‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 161 sur 223 · TOPOGRAPHIE DU GOUT · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE DU GOUT

décrits. De même que les ve nés, ils ont pour origine principale la surface des papilles; c'est donc sur les deux tiers antérieurs de la face dorsale et des bords de Foi^ane qu'un voit leurs radicules se presser en grand nombre. Comme les veinules, ils forment sur la périphérie des papilles un petit plexus plus superHciel que le réseau veineux, et très-facile à injecter sur les papilles du second et du troisième ordre ; on les remplit plus facilement encore sur le pourtour des papilles caliciformes (i).

Topographie du sem du goût. — Les corps sapides ne peuvent imprestonner le sens du goût qu'autant qu'ils ont été préalablement dissous. Tout orpssapide contient uti principe soluble, de même que tout corps odorant omtient un principe volatil. Afin d'opérer la dissolution du principe saûde des corps, la nature a placé dans le voisinage de la muqueuse linlude un grand nombre de glandes qui l'inondent du produit de leur écrélion. Ainsi dissous dans un liquide abondant, il se répand sur les paliUeSy les baigne, les enveloppe de toutes parts, et se trouve par conséquent [ans les conditions les plus favorables pour les impressionner.

Mais toutes les papilles ne sont pas également impressionnables. H en est nème, et en grand nombre, qui restent insensibles aux saveurs. Pour apprécier les différences qui les distinguent sous ce rapport, on a institué de lombreuses expériences, qui consistent à porter les principes sapides sur e point qu'on veut explorer, soit à l'aide d'un pinceau, soit à l'aide d'une leiite éponge. Fort simples en apparence, ces expériences sont en réalité rès-difBciles, tant est grande la mobilité de la langue, et rapide la diffusion lu liquide 'qu'on dépose à sa surface. Aussi les résultats qu'elles ont doutés sont-ils loin d'offrir la concordance qu'on aurait pu désirer. Cependant, in tenant compte de l'ensemble des recherches, on peut admettre :

1* Que la sensibilité gustative est irès-développée au niveau des papilles :aliciformes ;

2* Qu'elle est très-manifeste également, mais beaucoup moins pronon- *ie sur les bords et sur la pointe ;

3** Qu'elle a aussi pour siège les piliers antérieurs et la partie médiane le la face inférieure du voile du palais, où elle devient toutefois plus obcure, et resterait encore problématique pour quelques physiologistes ;

4* Que la partie médiane de la face dorsale et toute la face inférieure e la langue sont insensibles aux saveurs.

De celte répartition de la sensibilité gustative, il résulte que le sens du eût est représenté en déûnitive par deux anneaux, l'un horizontal ou lin- ;ua], l'autre vertical ou palatin, se confondant par sa partie inférieure ivec celui qui précède. Plus les aliments se rapprochent de l'isthme du gosier, plus aussi les papilles qu'ils rencontrent sur leur tnijet se montrent impressionnables. C'est au moment où ils le traversent que la

(1) Voy. t II, p. 889, et la pi. AU.

sensibilité gustative. est le plus vivement éveillée, en sorte que les corps sapides nous invitent en quelque sorte à la déglutition par le charme crois, sant des sensations qu'ils nous procurent.

Page 1