‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 196 sur 223 · OREILLE EXTER?<K · texte numérisé non relu

OREILLE EXTER?<K

L'orrf/te ^o^f^rwe représente, ainsi que nous l'avons vu, une sorte d'infundibulum dont la base, très-largement étalée, semble se porter à la rencontre des ondes sonores, et dont le sommet, prolongé en tube, se dirige vers la caisse du tympan. On peut lui distinguer, par conséquent, une partie évasée, qui porte le nom de famllon de l'oreille, et une partie tubuliforme, qui constitue le conduit auditif externe.

§ 1. — Pavillon de l'oreille.

Le pavillon de Voreille n'existe pas dans tous les mammifères : les cétacés, la laupe et l'ornithorhynque en sont dépourvus.

Les animaux nocturnes et ceux que la faiblesse de leur organisation oblige à se tenir sur une défensive perpétuelle, comme la gazelle, le cerf, le lièvre, le lapin, etc., possèdent en général un pavillon plus développé. — Celui-ci arrive à ses plus grandes dimensions dans les chauves-souns,

PAVILLON DR fORF.ILLE. 823

011 rioii.1 \v voyons atleirulrfl et même surpasser le volume lU^ lu lélo. Dans la cliaiive-souris oreillard, il i-gnie presque le volitmc du corps.

Chez rtiomnii;, le pavillon de l'oreille est situé sur les parties latérales et inrérieuredu ci'&iie,.iu deviiiit de l'apophyse inastoïde, en arriére de Tarticulation teniporo-inaxillairc, et, .p.ir conséquent, sur les limites les plus reculées de la face, û l'exjiression de laquelle il ne prend ainsi i|u'uiie trèg-faible part, bien qu'il .^'incline un peu de son cAIé et qu'il lui appartienne par la plus grande partie de sa superficie.

Son inclinai.son varie du reste beaucoup. Cliei! quelques individus, il est presque parallèle ji la tempe ; chez d'autres, moins nombreux, il s'incline

Fii;. 7;U. — Vue générale du jciu

I. Pavillon do l'oreilli'. — t. Cavité tli: la cnnque km les paroii ilc laquelle unobtcrvc Im nrillcn» iIm ylanilci iâlwcéj*. — 3. Oinduil auditif Mtifrnp. —4. Saillie angulL-iise (torméA par l'nninn ili^ la parlJo antéfiriirc ilc la conqun ari-c la paroi poili'riclirc tin conduit auililif. — 5. KtiilHxicliure de» glanJei cénimineuiea ; parmi eo Klanilc*. le* pliii intérim sunt ili»puw<-j lur une IIkiio caurl» i|ui répond à l'origine de la parlioii aaseusa du conduit miditif extcrns. — G. UpiiihranR du tympan cl anneiu fibreux élastiiu'i qui conutiliM aa circonférence, — 7. Partie antérieure ila renclunie. — 8. Harieau. — 'J. Manche du marteau loK^ <lan« l'épaiueur de la membrane du Ijrnipan, qu'il eutralne en dedans ver« ta «aitlîc du [iromontnirc. — 10. Muacle inlr^rnc du niarlcau, dont )n tendon ae r^nn:I)il à w\g\r droit pour venir n'attacher à la partie lupérieure du manche de celosaelel. — 11. Cavité du tympan. —13. Trompe d'Euitache dont l'exlreinilù in- Irriie ou tçutturale a été w|iarL-e par une ■eeliun perpendiculaire à non tr^el. — III. Canal demi-circulaire supëriciir. — l*. Canal demi-circulaire ponlérieur. — 15. Canal demi-circidairc externe. " 11!. Limaçon. — 17. Conduit anlitir interne dont la paroi ■nlcro-iupérieure a éti' enle^éc pour montrer le» nerfs qui le traversent. — 18. .ti.Tf l^ial. — 19. Grand nerf pélreiix superficiel partant du f,ang\\on K^nieulé du farial, et passant au-de^us du limarim pour se rendre à m deslinalinn. — îû. Branche veslibuloire ilu n<-rf aroiistique. — i\. Branche r^ctil^nne ite ce oerf.

assez fortement en avant. Les recherches de M. Buchanan ont démontré qu'une inclinaison de 15 à 30 degrés est celle qui exerce Tinfluence la plus favora le sur le sens de Touïe'.

A. Conformation extérieure du pavillon de Voreille.

Le pavillon présente une forme très-irrégulière. Cependant on peut le comparer à une coquille allongée dont la grosse extrémité, tournée en haut, repose sur la tempe, tandis que la petite, molle et flottante, répond à la partie supérieure du cou. Dans ses deux tiers pofstérieurs, il est entièrement libre. Par son tiers antérieur, il se continue, d'une part avec le conduit auditif externe, de l'autre avec les téguments de la région correspondante. Il pré»(uUe deux faces et une circonférence.

a. La fac« externe on aniériewe du pavillon est remarquable par les saillies et dépressions alternatives qu'elle présente. — Les saillies sont au nombre de quatre : YhéliXy Vanthélix, le tragus et Yantitragus; — les dépressions, au nombre de trois : la gouttière de rhélix, la fossette de Vanthélix et la cavité de la conquey située à l'entrée du cx)nduit auditif externe, dont elle peut être regardée comme le vestibule. (Fig. 734.)

hliélix est formé par un repli de la circonférence du pavillon. Il prend naissance dans la cavité de la conque, se porte un peu obliquement en avant et en haut, puis verticalement en haut, puis en arrière, et enGn en bas, où il se prolonge un peu au-dessous du niveau de son origine en s'eiïaçant graduellement. Il parcourt ainsi une circonférence presque complète. Parfois il décrit, à sou origine, une courbe à concavité supérieure; dans ce cas, il tend à s'enrouler autour de lui-même, à la manière d'une spirale qui commence son second tour.

Vanthélix est une saillie moins longue, mais plus large que la précédente. Il commence au niveau du conduit auditif externe, monte d'abord presque verticalement entre Thélix et la conque, puis s'infléchit au-dessus de celle-ci pour se porter en avant, et se divise alors en deux branches inégales, une supérieure plus courte et plus mousse, et une inférieure à la fois plus longue et plus saillante.

Le tragus n'a pas pour origine un repli du pavillon; c'est une saillie de figure triangulaire située au-dessous de l'hélix, au devant de la moitié inférieure de la conque et du conduit auditif externe, sur lequel elle s*avance en manière d'opercule. — Le sommet du tragus est arrondi. — Sa base se confond avec la portion cartilagineuse du conduit auditif dont il constitue une dépendance, de telle sorte qu'il appartient à la fois à ce conduit et au pavillon de l'oreille. — Sa face antérieure se continue avec les téguments de la région parotidienne. — Sa face postérieure concave présente asseï fréquemment un petit bouquet de poils destinés, comme ceux qui bordent

rorifice palpébral ol ceux qui occupent l'enlrée des narines, à prévenir Tintroduclion des corps légers qui flottent dans l'atmosphère.

Vantitragm affecte la même configuration et les mêmes dimension^ que le tragus, en arriére et en face duquel il est silué. Une très-légère dépression le sépare en haut de l'origine de Tanlhélix. En bas, il est séparé du Iragus par une échancrure profonde à concavité supérieure.

