‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 146 sur 223 · DU DERME · texte numérisé non relu

DU DERME

comme 1<3S glandes sébacées qui s'ouvrent dans leur cavité. En général il eii existe deux pour chaque follicule, et presque toujours l'un d'eux est plus considérable que l'autre. — Ils se trouvent alors diamétralement opposés. Ces faisceaux s'attachent aux parois des follicules par leur extrémité inférieure ou profonde, immédiatement au-dessous de la glande sébacée correspondante, s'élèvent en embrassant celle-ci dans leur concavité, puis se séparent et se terminent en se divisant chacun en deux ou plusieurs languettes qui se perdent dans la couche la plus superficielle et la plus deftse du derme. Ils ont avec les follicules pileux et les glandes sébacées les connexions les plus intimes; chaque follicule forme avec le muscle et les deux glandes qui en dépendent un petit appareil logé dans la partie la plus dense du derme. Le muscle ne peut se contracter sans comprimer la glande autour de laquelle il s'enroule; il a pour attribution, par conséquent, de faciliter l'excrétion de la matière qu'elle contient. Cet usage ju)us explique pourquoi les faisceaux musculaires de la peau sont déjà si développés chez le fœtus. N'est-ce pas en elTet pendant la vie intrautérine que la sécrétion sébacée atteint sa plus grande activité ? N'est-ce pas à celte époque qu'elle est surtout utile pour protéger l'enveloppe téguincntaire contre l'action des eaux de l'amnios? Or, les muscles comprimant les glandes et formant en quelque sorte une annexe de celles-ci, ils participent à la précocité de leur développement.

Toutefois cette destination des muscles lisses superficiels n'est pas la seule qu'ils remplissent. Ils ont aussi bien manifestement pour usage d'imprimer aux poils des mouvements qui les inclinent diversement les uns sur les autres. Ce second usage nous explique pourquoi leur développ/;ment n'est pas toujours en rapport avec celui des glandes sébacées : sur la peau de la cuisse, par exemple, où ces muscles sont très-dé veloppés, les glandes sébacées sont extrêmement rudimeniaires ; il en est de même pour d'autres régions: ici les muscles bien manifestement ont pour attribution beaucoup moins de comprimer les glandes que de mouvoir les poils. Sans doute les mouvements qu'ils leur impriment ont peu d'importance chez l'homme ; mais ils en ont une très-réelle chez les mammifères dont le système pileux est beaucoup plus développé.

Ces muscles se contractent sous l'influence de l'électricité ; leur action est alors lente et progressive. Ils peuvent se contracter aussi sous l'in-

Fig. 613. — Muscles lisses et follicule pileux du cuir chevelu. — 1. Uaciiie du cheveu. — i. Son bulbe embrassant la papille du follicule pileux. — 3, ',). Gaine interne de la racine, provenant de la couche cornée de l'épidcrme. — i, l. Oahie externe de celte racine, provenant de la couche muqueuse ou pijçmcntaire. — 5. Tunique à fibres trans- \cr«alesdu follicule avec ses noyaux. — i\. Tunique à fibres longitudinales. — 7, 7. Muscles lisses, s*insérant sur cette tunique. — 8, 8. Leur extrémité libre, (|ui se perd dans les couches superficielles du derme. — îl. Glande sébacée, mullilobuléc, s'ouvrant dans le tiers supérieur du follicule pileux. — 10. (conduit excréteur de cette glande. — 11. Glande sébacée constituée par un seul utricule. — \± Embouchure du follicule pileux.

fluenceioudainc du froid et de certaines émotions vives ; dans ce cas, leur contraction est instantanée. Prenant leur point d'appui sur la couche la plus superficielle du derme, ils soulèvent le follicule pileux auquel ils s'atlaclient et les deux g:landes correspondantes, lesquelles alors viennent faire saillie à la surface de la peau : ainsi se produit le phénomène de la chair de poule, qui a son siège sur le tronc, et plus particulièrement sur les membres, où les muscles lisses sont très-développés, mais jamais sur les mains, les pieds et la face, où ils font défaut.

Les fibres musculaires profondes sont des muscles peauciers. On ne les rencontre que sur un très-petit nombre de régions : sur l'aréole du sein, sur le pénis, le scrotum et le périnée.

Au niveau de l'aréole, ils forment une couche composée de fibres circulaires : c'esl le muscle sous-aréolaire.

Les faisceaux annexés aux téguments des organes génitaux chez Thomme forment trois plans ou trois muscles principaux. — L'un d'eu^p^st une dépendance de Tenveloppe cutanée du pénis dont j'ai le premier, je crois, signalé l'existence et que j'ai décrit sous le nom de muscle péripénien. — Le second répond au scrotum ; il constitue le dartos et préside aux mouvements vermiculaires des bourses. — Le troisième, beaucoup moins étendu que les précédents, répond à la peau du périnée. Ces trois plans sont formés chacun de deux moiliés qui se soudent l'une à l'autre sur la ligne médiane.

A., — Papilles de la peau.

