ARTICULATIONS DES CORPS DES VERTÈRRES
Dans la région cervicale, il ne recouvre que la partie médiane des vertèbres. Étroit et arrondi supérieurement, il s’élargit en descendant, et prend ainsi la figure d’un triangle très allongé. Ses bords répondent aux muscles droits antérieurs et longs du cou.
Dans la région dorsale, il revêt non seulement la partie médiane des vertèbres, ainsi que les ligaments interosseux, mais aussi leurs parties latérales. Il acquiert donc dans cette région une très grande largeur, dont il est redevable à une large bandelette qui lui est surajoutée de chaque côté. On peut lui considérer, par conséquent, trois portions : la portion médiane, plus épaisse et plus régulière, blanche et nacrée, se continue en haut avec la portion cervicale qu’elle prolonge ; les portions latérales, beaucoup plus minces, sont criblées d’orifices vasculaires allongés de haut en bas. Ces orifices sont en général plus ou moins espacés; mais sur certains points on les voit quelquefois aussi se succéder en série longitudinale; ils établissent alors entre elles et la partie médiane une sorte de ligne de démarcation.
Dans la région lombaire, comme dans la région cervicale, le ligament vertébral commun antérieur ne recouvre que la partie médiane des vertèbres. Mais il offre une largeur de deux centimètres égale sur toute son étendue. Ses bords répondent aux muscles grands psoas qui le remplacent sur les côtés.
La face antérieure de ce ligament est en rapport : supérieurement, avec le pharynx et l’œsophage ; plus bas, avec les veines azygos, le canal thoracique et l’aorte. Ces organes ne lui adhèrent que par un tissu conjonctif extrêmement lâche. Au niveau de la base du thorax, elle répond aux piliers du diaphragme, qui lui sont d’abord simplement contigus, mais dont les fibres tendineuses s’entremêlent avec les siennes inférieurement. — Sa face postérieure adhère étroitement et sur toute sa longueur aux corps vertébraux et aux ligaments interosseux.
Les faisceaux fibreux qui composent le ligament vertébral commun antérieur présentent tous une direction longitudinale et parallèle. Les superficiels sont les plus longs ; ils s’étendent sur le corps de plusieurs vertèbres. Les profonds se portent de la gouttière transversale d’une vertèbre à la gouttière de la vertèbre suivante ; ils diffèrent en outre des précédents par le tissu adipeux plus abondant qui remplit leurs interstices.
7, 7. Extrémité postérieure des douze côtes. — 8, 8. Ligaments transverso-costaleux supérieurs.
Fig. 209. — Portion cervicale du grand ligament vertébral commun postérieur, offrant la forme d’une longue bandelette à bords rectilignes et parallèles. — 2. Ligne au niveau de laquelle la dure-mère crânienne se continue avec la dure-mère rachidienne. — 3, 3. Coupe du pédicule des vertèbres cervicales.- — 4,4. Partie supérieure de la portion thoracique, déjà festonnée sur ses bords, mais encore très large. — 5, 5. Partie inférieure de la môme portion, moins large que la précédente, et dont les festons s’accusent davantage.
ARTIIROLOGIE.
2° Ligament vertébral commun postérieur. — Ce ligament s’étend du trou occipital à la partie supérieure du canal sacré, à la manière d’une longue bandelette. Plus mince et plus faible que l’antérieur, il en diffère beaucoup aussi par son aspect.
Dans la région cervicale, il est large et rectangulaire. Son extrémité supérieure s’attache aux parties antérieure et latérales du trou occipital. Ses bords adhèrent aux pédicules des vertèbres. Il recouvre par conséquent toute la face postérieure de celles-ci.
Dans les régions dorsale et lombaire, le ligament vertébral commun postérieur devient beaucoup plus étroit ; sa largeur ne représente que la moitié et quelquefois le tiers seulement de celle qu’il offre supérieurement. En outre, ce ligament se rétrécit au niveau de la partie centrale de chaque corps de vertèbre, et s’élargit au contraire au niveau de chaque ligament interosseux. 11 suit de cette disposition que ses bords sont régulièrement découpés et comme festonnés.
Sa face postérieure est unie à la dure-mère rachidienne par quelques tractus filamenteux.
Sa face antérieure adhère de la manière la plus intime aux ligaments interosseux, ainsi qu’à la partie correspondante des vertèbres, mais reste indépendante de celles-ci, en passant sur l’excavation que présente la partie centrale de leur face postérieure. Si elle s’élargit au niveau des premiers, c’est pour s’y attacher plus solidement. Si elle se rétrécit au niveau du corps des vertèbres, c’est pour livrer passage de chaque côté aux veines volumineuses qui en proviennent.
Le ligament vertébral commun postérieur se compose de faisceaux longitudinaux d’autant plus longs et plus gros qu’ils sont plus rapprochés de la ligne médiane. Les faisceaux médians suivent une direction rectiligne. Les faisceaux latéraux décrivent une courbe à concavité externe, en se portant d’un fibro-cartilage au fibre-cartilage sousjacent.
Ce ligament postérieur renferme dans son épaisseur un grand nombre de fibres élastiques, d’où la coloration jaunâtre qu’il présente. Par sa structure, il diffère donc assez notablement de l’antérieur, et se rapproche au contraire de tous les ligaments postérieurs du rachis, qui ont pour attribut commun l’élasticité.
3° Ligaments interosseux. — Comme les vertèbres, ces ligaments représentent des segments de cylindre échancrés en arrière.
Leurs dimensions transversale et antéro-postérieure répètent très exactement celles des corps vertébraux dans les différentes régions.
Leur hauteur est à peu près égale sur toute l’étendue de la colonne cervicale. Mais elle diminue graduellement de la partie inférieure de celle-ci à la quatrième ou cinquième vertèbre dorsale ; augmente ensuite