‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 43 sur 260 · RGANIQUE ET INORGANIQUE DES OS · texte numérisé non relu

RGANIQUE ET INORGANIQUE DES OS

Enfant mâle de 2 ans

Enfant mâle de 5 ans 1/2

Homme de 26 ans

Vieillard de 74 ans

Femme de 92 ans

Vertèbre (Subst.org..

lombaire . i Subst. inorg.

Omoplate. f ^uî*sî‘ .orS" ' Subst. inorg.

Clavicule . ■ .or£ ' *

' Subst. inorg.

Humérus. * Subst org..

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Fémur....} Subst. org..

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Moyennes. ( gLl^sî* .or®*- J > Subst. inorg.

On remarquera sans doute que dans ce tableau les deux premiers âges diffèrent à peine, et l’on pensera peut-être que nous aurions pu sans inconvénient supprimer l’un des deux. Mais comme la composition

COMPOSITION CHIMIQUE DES OS

chimique des os dans l’enfance était notre point de départ et devait nous servir de principal terme de comparaison, nous avons cru devoir multiplier les faits pour arriver à une moyenne plus exacte. Il résulte de nos recherches sur ce premier point, que chez l’enfant le tissu osseux se compose de 36 à 38 parties de matière organique et de 62 à 63 parties de matière minérale. En comparant cette proportion, à celle que nous ont donnée les âges suivants, on peut voir :

1° Que l’élément organique diminue et que l’élément minéral augmente à mesure que les os approchent du terme de leur complet développement;

2° Que ces deux éléments ne présentent plus alors ni diminution ni augmentation et restent longtemps unis dans la même proportion ;

3° Que dans l’extrême vieillesse l’élément organique augmente, tandis que l’élément minéral diminue, d’où il suit qu’ils reviennent à la proporlion qu’ils offraient au début de la vie.

Ces résultats diffèrent très notablement de ceux qui ont été mentionnés par d’autres observateurs. Mais il sera nous permis de faire remarquer que jusqu’à présent aucune des recherches qui ont été faites sur le même sujet ne repose sur une base aussi large et aussi comparative.

Le fait le plus inattendu de nos expériences est sans contredit celui qui concerne la proportion des deux éléments de la substance osseuse dans l’extrême vieillesse.. Les altérations dont les os deviennent le siège à cet âge l’expliquent suffisamment. A quatre-vingt-dix ou quatre-vingtdouze ans, les os subissent une raréfaction considérable. Le tissu compact presque tout entier passe à l’état de tissu spongieux. De toutes parts il est envahi par les cellules adipeuses. Sur 100 parties, nous avons trouvé 9 parties de graisse pour le tissu compact de la clavicule, i l pour la diaphyse de l’humérus, 12 pour celle du fémur, 15pour le corps de la vertèbre lombaire et 27 pour l’omoplate. Lorsque cette graisse a été extraite par l’action de l’éther sulfurique bouillant, prolongée pendant plusieurs jours, il reste encore les vaisseaux qu’elle recevait, et dont le poids vient s’ajouter à celui de la substance organique. Si cette substance semble diminuer de quantité pendant la période d’accroissement des os, c’est parce que la trame vasculaire de ceux-ci se réduit alors de plus en plus; si elle semble augmenter dans l’extrême vieillesse, c’est parce que, le tissu osseux se raréfiant, cette trame reprend une importance relative plus grande. Les variations qu’on observe dans la proportion des éléments organique et inorganique de la substance osseuse sont inhérentes, en un mot, aux parties molles mêlées à cette substance. Telle est la conclusion qui découle de nos recherches. Voyons maintenant les résultats obtenus par d’autres observateurs.

Parmi ceux-ci, nous citerons plus particulièrement M. Alphonse Milne Edwards, qui a contribué à élucider ce point si controversé delà science, soit par ses propres recherches, soit par la saine critique à laquelle il a

OSTÉOLOG1E.

soumis les travaux de ses prédécesseurs (1). Cet auteur a choisi pour ses expériences des mammifères nouveau-nés de la même portée; il résume ainsi ses observations :

FÉMUR

TIBIA

HUMÉRUS

Mat. organ.

Mat. inorg.

Mat. organ.

Mat. inorg.

Mat. organ.

Mat. inorg.

Chat nouveau-né. . .

Chat de trois semaines

Chat de deux mois. .