Les papilles sont des saillies de très-petites dimensions, molles, flexibles et résistantes, recouvrant toute la surface externe du derme, dont elles font partie, et remarquables surtout par leur exquise sensibilité. Considérées dans leur ensemble, elles constituent le corps capillaire.

a. Nombre, volume^ forme, mode de répartition des papilles.

Le nombre des papilles est extrêmement considérable. Sur la tête, le cou, le tronc et la plus grande partie des membres, en un mot sur lapresque totalité de la surface du corps, j'ai pu compter, par millimètre? carré, de 75 à 130 papilles ; en moyenne, une centaine. Comme la super^ — ficie de la peau équivaut à 15000 cenlimètres carrés, on voit que le nom — bre totiil de ces saillies s'élève à 150000000 environ.

Sur la paume des mains et la plante dos pieds cependant elles son^ beaucoup moins nombreuses : il n'existe, pour chaque millimètre carré ,^ que 36 papilles : en quadruplant ce chiffre, il serait pour une h'gne carrée^* de 144. Weber, qui le porte à 80 seulement, l'a donc trop abaissé.

Leur volante est en raison inverse de leur nombre, et présente du reste de Irès-grandes variétés. Considérés sous ce point de vue, on peut les diviser en quatre ordres : grosses, moyennes, petites et minimes. — Les plus grosses se voient sur le mamelon et la couronne du gland ; — les moyennes sur la paume des mains et la plante des pieds. — Parmi les petites viennent se ranger les papilles des organes génitaux externes chez la femme, les papilles sous-unguéales, et celles qui répondent, sur la face dorsale des doigts, aux articulations phalangiennes. — Au quatrième rang se placent les papilles des autres parties du corps.

Les papilles des deux premiers ordres n*occupenl que certaines régions très-limitées ; celles des deux derniers se mêlent aux précédentes et se disséminent sur toute la surface ^es téguments.

Leur forme se diversifie à Tinfini. On peut les ramener cependant à deux types principaux : les papilles simples cl les papilles composées.

Les papilles simples sont incomparablement les plus nombreuses. Elles offrent un volume fort inégal et un mode de configuration très-variable ; sur un espace de minime étendue, on en rencontre de coniques, d'hémisphériques, de pyramidales; quelques-unes présentent Taspect d'une crête, ou se renflent à leur sommet. Irrégulières pour la plupart, elles diffèrent donc beaucoup les unes des autres.

Les papilles composées sont les plus remarquables : à cette catégorie se rattachent plus particulièrement les grosses papilles et les papilles moyennes. Parmi les petites cependant, il en existe aussi un assez grand nombre. Mais la paume des mains, la plante des pieds, l'aréole et le mamelon, en sont les principaux sièges. Leur forme est conique ou cylindrique. Quelques-unes se bifurquent à leur sommet et n'offrent que deux papilles secondaires, de volume ordinairement inégal ; d'autres en présentent trois ou quatre, quelquefois cinq, rarement un plus grand nombre. — Albinus, pour se rendre compte de leur existence, admettait que les papilles composées sont fornriées par la juxtaposition de plusieurs papilles simples, unies et confondues à leur base, indépendantes à leur * sommet: opinion purement spéculative, acceptée encore par plusieurs anatomistes, qui les représentent à tort sous la forme d'une gerbe.

Le mode de répartldon des papilles diffère selon qu'elles sont simples ou composées. — Les papilles simples n'affectent aucune disposition régulière dans leur distribution ; elles se trouvent partout disséminées sîins ordre. Lorsqu'on examine au microscope la face profonde de l'épiderme, on reste frappé à la fois de l'inégalité et de l'irrégularité des fossettes qui en représentent l'empreinte. Toutes ces papilles sont, du reste, si rapprochées, qu'elles se touchent pour la plupart et souvent se continuent en partie par la circonférence de leur base.

Les papilles composées se rangent en séries linéaires que séparent dos

sillons plus ou moins superficiels. Mais ces séries offrent quelques différences suivant la région qu'elles occupent. Sur le derme sous-un|piéal, elles sont reclilignes et parallèles.

A la paume des mains et à la plante des pieds, où cette disposition linéaire est plus accusée et plus évidente, les séries sont, les unes rcctilignes, les autres curvilignes. Sur la pulpe des doigts et des orteils, elles décrivent des courbes paraboliques à concavité supérieure, et quelquefois, au centre de chacune de ces régions, une courbe elliptique ou ovalaire. Les plus élevées deviennent transversales et parallèles aux sillons correspondants de la peau. — Ces séries se réunissent deux à deux, et chaque couple de séries repose sur une petite créle du derme. Un sillon visible à Tœil nu sépare les unes des autres les séries accouplées. Un autre sillon, extrêmement superficiel et visible seulement au microscope, sépare les deux rangées de la même série. C'est dans ce dernier sillon que viennent s'ouvrir les glandes sudorifèresi

Bien que les papilles composées aient une grande tendance à se ranger en série linéaire, il en est cependant qui n'offrent dans leur distribution aucune sorte de régularité : telles sont celles du mamelon, et celles aussi qu'on observe sur la face dorsale des doigts, au niveau des articulations phalangiennes.

b. Stru4*tnre des papillps.

