ARTICULATIONS PAR EMBOITEMENT RÉCIPROQUE
Surfaces articulaires : deux segments de cylindre, l’un et l’autre connexes dans un sens, et concaves dans le sens perpendiculairement opjiosé.
Moyens d’union : une capsule et des tendons. — Mouvements : la circumduction et l’opposition double.
4e GENRE. — ARTICULATIONS TROCHLÉENNES.
Surfaces articulaires : deux segments de cylindre, l’un et l’autre concaves et convexes; mais dans l’un, c’est la concavité qui domine; dans l’autre, c’est la convexité.
Moyens d’union : deux ligaments latéraux constants; quelquefois un ligament antérieur et un ligament postérieur, peu résistants, mais suppléés lorsqu’ils n’existent pas, et consolidés, lorsqu’ils existent, par des muscles et des tendons. — Mouvements : l’opposition simple.
5e GENRE. — ARTICULATIONS PIVOTANTES.
Surfaces articulaires : deux segments de cylindre qui s’emboîtent de telle sorte que l’un d’eux joue à l’égard de l’autre le rôle de pivol.
Moyens d’union : variables. — Mouvements : la rotation alternative.
6e GENRE. — ARTHRODIE.
Surfaces plus ou moins planes. — Moyens d’union : un ou plusieurs ligaments périphériques auxquels s’ajoute souvent un ligament interosseux. — Mouvements : le glissement seul.
IIe ordre. — Articulations dont les surfaces ne se correspondent pas.
1er GENRE. — ARTICULATIONS BiCONDtLIENNES.
P Surfaces articulaires : deux condyles, dont les surfaces, l’une et l’autre convexes, sont séparées par un libro-cartilage biconcave qui rétablit leur contiguïté. — Moyens d’union : deux ligaments périphériques et des muscles.
Mouvements : opposition double et circumduction, celle-ci très limitée.
2e GENRE. — ARTICULATIONS BITROCHLÉENNES.
Surfaces articulaires : au nombre de trois; elles forment une double trochlée, l’une dont les surfaces se correspondent, l’autre dont les surfaces ne se correspondent pas ; ex. : le genou.
Fibro-cartilages : au nombre de deux; ils rétablissent les rapports de contiguïté entre les surfaces qui ne se correspondent pas.
DES AMPHIARTHROSES. 517
Moyens d’union : un ligament antérieur, un ligament postérieur, deux ligaments latéraux, deux ligaments intra-articulaires.
Mouvements : l’opposition et la rotation dans certaines conditions.
3e GENRE. — ARTICULATIONS A SURFACES BICONVEXES ET SANS FIBRO-CARTILAGE
INTERARTICULAIRE.
Les deux surfaces articulaires sont convexes d’avant en arrière, d’où il suit que la supérieure repose sur l’inférieure par le sommet de sa convexité, dans un état d’équilibre instable, tendant constamment à se porter en avant ou en arrière. — Moyens d’union : une capsule extrêmement lâche. — Mouvements : un glissement alternatif, antéro-postérieur, très étendu.
§ 2. — Des amphiarthroses en général.
Les amphiarthroses ou articulations semi-mobiles , articulations mixtes (1), sont situées sur la ligne médiane, où on les voit s’échelonner en série longitudinale. Toutes, par conséquent, sont impaires et symétriques. Elles diffèrent sous ce triple point de vue des diarthroses qui se disposent par paires à droite et à gauche du plan médian.
Leur nombre n’est pas le même à tous les âges. Chez le fœtus, les cinq vertèbres sacrées et les cinq vertèbres coccygiennes sont unies entre elles par amphiarthrose. Mais chez l’enfant, toutes ces amphiarthroses disparaissent par suite de la soudure des vertèbres. Chez l’adulte, on voit souvent l’amphiarthrose sacro-coccygienne disparaître à son tour. Chez les vieillards, d’autres vertèbres plus élevées se soudent aussi quelquefois. Le nombre de ces articulations tend donc sans cesse à se réduire ; il est en raison inverse de l’âge.