Chat de trois mois..

Chien nouveau-né..

Chien d’un mois. . . .

Chien de trois mois.

Dans le court intervalle qui s’est écoulé de la naissance à la fin du troisième mois, la substance organique a diminué, chez le chat, de trois centièmes et demi pour le fémur, de quatre pour l’humérus et de cinq poulie tibia. Chez le chien, dans le même laps de temps, elle a diminué de sept centièmes pour le fémur, de six pour l’humérus, de cinq pour le tibia. Ces différences correspondent à celles que nous avons trouvées; elles sont seulement un peu plus grandes. Bibra, en analysant les os de jeunes chiens de la même portée, a observé une différence plus accusée encore :

Chiens nouveau-nés. Chiens de six semaines.

Substance organique 46,01 37,97

Substance inorganique 53,99 62,03

Considérons donc comme un fait bien acquis à la science que l’élément organique des os diminue pendant leur accroissement et admettons que celte diminution est équivalente en moyenne à cinq centièmes. De là peut-on conclure que la composition chimique du tissu osseux varie avec l’àge ? Non, puisque dans les os soumis à la calcination ou à l’analyse il n’y a pas que du tissu osseux ; il y aussi les vaisseaux. Il y a en outre les cellules que contiennent les ostéoplastes : vaisseaux et cellules qu’on ne peut faire disparaître et dont le poids vient toujours s’ajouter à celui de la substance organique proprement dite. Or la vascularité des os est en raison inverse du développement ; les cellules elles-mêmes ne paraissent plus avoir leurs dimensions primitives chez l’adulte. Il est donc très vraisemblable que dans les expériences précédentes la diminution de la substance organique reconnaît pour unique cause une simple réduction

(1) Alphonse Milne EiKva ’ds, K udes chim. et pli)/ s. sur les os (thèse, 1 860, p. 53 et 80).

COMPOSITION CHIMIQUE DES OS

dans le nombre et le calibre des capillaires sanguins et dans le volume des cellules étoilées. Pour qu’il en soit ainsi, il suffit que cette réduction abaisse de quelques centièmes seulement le poids total de la substance osseuse soumise à la calcination.

Les différences qu’on observe dans la composition du tissu osseux, lorsqu’on passe d’un individu à un autre, sont quelquefois assez considérables. Mais il serait impossible d’en donner une formule générale. Elles trouvent aussi une explication toute naturelle dans les variations individuelles que présentent les parties molles inhérentes à ce tissu.

Nous possédons des documents plus précis sur les différences qu’on remarque sous ce rapport entre les diverses pièces du squelette, chez le même individu. Le tableau suivant, emprunté à Bibra, fera connaître ces variations. Les os analysés étaient ceux d’une femme de vingt-cinq ans.

Substance

Substance

Substance

Substance

inorganique.

organique.

inorganique.

organique.

Humérus . . . .

Clavicule

Cubitus »

Omoplate

Radius

Côtes

Fémur

Os iliaque

Tibia

Vertèbres

Péroné

Sternum

Les os du tronc sont donc plus riches en matière organique, et les os longs des membres plus riches en matière minérale. Toutes ces différences se prêtent à la même interprétation que celles relatives à l’âge et aux individus : les os du tronc offrent plus de matière organique, parce qu’ils contiennent plus de vaisseaux ; les os longs des membres en présentent moins, parce qu’ils sont moins vasculaires.

Les différences relatives au rang qu’occupent les divers animaux sur l’échelle zoologique n’ont rien de fixe. Les os des oiseaux renferment en général plus de matière minérale que ceux des autres vertébrés. Parmi les mammifères, les herbivores présentent aussi des os plus riches en matière terreuse que ceux qui se nourrissent de chair.

En résumé, pour expliquer les différences que nous offre la composition chimique de la substance osseuse, aux divers âges, chez les divers individus, dans les diverses pièces du squelette, etc., deux opinions se présentent. Dans l’une, on admet que le tissu osseux varie dans sa composition, qu’une partie de l’osséine disparaît et qu’elle est remplacée par des sels calcaires. Dans l’autre, ce tissu reste invariable dans ses proportions ; seules les parties molles qui s’y trouvent incorporées subissent des variations. Entre ces deux opinions, la dernière nous paraît la mieux fondée ; nous restons convaincu que le tissu osseux est un composé défini.

