Articulations carpo-xuétacarpiennes
Le premier métacarpien, très différent des autres par sa direction, par sa forme, par l’étendue de ses mouvements, etc., en diffère beaucoup aussi par son mode d’union avec le carpe. Nous nous occuperons d’abord de son articulation. Celles des quatre derniers fixeront ensuite notre attention.
1° Articulation carpo-métacarpienne du pouce.
C’est une articulation par emboîtement réciproque. Elle représente le type le plus parfait de ce genre de diarthrose.
A. Surfaces articulaires. — D’un côté, la facette inférieure du trapèze ; de l’autre, la facette de l’extrémité supérieure du métacarpien.
La facette inférieure du trapèze, encroûtée de cartilage, regarde en bas, en dehors et un peu en avant. Elle est quadrilatère, allongée et concave transversalement, plus étroite et convexe d’avant en arrière.
La facette du métacarpien, dirigée en haut, en dedans et un peu en avant, est triangulaire, convexe dans le sens transversal, concave dans le sens opposé.
B. Moyen d'union. — Un ligament capsulaire. Ce ligament s’étend du pourtour de la facette supérieure à la circonférence de la facette du métacarpien. 11 se compose de faisceaux parallèles, courts et minces, séparés par des interstices linéaires. La capsule et la synoviale qui revêt sa surface interne sont l’une et l’autre très lâches.
C. Mouvements. — Le premier métacarpien est remarquable par la variété de ses mouvements. Il se porte en dedans et en dehors ; se lléchit et s’étend ; il décrit en outre un mouvement de circumduction.
Par le mouvement d’adduction, il se rapproche du second os du méta-
ARTICULATIONS CARPO-MÉTACARPIENNES.
carpe, auquel il devient presque parallèle. Le premier espace interosseux s’efface alors complètement. — Le mouvement d’abduction a pour effet au contraire de l’éloigner de cet os, et d’exagérer l’intervalle qui l’en sépare, ainsi que son obliquité.
Le mouvement de flexion porte le pouce vers le bord cubital de la main. Le mouvement d’extension le ramène vers son bord radial. — La flexion, en se combinant avec l’adduction, constitue le mouvement d’ opposition.
Le mouvement de circumduction permet au pouce d’entrer successivement en opposition avec tous les autres doigts, en se portant du bord cubital vers le bord radial, ou du bord radial vers le cubital.
2° Articulations carpo-métacarpiennes des quatre derniers doigts.
Ces articulations sont des arthrodies qui communiquent : d’unë part, avec celles des os de la seconde rangée du carpe ; de l’autre, avec les articulations métacarpiennes.
Fig. 246. — 1. Trapèze dont la surface articulaire est concave transversalement et convexe d’avant en arrière. — 2. Extrémité supérieure du premier métacarpien don la surface articulaire est convexe dans le sens transversal, et concave dans le sens antéro-postérieur.
Fig. 247. — 1. Scaplioïde. — 2. Semi-lunaire. — 3. Pyramidal. — 4. Pisiforme. — 5. Trapèze. — 6. Trapézoïde. — 7. Grand os. — 8. Os crochu. — 9. Extrémité inférieure du radius. — 10. Exlrémité inférieure du cubitus. — A. Synoviale de l’articulation radio-cubitale inférieure. — B. Synoviale de l’articulation radio-carpienne. — C. Coupe du ligament triangulaire. — D. Synoviale de l’articulation du pisiforme et du pyramidal, qui- est ici indépendante de l’articulation radio-carpienne. — E, E, E, E. Synoviale commune aux articulations carpicnnes, médio-carpiennes, carpo-métacarpiennes et métacarpiennes. — F. Synoviale de l’articulation du trapèze avec le premier métacarpien.
Fig. 246. — Articulation du trapèze et du premier métacarpien.
Fig. 247. — Surfaces articulaires et synoviales des articulations du poignet.
ARTHROLOGIE.
Al Surfaces articulaires. — Elles diffèrent de configuration pour chacun des quatre métacarpiens.
Le second os du métacarpe offre trois facettes : 1° une facette externe, tournée en haut, très petite, plane et triangulaire, par laquelle il s’articule avec une facette semblable du trapèze ; 2° une facette supérieure, beaucoup plus grande, concave transversalement, qui reçoit la facette inférieure, convexe du trapézoïde ; 3° une facette supérieure et interne qui s’unit au grand os. — Vue par sa face dorsale, l’extrémité carpienne du second métacarpien présente deux angles saillants séparés par un angle rentrant. Des deux angles saillants, l’externe est reçu entre le trapèze et le trapézoïde; il donne attache au tendon du premier radial. L’interne pénètre à la manière d’un coin entre le trapézoïde et le troisième métacarpien (fig. 244).
