‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 189 sur 223 · R^INE · texte numérisé non relu

R^INE

Les auteurs modernes né«ninoins sont unanimes pour la désigner sous le nom de papille, dénomination essentiellement erronée: car ton te ppille pst une saillie ; et le nerf optique, loin de faire saillie à son entrée dans le globe (le l'œil, est au contraire légèrement cicnvé.

A son extrémité antérieure, la rétine se termine par une circonférence festonnée et dentelée qui carresjmud exactement nu bord festonné de la zone choroïdienne et de l.i zone de Zinn. Elle ne s'unit par aucun lien au premier de ces bords ; mais elle adhère d'une mutiière si intime ait second, qu'il est tout à fait impossible de l'en détacher. Cette union , qui a pour avantage de l'étaler et de la maintenir en place, consiste dans une sorte d'engrenage en vertu duquel les feslons saillants de la zone de Zinn, ou zone ciliaire, sont reçus dans les festons rcnirants de la rétine.

C'est à Zinn qu'appartient le mérite d'avoir le premier bien défini et bien représenté le lieu et le mode de terminaison de la rétine, en démontrant que la lame mince et transparente, étendue jle la circonférence de cette membrane â la circonférence du cristallin, constituait une lame à part, essentiellement différente de celle que forme le nerf optique, et avec Uqnelle, dès lors, il importe de ne pas la confondre.

Pig. 7ltl. — I. ^ierf optique, — S. Srlvrotique. — 3. ClioroïJc. — 4. Zone clioroïilieiine.

— 5. Rélinc. — R. Zonr de Zinn dont lu bord poili'rioiir ou D'stonné donne attnrhe ù la rétine. — T. Corps viU^. — 8. Cornée, — U, 10. Union <te la iclérotifue el de la cornée,

— It. iris vu de prolll, — li. Pupilk.

Fif TjO. — Riline r»e par ta face eonvtxe. — 1 . Nerf opliqiio oITranI au niveau de m coDlinuib^ avec la rélinn urif sorle d'élranBletncnt trf'S'pranonc^. — 3, t. Face convexe ou externe Ar, la réliop. — 3. 3. Division) de l'artère centrale de la r#(ine. — 4. Tronr de celte arlNv émergeant de ta partie terminale du nerf optique, — 5, Zone de Zinn.

— 6. Partie poslêrieure de cette lone étroitement unie par u lïce interne avec la membrane hyalnidc, el par son bord TestonnS a\ec la rétine. — 7. Parlie antéricurp de la mAme lone. séparée de la membrane hjaloïdc par le canal godronnt, qui «e trouve ici iiuecté d'air, et qui dani cet état d'injection pcend l'atpect d'un collier de perles. — 8. CriaUllin.

Fig. 7i1. — Rétint vae par la facr concave. — I. Sclérotique, — 3. Choroïde — 3. Rétine. — i. Eilrëniilé terminale du nerf optique, — 5. Artère centrale de la rétine.

— 6, fi. Pli transversal situé au cftli externe de l'entrée du nerf optique. — 7, Tache jaune. — 8. Sa partie centrale trta-amineie.

Lorsque cet auteur, en 4754, eut attiré Taltention des observateurs sur 'a zone membraneuse qui entoure le cristallin et qui plus tard prit son nom, le plus grand nombre terminèrent avec lui la rétine au bord postérieur de cette zone. L'opinion ancienne, toutefois, fut souvent reproduite ; elle comptait encore un assez grand nombre de partisans en 1847, pour que M. Gosselin ait jugé utile de rappeler aux analomistcs, et surtout aux chirurgiens, que la rétine ne dépassait pas la zone de Zinn, et que sa circonférence terminale se trouvant séparée de la cornée par une distance constante de 6 millimètres, cette membrane ne pouvait être blessée dans l'opération de la ciitaracte par abaissement. Ajoutons cependant que les éléments nerveux ou essentiels de la rétine s'arrêtent seuls à cette limite; nous verrons que les éléments accessoires jouant le rôle d'organes de soutien, se prolongent réellement jusqu'au cristallin,

B. Structure de la rétine.

Cette membrane a été considérée longtemps comme composée d'une seule couche. Vers le milieu du xviii* siècle, Albinus démontra qu'elle était formée de deux couches très-distinctes : d'une couche externe ou nerveuse, et d'une couche interne déjà entrevue, par Ruysch; cette seconde couche qui n'a été bien étudiée que beaucoup plus tard, est connue aujourd'hui sous le nom de membrane limitante.

