GLANDES DE LA PITUITAIRE
Êe sens de l'odorat n'a pas été moins richement doté que les précédents; il a reçu en partage des glandes muqueuses extrêmement multipliées et d'une structure assez compliquée. Ces glandes, par le produit qui s'écoule de leur cavité, entretiennent dans un état d'humidité permanente la surface libre de la pituitaire, et favorisent ainsi la perception des edeurs; que ce produit augmente ou diminue de quantité, qu'il se tarisse momentanément dans sa source, qu'il se modifie dans sa nature ou ses pfopriétés, que les glandes dans lesquelles il prend naissance deviennent, en un mot, le siège d'une altération quelconque, et aussitôt les impressions odorantes s'affaiblissent ou se suppriment.
L'exercice et la perfection de l'odorat se trouvent donc liés d'une manière intime à l'existence et à l'intégrité des glandes de la pituitaire, qui semblaient ainsi devoir attirer vivement l'attention des anatomistes, et qui cependant, malgré leur multiplicité, malgré l'importance du rôle qui leur est confié, malgré la fréquence de leurs maladies, étaient restées à peu près complètement inconnues jusqu'en 1853, époque à laquelle je signalai leur existence, et fis connaître leur mode de conformation, ainsi que leur multiplicité et leurs variétés.
Ces glandes ne sont ni une dépendance du système artériel, ainsi que le pensait Ruysch, ni des follicules, comme l'admet Huschke, ni des tubes enroulés sur eux-mêmes à l'une de leurs extrémités, comme l'avance Valentin. Elles appartiennent à la classe des glandes en grappes (1).
Ce n'est pas seulement sur les parois des fosses nasales qu'elles existent; on les rencontre constamment aussi et souvent en grand nombre dans tous les sinus et toutes les cellules de l'ethmoïde, où elles affectent souvent les formes les plus diverses et même les plus étranges. On peut donc les diviser en deux ordres, dont le premier comprend celles des fosses nasales, et le second celles des cavités qui en dépendent.
1* Glandes des fosses nasales, — Ce sont les plus nombreuses et les plus volumineuses. Leur forme, bien que très-variable, permet cependant de les rattacher à deux types, suivant qu'elles sont allongées ou arrondies.
Les glandes à forme allongée ou glandes en épi occupent plus spécialement les points où la muqueuse acquiert une grande épaisseur. lien est de grandes, de moyennes et de petites. Les plus longues offrent de vingt à trente lobules ; les moyennes en présentent quinze à vingt, et les plus petites une dizaine environ. Tantôt les conduits qui partent de ces différents lobules viennent s'ouvrir directement dans le conduit principal; tantôt ils s'abouchent les uns dans les autres, et donnent naissance à un troncule qui se jette dans le tronc commun. C'est ordinairement vers l'origine ou extrémité profonde de la glande qu'on observe ces groupes de lobules ; à mesure qu'on se rapproche de son extrémité terminale, ils deviennent de plus en
(l) Comptes rendue de la Société de hiologie^ i853, t. V, p. 29 et suiv.
bWb SENS tlK LODOBAT.
plus rares. Autour de la derniBri* moilic! du conduit eicréleur, il n'eiîat plus en général que des lobules isolés qui lui sont contigus. De celle di^ position il résulle que les grappes les plus longues et les plus composées sout pluslart;es à leur extivuiité profonde, tandis que les petites grappes et les grappes de dimensions inojcnnes oiTrenI une largeur à peu près uni. forme dans toute leur étendue. Sur quelques poinlH, et plus parliculièrN ment au voisinage de l>mbnucliure des ronduits excréteurs; des utricu^s k forme allongée reposent immédiatement sur ces conduits.
Toutes ces glandes en épi se dirigent perpendiculairement vers la surface libre de la pituitaire. Les plus longues mesurent environ les deux tien de l'épaisseur de cette memlirane ; les autres n'en mesurent que le tiers, k quart ou le cinquième seulement.
Les glandes de formf arrondie se distinguent des précédentes par \'n. Irème brièveté de leur conduit excréteur, tl en existe aussi de grosses, d» moyennes et de petites. Ij'esl dans les cnuclif s les plus superHciellus ik' la pituitaire qu'elles sont situées. Klles remplissent tes intervalles qui û^\reiit les glandes allongées. Sur un grand nombre de points, ce sont h seules qu'on observe.
Les orilices par lesquels ces deux ordres de glandes s'ouvrent sur Is muqueuse nasale sont très-apparents sur certains points, parliculiércmeiit a la partie antérieure de la paroi externe des fos^ii-; iMisule-;. Toii'^ ces mi-