Représentant Un simple prolongement du derme, les papilles se composent des mêmes éléments généraux que celui-ci. Elles comprennent donc dans leur structure des fibres lamineuses et des fibres élastiques, des ▼ais* seaux sanguins et lymphatiques, auxquels viennent se joindre, pour quelques-unes d'enlro elles, des tubes nerveux et des corpuscules du taeî.

Les fibres lamineuses et les fibres iHaMiques, qui prennent une part à peu près égale à la constitution du derme, sur la plupart des régions, se pré- ^ sentent dans les papilles sous une proportion différente. Les premières sont ici les plus nombreuses. Les secondes deviennent beaucoup plus rares et se distinguent en outre par leur extrême ténuité. Une substance amorphe, signalée par M. Ch. Robin, les relie entre elles. De la réunion et du mélange intime de ces trois cléments résulte un tissu d'un blanc laiteux, d'aspect homogène et d'une remarquable densité.

Les taisseaitjc sanguins sont de simples capillaires dont la disposition diffère pour les papilles simples et les papilles composées. — Dans les plus simples ils forment une anse toujours unique, qui répond par son sommet à leur partie la plus culminante. L'une des moitiés de l'anse se continue dans les couches superficielles du derme avec un capillaire plus gros provenant d'une artériole, et laulre avec un capillaire plus volumineux encore, anastomosé avec ceux du voisinage et aboutissant à une veinule. Ces deux

PAPILLES DE LA PEAU. 58â

moiliés de l'anse suivent toujours une Oircction paraDMe dans les petites papilles. Maîsdans les moyennes et les grosses, elles se cou tournent très-souvcnl iUT un point de leur trajet, parfois même sur toute leur longueur : dans le liremier cas, elles Tigurent un huit de rhifTre ouvert en bas ; dans le second, elles s'enroulent en spirale à la manière des vaisseaux ombilicau<E. Leur calibre, tantôt égal et tantill inégal, est subordonné au volume de la saillie dont elles font partie; il varie aussi. selon les régions.

Dans les papilles composées, on compte autant d'anses vasculaires que de saillies de second ordre. Mais en outre on voit assez fréquemment s'ajouter à ces anses une ou deux arcades anasiomotiques qui les relient entre elles. Quelquefois l'arcade surajoutée se porte de l'une des moitiés d'une anse à l'autre moitié, et parfois aussi^d'un point à un autre point delà même inoitié. C'est dans les papilles composées d'un certain volume qu'on trouve ces arcades anastomotiques. II n'est pas très-rare de rencontrer, sur ces papilles volumineuses, deux anses vasculaires communiquant entre elles elformant une sorte de petit plexus. Celle disposition est très-commune sur les grosses papilles du mamelon ; on peut l'observer aussi sur certùnes papilles de la paume des mains, de la plante des pieds et du derme sous-unguéal.

Les vaisseaux lytnphiiUqun des papilles sont constitués par un réseau

FK. 614. — Papillet île ta pauiiie det maiiii, — Vainseaux de ces iminllei. — Corputculef du tact, projircs à queli/Heii-iiiies d'eiUre elle», et nerf» qui «'ij rendent.

1. PapiUc bilide contenant ileux anars vatciilairce. — -3. Autre papille biflde préacntnnt une anw rasculaire et un corpuscule ilu tact. — !l. Papille triUde ulTrant trois antoa vasrulaircs. — \. (inusr papille ilivin'f en ituux pnpilles «cconilaircs qui ionl subdiviséc!i ilciir «ommet; Tune Jr ces |>apille!i scconUaitvs reçoit deux axant Tasculaires, l'autre pré!<cnte une nnic et un rarpiiMsulc. — Ti. Papille coniposi'c a:\tn Imiuello on remarque trois nn»?s vaiiculaires et deux corpuscule*. — G, C. llêsoau sanguin duquel p.nrient les cnpillaires ijiii se rendent dnn» le> papille». — 7, 7, 7, 7. Anse» vasculaires de ce» papilles. — M, (t, 8. NerTs qui contribuent à rornicr le plexus sous-pupillairc. — 9, 9. Deux corpuseulca du tacl <lc moyenne diuieusiun recevant rliiiciin Imis tubes ncrrnux. — 10. t"n cnrpuîCHle plus (,'ios auquel se rendi'ut quiitrc tiibes. — 11. Petit corpuscule qui reçoit seulement deux tulie».

de lacunes et de capillicules duquel partent des rameaux qui viennehl s'ouvrir dans un tronc commun et central. (T. II, p. 780.)