La cavité de la conque est une large et profonde excavation, creusée au centre de la face externe du pavillon, plus rapprochée cependant de son bord antérieur que du postérieur et de son extrémité inférieure que de la supérieure. Les quatre saillies précédemment décrites concourent à la circonscrire; — Tanthélix la limite en arrière et en haut, Thélix en haut et en avant, le tragus en bas et en avant, Tantitragus en bas et en arrière. ^ L*hélix, en prenant naissance dans la cavité de la conque par une crête mousse, la divise en deux parties inégales ; la supérieure, plus petite, est quelquefois subdivisée elle-même par une saillie verticale ; Tinférieure, en général beaucoup plus grande, se continue en avant avec la paroi postérieure du conduit auditif. — Au niveau de la continuité de la conque et du conduit auditif, on observe supérieurement une saillie demi-circulaire qui s'avance sur ce dernier et qui en masque presque entièrement la partie profonde, de telle sorte qu'on ne peut Texaminer d'une manière complète qu'en déplaçant cette saillie, c'est-à-dire en attirant le pavillon de l'oreille en haut et en arrière.

La gouttière de Vhélix résulte de la courbure que décrit la base du pavillon en se repliant de la circonférence vers le centre ; et de même que ce repli n'est pas également prononcé sur toute son étendue, de même la gouttière, qui en est la conséquence, n'est pas partout également profonde. Celle-ci commence vers la partie supérieure et antérieure de la cavité de la conque avec laquelle elle se trouve d'abord confondue, se porte comme l'hélix verticalement en haut, puis en arrière et enfin en bas, où elle disparaît aussi d'une manière graduelle. La courbe qu'elle décrit est concentrique, par conséquent, à ci»lle de l'hélix et de l'anlhélix, entre lesquels elle est située. Celte gouttière a été décrite par Meckel et Huschke sous le nom de fosae scaphoide, dénomination qui a été détournée, par erreur sans doute, de sa véritable «acception ; car jusqu'alors elle n'avait été appliquée qu'à la fossette de l'anlhélix.

La fossette de Vanthèlix n'est remarquable que par sa situation entre les deux branches de cette saillie, par son peu de profondeur et par sa forme un peu allongée, qui a suffi à quelques anatomistes anciens pour en • faire une nacelle, d'où le nom de scapha, sous lequel elle a été décrite par tous les auteurs latins, et celui de fosse naviculaire, de fosse scnphdidOy que lui ont donné les auteurs français. (Fis:. 734.)

Les saillies et dypressions qu'on observe sur la face externe de l'oreille

offrent de très-grandes variétés individuelles. Chez queU|ues personnes, le pavillon est presque déplissé ; chez d'autres, ses saillies sont très-prononcées et ses dépressions plus profondes. Dans le premier cas, il est comme étalé, de telle sorte que Toreille parait plus grande. Dans le second, il est resserré sur lui-même et l'oreille parait petite. Les différences (|ue nous observons dans son étendue superficielle chez les divers individus sont donc, en général, bien plus apparentes que réelles, et- proviennent surtout de son plissement, tantôt plus et tantôt moins prononcé. — Pourquoi ces plis et ces sillons alternatifs? Boerhaave, qui considérait le pavillon comme un organe uniquement destiné à réfléchir les ondes sonores et à les diriger vers le conduit auditif externe, s'est livré à de longs calculs pour démontrer qu'ainsi conformé, il répercute beaucoup mieux les sons. Mais Savart a îiiïi remarquer, avec plus de vérité, que l'oreille externe n'est pas seulement destinée à réfléchir les sons ; qu'essentieUement élastique, elle entre elle-même en vibration sous le choc des ondes sonores; et que l'inclinaison variée de ses replis lui permet de s'offrir toujours perpendiculairement à ce choc par quelque partie de sa surface, d'où une transmission plus complète des sons.

6. La face Interne du pavillon adhère aux parois du crâne par son tiers antérieur; elle est, par conséquent, moins étendue que l'externe. Sa configuration reproduit celle de la précédente, mais en sens inverse. En procédant de sa circonférence vers son centre, on rencontre successivement:

1° Une saillie conoide et curviligne, à base supérieure ; cette saillie répond à la gouttière de l'Wlix ;

2" Au devant de cette saillie, une rainure profonde qui lui est parallèle et qui correspond à Tanthélix ;

3" Au devant et un peu au-dessous de celle-ci; une seconde saillie, irrégulièrement hémisphérique, qu'on aperçoit en partie seulement et qui correspond à la cavité de la conque ;

4** Enfin, immédiatement en arrière de la conque, le sillon qui sépare la partie libre de l'oreille des régions temporale et mastoïdienne.

c. La eirconférence |ia paYiiion, mince et transparente, est constituée, en avant, en haut et en arrière, par la saillie de l'hélix.

Inférieurement, cette circonférence est formée par un repli de la peau, qui, après avoir tapissé le tragus, Tantitragus et l'échancrure qui les sépare, se porte verticalement en bas, dans l'étendue de 12 à 15 millimètres, pour remonter ensuite vers la conque en s'appliquant à elle-même. Ce repli cutané, tour à tour désigné sous les noms d'oreilletley de toôe, de petUlobe et de lolrule, représenle la petite extrémité d'une ellipse ; quelquefois il est. plus court, plus épais, et revêt alors une figure semi-circulaire. Libre par ses deux faces, libre aussi en arrière, il se continue en haul et en avant avec les téguments do la région parotidienne.

PAVILLON DE LOHEILLE. S27

Le li>liule Re «li^liii^iio îles aulr<'s pnilirs cln pavillon par son e<(lrème souplesse, par sa consistance analogue i, celle du sem ou de la pulpe des (loigls, par si surraee plus unie et plus douce au loucher, el aussi par b.i sensibilité beaucoup moins prononcée. Situé sur Ips Hniilcsde la (iice, rju'il concourt à encadrer, au-devant de la chevelurti dont il conlribiie à relever l'éclat par sa coulear d'un blanc satiné ou rosé, indépendant et comme flottant à la partie supérieure du cou, il semblait appeler eu quelque sorte les ornements qu'on trouve suipendus à sa partie inférieure chez presque tous les peuples.

La partie antérieure de l.i circonlérence du pavillon est la moins régulière. Elle présente de baut en bas : i" une saillie arrondie qui Tail partie de i'ht-lix ; i' un sillon obliquement descendant qui sépare l'Iiélix du tragus, et qui a été mentionné par les antiens auteurs, sous les noms d'tHcilure, féchanerure de Vùreilk ; 3* une seconde saillie, constituée par le tragus ; i,° une fossette ordinairement trës-supcrncielle qui correspond au coodyle du maxillaire inrérieur, et qui devient plus apparente lorsque ce

Fio. 731. — Face exlernr ou antérieure Fin, T.Ki.~~ Vaimeaux lymphali(iaeii ila

du parillon île l'oreille. luvillon de i'oreiiie.

Fig. 731.-1,1. H.^lix. — 3,S. Cavilù de fliélix. - 3, 3. AntlnSlix, — 4. Fruiettc Je l'uilhélix. — Ti. Catitd de la conque, diriiéc en deux partiel par l'oriKine de rhillix. — 6. Tragus. — 7. Aiitilragus. — 8. OriKine du fonduil auditif externe. — 9. Lobule. — Sur la FosiellP du l'anlti^tix et dan» la cavité dn la conque on obaervu îles orilices qui représentent l'embouchure des glandes sébacées.

Fig. 73.'i. — t. Vai9si>aux lymphatiques de la cavité de la conque, dont les tronc: te. iliri^iU en avant p<iur aller sa terminer dans un ganglion situé entre le Iratiug et la parotide. — i, 3, i, i. Vaisseaux lympliatiqufs de l'Iiélix el de l'autbéiix dont les Ironti se dirigent on arriéri' pour se rendre ilans le» ganglion» sus-muAtoïdien*. — 3. V^iisscaux lymphatiques du Inbiil-'.