En 1819, Jacob aperçut entre la rétine et la choroïde une membrane extrêmement mince, très-frâgile, qu'il décrivit comme une nouvelle tunique de l'œil, membrane à laquelle la plupart des anatomistes ont attaché son nom. Mais un examen plus approfondi de celle-ci vint nous apprendre, quelques années plus tard, qu'elle formait une dépendance de la couche nerveuse de la réline; étroitement unie à celte couche pendant la vie, elle s'en détache rapidement après la mort. La couche nerveuse de Ruysch, d'Albinus, de Haller, de Zinn, etc., se trouva ainsi subdivisée en deux autres, dont l'une, externe, la membrane de Jacob, fut considérée comme la couche la plus superficielle de la rétine, tandis que l'autre en devenait la couche movenne.

En 183G, Langenbeck, laissant de côté la membrane de Jacob et la couche limitante pour s'occuper surtout de la couche intermédiaire, parvint à conslater que celle-ci était composée, en dehors de cellules semblables à celles de la substance grise du cerveau, et en dedans de fibres identiques avec celles qui constituent la substance médullaire : la couche moyenne était donc dédoublée à son tour, et le nombre des couches qui concourent à la formation de la rétine porté de trois à quatre.

Les recherches nombreuses et importantes faites depuis cette époque ont établi qu'à ces quatre couches il fallait en ajouter une cinquième, d'apparence granuleuse, d'une structure très-différente de celles qui pré*

èdenty et sous-jacento à la membrane de Jacob. Ces cinq couches se sucèdenl dans l'ordre suivant, en procédant de dehors en dedans :

i^ La membrane de Jacob, ou couche des bâtonnets;

2* La couche granuleuse, ou couche des noyaux;

8* La couche celluleuse, ou couche de substance grise ;

4* La couche fibreuse, ou couche des cyiindraxes;

5* Enfin la couche interne, ou couche limitante.

Ces différentes couches ne peuvent être bien étudiées que sur des yeux observés immédiatement après la mort, ou dans les premières heures qui a suivent. Chez Thomme, nous ne pouvons consacrer à cette étude que les yeux pris sur des suppliciés. Le plus habituellement, il faut donc re- Dorir aux yeux pris sur des animaux, et surtout sur les mammifères plus approchés de nous par leur organisation.

La préparation qui a pour but de découvrir la rétine sera faite à Tair ibre et avec les ménagements nécessaires pour conserver cette membrane niacte et partout appliquée sur le corps vilré. A l'aide de ciseaux on enlèera ensuite un petit segment de celle-ci en entamant le corps vitré, puis m Tétalera sur le porte-objet du microscope, de telle sorte que sa surface xterne soit tournée en haut. Le grossissement à mettre en usage peut vaier de 300 à 500 diamètres. Ce dernier est celui qui montre tous les léments de la rétine ()e la manière la plus nette.

On pourra voir sur cette préparation les deux premières couches de la étine. Les autres ne peuvent être complètement étudiées que sur des reines'préalablement immergées dans l'acide chromique au 1000*.