Les nerfs se prolongpent jusque dans l'épaisseur et même jusqu'au sommet de certaines papilles. Dans la plupart cependant ils font défaut, ou du moins il n'a pas été possible jusqu'à présent de constater leur présence. Le système nerveux périphérique s'arrête à la base du corps papillaire et se termine par un riche réseau dont les mailles s'entremêlent aux plexus des vaisseaux sanguins. Les tubes constituant ce réseau présentent sans doute un mode de terminaison qui leur est propre ; mais ce mode de terminaison nous échappe. S'ils se prolongent dans les papilles, ce ne peut être que sous un aspect différent de celui qu'ils avaient conservé jusque-là, après s'être dépouillés, par exemple, de leur myéline, de leur périnèvre et de leur gaine de Schwann. Le cylindre de l'axe seul, poursuivant son trajet, pénétrerait alors dans les saillies du derme en se dérobant à nos investigations, par suite de sa grande ténuité et de sa parfaite transparence. Ce qui n'est encore pour le plus grand nombre des anatomistes qu'une hypothèse serait déjà un fait pour M. Laugerrhans. Selon cet auteur, les cylindres d'axe s'étendraient, en effet, non-seulement jusque dans les papilles, mais déborderaient celles-ci pour aller se terminer par des exlrémilés libres et légèrement renflées dans la couche profonde ou pigmentaire de l'épidorme.

Les saillies du derme qui sont pourvues de nerfs ont pour siège presque exclusif la paume des mains et la piaule des pieds. Cependant il en existe aussi quelques-unes sur la face dorsale des doigts et des orteils, au niveau des dernières phalanges. Klles appartiennent à la classe des papilles composées. Mais toutes les papilles composées ne reçoivent pas des tubes nerveux ; la plupart même n'en présentent aucune trace. La répartition de ces papilles nerveuses est du reste très-inégale. Au devant du. carpe et du métacarpe, d'une part, au-dessous du tarse et du métatarse, de l'autre, elles sont rares ; c'est à peine si l'on en rencontre une sur quinze ou vingt. Au niveau des premières phalanges, elles le sont un peu moins, bien qu'elles restent encore très-clair-semées. Leur proportion augmente au niveau des secondes. Sur les troisièmes, elles deviennent très-nombreuses et se multiplient à mesure qu'on se rapproche du sillon de l'ongle. Sur une coupe mince de la pulpe des doigts et des orteils on en trouve toujours plusieurs, et quelquefois jusqu'à dix ou douze et même plus. (Fig. 614.)

Le nombre des tubes nerveux qui pénètrent dans les papilles varie de deux à six. Il est le plus habituellemeut de trois ou quatre. Ces tubes, partis du plexus sous-papillaire, sont accolés les uns aux autres et réunis en un seul faisceau. Chacun d'eux contient une certaine quantité de myéline et se termine, après un court trajet, dans un corpuscule du tact.

Les corpuscules du tact sont donc l'attribut de toutes les papilles qui reçoivent des nerfs. Ils ont pour siège le plus habituel les papilles composées

PAPILLES DE LA PEAU. ^yKt

des régions palmaire et plantaire. Celles-ci n'en présentent en général qa*uQ, et quelquefois deux, lesquels se trouvent alors tantùt juxtaposés et tantôt séparés par une ou plusieurs anses vasculaires. Leur volume, très- ▼ariaUe, permet de les distinguer en gros, moyensj petits et très-petits. C'est parmi ces derniers qu*il faut ranger ceux de la face dorsale des doigts ; j'en ai rencontré de si déliés, qu'ils égalaient à peine le dixième des gros corpuscules de la face, palmaire.

Leur forme la plus ordinaire est celle d'un ovoïde dont le grand axe se dirige perpendiculairement à la surface de la peau. Beaucoup d'entre eux sont peu réguliers et manifestement composés de deux ou plusieurs lobes dÎTersement inclinés les uns sur les autres, juxtaposés ou superposés et souvent faciles à séparer par l'emploi des réactifs. Le nombre des lobes est égal à celui des tubes. Parmi les corpuscules qui reçoivent quatre ^ lobes, il en est qui se laissent décomposer en deux lol>es égaux entre les- \ quels se partagent les tubes nerveux. Dans quelques cas plus rares, j'ai réussi à subdiviser ces lobes en deux lobules irréguliors, à chacun desquels se rendait un tube. Sans doute cette décomposition des corpuscules en autant de lobes qu'on compte de tubes n'est pas toujours réalisable ; la soudure des divers segments est parfois trop intime pour permettre de les séparer; mais la séparation étant possible et même facile dans un assez ^nd nombre de cas, nous sommes autorisé à admettre que tous les corpuscules auxquels aboutissent plusieurs tubes se composent d'un nombre égal de corpuscules secondaires, indépendants les uns des autres et simplement réunis en un seul corps par du tissu conjonctif, de même que les tubes nerveux correspondants, bien qu'indépendants aussi, sont réunis en un seul faisceau.

