‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 24 sur 260 · C. — Tissus composés de fibres et de cellules · texte numérisé non relu

C. — Tissus composés de fibres et de cellules

Deux iissus seulement, mais de nature bien différente, le tissu nerveux et le tissu conjonctif , appartiennent à ce dernier ordre. Ils sont du reste l’un et l’autre fort importants, et l’un et l’autre aussi se retrouvent dans presque toutes les parties du corps.

ln Tissu nerveux.

Les fibres et les cellules qui constituent le tissu nerveux sont différemment disposées selon les parties de ce tissu que l’on considère. Mais toutes les fibres se présentent sous l’aspect d’un tube cylindrique. Ce tube, dans les cordons nerveux, est formé de trois éléments : 1° d’une gaine pourvue de noyaux ovoïdes, c’est la gaine de Schwann ; 2° d’une substance grasse, semi-liquide et très réfringente, la myéline ou substance médullaire ; 3° et enfin d’un filament très délié, entouré de toutes parts par la myéline et occupant, par conséquent, le centre ou plutôt l’axe du tube: c’est le filament axile ou cylindraxe. Il représente

DES TISSUS

l’élément essentiel et ac ! i f des tubes nerveux, cl ne lait défaut dans aucun d’eux, tandis que l’enveloppe de Schwann manque dans tous ceux qui contribuent à tonner le centre nerveux, et la myéline dans les diverses dépendances du grand sympathique.

Réunis par groupes et entourés d’une enveloppe fibreuse, le nêvrilème, ces tubes forment la partie périphérique du système nerveux, laquelle s’irradie du cenlre vers la périphérie en se divisant en branches, rameaux et ramuscules de plus en plus déliés.

Les cellules nerveuses ont pour siège, d’une part, les renflements qu’on observe sur le trajet des cordons nerveux, ou les ganglions , et, d’une autre part, la substance grise de la moelle épinière et de l’encéphale. Elles diffèrent considérablement de volume et de forme. Il en est de petites, de moyennes el de très grosses. Quelques-unes sont arrondies; mais la plupart sont limitées par des facettes qui leur donnent une configuration pyramidale ; ou bien elles s’allongent en fuseau ; ou bien encore émettent des prolongements simples ou ramifiés qui oui permis de les distinguer en cellules bipolaires, tripolaires, multipolaires, cellules étoilées, cellules rameuses, etc. Chacune de ces cellules contient un noyau entouré de protoplasma. Elles appartiennent donc à la classe des cellules vraies ou complètes.

Aux tubes el aux cellules se mêle une substance amorphe qui est plus abondante dans la substance grise que dans la substance blanche.

2° Du tissu conjonctif et (le ses dérivés.

Le tissu conjonctif peut se présenter sous deux états très différents : sous la forme d’une trame lâche, molle el transparente, ou bien sous l’aspect de lames et de faisceaux, d’un blanc opaque, remarquables, au contraire, par leur grande résistance. Lorsqu’il revêt la première forme, il prend le nom de tissu conjonctif lâche; lorsqu’il revêt la seconde, il prend celui de tissu fibreux, lequel présente des variétés qui consi iluent autant de dérivés du tissu précédent.

a. Du tissu conjonctif lâche. — Ce tissu, appelé aussi, mais improprement, tissu cellulaire , est très abondamment répandu dans l’économie. 11 se compose de fibres, de cellules et d’une certaine quantité de substance amorphe.

Les fibres, réduites à la plus extrême ténuité, mériteraient le nom de fibrilles. Elles sont transparentes, homogènes, se juxtaposent en grand nombre et forment par leur réunion des faisceaux de volumes divers, qui s’entre-croisent dans tous les sens en échangeant des fascicules. De celle disposition résulte une trnme molle el délicate, remplis-

TISSU CONJONCTIF.

sant non seulement les intervalles des organes qu’elle relie les uns aux autres, mais tous les interstices des parties et particules qui les composent.

Les faisceaux de fibrilles sont entourés d’une mince enveloppe, très bien étudiée et bien décrite aussi par M. Ranvier (1). De la face interne de celle-ci partent des prolongements en forme de cloisons, qui s’étendent de leur périphérie vers leur partie centrale en se continuant entre elles, et qui divisent ainsi la gaine principale en un grand nombre de gaines secondaires. C’est dans ces gaines secondaires que se trouvent logées les fibrilles conjonctives. — En outre, chacun de ces faisceaux présente sur son trajet des fibres qui l’entourent de distance en distance, ou qui s’enroulent en spirale sur leur contour. Lorsqu’on les traite par l’acide acétique, ils se renflent dans les intervalles compris entre ces fibres, et semblent alors comme étranglés à leur niveau.

Quelle est l’origine des fibrilles du tissu conjonctif? Il n’est pas démontré jusqu’à présent qu’elles proviennent des cellules embryonnaires. De même que les fibres élastiques, elles naissent très probablement dans la substance amorphe et se forment à ses dépens.

Les cellules qui entrent dans la constitution de ce tissu sont aussi, pour les histologistes, un sujet de dissidence. M. Ranvier, cependant, en a donné une description qui me paraît basée sur une solide interprétation des faits. Elles sont aplaties, comme les cellules endothéliales, assez larges, et en rapport avec les faisceaux sur lesquels on les voit se mouler en suivant leur contour, mais sans se continuer entre elles. Chacune de ces cellules plates Contient un noyau entouré d’un protoplasma granuleux.

La substance amorphe occupe l’intervalle des faisceaux et des cellules qu’elle unit et quelle sépare. De leur union il résulte que le tissu conjonctif se montre partout continu. En les séparant, elle permet aux faisceaux de glisser les uns sur les autres; de là pour le tissu conjonctif lâche la facilité avec laquelle il prend toutes les formes possibles.

b. Des dérivés du tissu conjonctif. — Ces dérivés se rapprochent par un caractère qui leur est commun : ils sont tous le résultat d’une simple condensation du tissu conjonctif lâche. Considérés dans leur ensemble, ils constituent le tissu fibreux. Mais ce tissu affecte des formes très diverses, qu’on peut rattacher à trois principales. Tantôt il revêt la forme membraneuse, tantôt la forme cylindrique, et, sur une foule d’autres points, la forme de faisceaux plus ou moins irréguliers.

Les dérivés qui se présentent sous la forme de membranes constituent autant d’enveloppes. Parmi celles-ci, il en est qui entourent les os : elles

(1) Ranvier, Traité d'histologie, 1875, p. 332 et suiv.

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