Quelques micrographes donnent le conseil, pour étudier toutes les oaches sur un même lambeau de la rétine, de plier celui-ci sur sa face nteme et d'examiner ensuite le sommet du pli.

a. La cmiehe éem MUonnota, couclie bacillaire (de bacilli, petits bà- 9ns)y ou membrane de Jacob y est la plus extérieure des cinq couches qui ntrent dans la composition de la rétine. Après la mort, elle no tarde pas à e séparer d'une manière complète des couches sous-jacentes. La couche es bâtonnets se présente alors sous l'aspect d'une lamelle tellement mince, iélicate et transparente, qu'on ne peut la distinguer que sous l'eau, où lie se révèle par ses ondulations. C'est dans cet état d'isolement qu'elle a té observée par Jacob en 1810. M. lluschke, en 183C, a démontré qu'elle lait unie aux autres couches dans son état normal et qu'elle devait être onsidérée comme une partie constituante de la rétine. En d8»!â, Ilanover , fait connaître sa texture, que Leuwenhoeck déjà avait entrevue.

La couche des bâtonnets se compose d'une innombrable quantité de peits cylindres, d'une longueur de 0'"",0r) et d'une épaisseur de O^'^OOS, ous parallèles et rectiiignes, perpendiculaires à la surface de la rétine, l'appliquant par leur extrémité externe à la couche pigmentaire de la cho-

rolde, se Icrminant ou poinle à leur extrémiti^ opposée. De celte poiulf

part un Dlatnent très-délié qui se rend dans l'une des cellules de la couch«

sous-jacente.

Lorsqu'on examine ces cylindres ou bâtonnets sur un segment de rétine dont la surface externe se trouve dirigée vers l'objectif, on aperçoit leurs bases contiguCs comme les pièces d'une mosaïque, et entre eux d'autres corps semés ça et là à des intervalles inégaux, moins lonj^s, beaucoup plus

[4 FiG. m. — Coupe reiiicate de la ï\y.. 'l'Ji — Les tlémeuU de la ivfiue rvi réliae; les cinq couches qui la dans leurs principaux détaih ri Inr

composent. continuilé.

Fig. 733. — 1,1. Couche des bàlonm-ii el des eflncs. — S. Bftlannets. — 3. Cflnet. — 4, i. Membrane lîmil.inlc eitorne. — .1, 5. Couche granuleuse. — 6. Couche gruiulnn» externe. — 7. Couclie inlerDiédiairc. — H. Couche granuleuse intente, moins épaisse qna l'cxleriic, mois compasée de callulcs un peu plus grosses. — 9. Couche de lubsUuce t'risc ou encéphalique. - 1(1, Portion gr.inulùc de cette couche. — II. Sa portion erV\tli-usp, — 12, 12. Couche fibreuse, — 13, Meinhrane limilanle interne. — 14, 14, Fibre» radiées n'insérant <>ur cette membrane, (D''iprÈs H. Militer)

¥\f,. 7â:l, — 1,1, louche Jcï bitnnneU el des cilnes, vue par sa face lihre ou eiteme. — 2. mtnnncls. — 3. C<1nes. — 1. Porlion lujiérieurc des bâtonnets. — 5. I.eur portiea inférifure. — 6. Point de soudure de ces deux portions. — 7, T. Deux cellules de U couche granuleuse, avec le lllament ({ui s'y rend et celui qui en part. — (t, 8. Deux cri' Iules de la même couche et le Hlament qui les unit l'une i l'autn. — 9. S. Dttfi

ai^es et d'aspect pyrifonne. Ces corps, qui ne diffèrent des bâtonnets que >ar leur forme et leurs dimensions, ont reçu le nom de cônes. Sur cerains points ils sont si régulièrement espacés et alignés, qu'ils forment au nîlieu des bâtonnets une sorte de quinconce.

Si Ton applique sur la préparation une lame mince de verre, tous les bâonnets se renversent par groupes ou par bandes dans divers sens : tantôt dors ils représentent un vaste champ de blé sur lequel un violent orage mrait passé ; tantôt ils se couchent parallèlement les uns sur les autres ; liUeurs ils rayonnent autour d'un point central ; quelquefois ils sont seulement un peu inclinés et simulent assez bien le dos d'un hérisson.