828 SENS DE L'ODIE.

condylo. est porté on avant, par suite de rabaissement de la mâchoire; 5^ enfin, un angle rentrant que forment, d'une part le contour du lobule, de Tautre les téguments de la région parotidienne.

B. Simcture du pavillon.

Le pavillon de l'oreille comprend dans sa structure : un fibrihcartilage auquel il est redevable de son élasticité et de sa forme ; des parties fibreuses qui fixent ce cartilage et qui contribuent à maintenir ses diversreplis; des muscles qui lui impriment des mouvements de totalité et des mouvements partiels ; une enveloppe cutanée riche en glandes et en follicules pileux ; des artères^ des veines et des vaisseaux lymphatiques; de$ nerfs sensitifs et moteurs, et enfin une couche cellulo-adipeuse.

a. FibrO'Çartilage du pavillon de l* oreille.

Ce fibro-carlilage occupe toute l'étendue du pavillon, à l'exception cependant du lobule, qui est formé, ainsi que nous l'avons vu,.par un simple repli de la peau. Lorsque son enveloppe cutanée a été enlevée, on remarque sur chacune de ses faces les saillies et dépressions que nous avons indiquées. Mais les unes et les autres se trouvent un peu modifiées; etenoulre quelques détails nouveaux apparaissent.

1° Au niveau de l'hélix, le cartilage auriculaire se montre plus large sur certains points et moins large sur d'autres, de telle sorte que son bord concave est inégal et comme crénelé. Le repli qu'il forme se termine le plus souvent au niveau d'une ligne horizontale passant par le centre de la conque. — En avant et immédiatement au-dessus du tragus, il est surmonté d'une petite saillie conoide qui porte le nom d'apokyse de Vhélix. La longueur de celte apophyse varie de 2 à 3 millimètres. Un analomiste exercé peut facilement lasenlir sous la peau en la pressant avec la pulpe du doigl; nous verrons qu'elle donne atlache à trois muscles.

2" La partie du cartilage qui répond «i Tanlhélix est lisse et unie chei les jeunes sujets, rugueuse et inégalement mamelonnée chez l'adulte et surtout chez le vieillard. Dans le point où Tanthélix se confond avec l'hélix, le cartilage s'isole et se prolonge en bas sous la forme d'une languette qu'on peut appeler, avec Santorini, languette cartilagineuse de Vhélix et de Vanthélix, Dans l'intervalle qui sépare cette languette de l'antitragus, on observe inférieurement un ligament et supérieurement un petit muscle qui rattachent ces deux parties Tune à l'autre.

3'* Entre le Iragus et la partie initiale de l'hélix, le cartilage de l'oreille présente une solution de continuité occupée aussi par des fibres ligamenteuses et musculaires.

4" A la partie postérieure de la conque, il est surmonté par une apophyse analogue à celle de Thélix, mais beaucoup moins saillante. Cette apophyse de ta conque donne quelquefois attache à Tun des faisceaux du muscle auriculaire postérieur.

^ Au niveau du tragus et de Tantitragus, il se continue avec la portion cartilagineuse du conduit auditif pour former avec celle-ci un demi-canal dont la concavité regarde en haut.

Le cartilage de l'oreille n'olTre pas une épaisseur uniforme : la partie moyenne ou centrale de la conque est en général la plus épaisse, et celle qui répond au bord libre de Thélix la plus mince ; mais les dilTérences qu'il présente sur ces deux points et sur quelques autres sont ordinairement peu prononcées.

Il se compose essentiellement d'Une trame fibreuse dans laquelle on remarque des corpuscules de cartilage. Ceux-ci sont arrondis ou ovalaires ; il en existe souvent deux dans la même loge. — Le périchondre qui revêt le cartilage est formé de faisceaux de fibres lamineuses entre-croisées dans tous les sens et d'un aspect nacré.

b. Ligaments du pavillon de Voreille,

Les ligaments du pavillon de l'oreille sont de deux ordres : extrinsèques et intrinsèques.

Les ligaments extrinsèque-, unissent le pavillon à l'os temporal. Leur situation relative permet de les distinguer en antérieur et postérieur.

Vantérieur se compose de deux faisceaux très-irréguliers qui souvent se confondent en un seul. — Le plus élevé de ces faisceaux part de l'aponévrose du muscle temporal immédiatement au-dessus de IVipophyse zygomatique, se dirige horizontalement en arrière, et vient s'attacher à la partie antérieure de la conque, très-près de l'apophyse de l'hélix. — Le second se porte du tubercule de l'apophyse zygomatique vers l'échancrure de l'oreille pour se fixer, d'une part à l'hélix et au bord antérieur de la conque, de l'autre au bord supérieur du tragus. Il appartient à la fois, par conséqnenty au pavillon et au conduit auditif. Chacun de ses fiiisceaux est formé de fascicules qui s'entre-croisent à angle aigu pour la plupart, et qui sont reliés entre eux par un tissu cellulaire très-dense.

Le ligament extrinsèque postérieur, plus large et plus épais que le précédent, irrégulier aussi, s'attache par Tune de ses extrémités à la base de l'apophyse mastolde, par l'autre à la convexité de la conque et à la paroi supérieure du conduit auditif. Comme l'antérieur, il est constitué par un tissu cellulaire dense et des fibres dirigées dans divers sens. Je ferai remarquer, en outre, que ce ligament n'est postérieur que relativement au précédent; relativement à la conque, il est interne ; relativement au conduit auditif, il est postérieur et supérieur.

828 SENS DE L'ODIE.

condyle est porte en avant, par suite de rabaissement de la mâchoire; 5** enfin, un angle rentrant que forment, d'une part le contour du lobule, de Fautre les téguments de la région parotidienne.

B. Structure du pavillon.

Le pavillon de l'oreille comprend dans sa structure : uu fibr(hcartilagt auquel il est redevable de son élasticité et de sa forme ; des parties fi' breuses qui fixent ce cartilage et qui contribuent à maintenir ses divei^i^ plis; des muscles qui lui impriment des mouvements de totalité et des mouvements partiels ; une enveloppe cutanée riche en glandes et en follicules pileux ; des artères^ des veines et des vaisseaux lymphatiques; des nerfs sensitifs et moteurs, et enfin une couche cellulo-adipeuse.

a. Fibro-cartilage du pavillon de r oreille.

Ce fibro-cartilage occupe toute l'étendue du pavillon, à l'exception cependant du lobule, qui est formé, ainsi que nous l'avons vu,.par un simple repli de la peau. Lorsque son enveloppe cutanée a été enlevée, on remarque sur chacune de ses faces les saillies et dépressions que nous avons indiquées. Mais les unes et les autres se trouvent un peu modifiées; et en outre quelques détails nouveaux apparaissent.

1° Au niveau de l'hélix, le cartilage auriculaire se montre plus large sur certains points et moins large sur d'autres, de lellesorte que son bord concave est inégal et comme crénelé. Le repli qu'il forme se termine le plus souvent au niveau d'une ligne horizontale passant par le centre de la conque. — En avant et immédiatement au-dessus du tragus, il est surmonté d'une petite saillie conoïde qui porte le nom iVapohyse de Vhélix, La longueur de celte apophyse varie de 2 à 3 millimètres. Un anatomiste exercé peut facilement lasenlir sous la peau en la pressant avec la pulpe du doigl; nous verrons qu'elle donne attache à trois muscles.

