TISSU ADIPEUX
Le tissu pileux offre la plus grande analogie de structure avec le tissu corné. Il est formé aussi de cellules et d’une très minime proportion de substance amorphe. Parmi les cellules qui le constituent, celles qui occupent le centre ou l’axe des poils diffèrent à peine des cellules profondes de l’épiderme. Celles qui répondent à leur périphérie sont allongées, filiformes, très serrées, et la couche résultant de leur ensemble rappelle assez bien, par la plupart de ses attributs, le tissu corné. Mais, en définitive, la partie centrale et la parlie périphérique sont composées de cellules. Que la première soit molle et la seconde remarquablement dure et résistante, c’est une différence bien secondaire; la texture reste la même; et le tissu pileux, par conséquent, doit être rattaché aussi au tissu épithélial dont il est, comme le tissu corné, un véritable dérivé, une annexe, une simple dépendance.
2° Tissu adipeux.
Le tissu adipeux se compose de cellules offrant une forme sphérique dans l’état d’isolement, et polyédrique à l’état physiologique. Elles possèdent une enveloppe difficile à voir lorsqu’elles sont pleines, mais qui devient évidente lorsque leur contenu s’écoule en partie ou en totalité. Au début de leur formation, ce contenu est représenté aussi par un noyau entouré d’un corps protoplasmique. Bientôt leur protoplasma est envahi par des gouttelettes graisseuses, très variables de nombre et de volume, qui ne lardent pas à se fusionner pour former des gouttelettes plus grosses, lesquelles s’accroissent à leur tour de plus en plus. Le centre d s cellules se trouve ainsi envahi par une masse graisseuse ou huileuse, qui s’avance progressivement jusqu’à leur périphérie. Si on les examine alors avec attention, on remarque que le protoplasma se réduit à une mince pellicule sous-jacente à l’enveloppe, un peu plus épaisse sur un point; c’est au niveau de ce point et dans son épaisseur que se trouve le noyau.
Les cellules adipeuses, à leur origine, ne diffèrent donc pas des cellules ordinaires. Plus tard, elles s’en distinguent par les principes gras qu’elles renferment, qui s’accumulent dans leur cavité en quantité considérable, et qui amènent l’atrophie du proloplasma et du noyau. Ces principes, chez le foetus et l’enfant, constituent une réserve nutritive, qui s’épuise à mesure que l’organisme se développe et qui a, du reste, pour siège à peu près exclusif le tissu conjonctif sous-cutané. Dans la seconde moitié de la vie, ils attestent une dégénérescence des cellules envahies, car ils n’ont plus de raison d’èlre en prenant la place du corps vivant qu’elles contenaient. Leur vitalité s’affaiblit donc d’autant plus que la masse adipeuse est plus grande dans chacune d’elles et le protoplasma plus atrophié.
DES TISSUS
3° Tissu cartilagineux et ses dérivés.
Le tissu cartilagineux est l’un des plus simples. Mais il ne se présente pas sur tous les points du corps avec une constitution et des propriétés tout à fait identiques. Nous avons donc à le considérer d’abord sous son type le mieux caractérisé. Nous mentionnerons ensuite les modifications qu’il peut subir ou ses divers dérivés.
a. Tissu cartilagineux proprement dit. — Ce lissil se Compose de cellules dites capsules de cartilage et d’une substance amorphe, dure, résistante et opaque à la lumière réfléchie, transparente à la lumière transmise lorsqu’on la réduit en coupe mince, d’où le nom de cartilage hyalin qui lui a été donné. C’est sous cet aspect que se présente la plupart des cartilages avant leur ossification.
Les capsules de cartilage sont disséminées irrégulièrement dans la substance amorphe; elles lui adhèrent de la manière la plus intime et ne sauraient en être séparées. Sur les coupes minces, examinées au microscope, on les reconnaît à leur double contour, à leur transparence plus parfaite et à leur homogénéité qui rappelle celle du verre. Ces cellules précèdent la substance amorphe; elles ressemblent alors à toutes les autres. On peut conjecturer cependant qu’elles s’en distinguent déjà par leurs propriétés; ce sont elles, en effet, qui sécrètent la substance amorphe, destinée à les unir, et avec laquelle elles se confondent plus tard. Lorsqu’elles se multiplient par voie de bipartition successive, ce sont elles encore qui produisent la substance amorphe secondaire, unissant de même les jeunes cellules ou capsules nouvelles.
Le contenu des cellules de cartilage est représenté par un corps protoplasmique entourant un noyau. Avant l’apparition de la substance amorphe les cellules de cartilage étaient des cellules vraies ou complètes. Après la formation de celle-ci, l’enveloppe ou capsule se confondant avec elle, le protoplasma et son noyau semblent privés d’enveloppe. On peut encore donner à ces deux éléments réunis le nom de cellule, à l’exemple de tous les auteurs; mais il importe, pour éviter la confusion, d’ajouter que la cellule ainsi réduite à ses deux éléments les plus importants est une cellule nue. Le protoplasma adhère par sa périphérie aux parois de la capsule. 11 contient très fréquemment un ou plusieurs corpuscules graisseux. Le noyau très apparent et arrondi renferme un ou deux nucléoles.
Très souvent il existe deux ou trois cellules nues dans la même capsule. On peut même en observer quatre ou cinq et parfois un très grand nombre.
Lorsque le cartilage est en voie de développement, les jeunes cellules