Si Ton comprime légèrement la préparation, les bâtonnets se renversent et prennent une position horizontale. Ainsi couchés et vus dans leur Iong^ueor, on remarque sur leur partie moyenne, ou sur un point très-rapproché de celle-ci, une ligne transversale qui les partage en deux segments. Le segment externe est un peu plus long et plus grêle ; le second, ou in- \&nke, est plus transparent et fmement granuleux.

Les cônes présentent la forme d'une bouteille allongée^ reposant par sa base sur une lame amorphe et transparente qui a reçu le nom de mem- Wone limitante externe^ et qui les sépare, ainsi que les bâtonnets, de la couche granuleuse. On peut les considérer aussi comme des bâtonnets dont le fégment interne se serait renflé. Ce segment interne, ou le cône propreipent dit, est constitué par une substance plus claire ; il s'applique et l'unit P^ sa base à Tune des cellules de la seconde couche. — Le segment externe ou le bâtonnet du cône s'élève tantôt jusqu'au niveau de ceux qui l'eatovurent, et tantôt reste un peu au-dessous de ceux-ci.

La distribution des bâtonnets et des cônes n'est pas uniforme. Au niveau le k tache jaune on ne rencontre que des cônes. Aulour de cette tache, les cftnes sont encore très-abondants ; mais chacun d'eux est déjà entouré Tim cercle de bâtonnets. En se- rapprochant des parties antérieures ie la rétine, ces derniers se multiplient de plus en plus et forment d'abord

lutres ceUules réunies aussi par le filament intermédiaire, et se continuant en outre avec Tune des cellules de la couche encéphalique. — 10. Cellule avec laquelle elles communiquent. — il et 12. Autres cellules de la couche granuleuse, réunies comme les précédentes et se continuant inférieurement avec la même cellule nerveuse. — 13. Cellule tripolaire avec laquelle elles se continuent. — 14. Un bâtonnet qui se continue par son extrémité inférieure avec les éléments de» quatre couches sous-jacentes. — 15. Filament par lequel ce bâtonnet se continue avec Tune des cellules de la couche granuleuse externe. — 1(). Filament par lequel il se continue avec Tune des cellules de la couche granuleuse interne. — 17. Filament par lequel il se continue avec l'une des cellules de la couclu; ciicépimliquo. — 18. FilamtMit qui part de celle-ci et (jui fait partie de la couche fibreuse. — 19. Une fibre radiée ou fibre de Millier. — 20. Renflement conoïde par lequel cette fibre s'attache à la membrane limitante. — 21. Un cône en continuité avec les autres éléments de la rétine. — 22. Cellule de la couche granuleuse externe à laquelle il s'unit par sa base. — 23. Filament intermédiaire aux deux cellules de la couche granuleuse. — 24. Filament qui relie les éléments précédents à l'une des ceUules de la couche grise. — 25. Filament qui part de celle-ci. — > 26. Fibre radiée.

deux, puis plusieurs séries circulaires, leur nombre est donc beaucoup plus considérable que celui des cônes.

Du reste, les uns et les autres ont pour caractères communs leur mollesse, leur flexibilité et leur fragilité. Ils s'allèrent rapidement après la mort. On les voit alors se déformer, puis se ramollir et se fragmenter, en sorte qu'il n'est plus possible de les reconnaître.

b, La eonche n^annieiuie se compose de cellules contenant un gros noyau qui les remplit presque entièrement, el de prolongements déliés qui unissent ces cellules aux éléments des couches profondes. Elle forme le tiers moyen environ de l'épaisseur de la rétine, la couche des bâtonnets en constituant le tiers externe, et les trois autres couches réunies le tiers interne. Vue à un grossissement suffisant, on remarque qu'elle comprend trois plans superposés : i"" un plan superficiel, la couche granuleuse externe; 2" un plan moyen ou intermédiaire plus mince et plus transparent ; 3** un plan profond, la couche granuleuse interne,