2" La partie du cartilage qui répond à Tanthélix est lisse et unie chei les jeunes sujets, rugueuse et inégalement mamelonnée chez l'adulte et surtout chez le vieillard. Dans le point où Tanthélix se confond avec l'Iiélii, le cartilage s'isole et se prolonge en bas sous la forme d'une languette qu'on peut appeler, avec Santorini, languette cartilagineuse de Vhélix et de Vanthélix. Dans l'intervalle qui sépare cette languette de l'anlitragus, on observe inférieurement un ligament et supérieurement un petit muscle qui rattachent ces deux parties l'une à l'autre.

S** Entre le tragus et la partie initiale de l'hélix, le cartilage de Foreille présente une solution de continuité occupée aussi par des fibres ligamenteuses et musculaires.

4* A la partie poslérieure de la conque, il est surmonté par une apophyse analogue à celle de l'hélix, mais beaucoup moins saillante. Celte apophyse de la conque donne quelquefois attache a Tun des faisceaux du muscle auriculaire postérieur.

5* Au niveau du tragus et de Tantitragus, il se continue avec la portion cartilagineuse du conduit auditif pour former avec celle-ci un demi-canal dont la concavité regarde en haut.

Le cartilage de Toreille n'olTre pas une épaisseur uniforme : la partie noyenne ou centrale de la conque est en général la plus épaisse, et :elle qui répond au bord libre de Thélix la plus mince ; mais les diiïérences qu'il présente sur ces deux points et sur quelques autres sont ordilairement peu prononcées.

Il se compose essentiellement d'une trame fibreuse dans laquelle on remarque des corpuscules de cartilage. Ceux-ci sont arrondis ou ovalaires; il en existe souvent deux dans la même loge. — Le périchoudre qui revêt le cartilage est formé de faisceaux de fibres lamineuses entre-croisées dans tous les sens et d'un aspect nacré.

b. Ligaments du pavillon de Voreille,

Les ligaments du pavillon de l'oreille sont de deux ordres : extrinsèques et intrimèques.

Les ligaments extrinsèque-, unissent le pavillon à l'os temporal. Leur situation relative permet de les distinguer en antérieur et postérieur,

Uantérieur se compose de deux faisceaux très-irréguliers qui souvent se confondent en un seul. — Le plus élevé de ces faisceaux part de l'aponévrose du muscle temporal immédiatement au-dessus de IVipophyse zygomatique, se dirige horizontalement en arrière, et vient s'attacher à la partie antérieure de la conque, très-près de l'apophyse de l'hélix. — Le second se porle du tubercule de l'apophyse zygomatique vers l'échancrure de l'oreille pour se fixer, d'une part à l'hélix et au bord antérieur de la conque, de l'autre au bord supérieur du tragus. Il appartient à la fois, par conséquent, au pavillon et au conduit auditif. Chacun de ses faisceaux est formé de fascicules qui s'entre-croisent à angle aigu pour la plupart, et qui sont reliés entre eux par un tissu cellulaire très-dense.

Le ligament extrinsèque postérieur, plus large et plus épais que le précédent, irrégulier aussi, s'attache par l'une de ses extrémités à la base de l'apophyse mastoïde, par l'autre à la convexité de la conrjue et à la paroi supérieure du conduit auditif. Comme l'antérieur, il est constitué par un tissu cellulaire dense et des fibres dirigées dans divers sens. Je ferai remarquer, en outre, que ce ligament n'est postérieur que relativement au précédent; relativement à la conque, il est interne ; relativement au conduit auditif, il est postérieur et supérieur.

8â0 SENS DE L'OUIK.

Les ligaments ininmèques sont destinés à maintenir la forme du pavillon en reliant entre elles ses différentes parties, el toutes les saillies de sa face postérieure. — L'un d'eux s'étend de Tantitragus vers la languette cartilafi!:ineuse de Thélix. — Un autre occupe l'intervalle compris entre le tragus et Thélix ; celui-ci se confond en grande partie avec le ligament extrinsèque antérieur. — Un troisième, plus fort et à forme plus arrêtée que le précédent, unit la convexité de la fossette de Tanthélix à la convexité de la conque. — Un quatrième se porte de la convexité de Thélix à la convexité de la fossette de Tanthélix el à celle de la conque.

c. Muscles du pavillon de Voreille.

Les muscles du pavillon de l'oreille se divisent aussi en extriiisèqueiti intrinsèques, (Fig. 736 et 737.)

Les muscles extrinsèques nous sont déjà connus. Je rappellerai seulement : l** que l'auriculaire supérieur vient s'attacher à la convexité delà fossette de ranlhclix ; 2" que Tauriculaire postérieur, composé de deux ou trois faisceaux, se fixe à la partie moyenne de la convexité de la conque ; 3" que l'auriculaire antérieur s'insère, d'une part à l'apophyse de l'hélix, de l'autre au bord antérieur de la conque. Ce muscle, ainsi que le précédent, suit une direction légèrement descendante pour se rendre au pavillon ; tous djeux, par conséquent, contribuent à l'élever. (Fig. 737.)

Les muscles intrinsèques sont au nombre de cinq : le grand muscle de l'hélix, le petit muscle de l'hélix, le muscle du tragus, celui de l'anlitragus, et enfin le muscle iransverse. Les quatre premiers appartiennent à la face externe du pavillon et le dernier à sa face interne.

Le grarid muscle de Vhélix a été découvert par Santorini. Il est situé au devant de la partie ascendante de l'hélix. Sa forme est allongée, sa couleur presque toujours Irès-pàle et sa longueur d'un centimètre environ. Ce muscle s'attache inférieurement à l'apophyse de l'hélix par de courtes fibres lentiincnses ; en haut, il se fixe, non au cartilage de l'oreille, mais à la peau, qui le recouvre. En se contractant, il attire en bas les téguments qui bordent l'hélix et tend ainsi à donner plus de profondeur à la gouttière qu'il circonscrit. Son existence n'est pas constante. (Fig. 735,0.)

Le petit muscle de Vhélix, découvert aussi par Santorini, repose sur le coude que forme la partie initiale de cette saillie avec la partie ascendante. Sa couleur est d'un rose pâle. Sa longueur égale à peine la moitié de celle du grand muscle de l'hélix. Ses deux extrémités s'attachent à la peau, qu'il peut tendre lorsqu'il entre en contraction.

Le mmcle du tragus est moins rudimentaire (jue ceux de l'hélix. Sa couleur est aussi moins pAle. Sa figure est rectangulaire. L'une de ses faces, tournée en arrière, recouvre la convexité du tragus; l'autre, tournée en

PAVILLON DE LOREILLK.

liaul et 01) avant , l'ùpORil à la glaade parotide dont chu est NÙ|iarGu par un ganglion lymph»ti<|ue. Supérieurement, il i>'altaclie en {jartiu au burd cor-, respondani du cirlilagc du tragus ut en partie au tissu fibreux qui unit celui-ci â l'hélix; inféricurement , il se lixe à la face antiVieure du même cartilage. En se contractant, ce muscle redresse la courbure du Iragus, et par ce redressement dilate un peu l'entrée du conduit audilir.

Indépendamment de ce faisceau principal qui est constant, on observe quelquefois un faisceau grêle et arrondi qui s'étend de l'apophyse de l'hélix au sommet du (ragus, et que j'appellerai, pour le distinguer du précédent, faiscettuaccesioireon superficiel ila muscle ilu tragus. Ce faisceau, lorsqu'il existe, a évidemmenl pour usage de rapprocher le tragiis de l'hélix, et d'incliner en dehors l'opercule du conduit auditif.

