‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 191 sur 223 · CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CORPS VITRÉ

Vue par sa face exlerne, celle membrane esl lisse comme une lame de verre, Irès-régulièremenl clalée, suil au niveau de la rétine, soil au niveau de la zone do Zinn, soil au niveau du crislallin.

Vue par sa face interne, après qu'on en a exprimé toute Huimeur vitrée, elle présente une foule de prolongements qui se portent do sa périphérie vers sa partie centrale, en s'entre-croisanl entre eux de manière à circonscrire des aréoles. Demours, qui a cherché le premier à déterminer la forme et Tarrangenlent de ces cellules, avance qu'elles offrent, pour la plupart, une forme pyramidale; que les plus grandes occupent la surface du corps vitré et sa partie postérieure ; que les plus petites se trouvent situées vers son centre et au voisinage du cristallin; et que toutes communiquent entre elles. Cette étude a été faite sur des yeux congelés. En laissant ces yeux quelques instants exposés à Tair libre, et en les ouvrant au moment où ils n'offraient plus qu''une demi-congélation, Demours reconnut que le corps vitré était formé de glaçons taillés à facettes, sur lesquels il dit avoir saisi, avec une aiguille à cataracte, de minces lamelles. Petit, Haller, Zinn, et leurs successeurs, répétèrent ces expériences et en obtinrent des résultats analogues. Je les ai répétées à mon tour, et j*ai pu constater aussi les mômes faits.

Mais je ne puis admettre que les grands glaçons qui répondent à la périphérie du corps vitré marquent le dernier terme du cloisonnement de la cavité de ce corps. Chacun d'eux se compose d'autres glaçons plus petits ; car, après leur fusion complète, si Ton exprime toute l'humeur vitrée qu'ils contiennent, on peut en retirer des lamelles et des fibres qui les parcourent en divers sens, et qui les cloisonnent comme les lames principales cloisonnent la cavité de l'hyaloide. Il résulte de cotte observation que le cloisonnement du corps vitré est beaucoup plus compliqué que ne l'avaient pensé les anatomisles du xviir siècle, en sorte qu'il semble à peu près impossible d'assigner une forme déterminée et des dimensions précises aux cellules ou aréoles de ce corps.

Lorsqu'on a exprimé toute Thumour contenue dans le corps vitré, si Ton examine au microscope, à un grossissement de 500 diamètres, la membrane et les prolongements qu'on a obtenus pour résidu, on peut facilement reconnaître : i** que, parmi les prolongements de cette membrane, les uns sont membraneux, les autres fibroldes et assez analogues par leur aspect aux fibres du tissu cellulaire ; 9r qu'il existe en outre dans l'épaisseur du corps vitré des noyaux en petit nombre, de forme irrégulière: ces noyaux, vus aussi par M. Ilobin, sont des leucocytes.

La disposition que présente cette menibrano à sa partie antérieure est encore l'objet de nombreuses dissidences. Suivant les anciens et la plus part des auteurs moderiios, elle s'épaissit au niveau de la circonférence do la rétine, puis continue à se porter en avant et se divise au voisinage du

crislalliu eu doux lames, dont l'une, superficielle, va s'attacher à la partie antérieure de la circonférence de la lentille, tandis que Tautre, profonde, descend en arrière de celle-ci pour tapisser la fossette correspondante du corps vitré et compléter sa cavité.

Ce dédoublement de la membrane hyaloide à sa partie antérieure ne saurait être admis. Deux faits importants viennent le démentir. D'une part, la lame qui s'étend de la terminaison de la rétine au cristallin est beaucoup plus épaisse et plus résistante que l'enveloppe du corps vitré. D'une autre part, elle présente une texture complètement différente de celle de la membrane hyaloide. Des libres lamineuses, très-manifestes, parfaitement caractérisées, la composent, tandis que cette enveloppe est de nature amorphe, comme la membrane de Descemet. Elle forme donc, ainsi que Zinn le premier s'est attaché à le démontrer, une membrane distincte, de nature celluleuse, que cet auteur a décrite sous le nom de couronne de la zone ciliaire, et que ses successeurs ont appelée zone de Zinn,

Simone de Zinn. — Cette zone entoure le cristallin à la manière d'une collerette. Sa largeur est de 5 à G millimètres du côté temporal et de 4 à 5 millimètres seulement du coté nasal. On peut lui considérer trois portions assez distinctes : 1° une portion postérieure légèrement plissée, intimement unie par sa face interne à la parlie correspondante de la membrane hyaloide, et contigué, par sa face externe, à la partie non plissée de la Éone choroldienne ; :2° une portion moyenne, composée de plis très-prononcés qui s'engrènent avec les plis de la zone choroïdienne,et qui constituent les procès ciliqires de la zone de Zinn y appelés ausû procè^s ciliaires du corps vitré par les auteurs qui voient dans cette zone un dédoublement de la uRMnbrane hyaloide ; S** une portion antérieure libre, formée de faisceaux (jni affectent une disposition radiée, et qui s'attachent sur le pourtour de la face antérieure du cristallin.

Ces trois portions sont recouvertes par le prolongement ciliaire de la rétine, qui leur adhère étroitement. Lorsqu'on sépare les deux premières de la zone choroïdienne, le pigment de celle-ci s'en détache^ le plus souvent et leur reste adhérent sous la forme d'un cercle composé de rayons alternativement blancs et noirs.

Les plis ou procès ciliaires de la zone de Zinn sont reçus dans les intervalles des procès ciliaires de la choroïde, au pigment desquels ils adhèrent. Comme ceux-ci, ils sont donc au nombre do 00 à 70. Mais ils n'offrent pas hi même configuration: ils sont aplatis et falci ormes. Leur bord convexe ou externe occupe les sillons qui séparent les procès ciliaires de la choroïde; leur bord concave ou interne fait saillie dans le canal de l*etit; leur sommet répond aux dentelures du bord festonné ou postérieur de la zone riliaire; leur base répond à l'iris. Il en existe du reste de deux ordres: les grands et les petits. Les grands sont au nombn* de dix-huit à vingt; leur

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