Les corpuscules sont formés par l'enroulement des tubes qui s'y rendent; c'est pourquoi ceux-ci, jusqu'alors juxtaposés, se séparent ordinairement en arrivant à leur destination. Les uns s'enroulent à l'extrémité inférieure du corpuscule ; les autres rampent sur ses parties latérales et ne commencent à s'enrouler que sur un point plus élevé. Après avoir décrit un nombre variable de tours, chacun d'eux se termine dans une substance granuleuse occupant le centre des corpuscules secondaires. — L*n substance médullaire les accompagne jusqu'à leur entrée dans les corpuscules, mais se réduit alors très-notahlement. Les deux autres éléments ne paraissent subir aucune modification. L:i gaine de Schwann conserve ses noyaux ovoïdes qui deviennent transversaux ; on les distingue très-bien sur les corpuscules préalablement soumis à l'action de l'acide chlorhydrique dilué; ils sont alors si apparents et si nombreux, qu'ils masquent en partie les tubes nerveux proprement dits. L'existence, la forme, la disposition de ces noyaux, suffiraient pour attester la réalité de l'enroulement des tubes nerveux, si l'observation, d'ailleurs, ne le démontrait directement. —Le cylinder axis se termine dans la substance

5Kfi SENS DC TACT.

nerveuse rcnlrale des corpuscule)), substance qui contienl des no;anx semblables r ceux des tubes nerveux, et qu'on peut considérer cmnine on simple renllement du filament axile. Ce mode de terminaison et l'enroulement qui le précède avaient été entrevus par Gerlacb et Lefdig; il a été surtout bien observé et bien décrit par M. Rouget.

Le^ corpuscules du tact ont pour siège les papilles de second ordre dn pied et de ).i main, ou papilles-simples résultant de la division des papilles composées. Or, les papilles simples, munies d'un corpuscule, sont dépourvues de vaisseaux; delà cettedivison universellement admise des saillies du derme en papilles nerveuses et papilles rasculatm, les premières caractérisées par la présence d'un corpuscule et l'absence de vaisseaui, les secondes par une disposition inverse. Mais toutes les papilles sont vasculaires et si l on veut les partager en deux classes, il faut admettre : 1° des papilles e\tlubivement vascutaires : c'est l'immense majorité: 2* des papilles i h fois vasculaires et nerveuses.

Fiu. 617.

Iroin ear/mseuUK du tact.

FiR. (Ils. — Un cor|iuscule qui fomiiiit imc nciile musse, mai» qui a «lé diviié pr l'cmplni Jus n<ai:lirg, cl sous rindiu-ncc de la cnmpregtion. en deux lobes, ù rhacun ^K.Jailiicls ne rcnilnnl deux tubps Ticn'.cu<c. lie ces ilcux Inbni. tn plus volumineux p=-Bnli ompnsii lie deux loliulcs siiperposùs ei indépcnilnnis i m.iis j'ni vnïnement tcnlé del^^^ié- [larer en les i^oinprimnnt.

tig. am. — Corpuscule beaucoup plus volumineux que te précéileiit. avec ses no i^mdi cl son prilicule eomponé de cinq liibes nerveux. Sur cliacun de ces lubes on ape ^rv»\ les noyaux de hi gaine de Schwann, qu'on peut suivre jusque sur les lubes enrairié-r^, ni ils (levicnncnl transversaux.

Flg. on. — Autre corpuscule volumineux qui a pu être divisé en deux lobes: \b pliu p-m recoil deux liibcs; h' plus petit en re^oil un seulement (|ul. en arrîvÉïnt =« fon exlri'-mité inCénenre, se ri in tournait trf'S-munifpstemenl en spirale.

l*arlriA- mode lie conAlUulîon, Ips corpusniles du lad nu rorpKnciiles de

MeiMmer oiïreni la plus fraude nnaloRÎe avec Ifs corpusciilfs ife Kraiise. '

Ces derniers, i|ug nous aurons à étudier plus lard Rur la cr)[ijonrliv<> et

quelques autres mur) lieuses, sont forints par uu tube siuiplc ou bifurqut-,

décriant seulement un ou deux tours pour se teruiinerauRSÎ dans une

Mhstance centrale pourvue de noyaux. Ils ronslilueiit, ainsi que le Tait

mnarquer M. RoufEel, des rorpuscules élémentaires. Les corpuscules

du lart n'en riilTèreTil que pnr leur volume plus considi-ralile, c'est-à-dire

par l'enroulement plus rompliquè des luhes nerveux. Les uns et les

mires font évidemment pnriie de la même lamillc. — Mais c'est à tort

qw ces deui genres de curpiisrules ont été eonsidrn'-s comme oiïrant

aiEsi des liens de parenté avec tes corpuscules de Pnciui. D'un cAié, le

tabe nerveux s'enroule autour d'une substance centrale avec laquelle il se

foatinue ; de l'autre, ce tube reste n peu près recliligne et s'entoure d'un

fnnà nombre de capsules superposées. Ajoutons que les nllribnlions des

Vk. filR. — CorpuicHle dt AVauic.

i'K. 61!). — Corputeuif il

Fig. lilK. — l>Ue figurf, emprHiiln à M. linuget. ttpTfteatr un cirputeule Ht la cottjouctirr. F.Uf fut ilfsUarr a mniitrrr qae tM corputeuin i\r Krauu mut drt mrptu- ^9lllti% tari rnluiîtn Inr plut limplr PT/ire«>ioil. — 1,1,1. Tiihr iK^rveiK nVnniiilanl par u p.nrtic Icrmiiialc -iitoiir <1« In »utislance n^rvcim- reiitraln. — S, 1. 2, Siibslanrc 'nMaltnirn ite ce tnb?. — :), 3. U, Mnjtux de la ttalno ilc Si-liwunn. — i. !>ub*lanrp eranulée orf iipanl If CPiilrp •lu riM-pusTiile cl nnyaiix i|iiVlli> ri'iifrrme.

