TISSU ÉLASTIQUE
outre, de reconnailre qu’elle forme autour des capillaires sanguins des couches concentriques en nombre variable.
On retrouve donc dans le tissu osseux les mêmes éléments que dans le tissu cartilagineux. Dans chacun de ces tissus, on rencontre des cellules nues; dans chacun d’eux, les cellules sont protégées par une enveloppe, cartilagineuse d’un côté, osseuse de l’autre; dans chacun d’eux, il existe entre les cellules une substance amorphe, qui conserve ce caractère dans les cartilages, qui se dispose en couches concentriques dans les os.
B. Tissus composés de fibres.
Les tissus composés de fibres, au nombre de trois, sont représentés par le tissu élastique, par le tissu musculaire à fibres striées, et par le tissu musculaire à fibres lisses.
1° Tissu élastique. -4-1 Sur presque tous les points où on le rencontre, le tissu élastique se montre sous la forme de fibres cylindriques ou légèrement aplaties, à bords sombres, transparentes et réfringentes, se divisant dans leur trajet, affectant les directions les plus diverses et s’anastomosant entre elles, en sorte qu’elles constituent, en général, des réseaux à mailles fort irrégulières et plus ou moins serrées.
Ces fibres sont homogènes. Elles résistent à faction de l’acide acétique et de la plupart des acides, alors même qu’ils sont peu dilués et doués d’une action énergique. A l’aide de la potasse et de ces acides, on réussit sans peine à dissoudre la trame conjonctive à laquelle elles se trouvent ordinairement mêlées; elles deviennent alors très manifestes. L’iode et l’acide picrique leur communiquent une couleur jaune. Réunies en masse, en faisceaux ou en lames, elles affectent une couleur semblable, mais moins prononcée.
Leur diamètre diffère beaucoup. Il varie de 1 [a à 12 [a ou 15 p. (1), ce qui permet de les distinguer en grosses, moyennes et fines. Souvent ces dernières se trouvent mêlées aux moyennes et même à des fibres très grosses. Mais, dans ce mélange, on voit presque toujours l’un de ces trois ordres de fibres l’emporter sur les deux autres.
Dans quelques organes, comme les artères, par exemple, les fibres s’élargissent et prennent même, sur certains points, une configuration lamelliforme; en outre, elles sont criblées de trous ou de fentes à contour irrégulier, et s’anastomosent aussi entre elles; de là, des réseaux
(1) La letttre grecque p. est la formule aujourd’hui adoptée pour exprimer la millième partie d’uu millimètre; elle mérite d’être adoptée parce qu’elle .abrège et simplifie le langage.
DES TISSUS
qui oui pu être comparés à des lamelles percées à jour: c’est à celle variété que s’applique la dénomination de tissu élastique fenêtre.
A côté de cette variété, on pourrait en placer une seconde dans laquelle le tissu élastique affecte aussi la forme membraneuse, mais sans offrir la moindre solution de continuité : telles sont l’enveloppe du cristallin, la membrane de Demours, etc., l’une et l’autre parfaitement homogènes, sans aucune trace de fibres et d’orifices : elles représentent le tissu élastique sous sa forme membraneuse la plus pure.
2° Tissu musculaire à fibres striées. — Ce tissu est celui qui lient la plus large place dans l’organisation de l’homme et des vertébrés. Il est caractérisé par sa couleur rouge, par le parallélisme des fibres et des faisceaux qui le composent, et surtout par la propriété que possèdent ces faisceaux et ces fibres de se raccourcir, propriété qui constitue le phénomène de la contraction. C’est à cette propriété qu’il est redevable du privilège de mettre en jeu toutes les pièces mobiles du squelette, d’où la possibilité pour celles-ci de se déplacer les unes à l’égard des autres, el pour le corps entier de se mouvoir au sein du milieu qu’il habile.
Considéré dans son ensemble, le tissu musculaire à fibres striées esl représenté par un très grand nombre de parties différentes de forme et de volume mais de même nature, qui se groupent autour des os. qui s’y attachent el qui constituent les muscles.
Chaque muscle est réductible en faisceaux de moins en moins volumineux et de plus en plus nombreux. Celle analyse a pour dernier terme une fibre qui ne peut plus être décomposée, et qui a reçu le nom de faisceau primitif. Les faisceaux primitifs, vus au microscope, présentent sur leur trajet des stries transversales, alternativement plus sombres el plus claires, qu’une foule de réactifs mettent facilement en évidence : de là le nom de fibres musculaires striées qui leur a élé donné.
Ces fibres diffèrent de volume. Leur longueur égale celle du faisceau charnu qu’elles contribuent à former. Elles comprennent, dans leur structure, trois éléments : 1° une enveloppe mince el transparente : le sarcoleme ou myolème; 2° des fibrilles remplissant le tube constitué par l’enveloppe : ce sont les fibrilles élémentaires ; 3° et enfin des noyaux ovoïdes échelonnés sur leur trajet à des intervalles inégaux, et situés entre le myolème et les fibrilles.
Chaque faisceau primitif paraît avoir pour origine une seule et même cellule, considérablement allongée, dont le contenu ( — ) s’est transformé en fibrilles élémentaires. Ce sont ces fibrilles striées aussi dans le sens transversal qui possèdent la faculté de se contracter.
3° Tissu musculaire à fibres lisses. — Bien que ce tissu se rapproche du précédent par ses propriétés, il en diffère beaucoup par les