‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 21 sur 260 · TISSU CARTILAGINEUX · texte numérisé non relu

TISSU CARTILAGINEUX

d’abord en contact ne tardent pas à s’entourer chacune d’une capsule secondaire qui sécrète aussi une substance amorphe, en sorte qu’il se forme entre elles des cloisons d’abord minces, qui ensuite augmentent peu à peu d’épaisseur.

b. Les dérivés du tissu cartilagineux. — Au nombre de ces dérivés, nous rangerons les cartilages articulaires, les cartilages périchondriques, et les fibro-cartilages, parmi lesquels nous aurons à distinguer plusieurs variétés.

Les cartilages articulaires , appelés aussi cartilages d' encroûtement , sont l’un des attributs les plus importants des articulations mobiles. Ils recouvrent et protègent les surfaces par lesquelles les os se correspondent. Avant l’ossification, ils ne se distinguaient pas des cartilages hyalins. Plus tard ils en diffèrent, non seulement parce qu’ils ont résisté à l’invasion des sels calcaires, et parce qu’ils restent privés aussi de vaisseaux, mais surtout parce qu’ils ont conservé toutes leurs propriétés primitives auxquelles ils sont redevables de leur rôle éminemment protecteur. Par leur surface adhérente, ils se continuent sans ligne de démarcation bien tranchée avec le tissu osseux. Leur surface libre est dépourvue de tout vestige d’épithélium. Leur constitution rappelle celle des cartilages hyalins, avec cette différence cependant que les cellules superficielles, moyennes et profondes, n’offrent pas ici une configuration semblable : les superficielles sont aplaties et parallèles à la surface libre; les moyennes sont irrégulièrement arrondies, et les profondes allongées et perpendiculaires à la surface adhérente. Dans ces dernières on remarque plusieurs cellules nues disposées en série linéaire.

Les cartilages périchondriques appartiennent aussi à la catégorie des cartilages hyalins. Mais ils se distinguent de ceux-ci par leur enveloppe fibreuse ou périchondre, qui leur adhère de la manière la plus intime. Ils en diffèrent en outre par leur moindre transparence, par leur teinte jaunâtre, et par leur tendance à s’ossifier dans la dernière période de la vie ; quelques-uns cependant restent indéfiniment réfractaires à l’ossification. A cette variété de cartilages se rattachent les cartilages costaux, les cartilages du larynx, ceux de la trachée-artère, ceux du nez, etc.

Les fibro-cartilages comprennent dans leur structure, indépendamment des cellules et d’une substance amorphe, des faisceaux fibreux. Dans quelques-uns il existe, en outre, des fibres élastiques. Les premiers constituent les fibro-cartilages proprement dits, et les seconds les fibrocartilages élastiques ou cartilages réticules.

L’apparition des faisceaux fibreux dans la substance amorphe des cartilages ne s’opère pas brusquement. Déjà on constate dans certains cartilages périchondriques un aspect fibroïde et parfois même un aspect

DES TISSUS

fibrillaire. L’aspect übroïde se montre lorsque les granulations moléculaires de la substance amorphe se disposent en série linéaire, en restant indépendantes. L’aspect fibrillaire se réalise lorsque ces molécules se continuent entre elles. Que les fibrilles deviennent plus nombreuses, qu’elles se serrent les unes contre les autres, elles formeront des faisceaux fibreux. Ce sont ces faisceaux qui, en s’ajoutant en proportions variables à la substance amorphe, transforment les cartilages simples en fibro-cartilages. Ils cheminent entre les capsules, s’entre-croisent dans leur trajet et communiquent aux organes dans lesquels on les rencontre une souplesse, une flexibilité que ne possèdent pas les cartilages hyalins, et que possèdent déjà, mais à un degré beaucoup moindre, les cartilages périchondriques. Parmi les fibro-carlilages, je dois mentionner le bourrelet glénoïdien , le bourrelet cotyloïdien , les fibro-cartilages inter-articulaires du genou , celui de l’articulation sterno-claviculaire, etc.

Les fibro-cartilages élastiques contiennent un élément de plus que les précédents. Ils empruntent à la présence des fibres élastiques dans leur épaisseur la propriété de réagir contre toutes les causes qui tendent à les déformer ou à les déprimer, et de reprendre leur forme normale aussitôt que celles-ci suspendent leur action : ainsi se comportent l’épiglotte, les disques inter-osseux des vertèbres, cl une foule d’autres fibrocartilages qui seront décrits avec les organes dont ils font partie.

4° Tissu osseux.

Le tissu osseux est constitué comme le tissu cartilagineux hyalin par des cellules et une substance amorphe.

Les cellules, dans ce tissu comme dans les cartilages, ne se composent que de deux éléments, d’un protoplasma et d’un noyau. Ce sont aussi des cellules nues. Du protoplasma naissent des filaments déliés, qui lui donnent une forme étoilée. Le noyau conserve sa configuration primitive; il est seulement un peu aplati, ainsi que la masse protoplasmique qui l’entoure. Ces cellules nues que Wirchow, le premier, est parvenu à isoler, et qu’on désigne aujourd’hui assez généralement sous le nom de cet anatomiste sont protégées par une enveloppe de nature osseuse et de forme étoilée aussi. Ces enveloppes osseuses ou ostéoplastes ont été considérées par un grand nombre d’auteurs comme des capsules de cartilage ossifiées. Nous verrons cependant qu’elles diffèrent de ces dernières d’abord par les nombreuses irradiations qui en parlent, et qui se moulent sur les irradiations correspondantes du protoplasma et aussi par leur nombre et par leur origine.

La substance amorphe du tissu osseux, vue à un grossissement suffisant, revêt un aspect finement granuleux. Le microscope permet, en

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