Fig. hl'.l. — t. Vaut- iiu |crii!i^ rxlréinîlii ilu rorpiiiHMil<-. — i. Son Minniolou pntili* •■xiréinilé. — 3, 3. Ciipiiulpii, iiiaoici ilo nii.vaux. — 4, -t. Iiisrrtion <ln ecu rapsulrn nur Is tP»lne du tube iicrvviix. — Ti. (^iviU- ilu roriMiacille. — It. Tiilio nerveux enrorn piiurvn •le Inua *es rlënicnis. — 7, T. 1^ mi>mc IuIn: (H'-nélriinl <lan< le ForgHilculR i\e. Piicint. en ■»* di^uillanl di- «i iiiwliiif, pni* iln m ipilnc. — H. Benfli-niMit par l«iup| il tr tenninp. — U. Siib*lanrr>Vii'>i'l*'' »■■ """""i "* "*"■ '■' '>""■ ''■■ "" rennenictil.

corpuscules de Knause et de Meissner sont parfaitement connues ! ils con- •stituent des organes de sensibilité ; celles des corpuscules de Pacini sont encore problématiques.

La destination des papilles cstde multiplier la surface sensitive du derme, de même que nous verrons les villosilés multiplier la surface absorbante (le l'intestin grêle, de même que les lobes el lobules des glandes multiplient les surfaces sécrétantes, de même encore que les innombrables cellules des poumons multiplient la surface respiratoire ; leur existence, en un mot, peut être considérée comme une application de cette loi générale en vertu de laquelle Ténergie de la fonction se trouve proportionnée au développement de Forgane, développement qui, dans les organes membraneux, se mesure à retendue des surfaces.

Ilisiorique, — Les papilles de la peau ont été découvertes en 1064 par Malpighi, qui signale leur existence dans une lettre datée de Naples et adressée à RufT (i). Il les vit d'abord sur le pied du bœuf et celui des oiseaux, plus tard sur les lèvres et à l'entrée des narines chez plusieurs mammifères. Guidé par ces premières observations, il parvint aies découvrir ensuite chez l'homme, sur la paume des mains et la plante des pieds. En s'armant du microscope, le même auteur réussit à distinguer aussi ces saillies sur le bras et quelques autres parties du corps, d'où il conclut qu'elles existent sur toute la surfiice du derme.

Ruysch, vers la même époque, a signalé et représenté les papilles du gland, et celles des organes génitaux et du mamelon chez la femme; il mentionne également celles qui recouvrent les lèvres (2).

\\\ siècle plus tard, B.-S. Albinus, abordant à son tour l'histoire des papilles cutanées, les range en trois classes : celles de la main et du pied, celles que recouvrent les ongles, puis celles de toutes les autres parties du corps (3).

Les anatomistes qui précèdent connaissaient aussi la disposition qu'affectent les vaisseaux sanguins dans les papilles. Mais il faut remonter jusqu'au milieu du xix" siècle pour rencontrer une notion précise de celle que présentent les vaisseaux lymphatiques et les nerfs. Je crois avoir observé le premier, en 1852, le réseau lymphatique intra-papillaire. En 1875, j'ai décrit, avec tous les détails qu'il comporte, le mode de constitution de ce réseau (4).

Les corpuscules du tact et les nerfs qui s'y rendent ont été signalés en 1853 par Meissner. En 1800, Kranse a fait connaître les corpuscules»

(1) Epifttola île exlenio laclua organo. Xeapoli, lOGi, in-1'2. Cotlo lellro est reproiliiitp dans la Dihliotlièfjue de Manjîct, t. I, p. tl. (i) Riiysch. th. déc, n» CXXX, p. 51. . (3) B.-S. Alhinus, AcaU. annot., t. II, liv. Vï, cap. 10, p. OU. (Il Troisirmo édition, t. Il, p. 77K etsiiiv.

GLANDES SUDORIFÈRES. 589

qui portent son nom ; et M. Rouget, en 1868, a démontré, d'une pari, l'anaioiçie de ces corpuscules avec ceux qui précèdent, de l'autre leur struc-" lure déjà entrevue par Meissaer et Leydig.

•adorllères.

Les glandes sudorifères se présentent sous l'aspect d'un tube dont une extrémité se replie sur elle-même, tandis que l'autre se redresse pour aller s^ouvrir à la surface de la peau. La première, beaucoup plus importante, constitue le corps ou leglomérulede lajîlande. La seconde joue le rôle de conduit excréteur.

a. Situation, nombre^ volume des glandes sudorifères.

Considérées dans lejur situation, ces glandes se divisent en deux princanaux groupes : les unes occupent les couches profondes du derme, les a. litres sont sous-cutanées.

