‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 224 sur 260 · IV. — - Mécanisme du carpe · texte numérisé non relu

IV. — - Mécanisme du carpe

Le carpe est doué d’une remarquable solidité, due au concours de trois conditions : 1° à la forme voûtée qu’il présente; 2° à la multiplicité des pièces qui le composent ; 3° à l’étendue relativement considérable des facettes par lesquelles ces diverses pièces s’articulent entre elles.

La forme voûtée du poignet est si accusée dans l’espèce humaine, qu’elle peut être considérée comme l’un des caractères qui se rattachent à l’attitude bipède. Placé dans un état d’équilibre instable , le corps était d’autant plus exposé à tomber que ses parties les plus lourdes sont les

plus élevées ; et d’autant plus vulnérable que celles-ci l’emportent surtoutes les autres par leur extrême importance. Le mode de configuration du carpe et sa grande résistance ont pour avantage de racheter en partie les inconvénients d’un semblable équilibre, ou du moins d’en diminuer beaucoup les dangers. Dans une chute, il se porte en avant, et devient alors la base de sustentation des membres thoraciques. La main s’étendant et formant avec l’avant-bras un angle droit, tout le poids des parties supérieures du corps vient tomber perpendiculairement sur la convexité du carpe, qui, tourné vers le sol par sa concavité, et appuyé sur lui par ses deux piliers, résiste à la manière des voûtes.

Envisagé au point de vue de sa mobilité, le carpe diffère très notablement, suivant que l’on considère sa rangée supérieure ou sa rangée inférieure. La première, annexée au radius, partage la mobilité de cet os ; la seconde, attachée au métacarpe, participe de son immobilité presque absolue.

Les trois premiers os de la rangée antibrachiale, unis par des ligaments çissez minces et perpendiculaires aux facettes articulaires, se meuvent dans tous les sens. Leurs mouvements sont relativement très étendus. Le pisiforme est plus mobile encore.

Les quatre os de la rangée métacarpienne, qui se correspondent par des facettes plus larges, mais qui sont liés par des ligaments interosseux beaucoup plus épais et plus solides, n’exécutent, les uns sur les autres, que de très minimes glissements.

Le mouvement de flexion de la rangée inférieure est très étendu. Elle se fléchit beaucoup plus sur la supérieure que celle-ci ne se fléchit sur l’avant-bras, et prend une part très importante par conséquent à la flexion de la main. Dans ce mouvement, la face dorsale du carpe s’arrondit de haut en bas. Les ligaments antérieurs se relâchent; les postérieurs se tendent. Les tendons extenseurs des doigts, allongés et réfléchis, les soutiennent à la manière de ligaments actifs.

Le mouvement d’extension est au contraire très limité ; les ligaments antérieurs qui se tendent lui imposent les bornes les plus étroites. Cette rangée ne concourt donc que très faiblement à l’extension de la main. Ici, c’est la rangée antibrachiale qui joue le rôle principal. Ces considérations nous montrent que les mouvements antéro-postérieurs de la rangée métacarpienne sont essentiellement complémentaires de ceux de l’articulation radio-carpienne. Celle-ci se fléchissant peu et s’étendant beaucoup, l’articulation médio-carpienne se fléchit beaucoup et s’étend peu; elle n’entre en action que pour ajouter à la première ce qui lui manque.

Ces mouvements latéraux ont été niés par la plupart des auteurs, qui les regardent comme impossibles, les deux rangées se pénétrant réciproquement. 11 en serait ainsi, en effet, si les articulations de la rangée

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supérieure étaient immobiles. Mais elles ne le sont pas; elles possèdent assez de mobilité pour permettre à leurs surfaces articulaires de s’incliner les unes sur les autres. Ces mouvements latéraux, faciles à constater, s’ajoutent à ceux de l’articulation du poignet qui les précèdent et les déterminent.

§ 7. — Articulation du métacarpe.

Le métacarpe s’articule avec le carpe ; et les cinq pièces qui le composent s’articulent entre elles. 11 nous offre donc à étudier: 1° les articulations carpo-métacarpiennes ; 2° les articulations métacarpiennes.

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