La couche granuleuse externe est formée de deux ordres de cellules et peut-être aussi de quelques noyaux libres. — Les cellules du premier ordre reçoivent en dehors le filament émané de la pointe des bâtonnets, et donnent naissance en dedans à un prolongement semblable qui les unit à celles de la couche granuleuse interne. Ainsi unies à deux filaments opposés, elles offrent quelque analogie avec les cellules bipolaires. — Les cel- Inles du second ordre sont larges en dehors, où elles se soudent à la base des cônes, mais s'effilent à leur pôle opposé pour se terminer aussi par uu filament ; elles affectent par conséquent une configuration conoide.

La couche intermédiaire est constituée par l'ensemble des prolongements qui proviennent des cellules de la couche granuleuse externe, et par des fibres de tissu conjonctif qui suivent la même direction que les ûlaments nerveux, d'où l'aspect fibrillaire qui lui est propre.

La couche granuleuse interne, un peu moins épaisse que l'externe, offre du reste la même constitution que celle-ci. Elle n'en diffère que par le volume plus considérable de ses cellules et par le double prolongement auquel ces cellules donnent naissance. De ces deux prolongements, le premier traverse la couche encéphalique et la couche fibreuse, puis se termine par une sorte de cône dont la base s'insère sur la membrane limitante interne; le second se continue avec une cellule nerveuse.

c. La couehe eeiiaiense OU couche de Substance grise présente la plus grande analogie avec la subslance grise des centres nerveux. Comme celle-ci elle se compose de deux principaux éléments: 1* d'une substance finement granulée; 2" de cellules nerveuses mullipolaires. — La substance granulée s'étale en lame mince immétliatcment au-dessous de la couche granuleuse interne. — Lescelulles multipolaires, déforme et de volume très-variables» rappellent celles de la substance grise de l'encéphale. Elles sont le point de

départ de prolongements de trois ordres. Un ou deux de ces prolongements se portent en dehors et se continuent avec ceux qui proviennent de la couche granuleuse. Un autre se dirige en arrière pour se continuer avec l'un des Glaments de la couche fibreuse. Le dernier, dont Texisteuce n*est pas constante, s'étend d'une cellule nerveuse à une cellule voisine.

d. La CMMhe flbrevBc OU covche éem cjUndraxcs ualt du pourtour

de la cupule du nerf optique. Elle se prolonge en rayonnant d'arrière en avant. Son épaisseur, qui est d*ubord deO'^'^fâO, s*abaisseà mesure qu\)u se rapproche de la partie antérieure de la rétine, à O^^JO, àO'""',Or), puis se réduit sur sa circonférence à O^^jOGS. Cette couche est formée en arrière de faisceaux aplatis, lesquels se divisent et s'anastomosent dans leur trajet, en devenant de plus en plus minces et de plus en plus déliés. Les fibres qui la composent représentent, selon Bowman, llemak et Schultr, des cylindres d'axe en continuité, à leur terminaison ou plutôt à leur ori-gine, avec le prolongement postérieur des cellules multipolaires. Sur quelques-unes on remarque des traces de substance médullaire dans certaines espèces animales et mémo chez Thomme.

e, La «•«che limitante est une lame amorphe, homogène, trans[)a' rente, de^néme nature que la membrane de Descemet. Son épaisseur n'excède pas O'"'",00l. Sa face interne est unie; sa face externe donne attache aux prolongements émanés de la couche granuleuse.

Considérés dans leup texture intime et leur destination, les nombreux éléments qui entrent dans la constitution de la rétine peuvent être divisés en trois groupes : éléments nerveux, éléments de nature spéciale, éléments accessoires jouant le rôle de soutien ou de substratum.

Les éléments nerveux sont représentés par la couche de subslancc grise, et par la couche fibreuse ou couche des cylindraxes, qui se superposent dans la rétine, romme la couche grise et la couche blanche se superposent dans les circonvolutions du cerveau ; elles présentent Tune avec l'autre les mêmes connexions que celles-ci.