Xes glandes intra-dermiques ont pour siège constant les aréoles du d^wme. Elles ne se répartissent donc pas régulièrement, mais se réunisse* Mit sur certains points pour former une foule de petits groupes secoM^idaires. Chacun de ceux-ci se compose de quatre ou cinq glandes r^ 1 iées entre elles par un tissu cellulo-adipeux que traversent les vais- S€^.Emux et les nerfs de la peau. Ces petits groupes, logés dans une trame c«:>»nmune extrêmement riche en capillaires sanguins et lymphatiques, de- ^* ^^ nnent fréquemment le point de départ d'inflammations qui peuvent r^^ter limitées à quelques-unes ou s'étendre à un plus grand nombre : ^^^- BIS le premier cas, la partie enflammée forme une tumeur acuminée qui * **€çu le nom de furoncle, et dans le second, une tumeur hémisphérique ^.'-^ î prend celui iVatithrax.

L'anatomie pathologique ne semble plus permettre aucun doute sur ce ?oint; et Tanatomie normale, de son côté, nous explique très-bien pourquoi l'inflammation furonculaire affecte plus spécialement certaines régions, la partie postérieure du cou et supérieure du dos, par exemple, et Vourquoi aussi elle acquiert dans ces régions une intensité qu'elle présente plus rarement sur d'autres. C'est là, en effet, que les téguments arrivent à leur plus grande épaisseur; c'est là que les aréoles s'allongent, au point (le prendre chez quelques individus la forme de véritables canaux fibreux, très-manifestes sur les coupes verticales ; c'est là surtout que ces phénomènes d'étranglement si bien décrits par Dupuytren peuvent se réaliser. Les glandes logées dans une même aréole se trouvent en effet échelonnées sur toute sa longueur et fixées chacune dans leurs connexions par les vaisseaux, les nerfs et le tissu conjonctif correspondants. Que les parties contenues s'enflamment et se tuméfient, elles rencontreront de toutes parts

sur leur |)én|iliérie lus parois fibreuses el n-sislanlcs de l'aréole ; de: n pour l'Iles, uu étrauglemcnt circulaire, puis leur niortification rap^^' bieiilàt suivie du celle ilcs parties coiitçnanles qui meurent alors par »^' valion tie smls nutritifs. Ainsi se Tonne une eschare centrale plus ou nh^ large, dans laquelle j'ai pu retrouver un vestîfce de la jilupart des parti» délruilos : celle esi-hare constitue le boarbilttnt. ,

aiaïuie» tailoiiférn <U la pamae i/ri maha.

Fig. OÎO. —Glandes si; (lanières ilcs té||uiiic[iU, de lii paume de la main, (u«s ilau

leurs dimensions réellct sur une coupe verticale. — 1, 1. Ë|ililerme. — ï, 2. Papilles

J. 3. Derme. — i, 4. Tissu cellulaire suus^utané dans lequel se trouvent disséminées Ici ((landei Budorirêrcs. Do chacune de ces gtandet on voil naître un conduit CKcrélrar qui ■'él&vo vers la surface lilirc de la peau en décrivant de légèrci llexuosilés.

Vit!, lî'l. — Ceam<!mesglanileB, vnesàiin (irDssïssr.-nienl de SO ilinnu'-trcs. — 1, t. Coitclie cornée de l'épidertne. — 2, 1. Sa couche muqueuse. — 3, .'). l'npillcl accouplées- — 4, -i. Derme. — 5, ô. Tissu cellulaire sous-cutauc. — G, fl, lî, G. Glandes sudorifères. — 7, T. Cellules ifraisKuses entourant cl recouvrant en ^ndc partie le corps de cd glandes. — K, H. I^niluils cxcréteura des )il.-iudcs sudoririTCs. llexueux jusqu'au nivesu des pa|iiltcs, dCYCiiaiil reclilignes au moment où ils atlcigncnl les sillons intennMisirci

GLANDES SUDORIFÈRES. 591

Les glandes sous-culanées ne se rencontrent que sur certaines parties de la peau qui répondent presque toutes aux extrémités des membres et du tronc. Ainsi les glandes sudorifères de la main sont situées au-dessous des téguments; cependant on en trouve aussi quelques-unes dans la couche profonde du derme. Même disposition pour celles du pied, pour celles du cuir chevelu et pour celles des organes génitaux. Dans le creux de l'aisselle, ces glandes forment au-dessous de la peau une couche circulaire de 2 millimètres d'épaisseur et de 3 à4 centimètres de largeur. Au niveau de Faréole du sein, elles sont aussi sous-cutanées. — Remarquons c]iae dans toutes ces régions on n'observe ni furoncle, ni anthrax; dans toutes aussi les conditio^is d'étranglement font défaut; les glandes enflamrvn ces peuvent se développer librement. Mais à mesure qu'elles s'élèvent du tissu celiulaiFe sous-cutané dans le tégument externe, cette libre am- |>l.ialMm devient déplus en plus difficile. Les tumeurs furonculeuses seront donc d'autant plus fréquentes, d'autant plus douloureuses et plus graves, (li-ae les glandes sudorifères, siège primitif de Tinflammation, remontei"oiit plus haut dans l'épaisseur du derme; elles prendront, en d'autres t^M-raes, un développement d'autant plus grand et plus rapide, que les «.«•^oles de celui-ci seront plus longues et plus étroites.

