‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 187 sur 223 · IRIS · texte numérisé non relu

IRIS

ou plusieurs points. En outre, parmi tes arcades qui lui donnent naissance [es unes sont parfois três-firandes, d'autres très-petites; quctques-unes sont plus rapprochées lie la pupille; certaines en sont plus éloignées. Il pré^ienlc, en un mot, lie trés^rHndes variétés.

Toute la face antérieure est recouverte de stries qui se portent en convergeant de la grande vers la petite circonférence, et qui sont droites ou infléchies, suivant que la pupille est resserrée ou dilntée. Ces stries curres- |)ondcnl au\ vjiisseaux. Lorsqu'on les regarde à l'aide d'une loupe chez une personne qui veut bien se prêter h cet examen, on reconnaît :

1° Qu'elles se coudent sur deux ou trois points de leur longueur, de telle sorte que chacune d'elles représente une petite ligne brisée.

2' Qu'elles se correspondent par leurs angles rentrants et saillants, et

Fie, 71j

Fie 'IJ — /(iiyoïn ('" grani cercle ileli'is Fic. HT,. — Face jioilérirure de i

i,, 7IJ - ftaijoif. ilu 1 ind cercle )!' tirii, vus à la loit}>e. au moment où le reganl <i( /îil un un ohjei lapprocbe — 11. Rayons allongi's et rectilignes. — i, i tibri.1 circuUiics il I ins — i Put)ille conlrictée.

Fip 711 — Le\ memei rayoni ii« u la loupe on moineiit où te regard est fixé tlir u« objet eloigar — Tous lcs nvoiis s iiiniîcliisscnl. an niûiii'; niveau et sur IroJa points Je liur lont,ueur — I, I Preniur angle J'infleMon. — 3, ± Second angle d'in- OLMon — J J Iruisiume angle li mil x\m — i, 4. Fibres circulaires. — 5, Pupills

ti,t ''"i —l'ace iiaiteiteure de lins — 1 Sdfrnliiiue. — 2. Partie antérieure ito 1 1 chorol'le — 3 Imv rlinr n Sienne — l Bor.l festnnmi ilc coUo inne. — 5. Corps ciliaire ili piiuillL iIl ' >ii |n,jminliiHi — li V ice poslériiiire ili- l'iris Mir lac|uelle on observe (l< s sln ^ ruriii I > I II I > inui linu m s île | i^nienlniii. - T. Ilrinci- pupillairc.

hi„ "lit —tellutei pigmentairet de lu face potlérienre de l'iris. — I, 1, 1. Cellules 1 I (irilniir licxipnml —iti Noj mx di Ces ceil-jlcs, eiilièremeut voilÉs chei l'adulte |i ir les Kranuhlioiis pignionlairts, luais tns-eviilcnls cliei le ficlus.

que ceux-ci, disposés en séries curvilignes, forment sur Tann^'au coloré externe deux ou trois cercles concentriques à la grande circonférence.

3° Que chacune des fibres rayonnées de Tiris semble se partager en deui parties inégales, dont l'une répond au grand cercle et l'autre au pelii cercle. Ce sont ces fibres rayonnées du grand et du petit cercle qui ont été décrites par Zinn et quelques autres anatomistes sous les noms de grands rayons et de petits rayons de l'iris, radii majores, radii minores iridk

Chez certains individus, on observe sur le grand cercle de firis des taches de couleur plus foncée que celle de Fanneau sur lequel elles reposent, et très-variables dans leur nombre, leurs dimensions, leur disposition respective et la figure de leur contour. Ces taches sont assez fréquentes sur les yeux noirs, plus rares sur les yeux de couleur claire. Elles sont dues à des dépôts accidentels et plus ou moins irréguliers de pigment.

Sur ce môme cercle on voit souvent aussi de petites saillies, d'une couleur fauve. Ces saillies, constituées également par des cellules pignicnlaires étoilées, ont été signalées par Zinn, qui les compare à de petits flocons (Jlocculi) attachés à la face antérieure de Tiris.

La face postérieure de l'iris s'applique immédiatement à la face antérieure du cristallin, dentelle prend la forme; elle est concave, par conséquent. La base dos procès ciliaires s'avance sur sa circonférence et la recouvre dans l'étendue d'un millimètre sans lui adhérer. Une couche épaisse de pigment en revêt toute l'étendue. — On remarque sur cette face des saillies rectilignes i\m convergent vers la pupille sans arriver jusqu'à elle. Ruysch d'abord, et ensuite ïénon, ont considéré et représenté ces saillies comme autant de dépendances ou de prolongements des procès ciliaires. Mais sur ce point tous deux se sont égarés : elles ne sont autre chose, en eifel, que des amas de pigment disposés en séries linéaires et parallèles : aussi disparaissent-elles complètement lorsqu'on l'enlève. Celui-ci, du reste, en s'accuiuulant plus spùcinlementsur certains points, ne forme pas seulement des saillies reclilii^nes; à la place de ces dernières, on eu trouve quelquefois d'autres, hémisphéri(iiies ou coniques. — Au niveau du petit cercle, la matière pii;menlaii'e est régulièrement étalée. Bien que d'une couleur parfaitement identique en arrière, les deux cercles de l'iris n'en restent donc pas moins distincts, la surface de l'un étant presque toujours inégale, et celle de l'autre régulière et unie.