L’élasticité des os est en rapport non avec leur composition chimique, mais avec la quantité d’eau que renferme le tissu osseux. Or Stark a dé-

montré que cette quantité varie avec l’âgé. Il y a plus d’eau dans les os de l’enfant que dans ceux de l’adulte, et plus dans les os de l’adulte que dans ceux du vieillard.

B. — Périoste.

Le périoste est une membrane fibro-élastique qui recouvre les os, et qui fournit à chacun d’eux les éléments nécessaires pour leur développement et leur nutrition.

Celte membrane sépare les os des parties voisines; mais elle a aussi pour destination de les unir à celles-ci sur certains points. Parmi ces dernières, il faut placer au premier rang les ligaments, les tendons et les aponévroses, en un mot presque tout le système fibreux, dont le périoste semble constituer le centre commun.

Le périoste, en s’appliquant à la périphérie des os, 11e les entoure pas cependant d’une manière complète. Au niveau des surfaces articulaires, il est suppléé avec avantage par les lames cartilagineuses. Sur les points qui donnent attache aux tendons et aux ligaments, il fait aussi défaut ; on le voit sur tous ces points se continuer avec les parties qui précèdent.

La couleur du périoste est d’un blanc mat chez l’enfant et les individus à constitution sèche, d’un blanc jaunâtre chez ceux qui sont pourvus d’un certain embonpoint ou d’un âge déjà avancé.

Son épaisseur est très inégale. Elle se montre en général proportionnelle aux dimensions de l’os. La difiérence est surtout saisissante lorsqu’on met en parallèle les fémurs ou les os de la jambe avec les métatarsiens et les phalanges, ou ceux du bras et de l’avant-bras avec les métacarpiens. Ce fait général comporte cependant des exceptions. Sur les os du crâne, qui sont larges, le périoste reste très mince. On remarque aussi que sur les points où il se trouve en rapport avec des muscles il s’amincit; que sur ceux où il correspond â des tendons il s’épaissit. Celui qui embrasse la diaphyse des os longs contraste à cet égard avec celui qui revêt leurs extrémités : sur les diaphyses, sa plus grande épaisseur ne dépasse pas 1 millimètre; sur les extrémités des os longs, elle varie de 1 à 3 millimètres. — C’est sur les parois des cavités dont sont creusés les os de la face qu’il se réduit à sa plus extrême minceur.

Par sa surface externe, l’enveloppe fibro-élastiquedes os répond, dans la plus grande partie de son étendue, au corps des muscles qui lui adhèrent par un tissu conjonctif lâche, et aux tendons de ceux-ci. Sur le passage de ces tendons, le périoste est souvent tapissé par une membrane synoviale, ou par une simple bourse séreuse qui favorise leur glissement. — Sur les os superficiels, comme le tibia, la clavicule, l’os de la pommette, etc., il est en rapport avec la peau (pii ne lui adhère que par un

PÉRIOSTE.

tissu conjonctif peu dense. — Sur certains os profonds, comme ceux qui contribuent à former les fosses nasales, il s’unit au contraire à la muqueuse correspondante de la manière la plus intime et constitue avec celle-ci une seule même lame appelée membrane fibro-muqueuse.

Par sa surface interne le périoste adhère aux os. Cette adhérence est d’autant plus grande que l’os appartient à un individu plus âgé, d’autant plus grande aussi que la surface osseuse est plus inégale. C’est pourquoi on ne le détache qu’avec difficulté de la base du crâne, de la surface des os courts et des extrémités des os longs. On l’enlève plus facilement sur la diaphyse de ceux-ci et sur les os plats. Celui qui tapisse les fosses nasales et les parois de l’orbite est moins adhérent encore; celui qui répond aux divers sinus de la face et aux cellules de l’ethmoïde se laisse détacher par simple décollement. Toutes ces variétés sont devenues intéressantes à connaître depuis que la physiologie expérimentale et les faits cliniques ont démontré la possibilité de reproduire la plupart des os en conservant leur enveloppe nourricière. — L’adhérence du périoste est due en partie aux vaisseaux qui passent de celui-ci dans le tissu osseux, et en partie à l’implantation directe de ses fibres sur la surface des os.