A. — Surfaces articulaires des amphiarthroses.
1° Surfaces osseuses . — Elles sont formées de deux parties très distinctes, l’une et l’autre planes. Sur leur périphérie, il existe un large anneau de substance compacte, mince et uni, sans aucune trace d’orifice.
(1) Quelques anatomistes modernes désignent aussi les amphiarthroses sous le nom de symphyses , mais par abus, ou plutôt par erreur de langage. Le mot symphyses a été employé par les plus anciens auteurs, et ensuite par tous leurs successeurs dans une double acception : d’une part, pour désigner l’union des os par voie d’ossification, telle est la symphyse du menton ; d’une autre part, pour désigner les moyens d’union des os. Ces moyens d’union étaient de trois sortes : les cartilages, les ligaments et les muscles. — A l’union des os par les cartilages, ils donnaient le nom de syncliondrose; — et à celle des os par des ligaments, celui de synévrose (de ctùv, avec etveupov, nerf), parce qu’ils appelaient ainsi toutes les parties fibreuses, sans les confondre cependant avec les nerfs ; — l’union des os par les muscles constituait la syssarcose.
ARTIIROLOGIE.
— Toute la portion qui se trouve inscrite dans cet anneau offre au contraire un aspect poreux et inégal ; elle n’occupe pas le même plan, mais un plan inférieur. La différence de niveau des deux parties est mesurée par l’épaisseur de l’anneau qui équivaut en moyenne à un millimètre. Il suit de cette disposition que dans les amphiarthroses les surfaces osseuses tendent à se déprimer à leur centre, sans qu’on puisse dire cependant qu’elles sont concaves.
2° Cartilages. — Chacune des surfaces qui précèdent est recouverte d’un cartilage. Mais ce cartilage ne revêt que la partie inscrite dans l’anneau. Il ofïre la même épaisseur que celui-ci, avec lequel il se continue par sa circonférence. Ainsi surmontée de son cartilage, la partie inscrite de la surface osseuse se trouve ramenée au niveau de l’anneau.
A l’état frais, les surfaces articulaires des amphiarthroses sont donc réellement planes. Leur partie périphérique, sur une largeur qui varie de 2 à 5 millimètres, est osseuse ; leur partie centrale est cartilagineuse.
La structure de ces cartilages ne diffère pas du reste de celle des cartilages diarthrodiaux. On remarque seulement que les capsules profondes, verticalement dirigées dans ces derniers, sont ici horizontales comme es superficielles (voy. fig. 200)*
B. — Moyens «l'union des amphiarthroses.
Dans toutes les amphiarthroses les surfaces articulaires sont unies par un ligament interosseux extrêmement résistant, et par des ligaments périphériques qui adhèrent à celui-ci en l’embrassant de toutes parts.
1° Ligaments interosseux. — Ils diffèrent beaucoup de ceux des diarlhroses. Ces derniers se composent de faisceaux perpendiculaires aux surfaces osseuses, souvent isolés ou séparés par des intervalles que remplissent des cellules adipeuses. Les premiers sont formés de faisceaux qui se portent très obliquement de l’une à l’autre surface, et qui constituent des lames concentriquement disposées; ils ne renferment aucune trace de cellules adipeuses.
Ces ligaments se moulent sur les os correspondants, dont ils empruntent la forme, et présentent quelques différences, suivant l’articulation à laquelle ils appartiennent ; cependant on peut les comparer, pour la plupart, à un segment de cylindre qui serait échancré en arrière. Vus par leur partie postérieure, ils sont donc légèrement concaves ; vus par leur partie antérieure, ils sont convexes. Leurs faces supérieure et inférieure sont planes, elles adhèrent de la manière la plus intime aux surfaces articulaires.
Lorsqu’on divise les ligaments interosseux des amphiarthroses parallèlement à leurs surfaces, on remarque qu’ils sont formés des deux
DES AMPHI ARTHROSES.
parties bien différentes : Tune périphérique, très dense, composée de couches concentriques; l’autre centrale, molle et d’aspect homogène.