Le troisième métacarpien s’articule par une facette triangulaire avec la facette inférieure du grand os, et par son apophyse styloïde avec une autre petite facette située en arrière et en dehors de la précédente. Cette apophyse s’élève à 4 ou 5 millimètres au-dessus de l’interligne articulaire, et le recouvre dans la moitié de sa largeur ; le tendon du second radial s’attache à sa base.
Le quatrième métacarpien s’articule par une facette légèrement convexe avec une facette concave de l’os crochu. Il répond en partie aussi au grand os.
Le cinquième, surmonté d’une facette convexe d’avant en arrière, s’unit à une facette concave de l’unciforme.
Considéré dans son ensemble et en arrière, l’interligne qui sépare le carpe des quatre derniers os du métacarpe se compose de deux courbes inégales, à concavité supérieure, qui partent toutes deux du sommet de l’apophyse styloïde du troisième métacarpien, pour se diriger, la plus courte en dehors, la plus longue en dedans.
B. Moyens d’union. — Les os de la seconde rangée du carpe sont unis aux quatre derniers métacarpiens par des ligaments dorsaux, des ligaments palmaires, et un ligament interosseux.
Les ligaments dorsaux, au nombre de sept, se dirigent obliquement ou verticalement du carpe vers le métacarpe. — Le second métacarpien en reçoit deux, dont l’un vient du trapèze, et l’autre du trapézoïde. — Le troisième os du métacarpe en reçoit trois : le premier s’étend du trapézoïde à son apophyse .styloïde ; le second, du grand os à la même apophyse; et le troisième, de cet os à la face dorsale du métacarpien. Les deux derniers ligaments dorsaux se portent de l’os crochu au quatrième et au cinquième métacarpien.
Les ligaments palmaires, moins forts que les précédents, sont au nombre de quatre : trois verticaux, et un horizontal plus solide. — Des
ARTICULATIONS MÉTACARPIENNES.
trois ligaments palmaires verticaux, l’un se rend du second métacarpien au trapèze ; un autre, du second au grand os ; le dernier, du quatrième à l’os crochu. Le ligament transversal, d’un blanc nacré, s’attache: en dehors au trapèze, et en dedans à la partie la plus élevée du troisième métacarpien. Les fibres profondes de ce ligament s’insèrent sur le second métacarpien.
Le ligament interosseux est une dépendance de celui qui lie si solidement le grand os à l’os crochu. Situé dans une fossette profonde que limitent en haut ces osselets, en bas le troisième et le quatrième métacarpien, il unit entre eux tous ces os, et surtout très solidement le grand os au troisième métacarpien.
IL ~ Articulations métacarpiennes.
Les quatre derniers métacarpiens se correspondent supérieurement par des facettes verticales, dont les cartilages se continuent avec ceux des facettes horizontales. La synoviale de ces articulations forme par conséquent une dépendance de la synoviale générale du carpe. Il existe toutefois une exception pour celle qui correspond à l’union du quatrième avec le cinquième ; elle reste ordinairement isolée de la précédente.
A. Surfaces articulaires. — Le second et le troisième os du métacarpe s’unissent par une facette très étendue d’avant en arrière, très peu de haut en bas, légèrement convexe sur le second métacarpien, et concave sur le troisième. — Celui-ci s’articule avec le quatrième, tantôt par une seule facette, très petite et antérieure, tantôt par deux petites facettes planes, l’une antérieure, l’autre postérieure. — Le quatrième présente une facette antéro-postérieure concave, qui reçoit la facette antéropostérieure convexe du cinquième.
B. Moyens d'union. — Deux ligaments dorsaux, trois ligaments palmaires, trois ligaments interosseux.
Les ligaments dorsaux, très résistants, se dirigent transversalement, l’un du troisième au quatrième métacarpien, l’autre du quatrième au cinquième. Il n’existe pas de ligament dorsal pour le second et le troisième os du métacarpe.
Les ligaments palmaires, un peu moins solides que les précédents, et plus rapprochés que ceux-ci, sont aussi transversalement dirigés.
Les ligaments interosseux constituent le principal moyen d’union des métacarpiens entre eux. Le plus fort est celui qui occupe l’intervalle compris entre le second et le troisième métacarpien. Le plus faible répond à l’union du quatrième avec le cinquième.
Le premier métacarpien, bien qu’il ne s’articule pas avec le second,
ARTHROLOGIE.
n’est cependant pas sans connexion avec celui-ci. Un ligament interosseux constant les relie l’un à l’autre.
La plupart des auteurs considèrent le ligament transversalement étendu au-devant de la tète des métacarpiens comme un moyen d’union pour leur extrémité inférieure. Mais ce ligament forme une dépendance des articulations métacarpo-phalangiennes, à la description desquelles il se rattache.
§ 8. — Articulations des phalanges.
Les cinq petites colonnes que forment les phalanges en se superposant s’articulent en haut avec le métacarpe. Dans chaque colonne, les pièces superposées s’articulent entre elles.