminant en haut sur la clavicule, en bas sur le rebord des fausses côtes, l’exprimait d’une manière très approximative.
Le diamètre transversal est celui dont l’évaluation offre le plus d’intérêt, les poumons occupant les parties latérales de la poitrine.
Le diamètre antéro-postérieur médian nous indique surtout l’étendue de remplacement réservé au cœur. Il importe qu’il ne soit pas trop court; car alors cet organe, ne trouvant plus entre la colonne vertébrale et le sternum une place suffisante, s’empare d’une partie de l’espace réservé au poumon gauche, dont le volume, déjà plus petit que celui du poumon droit, subit alors une nouvelle réduction. Il importe aussi qu’il ne soit pas trop long; car il s’allongerait alors aux dépens du précédent, ces deux diamètres étant solidaires.