Structure du périoste. — Le périoste, pour le plus grand nombre des os, est formé d’une seule couche. Pour quelques-uns, il est réductible sur certains points assez limités en deux ou plusieurs lamelles. C’est particulièrement sur les os longs qu’il se laisse ainsi dédoubler. On peut réaliser ce dédoublement sur le corps du fémur et sur l’humérus, sur a face sous-cutanée du tibia. Cette division n’offre du reste rien de régulier; elle doit être considérée comme artificielle.

Le périoste est essentiellement constitué par des libres de tissu conjonctif et des fibres de tissu élastique. Il comprend en outre dans sa composition des vaisseaux, des nerfs et des cellules adipeuses.

Bien que les deux ordres de fibres soient entremêlés dans toute son épaisseur, elles sont cependant distribuées de telle sorte que les faisceaux de tissu conjonctif occupent, pour la plupart, sa superficie, tandis que les fibres élastiques forment surtout sa couche profonde. — Les faisceaux conjonctifs suivent en général une direction verticale sur le corps des os longs, mais n’affectent aucune direction déterminée sur les os plats et les os courts. Ils sont très évidents sur le tibia, le fémur, les côtes, etc. Leur couleur d’un blanc nacré rappelle celle des aponévroses. Les fibres élastiques s’entre-croisent, s’anastomosent et forment un très riche réseau. La couche adhérente offre donc une disposition rétiforme. Les fibres élastiques qui en forment l’élément principal sont du reste très déliées pour la plupart. L’enveloppe nourricière des os, considérée jusqu’à présent comme une membrane fibreuse, pourrait être rangée aussi et mériterait même d’être classée parmi les membranes élastiques.

Les artères du périoste sont très nombreuses. Simples minuscules plus ou moins grêles, elles émanent des branches artérielles voisines, se ramifient dans son épaisseur, en s’anastomosant entre elles, et forment un réseau à mailles serrées. De ce réseau naissent une multitude d’artérioles qui pénètrent dans les canaiicules vasculaires pour aller distribuer au tissu osseux les éléments de sa nutrition. Que le périoste soit détruit ou profondément altéré, tous ces vaisseaux seront divisés ou oblitérés, et la couche osseuse sous-jacente sera privée des sucs nutritifs qu’elle recevait. Si la lésion est très limitée et si l’os mis à nu est convenablement recouvert, les capillaires qui parcourent cette couche osseuse communiquant, avec ceux des parties voisines, elle pourra se nourrir aux dépens de ces derniers et continuera à vivre. Mais, si la lésion est étendue, elle périra par famine ; et cette mortification, qui prend le nom de nécrose, s’étendra à toutes les parties de l’os dans lesquelles la circulation a été supprimée.

Les veines sont très multipliées aussi. Deux veinules le plus habituellement accompagnent les principaux minuscules artériels à leur point de départ; mais, après deux ou trois divisions, artères et veines marchent en général indépendantes.

Le périoste est remarquable par l’abondance des nerfs qu’il reçoit. Chaque artère est accompagnée d’un minuscule nerveux qui suit ses premières divisions et qui devient ensuite en partie indépendant. Les ramifications de ce filet s’anastomosent, soit entre elles, soit avec celles des filets nerveux voisins; elles forment ainsi un réseau à mailles irrégulières. Les divisions concourant à la formation de ce réseau sont si nombreuses, qu’il est rare de n’en pas rencontrer une ou plusieurs sur un simple lambeau de quelques millimètres carrés. Le précepte posé par les auteurs de l’inciser circulairement avant de procéder à la section des os a pour but principal de prévenir le déchirement et le décollement de cette membrane; mais il a aussi pour avantage d’éviter au malade des douleurs que l’anatomie ne permet plus de révoquer en doute.

Des cellules adipeuses se voient constamment dans la trame fibreuse du périoste. Leur nombre est du reste très variable, et leur répartition extrêmement inégale. Elles deviennent assez abondantes sur certains points pour former une couche presque continue ; sur d’autres, elles sont disséminées et plus ou moins espacées ; sur d’autres, elles font entièrement défaut.

Chez les fœtus et pendant toute la période d’accroissement des os, on observe en outre sur la face adhérente de cette membrane une couche molle de tissu conjonctif; cette couche est composée aussi de faisceaux et de cellules, mais elle ne saurait être comparée, avec quelques auteurs, à un blastème pourvu de noyaux et semi-liquide. Comme elle joue le

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