La couleur des glandes sudorifères est jaunâtre. Elle diffère assez nola- '>i€'*ment de celle des faisceaux fibreux et des autres cléments du derme : ^ ^^3ù il suit qu'à l'exanieu microscopique, on les distingue très-bien de ^^^^ «^tes les parties qui les entourent.

Xeur nombre est considérable. Lcuwenhoeck et Eichhorn ont cherché à * ^^ 'waluer; et tous deux ont pris pour base de ce dénombrement les orifices • lesquels la sueur s'épanche sur la surface libre de la peau, eawenhoeck s'exprime ainsi : « D'après tout ce que j'ai vu, j'estime à "120 le nombre des orifices que présente la peau sur un espace linéaire équivalent à la dixième partie du pouce. Mais admettons que sur un pareil espace il existe cent orifices seulement : sur une longueur d'un pouce, il y en aura 1000; sur une longueur d'un pied, 12000; dans un pied carré, 144000000; et si nous évaluons à quatorze pieds carrés la

^^X papines accouplées, et S3 contournant à la manière d'une spirale lorsqu'ils pé- '^^trcnt dans Tépidcrnie. — 9,1). Conduits excréteurs qui allaient s'ouvrir sur i^n plan' •^^térieur à celui qu'occupent les précédents et qui se trouvent ici divisés.

ïig. 6±2. — Glandes sudorifères du creux de l'aisselle, vues à l'œil nu. — 1, 1. Épi- ^^«pmc. — 2, 2. Derme. — 3, 3. Tissu cellulaire sous-cutané et glandes sudorifères.

Fig. 623. — L'une des glandes représentées dans la figure précédente, vue ici à un grossissement de 20 diamètres. — i. Épidémie. — 2. Derme. — 3. Follicule auquel se trouvent annexées deux glandes sébacées. — 4. Follicule pileux rudimentaire. — *>, 5. Tissu cellulaire sous-cutané. — 6. Glande sudorifère. — 7. Conduit excréteur de ^elte glande. On voit que ce conduit est beaucoup plus flexueux que celui des petites glandes sudorifères. — 8, 8. Cellules adipeuses.

5y2 SENS DU TACT.

> superliuie lotnle du corps chez un homme de taille moyenne, le nombi'i;

> des orifices situés sur cette superficie s'élèvera k iOlSOOOOOO. *

Ce calcul est empreint manircstenienl d'une grande exa|^ration, c'est pourquoi je ne m'altacheraî pas à en relever les erreurs ; tes faits exposés plus loin viendront, du reste, les réruter.

Le procédé qu'avait adopté Eichhorn présente plus de garanties. Ayant remarqué que les pores livrant passage à la sueur sont visibles, non-seulement à la loupe, mais à l'œil nu, au moins sur certaines parties du corps, au pied et n la main, par evempie, cet analomiste imagina d'appliquer sur la peau une feuille de papier à laquelle il avait pratiqué une fenêtre d'une ligne carrée, et de compter exactement tous les orifices compris dans cet espace. Or, sur la pulpe des doigts, Eichhorn trouva â5 orifices, 75 surin partie inférieure de la paume des mains, et ÔO sur les autres parties du corps. Adoptant ce dernier chiffre comme une moyenne, il conclut que la peauprésente 5000 poresparpoucecarré, et un peu plus de 10 millions pour sa surface enliére.

Cette évaluation, exagérée aussi, repose sur une donnée qui est en partie exacte et en partie illusoire. Les orifices par lesquels les glandes sudoriféres s'ouvrent au dehors peuvent être comptés à l'œil nu ou à l'aide d'une loupe sur la paume des mains et la plante des pieds; mais sur toutes les autres parties du corps ils restent complètement invisibles.

FiG. 6^1. — Embouchare îles glaiulff smlnrifrre

■miijue de ca glanda.

vu par sa Tacc librr, -^ V de» glanile* sodori —

•I gaine ejuii

A. Un ceiilirnèlrc c^irré de répidnrmi! de la paume de la uiuii un grMsis«cincn[ de quatre diamclrcs, — 1, 1. 1, 1. Emboucli lires, — i, i, i, 3. Sillons inlcri>3pillaircs.

B. Ce mime ccntioiËlrc carré, vu à l'ieil iiu. — 1, 1. Orifices des i;landes. — 3, i. Sil Ions qui séparent cc^ orillccs.

C. Deux icaines épid^^nniiiueB diitncliécs d un fTossissemcrit do m diamètres.

D. Une Katne, vue ^ï un crussissetiimt de 350 diamclrej. Les cellules (|iii la coniliiD"'^ sont très-diîtincli'j. On peut rcinari[ucr tjne tliacunc d'elles conlieiil un nojau, et 4""~ granulalions pignientaïres gruiipéua uutour de celui-c

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