1>. Structure de Viris,

L*iris est l'orme de deux couches : Tune postérieure ou pigmenlaire, représentant un épithéliuni pavimenleux, l'autre, antérieure ou vîu^cuIomusculaire, beaucoup plus importante, qui comprend dans sa texture un grand nombre d'éléments divers et qui le constitue essentiellement.

La couche pigmentaire a reçu le nom d'uvée (i). Assez épaisse et continue avec celle des procès ciliaires, elle est rayonnécau niveau du grand cercle, unie au niveau du petit, finement dentelée sur le pourtour de la pupille. Sa face postérieure répond au cristallin, sur lequel elle glisse du centre vers la périphérie, et de la périphérie vers le centre. Sa face antérieure adhère à la couche vasculo-musculaire, dont elle se laisse promptement détacher après la mort. (Fig. 715 et 71G.)

Cette couche se compose de cellules tout à fait semblables à celles qui recouvrent la face profonde de la choroïde. Cependant elle se superposent ici en plus grand nombre, et toutes sont complètement remplies de granulations. De l'abondance de celles-ci, d'une part, et de leur multiplicité de Tautre, il suit que leur étude est difficile chez l'adulte. Mais chez le fœtus, où elles ne contiennent encore que très-peu de granulations pigmentaires, leur noyau et leur contour hexagonal sont très-évidents.

La cauche antérieure est beaucoup plus complexe que la précédente. C'est elle qui préside au resserrement et à hi dilatation de la pupille; c'est elle qui communique à l'iris toutes ses variétés de coloration et ses attributs les plus caractéristiques; c'est elle aussi qui devient le point de départ et le siég:c de toutes ses maladies : elle le constitue, à proprement parler. Nous avons vu que sa couche postérieure doit être considérée conmie un simple revêtement épitliélial.

Sur la face antérieure de cette couche on observerait, suivant quelques anatomistes, une autre lameépilhéliale qui la recouvrirait dans toute son étendue et qui ne serait que le prolongement de celle de la membrane de Descemet. Mais les cellules êpithéliales de cette membrane ne s'étendent' pas au delà de sa circonférence; et nous savons d'ailleurs qu'elle-même se termine sur le pourtour de l'iris, en se transformant en fibres d'une nature spéciale, qui forment le ligament pectine.

Cette couche antérieure comprend dans sa structure des fibres de tissu

(I) Ce nom a beaucoup varié d'acception. Les anciens considéraient la choroïde et nris coaime une seule et même membrane qu'ils comparaient, pour sa forme, ainsi que pour sa couleur, à un ^rain de raisin dont le pédicule aurait été arraché ; de là le nom de potyoei^rji; sous lequel cette membrane a été désignée par les Grecs, et celui d*uva (raisin) qu'elle reçut des Latins. « Appellatur faYOîiôr,;, ûl est uvOy oh omnimodam ferè cum cœruleœ uvœ acino similitudinern, a quo peduticulus avulsus est. » {Plempeii Ophthalmographia, 103^5, p. 22.)

Vers la fin du xvii* siècle, cette membrane, jusque-là unique, fut scindée en deux parties: l'une, postérieure, comparée au chorion, d'où le nom dcc/joro?(/É'; Tautre, antérieure plus petite, qui conserva le nom d'urne. C'est sous ce nom qu elle est encore décrite dans les ouvraj^es de Ruysch, de Petit, de Winslow; le mot iris n'est employé par ces anatomistes que pour désigner la variété des couleurs de la face antérieure du diaphragme de l'œil.

Vers le milieu du xvin siècle, un grand nombre d'auteurs, à la tète desquels il faut placer Ziim, llalier et lî. S. Albinus, donnent à ceUe membrane le nom d't/'w, et réservent celui iVïivée pour désigner sa couciie fiostérieure ou pigmentaire, dénomination aujourd'hui généralement acceptée.

conjonclif et des cellules pigmentaires un muscle à fibres circulaires, el un muscle à fibres rayonuées, des nerfs de deux ordres qui président aux contractions de ceux-ci, et enfin des artères et des veines.

a. Fibres laminemes et cellules pigmentaires.

