‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 194 sur 223 · STRUCTURE DU CR[8TALL[N · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU CR[8TALL[N

l'exactitude ; mais gardons-nous d'en abuser ; et n'oublions pus surtout tiue la précision a aussi ses limites : ne |tas s'en approclier le plus possible, c'est mal servir la science ; les outrepasser, ce n'est plus la servir.

D. SlrneOirc dn crlMallln.

Considérée dans sa structure, la substance propre du cristallin nous oITro à étudier des secteurs ou méridiens qm s'étendent des pAles & l'équateur, et des xegnients angulaires, décomposidiles chacun eu lûmes et lamelles, lesquelles sont elles-mêmes réductibles en libres.

1° HéridiMM. — Ils dilTéri-nt snivant i^u'on Icsevamine clic/ le Tcetusoii chez l'adullc, et selon que l'on considère la face antérieure ou la face postérieure du crislalliii.

Chez le fœtus, ic pôle de la face antérieure est repn-senté par im petit triangle à bords convexes ou rentrants, dont un angle se dirige en haut et les deux autres en lias. Chacun d'eux se prolonge en se rétrécissant de plus en plus jusqu'à l'équateur ; tus dans leur ensi^mble, l'espace triangulaire centrai et ses trois prolongements figurent une étoile. Ces prolongements ou méridiens, écartés de 120 degrés, divisent [a moitié

Fig. 7J7, — I, I. Hérttliciis oMiqucmeiit ilcucndaiiU ul Jiver^eiits sous un angle do 130 devrai.— 3. Méridivn aicerutaiit nt médian. — 'i, 3. Seitinsnli tuiH-rieura. ~4. Seg- Dwnt inKrieiir, On voit quB Ici libres qui occupent la partie moyenne de cliaquc «cgment «'éleniienl du centre H la ciiciinfi>renc>.' ; celli» qui en occupent lei parlici latérales s'inOéctiiMent von le nu-ridii^n qui leur correspond; elles Kmhicnt t-e continuer au niveau de relni-cî avec les lllires du câté opf:Dsé, en rorm-int des arcades superposées, et en alTectant ainsi ii[ie disposition ogivale.

Fi);, lllé. — 1.1. Deux méridiens qui se portent obliquement en haut, l'un en dedans ot l'autre en dehors. — i, i. Deux autres méridiens plus courts et obli<|uement descendants; MO méridien unique et vertical leur donne naissance; uiaît il tu divise bientôt en deux branches. — 3. Segment triangulairçeoiniirilenlrelcsdinix méridiens supérieurs. — 1. Petit segment compris outre les deux branches du méridien inférieur. — G, ■'i. Segnit'nls quadrilatères cuntpris entre les méridiens ascendants et descendants.

antérieure du urislallin en trois segments qui répondent : )e premier â sa partie inférieure el médiane, le secoud à sa partie supérieure el interne, le troisième à sa partie supiirieure et externe. — Le pôle postérieur est figuré aussi par uu triangle à bords coniaves lournés ver» l'équaleur. Mais le!) deux iingles, ou plutôt les deux mondietis latéraux, se dirigent obliquement en haut, et le troisièine verticalement en bas, de tell^ sorte que l'étoile postérieure semble avoir subi une rotation de 00 degrés. En outre, les deux bords descendants après un court trajet s'écartetit pour se porter l'un en dedans, l'autre en dehors, d'où il suit: 1° que le pôle postérieur a pu élre comparé aussi à un petit rectangle; i" que la moitié postérieure du cristallin est partugée en quatre segments, deux latéraux quadrilatères, le troisième supérieur et triangulaire, le quatrième inférieur et triangulaire aussi, mais jilus petit (pie le précédent. (Fig. 7i8.)

Chez l'adulte, la segmentation du cristallin est plus complexe. Chacun des trois méridiens de la face antérieure se bifurque. Il en est de même des deux méridiens ascendants de la face postérieure. Le nombre des segments est alors de G pour chaque face ; puis les méridiens secondaires se subdivisant, il finit par s'élever Jusqu'à lU, H et 14.

Les méridiens sont constitués p:tr une substance amorphe, granuleuse,

Fig. 7*1. — 1,1.1. Méridiens lic la Pacfi antérieure. — *,*.!. Méri<liens de la face poaléricurr. Toulei lei linnes nun pojictuées ré|iaiidcnl aux segnienti de la Tace uilèrirure, cl les tigncs ponctuées aux wgtneTits de la face pOEtéricjre.

