ARTICULATION DES APOPHYSES ARTICULAIRES
chacun pourra facilement répéter : Désarticulez l’occipital; enlevez toutes les parties molles qui entourent les deux premières vertèbres et tous les ligaments qui les unissent, à l’exception du ligament atloïdoaxoïdien antérieur et du ligament transverse. Retranchez ensuite par un trait de scie horizontal le tiers supérieur de l’arc antérieur de l’atlas et la partie correspondante de l’apophyse odontoïde. Prenez alors une lame de carton ou une lamelle de bois de 2 centimètres carrés; passez deux épingles dans son centre, et enfoncez celle-ci dans le tissu spongieux de l’apophyse odontoïde. Enfoncez verticalement une autre épingle sur la partie médiane du tissu spongieux de l’arc antérieur de l’atlas Cette seconde épingle devra descendre dans le tissu spongieux jusqu’à ce que sa tête s’engage sous le plan horizontal de la première, et touche celui-ci au moment où les surfaces articulaires des deux vertèbres se recouvrent complètement. — Les choses ainsi disposées, imprimez à l’atlas un mouvement de rotation : vous verrez, pendant ce mouvement, la tête de la seconde épingle s’abaisser au-dessous du plan horizontal, d autant plus qu elle s’éloignera davantage de la ligne médiane; remonter au contraire vers ce plan lorsqu’elle se rapproche de celle-ci, puis s’abaisser de nouveau lorsqu’elle passe du côté opposé. Or cette tête d épingle, qui s’abaisse et s’élève ainsi alternativement, représente 1 extrémité céphalique; elle est l’image très fidèle des mouvements qu exécute la tête au moment où elle tourne sur l’axis de gauche à droite et de droite à gauche (fig. 323, 324, 325).
B. Moyens d'union et synoviale. — Les deux apophyses articulaires du même côté sont entourées par un ligament capsulaire extrêmement lâche. Ce ligament s’insère en arrière au niveau des surfaces articulaires, en avant à 3 ou 4 millimètres au-dessus et au-dessous de celles-ci. Il
— 3. Épingle enfoncée dans ie tissu spongieux de son arc antérieur. L’atlas et la tête présentant leur maximum d’élévation, cotte épingle touche la lame horizontale qui la surmonte. — 4, 4. Épingles enfoncées dans le tissu spongieux de l’apophyse odontoïde. — 5, 5. Lame horizontale supportée par les épingles. — 6, 6. Apophyses articulaires inférieures de 1 atlas. — 7, 7. Apophyses articulaires supérieures de ï’axis. On peut remarquer que les deux apophyses du même côté, exactement superposées par leur partie moyenne et transversale, s’écartent en avant. — 8, 8. Apophyses articulaires inférieures de l’axis. — 9. Ligament atloïdo-axoïdien antérieur.
Fig. 225. Vue antérieure des deux vertebres dans leur situation relative au moment où nous regardons de côté. — 1, I Atlas. — 2. Tubercule de son arc antérieur. — 3. Épingle enloncée dans le tissu spongieux de cet arc, sur sa partie médiane. L atlas et la tête étant tournés de côté, l’épingle s’éloigne de la lame horizontale. 4. Épingles enfoncées dans le tissu spongieux de l’apophvse odontoïde, dont on aperçoit le sommet par suite de l’abaissement de l’atlas. — 5/5. Lame horizontale qu elles supportent. — 6, 6. Apophyses articulaires inférieures de l’atlas, débordant en avant et en arrière les apophyses correspondantes de l’axis. — 7. Apophyse articulaire supérieure droite de cette vertèbre, dont la moitié antérieure se trouve découverte. — 8, 8. Ses apophyses articulaires inférieures, — 9. Ligamen atloïdo-axoïdien antérieur.
ARTIIROLOGIE.
est mince, peu résistant, continu à droite et à gauche avec le ligament atloïdo-axoïdien antérieur.
La synoviale qui répond à chacune des articulations revêt la face interne de la capsule et toute la partie des apophyses articulaires comprise entre les insertions de celle-ci et les surfaces cartilagineuses. L’une et l’autre communiquent quelquefois avec la synoviale antérieure de l’articulation alloïdo-odontoïdienne.
4° Mouvements de l’atlas sur l’axis.
L’atlas tourne sur l’axis. Tout autre mouvement lui est interdit, afin, sans doute, de laisser à celui-ci plus d’amplitude, de liberté et de précision. Bicliat avait déjà très bien vu que la première vertèbre du cou ne peut ni se fléchir, ni s’étendre, ni s’incliner de l’un ou de l’autre côté. Le ligament transverse appliqué à la face postérieure de l’apophyse odontoïde s’oppose au mouvement de flexion ; d’une autre part, le ligament atloïdo-axoïdien antérieur s’oppose au mouvement d’extension. L’intervalle très considérable qui sépare son arc postérieur de l’axis conserve une étendue fixe ou constante.
Aux mouvements de bascule dans le sens transversal s’opposent des obstacles qui ne sont pas moins insurmontables : supérieurement, les ligaments odontoïdiens se tendent pour prévenir tout déplacement; inférieurement, le ligament transverse et les parties latérales du ligament occipito-axoïdien concourent au même résultat.
La première vertèbre du cou, unie à la tête et faisant corps avec elle, ne possède donc, en définitive, que le mouvement de rotation. Très étendu, ce mouvement ne l’est pas autant cependant que le pensent quelques auteurs. Lorsque la tête se tourne à droite ou à gauche, sa partie médiane forme, avec le plan médian du corps, un angle d’autant plus grand que la rotation est plus considérable. Pour le mesurer, on peut se servir de la préparation destinée à montrer que dans ce mouvement l’extrémité céphalique monte et descend. Il suffit alors de fixer une épingle à la partie médiane de l’arc antérieur, en lui donnant une direction horizontale et antéro-postérieure, et de tracer sur une feuille de papier deux lignes, l’une transversale, l’autre perpendiculaire à la première. Placez la préparation sur le papier, en ayant soin que l’épingle prenne la direction de la ligne perpendiculaire. Dans cette attitude de l’atlas, le plan médian du corps, représenté par la perpendiculaire, et le plan médian de la tête, représenté par l’épingle, se confondent. Imprimez à l’atlas un mouvement de rotation; le second de ces deux plans fera un angle avec le premier. Lorsque la rotation aura atteint son extrême limite, tirez une troisième ligne représentant la direction de l’épingle, puis enlevez la préparation, et prolongez cette troisième ligne