‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 4 sur 260 · CONFIGURATION DE L\ TÊTE · texte numérisé non relu

CONFIGURATION DE L\ TÊTE

B. — Configuration «le la tête.

La tête comprend le crâne et la face. Le crâne, qui en forme la plus grande partie, est arrondi supérieurement et en arrière, un peu comprimé sur les côtés. La face, annexée à la moitié antérieure de cette cavité, s’allonge de haut en bas; elle fait ainsi prédominer le diamètre vertical de l’extrémité céphalique. L’antéro-postérieur, étendu de la partie inférieure du front à la protubérance occipitale externe, est moins long*; mais il diffère si peu du précédent, que beaucoup d’auteurs n’ont pas hésité à admettre que la tête, vue de côté, se trouve inscrite dans un carré parfait.

Vue par sa face supérieure , la tète se présente sous la forme d’un ovoïde dont la grosse extrémité se dirige en arrière. La partie la plus saillante de cette face constitue le vertex. Unie et régulière, elle forme, à elle seule, toute une région, la région épicranienne.

Vue par sa face postérieure, elle prend l’aspect d’un sphéroïde dont la moitié inférieure a reçu le nom d’ occiput . En se continuant avec la partie correspondante du cou, l’occiput décrit une courbe très prononcée, élégante et gracieuse, surtout chez la femme : courbe qu’on ne retrouve avec les mêmes caractères chez aucun mammifère et qui peut être considérée comme l’un des attributs les plus caractéristiques de l’attitude bipède.

Vue par ses faces latérales , la tête est arrondie dans son tiers postérieur; presque plane et beaucoup plus allongée dans sa partie antérieure. — Trois parties très distinctes la composent :*une partie supérieure plane, quelquefois même un peu déprimée, qui constitue la tempe ou région temporale, une partie postérieure ou région auriculaire , et une partie inférieure ou région parotidienne.

La face antérieure de la tête est remarquable par l’harmonie, la beauté et la mobilité de ses traits, par son coloris si variable selon les passions qui nous animent, et surtout par les sentiments qui viennent tour à tour s’y peindre avec leurs mille et indéfinissables nuances. Aussi a-t-elle plus particulièrement fixé l’attention des artistes. Ils se sont attachés, dès la plus haute antiquité, à l’étudier dans ses moindres détails; ils ont cherché surtout à déterminer les proportions des parties qui la composent.

Vitruve, architecte de Jules César et d’Auguste, nous apprend que les Grecs et les Romains la divisaient en quatre parties égales : la première ou inférieure, étendue du menton à la base du nez, comprenait la bouche ou le sens du goût; la deuxième, limitée supérieurement par les sourcils, se composait des sens de l’odorat et de la vue; la troisième, circonscrite

DU CORPS HUMAIN EN GÉNÉRAL

eu haut par la racine des cheveux, était formée par le front, et la quatrième par le vertex (1). Mais, en admettant qu’une ligne tirée au-devant des arcades orbitaires partageait la tête en deux moitiés égales, ils idéalisaient beaucoup trop la moitié supérieure.

Pour rentrer dans le domaine de la réalité, Salvage proposa, en 1812, de la diviser en cinq parties, à l’aide de quatre lignes transversales passant : la première entre les deux arcades dentaires; la deuxième sur les pommettes, au-devant du plancher des orbites; la troisième sur les arcades orbitaires, et la quatrième sur les bosses frontales. Le front, réuni au vertex, ne forme plus alors que les deux cinquièmes de la hauteur totale de la tête : proportion dont la nature se rapproche en effet, davantage et qu’elle semble même réaliser lorsqu’elle revêt son plus beau type (2).

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