‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 155 sur 223 · SYSTÈME PILEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME PILEUX

Les poils occupant certaines régions détcrtninées. Les poils de duvet recouvrent presque toutes les autres, et se disséminent piir conséquent sur une surface beaucoup plus vaste. Ce que les premiers gagnent du côté du développement, les seconds le gagnent du côté du nombre. Cesdifl'érences ne suflisent pas cependant pour élever entre eux une ligne de démarcation bien accusée ; ciir ils s'entremêlent sur un grand nombre de points. Sur d'autres, les poils restent longtemps à l'état de duvet, et prennent ensuite un accroissement plus ou moins rapide : tels sont ceux des organes génil«uix, qui demeurent rudimentaires jusqu'à la puberté et qui se développent alors dans l'espace de quelques mois; tels sont ceux des lèvres et de la partie inférieure de la face, qui, simple duvet chez la femme pendant tout le cours de son existence, et chez l'homme jusqu'à dix-huit ou vingt ans, entrent à cette époquedans la seconde période de leur évolution; tels sont encore ceux de la poitrine et d'un grand nombre de régions, qui ne ^lépassent jamais le premier degré de leur développement chez certains 'idividus et qui arrivent à un développement complet chez d'autres.

De l'ensemble des fiiits qui précèdent découle la conclusion suivante : ^e nombre total des poils qui vt^gètent à la surface du corps est à peuprès ^^ même aux divers dyesy dans les deux sexes^ chez tous les individus, et Tobablement aussi dans toutes les races humaines; mais le nombre de <^Pttx qui passent de la première à la seconde période de leur développement -^l extrêmement variable. Ainsi s'expliquent:

1" Les difTérences que nous observons entre le système pileux de l'enfant t celui de l'adulte ; ^ Celles qui distinguent le système pileux de la femme de celui de homme; et toutes les variétés individuelles si nombreuses quer nous ffre ce même système ; 3° Les différences beaucoup plus tranchées qui séparent le système fc^^^^ ileux de Thomme de celui des mammifères. .

Chez ces derniers, tous les poils arrivent à une évolution complète. Au ^ 5 eu de recouvrir certaines régions plus ou moins limitées, ils re<;ouvrent ^ ^ organisation entière. Au manteau protecteur que leur constitue la peau, *^^ superpose une autre enveloppe sur laquelle les milieux ambiants n'ont ^^u'une faible influence; pour les mieux protéger contre les injures du ^^ehors et les attaques de leurs nombreux ennemis, la nature a départi à ^^ur surface cutanée moins de sensibilité et plus de moyens de résis- ^-«nee. — En laissant l'homme presque nu, et en conservant à ses tégu- ^ liants une sensibilité plus vive, elle semble l'avoir désarmé; mais son 5 utelligence est une armure qui suffit amplement à sa protection : aussi ï c voyons-nous habiter et prospérer sur tous les points de la surface du ^lobe, tandis que les espèces animales sont pour ainsi dire parquées sous ^tîlle ou telle latitude qu'elles ne sauraient franchir impunément. 3-' ÉDiT. m. — a

Chez rhomine, le cuir chevelu est en quelque sorte le siège spécial du système pileux; croù il suit que celte région, ainsi que le fait remarquer Bichat, est peu propre à exercer le sens du tact, soit parce que la présence des poils èmousse la sensibilité en dérobant la peau à Fimpression directe des corps extérieurs, soit à cause de sa forme arrondie, qui ne lui permet d'entrer en contact avec ces corps que par une petite surface. — Le nombre des poils qui occupent cette région est variable. Quelquefois les cheveux sont si serrés, qu'ils semblent se toucher. D'autres fois ils sont plus espacés et laissent facilement entrevoir le cuir chevelu.

Leur accroissement a sans doute des limites qu'ils ne dépassent pas : mais le terme de cet accroissement est encore peu connu. On les voit souvent descendre jusqu'à la ceinture. On les a vus se prolonger jusqu'aux cuisses et même, suivant quelques naturalistes, jusqu'à la partie moyenne des jambes. Disséminés autour du tronc, ils forment alors un vêlement presque complet. — La longueur qu'ils présentent est une des preuves les plus irrécusables qui ait été invoquée en faveur de la destination de l'homme à l'attitude bipède. — Les cheveux diffèrent encore :

1° Par leur forme. Les uns sont cylindriques, et se juxtaposent à la manière de fdaments recliligncs, d'où le nom de cheveux plats qui leur a été donné. D'autres sont aplatis dans un sens et élargis dans le sens contraire; à cette classe appartiennent tous les cheveux qui frisent, et particulièrement la chevelure du nègre. Le sens de l'aplatissement est toujours celui qui correspond à Tenroulemenldu cheveu.

2' Par leur diamètre. Il en est dont le diamètre est très-petit, et d'autres ^^^ qui offrent une épaisseur relative beaucoup plus grande. Les premiers sont ^ "" en général flexueux et ondoyants, les seconds plus ou moins roides et rec-^ tilignes.

3" Par leur résistance, qui parait proportionnelle à leur diamètre ; pou' les plus fins cette résistance est encore considérable. Il n'est aucune pa tie dans l'économie, sans en excepter même le système fibreux, qui so* tienne un poids aussi lourd sans se rompre.

4* Par leur couleur, qui varie avec l'âge, les individus, le climat, et Cette couleur est ordinairement en harmonie <ivec celle de la peau.