La muscle ite l'anlUragus ressemble beaucoup au [u'écédcut ; il est seuli^ ment un peu plus allongé. L'une de ses extrémités, dirigée en haut et en

Kii!. 736, — Cartiiaije et miucfci V\r,. T.tl. — Cartilage et muiclri

4u pavillon ; faceanUrieure. du pavillon; l'ace pottirieiire.

Kig. T^. — 1, I. Piulic du GartiInKC qui ri^poiiil ù l'Iiiilix. — i. Apiiphyuc iJu riivJii.

— 3. LangucUc trnninalc île l'li£li\ ri de l'antliélix. — i. L'aiilliéltx. te» deux brunclii'H et sa rmKtIc tcaplialilc. — 5. fortion cirlil.i^ineuu du conduit auditif externe. — 6. r.rand muscle de l'Iiélix. — 7. Petit muscle do l'hélix. — 8. Paiio'au occcisoire uu superficiel du muscle du tragus. — U. Faisceau principal ou profond du infmr niuicir. — 10. Muscle de l'an(itriit|us.

Fig, T37. — 1. Saillie cono'iile qui correspond i la goutlifere de l'Iii^lix. — i. Languelte terminale de l'hélix et de l'anlliélix. — 3. Saillie ijui correspond i la fossi'tle acaphoïde.

— 4. Convexité du la conque. — S. INirlion carliluKincusc itu conduit iiuililif externe. Toruianl une ([iinttière dont la cunveiilc rpitorde en haut. — 6. SNtIlie triangulaire qui termine celte |Hirlion. -~ T. Altaclie >lii niiiaolo auriculaire supi^rieur. '— A. Allni-he du niuiicle aurirulain; arili-rieur. — 11. U. .\ltacliu des di'ux faisceaux qui c muscle aurieuUiii; postérieur. — Ul, ll>. Jlutcle transn-rsv.

832 SENS DE LOUIE.

arrière, s* attache à la languette qui prolonge le cartilage de Thélix et de Fanthélix. L'autre, dirigée en bas et en avant, s'insère à la face postérieure ou convexe de l'antitragus. Par ses contractions, ce muscle attire en bas et en avant la languette de Tliélix et de Tanthélix, en haut et en arrière la saillie de l'antitragus; il imprime ainsi une légère modification de courbure à ces diverses ])artics et au pourtour de la cavité de la conque.

Le muscle transverse a été signalé par Valsalva , qui, le premier aussi, a décrit les muscles du tragus et de l'antitragus. Il occupe sur la face postérieure du pavillon la rainure qui sépare la convexité de l'hélix de la convexité de la conque. Ses fibres, transversalement étendues de l'une i l'autre de ces saillies, sont entremêlées de fibres ligamenteuses qui les voilent en partie, en sorte qu'il est quelquefois assez difficile de les distinguer; cependant, avec un peu d'habitude de ce genre de recherches, on le trouve constamment. En rapprochant l'hélix de la conque, ce muscle modifie la courbure des saillies du pavillon en même temps qu'il concourt à maintenir le repli qui constitue Tanthélix. (Fig. 737, 10.)

d. Peau du pavillon de V oreille.

La peau du pavillon de l'oreille diffère un peu de celle qui recouvre les parties voisines. Elle est en général plus blanche et plus rosée, plus unie et plus douce au toucher. Elle est aussi plus mince et parfois si transparente, que, lorsque ses vaisseaux sont injectés, il devient facile, en plaçant le pavillon entre l'œil et la lumière, de suivre leur trajet et d'observer leurs ramifications les plus déliées. Par sa face profonde, elle adhère au cartili^e auriculaire, dont elle reproduit ainsi toutes les saillies et toutes les dépressions. Sur le bord de l'hélix, elle déborde un peu le cartilage, auquel elle ne tarde pas à se réappliquer après s'être adossée à elle-même. Le lobule de Foreille est le résultat d'un adossement semblable, mais plus étendu.

A cette enveloppe se rattaohent: des poils, des glandes sébacées et des glandes sudorifères, des artères, des veines et des vaisseaux lymphatiques, des nerfs et une couche cellnlo-adipeusû^

1° Poils et follicules pileux, — Ils son^. extrêmement nombreux , mais rudimentaires. Albinus, qui le premier les a bien observés, fait remarquer que, pour en prendre une connaissance exacte, il faut attendre le moment où, sous l'influence de la putréfaction , Tépiderme se détache du derme. Alors, en effet, si l'on enlève avec ménagement la première de ces membranes, on voit tous ces petits poils sortir de leurs follicules avec leur gaînc épidermiquc ; et, pour constater combien ils sont multipliés, il suffit d'examiner, soit les gaines appendues à la face profonde de Tépiderme, soit les orifices béants à la surface du derme. Leur partie intra-foUiculaire est plus longue que leur partie libre ou extérieure. Cependant celle-ci peut être distinguée à l'œil nu sans beaucoup de difficulté; en plaçant une partie

quelconque de la peau du pavillon à la hauteur de l'œil, de manière que les rayons lumineux en rasent horizontalement la surface, on aperçoit trèsbien la pointe des poils qui émanent de son épaisseur, et qui forment, par leur ensemble, un léger duvet. Ce mode d'examen nous montre que le lobule, si uni et si doux au toucher, eçt de toutes les parties du pavillon celle qui possède le duvet le plus touffu.

2* Glandes sébacées, — Ces glandes sont presque aussi nombreuses et aussi développées sur le pavillon de Toreille que sur les ailes du nez. C'est surtout dans la cavité de la conque et dans la fossette de Ijanthélix qu'on les observe. Celles qui ont pour siège la gouttière deThélix et la face interne de l'oreille sont plus espacées et beaucoup moins volumineuses. Les unes s'ouvrent dans les follicules pileux ; les autres s'abouchent directement sur la surface de la peau. Comme parmi celles des paupières, du nez, du front, etc., il en est d'uniutriculaires, d'unilobulées et de multilobulées. — Quelquefois l'embouchure des glandes sébacées s'oblitère ; elles se dilatent ^lors par suite de Taccumulation de la matière qu'elles renferment et font un relief plus ou moins prononcé à la surface de Fa peau. La cavité de la conque est très-fréquemment le siège de kystes de cette nature.

3* Glandes sudorifères. — Elles n'ont pas été mentionnées jus^ju a présent ; cependant on peut facilement constater leur existence. C'est dans la couche profonde du derme, ou immédiatement au-dessous de celui-ci, qu'elles sont situées. A Tentrée du conduit auditif ces glandes cessent d'exister.

4* Artères et veines, — Les artères proviennent: en avant, de la temporale superficielle, qui donne au pavillon quatre ou cinq branches connues sous le nom A' auriculaires antérieures ; en arrière, de Tauriculaire postérieure, qui fournit principalement à la face interne de l'oreille. — Les auriculaires antérieures, en général grêles, se détachent à angle droit du tronc de la temporale, se portent directement en arrière, et vont se perdre dans la peau du lobule, dans le tragus et dans la partie antérieure de l'hélix. La dernière est souvent plus considérable que les précédentes ; dans ce cas, on la voit se prolonger de Thélix sur la fossette de Tanthélix et couvrir de ses ramifications toute l'extrémité supérieure du pavillon. — La branche qui provient de Tartère auriculaire postérieure se dirige, de bas en haut, vers la conque de l'oreille ; là elle se partage en deux rameaux : l'un postérieur, plus considérable, qui se ramifie sur la face interne en se prolongeant jusque sur la circonférence du pavillon; l'autre, antérieur, qui, après avoir traversé le tissu fibreux étendu de l'antitragus à l'hélix , monte dans le silloq creusé entre cette dernière saillie et Tanthélix, pour se distribuer à la peau correspondante. Les divisions de ce second rameau établissent des communications multiples et plexiformes entre le rameau postérieur et les branches auriculaires antérieures.

