SURFACE INTERNE DE LA PEAU
traces. Son épaisseur varie beaucoup suivant les régions el les individus, et aussi selon le sexe, l'âge et Tétat de santé ou de maladie.
Sur la plus grande partie de son étendue, le pannicule adipeux est ainsi constitué : de la face interne de la peau se détachent des faisceaux fibreux qui forment par leur entre-croisement et leur union une lame aréolaire assez résistante ; après avoir donné naissance à cette lame réticulée, les mêmes faisceaux se prolongent dans l'épaisseur de la couche graisseuse sous-jacente, en s'élargissant, s'amincissant, et circonscrivant de grandes cellules dans chacune desquelles est logé un peloton adipeux ; arrivés sur les aponévroses et alors très-atténués, ils se confondent et produisent par leur fusion une seconde lame, ou plutôt une lamelle extrêmement mince et transparente.
Le pannicule adipeux se compose donc de trois couches : réunies^ ces trois couches prennent le nom de fascia superficialis. — La première couche, dense et résistante, fait manifestement partie de la peau : c'est lé feuillet superficiel du fascia. — La seconde, épaisse et molle, comprend tout le tissu adipeux sous-cutané ; c'est dans son épaisseur que cheminent les vaisseaux et les nerfs. — La troisième, d'une densité variable, mais toujours plutôt celluleuse que fibreuse, forme le feuillet pro" fond du fascia; elle n'est unie aux parties sous-jacentes que par un tissu conjonctif très-lâche.
Lorsque la peau se déplace, ce n'est pas le tégument externe qui glisse sur la couche graisseuse sous-cutanée, c'est cette dernière qui glisse sur les aponévroses; il suit d'une semblable disposition que dans les plaies compliquées d'un décollement de la peau, le fascia superficialis se détache en masse et reste adhérent à la face interne des lambeaux.
Ainsi constitué, ce fascia n'est en réalité qu'une dépendance de la peau. Il présente d'ailleurs, dans les diverses régions, des modifications qu'il importe de connaître. C'est sur les parois du tronc qu'on le rencontre sous son type le plus parfait. Sur le bras et l'avant-bras, la cuisse et la jambe, on le retrouve encore avec ses trois couches caractéristiques. Cependant, chez les individus à constitution sèche, la couche moyenne fait défaut dans certains points.
Sur d'autres parties du corps, ce n'est pas seulement la couche moyenne qui est absente, la couche interne a disparu aussi. Le fascia superficialis n'est plus représenté alors que par les gros faisceaux fibreux qui partent de la face profonde de la peau, lesquels, après un court trajet, s'implantent perpendiculairement ou obliquement sur l'aponévrose sous-jacente ; de là pour la peau une adhérence intime et une perte à peu près complète de sa mobilité : telle est la disposition que nous offrent les téguments de la paume des mains, de la plante des pieds, des parties latérales des doigts.
Chez un grand nombre de mammifères, le tégument externe, dans une partie variable de son étendue, est séparé de la couche adipeuse par l'en-
semble des muscles peauciers. Chez l'homme, ce plan ou pannicule charnu est rudimentaire ; on ne le rencontre que sur les parties supérieures du corps et sur les organes génitaux, sur l'aréole du sein. Sur tous les points qu'il occupe, le fascia superficialis n'existe pas. Sur tous aussi la peau est plus ou moins adhérente ; mais comme le plan musculaire auquel elle donne attache est très-mobile, elle participe à sa mobilité : ainsi se meuvent les sourcils, les téguments du front, ceux de la tempe, etc., sous l'influence de toutes les causes qui tendent à les déplacer.
Indépendamment des prolongements fibreux qui vont se perdre dans l'épaisseur de la couche graisseuse sous-cutanée il en est d'autres de nature élastique qui n'ont pas été mentionnés jusqu'ici et qui remplissent une destination bien différente. Ces prolongements élastiques se voient sur les points où la peau recouvre des parties déprimées. Ils ont pour usage de l'attacher au sommet de ces dépressions et de conserver à celles-ci la forme qui leur est propre. Les plus remarquables sont ceux qui répondent au creux de l'aisselle, au pli de l'aine, et surtout aux organes génitaux dans les deux sexes. — Ceux du creux de l'aisselle en occupent le sommet; ils se portent de la partie la plus élevée des téguments à la partie moyenne de l'aponévrose axillaire, en constituant un gros faisceau sans limites précises. — Ceux du pli de l'aine affectent la forme de lames ou lamelles qui montent obliquement de la peau à l'arcade crurale. — Ceux des organes génitaux, chez l'homme, sont disposés circulairement ; ils s'étendent, en haut, du pénis et du scrotum à l'aponévrose abdominale, en arrière du scrotum à l'aponévrose périnéale inférieure, et sur les côtés de la même enveloppe aux branches ischio-pubiennes ; ils forment pour le pénis et les testicules un véritable appareil de suspension, et assurent l'indépendance^ la mobilité, ainsi que l'intégrité de ces oi^anes en s'opposant à la défor* mation du sillon qui les sépare des parties voisines.
La peau, par sa face interne, est aussi en rapport avec certaines parties du squelette, avec des artères, des veines et des vaisseaux lymphatiques.
Les rapports qu'elle affecte avec les os sont peu étendus. La clavicule, l'épine de l'omoplate, le sternum, la rotule, le tibia, sont ceux qui oflfrent à nos téguments les plus laides surfaces d'appui. De ces rapports immédiats découlent deux conséquences : pour les os une plus grande prédisposition aux fractures, et pour la peau une douleur plus vive lorsqu'elle devient le siège d'une contusion. — Les autres parties du squelette qui correspondent à l'enveloppe cutanée sont de simples saillies, comme les malléoles, les tubérosités de l'humérus, la tubérosité antérieure du tibia, l'olécràne, etc. Au niveau de toutes ces saillies, la couche moyenne du pannicule adipeux disparait; on ne rencontre plus que les deux feuillets du fascia superficialis qui, glissant l'un sur l'autre, prennent tous deux un aspect uni. Très-souvent ils se transforment en une bourse séreuse, d'autant plus parlaite qu'elle