DESTINATION DES OS. — IMPORTANCE DE LEUR ÉTUDE
Les os sont des parties dures et résistantes qui s’unissent les unes aux autres pour former la charpente du corps et qui servent de soutien à toutes les parties molles.
La présence de ces parties dures au milieu des parties molles a paru un fait tellement important aux naturalistes les plus célèbres, qu’ils l’ont pris pour base de leur classification. D’un côté, ils ont rangé tous les animaux qui en sont pourvus : ce sont les vertébrés; de l’autre, tous ceux qui en sont dépourvus : ce sont les invertébrés.
Afin de mettre plus en lumière les nombreuses conséquences qui découlent, en effet, de leur apparition au sein de l’organisme, qu’il nous soit permis, pour un instant, de réduire le corps de chaque vertébré, celui surtout des vertébrés volumineux, à un ensemble de parties molles.
Toutes ces parties molles, soumises d’une part à l’influence attractive du globe, de l’autre à leur réaction mutuelle, constitueront une masse qui tendra à prendre la forme d’un sphéroïde plus ou moins aplati à ses pôles. Mais qu’au sein de ces organes affaissés sur eux-mêmes apparaissent des organes durs et résistants ; que ces organes se dressent cl se superposent en colonnes, qu’ils se creusent et se réunissent pour former des cavités, qu’ils projettent de leurs surfaces des saillies multiples : et aussitôt les parties molles venant se grouper autour des colonnes, se loger dans les cavités, se suspendre aux saillies, l’organisation prendra une forme fixe, déterminée, identique dans tous les animaux de la même espèce, variable seulement pour les animaux d’espèce différente.
Les parties molles qui se suspendent aux saillies ou se pressent autour des colonnes étant douées de la propriété de se contracter, c’est-à-dire de diminuer spontanément de longueur pour reprendre ensuite leurs dimensions premières, les différentes pièces qui composent ces colonnes seront mises en mouvement; chacune d’elles se transformera en levier; et du jeu de tous ces leviers résultera pour l’animal la faculté de se déplacer et de pourvoir à son alimentation.
Les cavité osseuses offrant un refuge protecteur aux organes les plus essentiels, ceux-ci réuniront à une plus grande liberté dans l’exercice
OSTÉOLO GIE.
de leurs fonctions une plus grande perfectibilité. Le système nerveux surtout, dont la nature plus délicate réclamait en quelque sorte d’une manière plus impérieuse les avantages de cette protection, se perfectionnera en se centralisant, arrivera ainsi à de plus grandes dimensions; et la vie, concentrée jusqu’alors dans le cercle étroit des phénomènes nutritifs, s’agrandira peu à peu par les rapports nouveaux qui s’établiront entre l’animal et le monde extérieur.
Une forme fixe, une locomotion facile, une alimentation assurée, une grande liberté dans l’exercice de toutes les fonctions, une vie extérieure couronnant la vie nutritive, l’intelligence ajoutée à l’instinct et appelée à le dominer: tels sont donc les heureux résultats qui découlent, pour l’organisation animale, de l’apparition des parties dures au sein des parties molles. En présence de tels résultats nous ne saurions nous étonner que les os aient constamment servi de base à l’étude de l’anatomie.
Ces organes doivent être étudiés : 1° dans leur ensemble et leurs rapports; 2° dans leur ensemble et indépendamment de leurs rapports; 3° dans les détails qu’ils nous présentent. — Envisagés sous le premier point de vue, les os forment le squelette; — considérés sous le second, ils constituent le système osseux; — étudiés dans leurs détails, ils offrent des différences qui nécessitent pour chacun d’eux une description particulière.
ARTICLE PREMIER