Les veines de l'oreille ne suivent que très-imparfaitement le trajet des

3* ÉDIT. ui. — 53

8;}4 SENS DE L*ÛU1£.

artères; elles en restent même indépendantes pour la plupart. Les autérieures, plus courtes et plus petites, vont se jeter soit dans la veine temporale, soit dans la veine jugulaire externe. Les postérieures, plus nombreuses, se réunissent au tronc veineux qui traverse la portion mastoïdienne du temporal pour s'ouvrir dans le sinus latéral correspondant.

5° VaisseaVtX lymphatiques, — Ainsi que toutes les parties situées sur les limites les plus reculées de l'économie et plus ou moins éloignées par conséquent du centre circulatoire, le pavillon se distingue par le grand nombre de vaisseaux lymphatiques auxquels il donne naissance. Ces vaisseaux recouvrent toute sa face externe, sa circonférence et la plus grande partie de sa face interne. Le réseau qu'ils forment est si serré, qu*il serait impossible de plonger Taiguille la plus fine dans son épaisseur sans en traverser plusieurs. Il n'existe aucun point de l'organisation ou ce réseau d'origine atteigne une aussi grande ténuité. Je possède dans mon laboratoire des oreilles d'enfant dont le réseau lymphatique est si fin, que ses mailles ne peuvent être distinguées qu'à l'aide d'une loupe; vu à l'œil nu, il se présente sous l'as^pect d'une tache cendrée. Les troncs qui en partent, au nombre de huit à dix le plus habituellement, se distinguent, par leur direction, en antérieurs et postérieurs. (Fig. 735.)

Les antérieurs répondent, pour !a plupart, à la cavité de la conque. Ils convergent vers Téchancrure de l'oreille; les plus élevés, pour atteindre cette échancrure, croisent l'origine de Thélix. Tous se jettent dans le gros ganglion lymphatique qui se trouve situé au devant du tragtis.

Les postérieurs, plus nombreux, se dirigent de l'anthélix et du lobule vers la circonférence du pavillon, qu'ils contournent pour atteindre sa face interne et se rendre ensuite dans les ganglions sus-mastoldiens.

6° Nerfs. — Les seuls nerfs qui aient été suivis jusqu'à présent sur le pavillon de l'oreille sont des nerfs sensitifs. Ceux-ci émanent de trois sources : en avant, du nerf auriculo-lemporal, qui provient du maxillaire inférieur, et par conséquent de la cinquièniQ^ paire ; en bas, de la branche auriculaire du plexus cervical ; en arrière, du nerf sous-occipital, qui envoie un ou deux rauiuscules à son extrémité supérieure. — Indépendamment de ces nerfs sensitifs il existe des nerfs moteurs qui vont se terminer dans les muscles intrinsèques de Toreille, mais dont le point de départ n'a pas été fixé jusqu'à présent; très-probablement ces filets moteurs proviennent du facial.

1" Tissu adipeux. — La couche cellulo-adipeuse sous-jacente à la peau du pavillon occupe surtout le lobule et le bord concave de l'hélix. Elle est extrêmement mince ; souvent même elle n'est visible qu'au mir/iiscope. Quelquefois elle devient plus épaisse et très-apparente ; on voit alors le boni tranchant de Thélix s'éniousser, le lobule diminuer de hauteur et prendre plus d'épaisseur, le sommet du tragus (*t de l'antitragus, qui était aplati.

s*arrondir, elc. ; mais ces légères modifications de forme el de volume n alteignent pas sensiblement Tanthélix et la conque, en sorte que la partie centrale du pavillon conserve toujours sa configuration primitive.

§ 2. — Conduit auditif externe.

Le cofutuit auditif externe s'étend de la conque du pavillon à la paroi externe de la caisse du tympan. On peut dire, d'une manière générale, qu'il se porte transversalement de dehors en dedans. Mais sa direction n*est pas rectiligne; elle est flexueuse. Pour observer ses inflexions successivesy ainsi que pour évaluer sa longueur et ses divers diamètres, le meilleur procédé à suivre est celui qui a été conseillé par Yalsalva : il consiste à remplir d'un liquide solidiriable,decire par exemple, le conduit auditif et le pavillon. Si la peau a été préalablement enduite d'une légère couche d'huile, il sera facile d'extraire le moule ainsi obtenu, et en Texaminant, on remarquera que le conduit auriculaire, dans le court trajet qu'il parcourt, s'infléchit deux fois sur son axe : il se porte d'abord en avant ; puis, se réfléchissant brusquement, il se dirige en arrière et un peu en haut; arrivé alors à la partie moyenne de son trajet, il se dévie de nouveau pour s'incliner en avant et en bas en se tordant légèrement sur son axe. On peut lui distinguer, par conséquent, trois portions, une portion externe j une portion moyenne et une portion interne. (Fig. 738.)

La portion externe est aplatie d'avant en arrière, de telle sorte que son diamètre vertical est presque double de l'antéro-postérieur.

La portion moyenne présente une conflguration analogue, mais beau* coup moins prononcée ; elle se rapproche de la forme cylindrique.

La portion interne est aplatie de haut en bas, ce qui donne à son diamètre antéro-postérieur plus d'étendue. (Fig. 730.)

De la continuité des portions externe et moyenne résulte un coude dont la concavité regarde en arrière et un peu haut. De la continuité des portions moyenne et interne résulte un autre coude moins prononcé dont la concavité est tournée en bas et en avant. Indépendamment de ces deux courbures antéro-postérieures, il existe une courbure transversale à concavité inférieure, due à la direction légèrement ascendante des deux portions externes, et légèrement descendante de l'interne. (Fig. 739.)

Sur le même moule qui servira à l'étude de ces diverses inflexions on pourra en outre constater :

1"^ Que les saillies qui correspondent à la fossette de l'anthélix, à la partie supérieure de la con(|uc, et à la partie inférieure de celte cavité, forment, en se conlinuant entre elles, une S italique qui s'élargit progressivement de haut en bas et dont la direction est verticale.

2° Que les trois portions qui constituent le conduit auditif eilerue Torment également une S italique, maïs horizontalement dirigée, et par coiséquent perpendiculaire à la précédente. (Fig. 738.)

3* Que la partie terminale du conduit auditif est obliquement coup» de haut en bas et de dehors en dedans, de telle sorte qu'elle forme avecli paroi inférieure un angle Irës-aigu, et que ce dernier angle ne s'éléie pas à 40 ou 50 degrés, ainsi que lepensent la plupart des anatomisteB,in)i} à 20 ou 25 degrés seulement.

4'° Que la longueur du conduit, mesurée en ligne droite depuis la partie centrale de son extrémité interne jusqu'au niveau de la saillie qui lesépire de la conque, est de 20 à 22 millimètres (9 à 10 lignes), ainsi que l'init constaté Valsalva.

5° Que son diamètre vertical est de H millimëlres au niveau delà portion externe, et de 7 à 8 pour les deux portions suivantes, ce qui donne pour !>on diamètre vertical moj'en 9 millimètres environ ou i lignes, résultat obtenu aussi par le même auteur.

6° Que le diamètre antéro-postérieur est de 6 millimètres pour la pre-

Kii;. T3H. — Houle du conduit auditif Kic. 739. —Ce même moule vu par m

fxterne vu par ta partie tupirieure. partie pottirieare.