Les éléments spéciaux, surajoutés aux précédents, comprennent, d'uiu' part les bâtonnets et les cônes, de l'autre toutes les cellules de la couche granuleuse et leurs prolongements. — Les b.Monnets et les cônes, doués d'une grande puissance de réfraction, sont destinés très-probablement à recevoir l'impression de la lumière. — Les cellules de la couche sous-jacente transmettent l'impression aux cellules multipolaires, qu'on peut regarder comme autant de petits ganglions, et qui communiquent à leur tour cette impression aux libres nerveuses, par lesquelles elle arrive jusqu'à l'encéphale.

Aux éléments accessoires ou de soutien se rattachent les deux membranes limitantes, et les fibres qui s'y insèrent. Le point de départ de ces fibres n'a pas encore été bien clairement déterminé ; très-probablement elles nais*

sent de la limitante externe. Selon quelques observateurs, elles se confondent à leur origine avec les filaments ]ierveu\. Comme ces derniers, elles partiraient des bâtonnets et des cônes, passeraient par les cellules de la coucbe granuleuse externe, puis par les cellules de la couche gi*anuleuse interne; au niveau de celles-ci, chaque filament se dédoublerait pour se porter, Tun vers les cellules ganglionnaires, l'autre vers la membrane limitante interne.Toutes ces libres cheminent perpendiculairement des couches superficielles vers les couches profondes, qu'elles unissent ; vues dans leur ensemble, elles prennent le nom de fibres radiées ou de fibres de Millier.

La disposition relative des divers éléments de la rétine se modifie au niveau de la tache jaune, qui en représente le point le plus sensible. Sur cette tache, les bâtonnets font défaut et sont remplacés par des cônes. Les cellules ganglionnaires sont beaucoup plus nombreuses. Les fibres nerveuses s'écartent, et d'autres s'arrêtent sur son contour pour se continuer avec les prolongements des cellules précédentes.

Portion eiiiaire de la rétine. — Les éléments nerveux de la rétine se terminent seuls au niveau du bord festonné de la zone de Zinn. Ceux qui jouent le rôle de soutiens se prolongent sur cette zone pour s'avancer jusqu'à la circonférence du cristallin. Ces éléments sont représentés par la membrane limitante interne et par les fibres radiées.

La membrane limitante, en se prolongeant sur la zone de Zinn, conserve ses caractères primitifs ; elle devient seulement plus mince, en sorte qu'on éprouve quelque difficulté à constater sa présence.

Les fibres radiées se modifient au contraire très-notablement. Chacune d'elles revêt la forme d'un cône assez long dont la base répond aux procès ciliaires, et dont le sommet, un peu élargi el inégal, se continue avec la membrane Umitante. Elles diffèrent donc, par leur mode de configuration, des fibres radiées de la rétine. Elles n'en diffèrent pas moins par leur diamètre, qui est beaucoup plus considérable, et par la présence constante d'un noyau qui est en général très-rapproché de leur base. Ainsi constituées, elles offrent au premier aspect toutes les apparences d'un épithéliuiu cylindrique. Mais deux considérations tendent à faire admettre qu'elles appartiennent en réalité au tissu conjonctif. D'une part, en effet, elles s'effilent à l'une de leurs extrémités, puis s'insèrent sur la membrane amorphe sous-jacente, caractère qui leur est commun avec les fibres radiées; de l'autre, elles sont presque inaltérables: on les retrouve encore avec leur forme, leur insertion ol leur noyau, sur des yeux provenant de cadavres en pleine putréfaction, (/est même sur ces y(»ux déjà profondément altérés qu'on peut les observer dans les meilleures conditions, ces fibres étant alors dissociées et couchées sur la membrant; limitante, à laquelle elles restent attachées. Cependant sur des yeux frais on peut aussi les étudier très-bien, quelques-unes d'entre elles se détachant et s«» présentant dans toute leur longueur.

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