ORGANES DES SENS
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
L'appareil des sensations comprend trois onires d'organes, liés entre eux de la manière la plus intime et cependant très-distincts :
1* Des organes extérieurs ou périphériques, destinés à recueillir les impressions des corps qui nous entourent.
^ Des organes à direction convei^ente, qui ont pour attribution de transrn€ttre ces impressions.
3" Des organes plus profondément situés encore, réunis en un seul, médian et central, dans lequel toutes les impressions reçues et transmises viennent, pour ainsi dire, se refléter à la conscience comme autant d'échos partis des divers points de Thorizon.
Parmi ces trois ordres d'organes, les deux derniers tout partie du système nenreux. Pour compléter l'étude du vaste appareil des sensations, iioas n'aTons donc plus à décrire que les organes des sens.
Les organes des sens sont des agents d'exploration mis au service de Inintelligence pour nous traduire le langage des corps extérieurs, c'est-àdire pour nous révéler leurs propriétés. Doués d'une sensibilité extrême, qui diffère pour chacun d'eux, ils nous mettent en rapport avec la nature entière. En variant, en multipliant ces rapports, ils deviennent la source de nos idées, de nos comparaisons, de nos raisonnements, et agrandissent ainsi iljSàns une proportion presque infinie le cercle de notre existence, (|u'ils iitribuent en outre à embellir et surtout à protéger. Sentinelles avancées de l'organisation, les sens en occupent non-seuk*nt la périphérie, mais les points les plus culminants, sitnation qui rend plus facile leur rôle explorateur.
Pairs et symétriques ils sont au nombre de cinq : le sms du taciy le K^wi% du (jotUy le sens de V odorat, le sens de la vue et le sens de Vouie,
\a sens du tact recouvre la surface du corps, ou plutôt il constitue cette
surface elle-même. C'est donc le plus étendu de nos sens. C'est aussi
celui qui nous procure les notions les plus précises et dont nous invo-
t|uoiis le témoignage, lorsque nous désirons nous mettre plus sûrement à
Tabri des erreurs auxquelles nous exposent tous les autres.
Les organes dugoiit, de rodorat, de la vue et de Touïe ne sont pas moins sensibles, du reste, que celui du tact à l'action des corps extérieurs. Mais ce qui les caractérise surtout, c'est leur aptitude à être impressionnés par certaines propriétés de ces corps, d'où le nom de sens spéciaux qui leur a été donné. Ils occupent la tète, où on les voit s'échelonner de bas en haut, en se rapprochant de plus en plus du centre nerveux.
Celui du goût est placé comme une sentinelle à l'entrée des voies digestives pour présider au choix de nos aliments.
Celui de L'odorat, à l'entrée des voies respiratoires, pour contrôler les qualités de l'air que nous respirons.
Celui de la vue, entre le crâne et la face, c'est-à-dire entre l'empire de l'intelligence et le mobile tableau sur lequel viennent se peindre toutes les passions qui l'agitent.
Celui de l'ouïe, dans l'épaisseur même des parois du crâne, et par conséquent à une plus grande proximité encore de l'encéphale.
Les sens du goût et de l'odornt pourraient être considérés comme annexés aux appareils de la vie végétative ; le sens de la vue et celui de l'ouïe appartiennent exclusivement aux appareils de la vie animale ; et de même que la vie de nutrition survit un peu à la vie de relation, de même aussi les premiers s'éteignent en général plus tardivement que les seconds.
Les organes des sens varient dans leur structure, comme les excitants qui les impressionnent varient dans leur nature. Toutefois, en les comparant, on arrive facilement à reconnaître qu'ils sont constitués sur le même type et qu'ils pourraient être ramenés a un seul, le sens du tact. Mais ce parallèle suppose une notion préalable de chacun d'eux. Il convient donc de les passer d'abord successivement en revue. Nous les rapprocherons ensuite, afin de saisir les caractères qui leur sont communs ; nous pourrons constater alors que leurs différences sont plus apparentes que réelles, et qu'ils offrent entre eux la plus remarquable analogie.