Les cheveux, ainsi que toutes les autres dépendances du système pileur sont à la fois flexibles et élastiques. On peut modifier leur direction de mille manières ; abandonnés à eux-mêmes, ils reviennent toujours à celle qui leur est propre. — Soumis à une extension lente et graduelle, ils se laissent allonger d'un cmquième pour la plupart, et quelques-uns même du quart de leur étendue; après cette extension, ils ne reprennent pas tout à fait leur longueur primitive.

Les poils attirent 1 humidité; en s'humcclant, ils augmentent de loii- ;(ueur. Lorsque Tair devient sec, ils perdent une partie de celte liuiiiiiiitt'

SYSTÈME PILEUX. OW

el se raccourcissent : c'est sur la propriété qu'ils possèdent de varier ainsi d'étendue que Th. de Saussure a fondé la construction de son hygron)ètre. Les variations de longueur (jue peuvent subir les poils sous l'influence des divers états de sécheresse et d'humidité de l'atmosphère ne sont cependant pas très-considérables. Un cheveu qu'on a dépouillé de sa graisse en le plongeant dans une solution bouillante de sonde ne s'allonge en général, depuis la plus grande sécheresse jusqu'à la plus grande humiditéy que de la quarantième partie de son étendue.

Envisagés dans leurs connexions avec la peau, les poils nous offrent à étudier leur racine et leur tige,

La racine est cette partie du poil qui est contenue dans les follicules. Elle offre une forme cylindrique et un diamètre égal sïir la plus grande partie de sa longueur. Mais, inférieurement, elle se renfle, comme la cavité correspondante. Ce renflement a été décrit par Malpighisous le nom de léte du poil (capitulum pili) ; on l'appelle aussi Mbe du poil. Il repose sur la papille du follicule, qu'il recouvre entièrement et lui adhère d'une manière intime. Elle s'en laisse séparer cependant lorsque l'épiderme commence à se détacher sous Tinflucnce de la putréfaction ou de la macération; on remarque alors sur sa partie inférieure une excavation rappelant la forme et les dimensions de celte papille.

La tète du poil est arrondie, quelquefois un peu allongée et ovoïde ; d'une consistance molle, en sorte qu'elle se laisse facilement comprimer ou déformer ; d'une couleur claire et demi-transparente, comme la couche muqueuse de la tunique épidermique avec laquelle elle se continue et dont elle présente tous les caractères.

La tige, cylindrique, terminée en pointe à son extrémité libre, est recouverte çà et là d'écaillés épidermiques que le poil entraîne avec lui en traversant l'embouchure du follicule.

2" Texture des poils.

Les poils se composent de trois parties très-distinctes : d'une partie centrale ou celluleuse, plus colorée, et généralement connue sous le nom de substance ntédullnire; d'une partie moyenne ou fibreuse, de teinte plus claire, appelée substance corticale; et d'une partie périphéricjne ou squameuse extrêmement mince, qui a été considérée avec raison comme leur épi derme.

Chacune de ces trois parties provient exclusivement de la couche muqueuse de la tunique interne des follicules, qui, en remontant sur les papilles, se modifie d'une manière différente, suivant qu'elle répond au sommet de celles-ci, à leur surface, ou à leur base. — La partie qui se continue avec le sommet se modifie très-peu ; elle forme la substance cellulaire. — La partie qui correspond à sa surface se modifie beaucoup plus; elle forme

In substniLCc libreiisf. — La piirlic ijui rc|ioii<l à sh Intse s* Riodffh> f^v^

eiicure; elle forme laporlion s(|uaiiieuse.

Pour observer In cotitiniiité îles Iruis partieiî i-onstltuanlf^s d'un puîl avn;~ k couche muqueuse di; r£|)i(lerme, on ïera Msa(;<- ilu |iro(:i-(li'> que j'ai ili'ja^ 1*600 mmnndi', l'immersion (le la peau dans l'eau ilistilli-e contenant ii* centième d'acide acélîijue. Du Houzicmc au dtx-huilième jour, IVpiilfrn^ étant détaché, on arrache un ou plusieurs poils, qui entraînent avecci les deux couches de leur f^alne i^pithcHale, et on les examine « un cm sèment de 400 diamètres, l'îludions chacune de ces parties,

La par<t« «llDlcnK OU rcntritle, SUbslanCC tllêllullairi' des BUlClk^y,,

fait dêraut dans la plupart des poils ruilimcntaires; et parmi ceux qui att^/.

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Kig. B53. — i, (. LaniR oxlerno de lugaliie dpidermiqucilcï poils, cniniioscedoM contenant clincuoc un a(ijau:ce nojaii eat ontauré de granulalion» |iiginentaim. i. LUrÉtailè infirieurc de cette lame, se cunlinuant tun lifine de di^uiarcat' bidhe du poil. — 3, 3. Lnme iuleme île la gaine épidcriniqiiP, furmôc ile oellak* «lia gées «t uns najaii. — 4, i. Lume eitorne de l'épiderme du poil. Tarni^ de edlia Rllongfu dam le sens cireuluîrc cl contenant un pelîl nojan. — 5. Racine du poil d— le* denx tiers iTipériPurs ont élé excisés. ~ 6. Bulbe do BRltn racine. — T, T. fia p |H'riph<rii|uc ou AlwiiiP. — H, 8. Sa partie ccnlrak- ou nii'dulliiirr, — 9. 9. Lame it

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