Les fibres lamineuses présentent dans l'iris la même disposition que dans la choroïde. Elles occupent surtout le grand cercle, et sont, du resle, peu abondantes. La plupart se dirigent de la grande vers la petite circonférence. Mais il en est aussi de transversales et d'obliques, de telle sorte qu'elles constituent une trame rétiforme à mailles irrégulières.

Les cellules pigtnentaires sont très-multipliées. Elles diffèrent par leur siège, leur nombre, leur volume et leur forme, et aussi par la quantité de granulations qu'elles renferment.

En ayant égard à leur siège, on peut les distinguer en superficielles et profondes. — Les superficielles répondent à la face antérieure de Tiris. Elles se rapprochent et môme se groupent sur certains points, sont plus espacées sur d'autres, mais ne se juxtaposent nulle part à la manière des cellules épithéliales. — Les profondes sont très-inégalement disséminées dans la trame des fibres lamineuses et dans les mailles des vaisseaux. On en rencontre jusque sous les cellules de la couche postérieure dont elles restent cependant indépendantes.

Leur forme est extrêmement variable. 11 en est de sphénques et d'ovoldes. Mais elles appartiennent pour la plupart à la classe des cellules étpilées, et ne diffèrent pas, sous ce point de vue, de celles qu'on observe sur la face externe et dans l'épaisseur de la choroïde. Les unes restent isolées; les autres s'anastomosent et forment des réseaux partiels. Lorsque leur partie centrale est plus volumineuse que leurs prolongements, elles sont très-distinctes et les réseaux partiels sont aussi mieux caractérisés. Lorsqu'elles s'unissent par des prolongements volumineux, elles ne sont plus reconnaissables qu'à leur noyau, lequel n'est pas toujours apparent.

Chez un grand nombre de mammifères, ces cellules sont beaucoup plus développées et souvent aussi plus volumineuses que chez l'iioinme. De leur réunion résulte alors un réseau à mailles tellement serrées, qu'il n'est plus possible de leur assigner une forme déterminée. C'est dans le lapin qu'elles révèlent la configuration la plus nette ; leur partie centrale étant très-volumineuse et leurs prolongements longs et grêles, elles forment par leurs anastomoses un très-élégant réseau.

Le nombre des i^ranulations contenues dans les cellules antérieures et interstitielles de l'iris n'est pas moins variable que leur forme. Il diffère suivant les espèces animales, et chez l'homme suivant les individus, — Dans les yeux bleus, ces granulations sont peu abondantes; beaucoup de

cellules pigmentaires sont presque vides et transparentes. — Dans les yeux bruns, elles se multiplient au contraire, en sorte qu'une foule de cellules s'en trouvent complètement remplies; cependant on en rencontre toujours çà et là quelques-unes qui en possèdent moins et même qui ne renferment que des granulations atrophiées. En se groupant sur certains points, les cellules plus riches donnent naissance aux taches brunes ou fauves de Tiris. De Tinégale abondance et de Tinégale répartition de leurs granulations dépendent toutes les variétés de couleurs si remarquables de la face antérieure de cette membrane.

b. Muscles et nerfs de fins,

LWifice pupillaire se resserre et se dilate tour à tour; un muscle à fibres circulaires préside à son resserrement, et un muscle à fibres radiées à sa dilatation.

Le muscle à fibres circulaires ou le sphincter de la pupille, occupe le petit cercle de Tiris. Sa laideur est d'un millimètre et demi. Il se compose de fibres offrant tous les caractères des fibres musculaires lisses, lesquelles s'ajoutent les unes aux autres pour former des anneaux complets. Sa face antérieure est recouverte d'un grand nombre de cellules étoilées qui le masquent en partie. Par sa postérieure, il répond à la couche pigmentaire. Lorsque celle-ci a été détachée, on dislingue trèsbien les fibres qui le composent.

Le muscle à fibres radiées, ou dilatateur de la pupille, n est pas aussi

bien caractérisé que le précédent. Il ne forme pas, comme celui-ci, une

couche continue. Les fibres ou plutôt les faisceaux qui le composent sont

situés dans le grand cercle de l'iris, et se trouvent aussi plus rapprochés

de sa face postérieure que de l'antérieure. Leur difeclion générale est

celle des vaisseaux au milieu desquels jils cheminent, en s'inclinant les

uns vers les autres, et se divisant dans leur trajet pour s'unir aux faisceaux

voisins. Leur volume est du reste très-inégal. Par leur extrémité interne

ils paraissent se terminer sur les limites du constricteur de la pupille.

Chez l'homme, leur étude est difficile. On les voit beaucoup mieux dans

le lapin albinos. J'iii |)u les distinguer aussi très-bien chez le cheval, où

ils sont notablement plus volumineux, mais chez lequel ils se trouvent en

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