Fig. 738. — 1 . Noale de In fossette scapboïde. ~ % Houle de la partie supérieure de la cavité de la cont|ue. — S. Partie inréricure de cette cavité. — 1. Première portion du conduit auditif externe se portant obliquemenl en avant et en dedans. ~ ,'■. Secondr portion <tp cf. cnniliiil as dirigeant en deilaiw et en arrière. — 6. Troisième portion dn inSme conduit ijuon vi)it se tordre autour de son axe en s'indinanl eo dedans el en avant. — 7. Kmpreinte de In concavité de la membrane du tympan.

Fig. 739. — I. Saillie qni cnrri-spond A la fossette «caphoïde. — 2. Saillie cnir»pondanli la partie supérieure de la cavité de la conque. — 3. Saillie qui rrpond à la partie isféricuru de cette cavité. — i, 5. Courbure décrite par la paroi inrérieure da Mnituit auditif externe. — R. Courbure décrite par la paroi supérieiiro de ce conduiL — 7. Empreinte de la membrane du tjmpan. — S. Angle qui forme celle meml>rane irec la iiaroi inférieure du conduit auditif externe.

mière et la secondo portion, et de 9 pour la troisième : ce qui donne pour moyenne 7 i/2 millimètres, et, pour diïïërence entre les deux diamètres, i 1/2 millimètre ou un peu moins d^une ligne.

7* Enfin, on constatera que ces dimensions varient d*un côté à l'autre et chez les divers sujets, mais dans de faibles limites, en sorte que les évaluations qui précèdent peuvent être considérées comme très-approximatives.

Des deux extrémités du conduit auditif, Texterne se continue avec la cavité de la conque; Tinterne est fermée par la membrane du tympan.

L*orifice par lequel le conduit auditif externe communique avec la conque est une ellipse dont le grand diamètre se dirige veilicalement. Son bord postérieur est formé par une crête mousse qui s'avance plus ou moins vers le tragus, mais qu'on peut facilement dévier en attirant le pavillon en haut et en arrière, ce qui permet d'explorer la cavité du conduit auditif. Sa partie antérieure, constituée par le tragus et légèrement excavée, a reçu de M. Buchanan le nom de fosse du conduit auditif; elle est recouverte de poils, peu développés en général chez l'adulte, qui deviennent plus longs et plus rudes par les progrès de l'âge. — Le plan de cet orifice ne regarde pas directement en dehors, mais en dehors et en arrière, vers la partie inférieure de l'excavation de la conque.

La membrane qui ferme l'extrémité interne du conduit auditif n'est pas seulement inclinée de haut en bas et de dehors en dedans, de manière à donner moins de longueur à la paroi supérieure, et plus, au contraire, à Finférieure. Elle présente encore une autre inclinaison, mais beaucoup moins prononcée que la précédente : elle est un peu tournée en avant.

A. Structure du conduit auditif

Le conduit auditif se compose : d'une charpente qui comprend'une portion cartilagineuse, une portion fibreuse et une portion osseuse ; d'un prolongement de la peau qui tapisse ses parois; de glandes, d'artères, de veines et de nerfs annexes à ce prolongement.

i"" Portion eartllaf lii«ase da coadnit asdiUr. — Le cartilage qui concourt à former la charpente du conduit auditif représente une sorte de gouttière transversalement dirigée. On peut lui distinguer, par conséquent, deux faces, deux bords et deux extrémités.

Sa face supérieure, concave, ne regarde pas directement en haut, mais en haut et eu arrière. — Sa face inférieure, convexe, répond : en avant à Li glande parotide , et en arrière à la base de l'apophyse mastolde.

Son bord antérieur est recliligne. — Le postérieur est inégalement découpé et moins élevé que le précédent.

L'extrémité externe décrit une courbe demi-circulaire. Libre en avant, où elle est formée par le tragus, elle se continue en arrière avec le carti-

lage du pavillon, à Taide d'une sorte d'islhmc dont la largeur ne dépasse pas 7 à 8 millimètres. — L'extrémité interne, obliquement coupée de haut en bas et de dehors en dedans, se présente sous Taspect d'une saillie anguleuse dont le sommet recourbé en bec d'aiguière se prolonge jusqu'à la base de l'apophyse stylolde.

Ce cartilage est remarquable par la présence de deux solutions de continuité, signalées en 1683 par Duverney sous le nom de coupures^ mais mieux décrites en 1684, par Valsalva, sous celui dlticisures. L'une de ces incisures est externe et antérieure; l'autre est interne et un peu plus en arrière. Leur direction n'est pas tout à fait perpendiculaire à Taxe du conduit cartilagineux : la première, ou grande incisure de Valsalva, s'incline en dehors par son extrémité postérieure, tandis que la seconde, ou petite incisurey s'incline au contraire en dedans ; plus ou moins écartées en arrière, elles se rapprochent donc en avant et semblent converger l'une vers l'autre. Lorsqu'elles sont horizontalement étendues, elles partagent la portion cartilagineuse du conduit auditif en trois segments inégaux, qui ont été comparés aux cerceaux de la trachée-artère, mais qui n'offrent en réalité aucune analogie de forme avec ces derniers. Assez fréquemment, Tune de ces incisures est divisée en deux incisures plus petites par une sorte de pont cartilagineux. '

Les incisures de la portion cartilagineuse sont comblées par un tissu fibreux, qui n'est d'ailleurs qu'une simple dépendance du périchondre, et non par du tissu musculaire, ainsi que le pensait Santorini.

Hyrtl a décrit un autre muscle, étendu de la saillie anguleuse du cartilage à l'apophyse styloïde, sur laquelle il s'insère immédiatement audessus de l'origine du styloglosse. J'ai vainement cherché ce nouveau muscle, dont Texislence me paraît douteuse.

2" Portion flbrcnse. — Elle forme une gouttière à concavité inférieure, dont les deux bords s'unissent à la gouttière cartilagineuse; de cette réunion résulte un conduit flexible et mobile. La portion fibreuse constitue le tiers supérieur environ de ce conduit. — Par sa face supérieure, cette portion se confond avec le ligament postérieur du pavillon, dont elle n'est en réalité qu'une dépendance. — Par sa face inférieure, elle répond aux glandes cérumineuses, logées en partie dans son épaisseur, et à la peau du conduit auditif.

Cette lame ne constitue pas toute la portion fibreuse. Nous avons tu qu'une dépendance de celle-ci occupe les incisures du cartilage. Une autre dépendance, plus importante, s'étend de la portion cartilagineuse à la portion osseuse et les unit l'une à l'autre à la manière d'un ligament, ce qui permet à la première de se mouvoir sur la seconde.

La portion fibreuse comprend dans sa composition des fibres de tissu cellulaire et des fibres élastiques en égales proportions.

CONDCIT AUDITIF EXTERNE. 839

:i' r«Hl*B MiiMue. — Elle f st située entre la racine postérieure dp l'apophyse zyftDmntique i|ni la limite en haut, le» apophyses ma'stolde et styloTilc qui la limitent r:n nri'ière, hI le rondyle du temporal qui la limite en avant. Sa paroi inférieure, libre et mince, décrit une courbure transversale trèsprononcée, dont la convexiti^ se dirige en haut et en dedans : c'est le sommet de celte convexité qui dérobe à la vue la partie inférieure de la membrane du tympan, lorsque, après avoir redressé la portion cartilagineuse du conduit auditif, on explore la cavité de celui-ci.

Les portions cartilagineuse et fibreuse réunies forment la moitié externe du conduit auditif; la portion osseuse constitue l'autre moitié. Celle-ci ne varie pas sensiblement dans sa longueur chez l'adulte ; il n'en est pas ainsi de la première, qui participe, mais sous de moindres proportions, aux variétés individuelles que nous oiïre le pavillon.