Les lames concentriques de la portion périphérique, plus nombreuses en avant qu’en arrière, se composent de fibres très obliquement dirigées de l’une à l’autre surface articulaire. Toutes les fibres de la même couche s’inclinent dans le même sens et affectent, par conséquent, une direction parallèle. Celles de la lame qui la précède ou qui lui succède se comportent de la même manière, mais présentent une obliquité inverse, d’ou il suit que les fibres des divers plans se croisent en sautoir.
Parmi ces lames, il en est qui sont exclusivement constituées par du tissu fibreux, c’est-à-dire par des fibres de tissu conjonctif groupées en faisceaux et par des fibres de cellules ; sur d’autres, plus nombreuses, aux faisceaux fibreux et aux fibres de cellules s’entremêlent des cellules de cartilage d’autant plus multipliées qu’elles se trouvent plus rapprochées du centre du ligament.
La portion molle se rapproche en général un peu plus de la partie postérieure de l’articulation. Elle est d’un blanc mat et d’une consistance assez ferme au voisinage de la partie périphérique, mais qui diminue de plus en plus en se portant de celle-ci vers le centre. Lorsqu’on la divise perpendiculairement de part en part, on observe sur le profil de la coupe une large cavité dont les parois sont hérissées d’une multitude de prolongements, inégaux et irréguliers, surmontés eux-mêmes d’une foule de prolongements analogues, mais plus petits. Quelques auteurs ont voulu voir dans cette cavité une synoviale rudimentaire, mais bien à tort, car elle ne présente ni les connexions, ni la structure, ni les usages des séreuses articulaires.
Immergée pendant vingt-quatre heures dans l’eau froide, la portion centrale double de volume. — Plongée dans l’eau bouillante, elle conserve ses dimensions normales, mais acquiert une densité remarquable qui rappelle celle des fibro-cartilages interarticulaires.
Cette portion centrale est composée : de faisceaux fibreux qui se croisent dans tous les sens, de fibres de cellules et enfin de cellules de cartilage, qui diffèrent beaucoup par leurs dimensions, par leur nombre et par le mode de leur configuration. Certaines cellules renferment jusqu’à dix ou douze cellules de seconde ou de troisième génération. Il en est qui ne présentent qu’une enveloppe; mais quelques-unes sont formées par une série d’enveloppes concentriques. Ces dernières se distinguent des autres par l’épaisseur plus grande de leurs parois.
La structure de ces ligaments nous rend très bien compte de leur remarquable élasticité. Parmi les parties fibreuses et fibro-cartilagiueuses des articulations mobiles, il n’en est aucune qui soit aussi riche en cellules de cartilage.
Les ligaments interosseux des amphiarthroses possèdent des vaisseaux et des nerfs. Je ne les ai d’abord observés que dans leur partie périphérique, où ils sont fort difficiles à mettre en évidence. Récemment, j’ai réussi à les voir dans leur partie centrale, et j’ai pu constater à ma grande surprise qu’ils sont plus abondants dans celle-ci. En outre, après d’assez longues recherches, je suis parvenu à constater qu’ils proviennent du corps même de la vertèbre ; ils cheminent des deux surfaces articulaires correspondantes vers la portion molle en se ramifiant dans son épaisseur. Ces vaisseaux sont du reste de simples capillaires. Les nerfs qui les accompagnent sont très manifestes aussi ; ils ont la même origine.
2° Ligaments périphériques. — Ces ligaments, au nombre de deux, entourent d’une gaine presque complète les surfaces articulaires et le ligament interosseux. Ils diffèrent de ceux des diarlhroses par l’inégale étendue des faisceaux fibreux qui les composent : parmi ceux-ci, les plus profonds sont les plus courts. Ces ligaments s’attachent non seulement sur tout le pourtour des surfaces articulaires, mais sur toute la circonférence des disques interosseux. Il suit de cette disposition que les ligaments périphériques et le ligament interosseux font corps en quelque sorte, de même que celui-ci fait corps avec les deux surfaces articulaires. De là l’extrême solidité de ce mode d’union qui résiste aux plus grandes violences. Aussi voyons-nous, à la suite de ces violences, les surfaces articulaires se briser et bien rarement se luxer.