Fin- 7:10. — 1, i, 3. Méridiens de la face uniérieuiv. — 4, 5, T,, Méridiens de la fice posiâ-ieure. — 7, 7; Une BbTc de la face antérieure passant i travers le méridien 1. —

7, K. I.n ini^nie libre pnrrouranl la taa posti'rii-nri' et ;ia>Kinl A travon I« méridien û. —

8, M. l.n iiH^iiie, revenue en .ivanl el passant i travers te inériilicn i. — 8, U. La inftne. repassant en arrière à travers le inériilien fi, — 11, 'J. La in^me, revenant en avant ei passant par le méridien 3. — 9. T. La mèmp, se reportant |iour la troisième fuis aussi sur 1.1 facr postérieure et passant par le méridien i, pnur n-venir ù son point de départ. Toutï» I''» autres libres s<! coni|HH-teut di' la utéme manière, d'après Leuuwenliiiecli. En adnietlant i|U'ellF» m: >■!■ ouitinuent \<»f fnlrc elles an riivenu des méridiens.

l't'llos orTrci

d.ins l'épaisseur de laquelle sont disséminées des cellules sphéri(iues, remplies de granulations arrondies aussi et très-pAles, d'autant plus rares, qu'on se rapproche plus de la circonférence du cristallin. Sous TinHuence de certaines conditions morbides, ils deviennent le siège d'une opacité qui ne dépasse pas leurs limites et qui constitue la cataracte à trois branches.

2* Segments. — Les sejçmeuts se composent de lames superposées du centre à la périphérie^ comme celles qui forment le bulbe de l'oignon. Lorsque le cristallin a été soumis quelque temps à Taction de l'alcool ou des acides, ces lames, devenues plus consistantes, se laissent facilement séparer. — Aux plus superficielles, remarquables par leur extrême mollesse, se superposent des cellules*aplalies et arrondies, dépourvues de noyau, semblables à celles des méridiens. Ce sont ces lames superficielles, formées à la fois de fibres et de cellules, qui, vse ramollissant rapidement après la mort, donnent naissance à l'humeur de Morgagni ; ce sont elles aussi qui s'altèrent dans les cataractes molles.

Les fibres constitutives de ces lames affectent une direction qui a été parfaitement décrite par A. Leeuwenhoeck. Dans chaque segment et chaque lame les moyennes se portent directement de Téquateur vers le pôle. Les fibres situées de l'un et de Fautre côté de celles-ci s'inclinent vers le méridien correspondant, au niveau duquel elles se continuent avec d'autres fibres d'égale longueur appartenant au segment voisin ; elles décrivent ainsi des courbes ogivales regardant la circonférence du cristallin par leur concavité, et d'autant plus courtes qu'elles se trouvent plus rap* prochées des méridiens. Or les méridiens d'une face répondant à la partie moyenne des segments de la face opposée, celles qui sont les plus longues sur la face antérieure ne décrivent qu'un trajet très-court sur la face postérieure, tandis que les plus courtes parcourent au contraire un trajet très-long. Par suite de cette disposition, elles offrent toutes à peu près la même longueur.

Considérées dans leur texture, les fibres du cristîillin sont creuses, et mériteraient plutôt le nom de tubes. On peut les distinguer, avec M. Ch. Robin, en deux ordres : les fibres nucléées et les fibres dentelées.

Les fibres nuvWes occupent la surface du cristallin; elles forment une couche de O™",! à O""",»^). Leur diamètre est de 0"'",008. Unies sur leurs bords, finement granuleuses à l'intérieur, ces fibres présentent d'espace en espace des noy«iux arrondis ou ovoïdes qui leur donnent un aspect caractérisli(iuo, et (|ui font défaut au voisinage du centre du cristallin ; ils commencent à se montrer sur la partie moyenne de l'espace compris entre les pôles et l'équateur, puis deviennent de plus en plus nombreux à mesure qu'on se rapproche de la circonférence de la lentille, de telle sorte que cetle région en est le siège spécial r d'où le nom de zone des noyaux, sous lequel elle est désignée par quelques auteurs. Les fibres à

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8ll* SENS DE 1,A VUE.

noyaux sont aplalïi-s d'avant en arrière; leur coupe représente un hiîxngone allonge. En d'aiilres termes, elles oITrenl siv faces : deux principales et parallèles, par lesquelles elles se superposent; cl de chaque rùlé de celles-ci deux autres, plus courtes et réunies à angle aigu. Vues par leurs faces parallèles, elles sont larges; vues parleurs faces obliques, elles sont élroiles ; vues par les trois faces situées du môme côté, elles (unissent souvent striées dans le sens longitudinal.

Les fibres dentelées constituent toute la partie ceiitrile de la lentille. Elles sont plus courtes, plus délices, plus denses que les precédenics, complclcinent dépourvues de noyaux, et revotent lus^i h forme de petits pHsmes à six pans. Par leurs faces parallèles, ces prismei adhcrcnt aux prismes sus- et sous-jacenls. Leurs six bords sont irrégulièrement dentelés; mais les dentelures du bord résultant de In reunion des deux faces obliques sont seules bien apparenies, parce quelles se déluhenl eu silhouettes, tandis que lesanlres sont comme perdues sur le plan de chaque

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