Chex le fœtus, la portion osseuse du conduit auditif est représentée par un anneau dans la rainure duquel s'insère ta membrane du tympan. Cet anneau, interrompu dans son (|uart supérieur, reste d'abord indépendant des antres parties du temporal, et se laisse facilement détacher; il porte le nom de cercle lympanal. C'est aux dépens du bord externe de sa rainure que se développe la portion osseuse du conduit.

Tig. 740. — 1. Cercle tympanat. — î, EitrémiliS anUrieure de cb cercle. — 3. Son eitrémili poslériciirn : w» cleui eilréicit*», en »b porUnl i la rencontre l'nnfi île l'autro, formeront un pont oiioux qui réitéra tépari de la portion mojenne du cercle par un oriHce d'autant plus ({ranci que celle-ci H le pont ouquel elle doit le rdunir seront muina déïi-loppi'a. — 4. Itainuro du cercle Ijni'panal. — 5. Saillie qui produira en l'allonitcant In moitié autiTicure du pont oiseux. — 6. Autre saillis qui formera la moitid poalA-ieurc de re |>onl. — T, 7. Sulurc des porlioni écailleuie et mattoïdienne,

Fig. 711. — 1, 1. Lame osieu*e form<^ par le développement de la portion moyenne du cercle t^paual. ~ i Pont osseus réiultani de la soudure dei deux prolouftements émanés de* exlrruiilé» de fa cercle, — 3. Entrée du conduit auditif, circonscrit en bas par le Iwrd externe du ponl oiiciii. — 4. Trou qne préicnle la paroi inférieure du condnit aprèi la formation de ce ponl.

8 iO . SENS DE L*OUIE.

ÂP Peau do. coodatt andiiif . — De même que la peau de la face et du crâne se modifie en passant des parties voisines sur le pavillon, de même elle se modifie en passant du pavillon dans le conduit auditif. A son entrée dans ce conduit, elle s'épaissit, devient plus dense, et conserve ces caractères dans toute retendue de la portion cartilagineuse. Quelquefois même son épaisseur et sa densité augmentent à mesure qu'elle se rapproche delà portion osseuse. Arrivée à cette portion, elle s'amincit et continue de s'amincir jusqu'à ce qu'elle ait atteint la membrane du tympan, où on la voit se réduire à l'épaisseur d'une membrane séreuse. — Son adhérence aux portions cartilagineuse et fibreuse est extrêmement intime. Elle adhère beaucoup moins à la portion osseuse. — Sa face libre présente dans sa moitié externe: l"* des poils très-multipliés, mais en général rudimenlaires ; 2° un grand nombre d'orifices, dont les uns correspondent à des glandes sébacées, les autres à des glandes qui sécrètent une matière jaunâtre demiconcrète appelée cérumen. La moitié interne de cette même face est lisse, unie, dépourvue de toute espèce de poils et d'orifices glandulaires.

5° Giaodes sébacées. — Semblables à celles du pavillon, mais moins développées, ces glandes répondent à la moitié externe du conduit auriculaire. Elles occupent les couches superficielles du derme. Quelques-unes s'ouvrent à la surface de la peau ; mais la plupart s'abouchent dans les follicules pileux voisins. Comme dans les autres régions, il en est ici de compliquées et de très-simples ; elles sont en général uni-lobulées.

6° ciiandea eéramin«iMea. — On les rencontre au-dessous de la peau qui tapisse les portions cartilagineuse et fibreuse : les unes se trouvent immédiatement sous le derme; d'autres à une certaine distance, variable pour chacune d'elles, en sorte qu'elles sont comprises dans des plans diflTérents, ainsi que les glandes sudorifères, avec lesquelles elles offrent une grande analogie de configuration.

Leur volume rappelle celui d'un grain de millet. Leur forme est arrondie ou elliptique. Par leur couleur jaunâtre, elles contrastent avec la couleur blanche des aréoles cellulo-fibreuses qui leur servent de loges.

L'examen microscopique de ces glandes démontre qu'elles sont formées par un tube flexueux et enroulé à l'une de ses extrémités. La partie de ce tube qui n'est pas enroulée représente le conduit excréteur de la glande. Celui-ci s'engage dans l'épaisseur du derme, passe entre les follicules pileux et les glandes sébacées, et vient s'ouvrir obliquement à la surface de la peau. L'embouchure de tous ces conduits excréteurs devient extrêmement manifeste lorsque l'épiderme a été enlevé ; on voit très-bien alors que les glandes cérumineuses n'appartiennent qu'à la moilié externe du conduit auditif, et qu'elles disparaissent complètement à l'union de la portion cartilagineuse avec la portion osseuse ; une ligne ponctuée, formée par l'embouchure des conduits appartenant aux glandes les plus internes,

établît la ligne, de démarcation entre la partie glanduleuse et la partie non glanduleuse du conduiL auditir. l>armi les oriliccs qui reprm>alent l'embouchure des glandes cérumineuses, il en est de grands, de petits et de moyens; les plus grands répondent à la partie supérieure et posléiienre du conduit, c'est-à-dii'eala portion fibreuse. (Fig. 7^^, 5.)

Le produit que sécrètent les glandes cérumineuses a été comparé, pour sa couleur et sa consistance, à la cire brute, d'où le nom de cérumen qui lui a été imposé. — Sa saveur est amère. — Soumis à l'analyse par Berzelius, il a foiirni une matière grasse, de l'albumine et un principe colorant ana- If^ue h relui de la bile. — Eupnsé pendant une durée indéfinie au contact de l'air, il durcit et se roncriïlc à la manière des calculs.

7° VaiaMcanx et n«riii. — Les artères du conduit auditif proviennent : 1* de l'auriculaire postérieure, qui fournit quelques divisions à sa paroi postérieure; i° des artères parotidicnnes, qui abandonnent plusieurs ramusculesâ ses parties inférieure el latérales. — Les veines se réunissent à celles de la parotide pour aller se jeter dans la jugulaire externe.

Les vaisseaux lym|diatiqnes se comportent comme ceux du pavillon. On ne les observe, du reste, que surla moitié externe du conduit auditif. La moitié interne, dont la peau est à la fois mince et dépourvue de glandes, n'en pn-scnte aucun vestige.

Fie. "13. — dlawlr.i n

Il grottiitemeiil de 30 diamttret.

Fi([. 7W. — Coupe rrrtifalf. <lr la (ifoit du conduit auditif externe, — 1, 1. Epidermi-. — 3, 2. Derme- — U, 3. Follirulv» \>\\ta\. — 4. 4. tilandes (ébuctei joiK-XKei ù ces fullieule». — S. r>. Cuuclie cclliikuse luus-cuUinéo. — G, U. Glandoi cénimincuse» tlïMémïnée» ilani l'é|iiisicur ie. cKK coiiche. — 7, T. Glanilfi céruniinciiici dunt le conduit cKiTËlcur a été coupé. — >j, >j. Gellulei adipeuiei.

842 SENS DE LOUIE.

La peau du conduit auditif externe est extrêmement sensible. Elle emprunte celle sensibilité, soit k la branche auriculaire du plexus cervical, qui lui donne quelques filets; soit au nerf auriculo-temporal, c^est-à-dire au mcixillaire inférieur, qui lui en fournit db plus considérables; soit enfin au rameau «auriculaire du pneumogastrique, qui vient se perdre dans la peau de la portion osseuse du conduit.

ARTICLE II

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