‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 214 sur 223 · LIQUIDE DES DEUX LABYRINTHES · texte numérisé non relu

LIQUIDE DES DEUX LABYRINTHES

espèces animales, il forme une couche assez épaisse, et dans d'autres une couche mince. Chez Thomme il remplirait, d'après quelques analomistes, la totalité des rampes du limaçon et la plus grande partie du vestibule ainsi que des canaux demi-circulaires. Mais il est facile de reconnaître, en s'entourant des précautions que j'ai déjà indiquées, et en examinant sous l'eau les dimensions relatives du labyrinthe osseux et du labyrinthe membraneux, que son volume représente le tiers seulement de la capacité du vestibule et des canaux tlemi-circulaires. L'utricule, par conséquent, n'est pas en rapport immédiat avec la base de Tétrier ; lorsque celle-ci s'enfonce dans la cavité vestibulaire, c'est par l'intermédiaire de l'humeur de Valsalva qu'elle ébranle les ampoules membraneuses du sens de l'ouïe.

Ce liquide présente la limpidité et la fluidité de l'eau. Il blanchit légèrement lorsqu'on le mcle à l'alcool. Le périoste qui tapisse les parois des cavités labyrinthiques parait être la source dont il émane. Il a pour usage de tenir en suspension les parties les plus délicates de l'organe de l'ouïe et de transmettre à ces parties les vibrations sonores qui lui arrivent, soit par la chaîne des osselets, soit par la fenêtre ronde, soit enfin par les parois du crâne et la substance compacte du rocher.

Le liquide du labyrinthe membraneux, humeur de Scarpa, vitrine auditive de Ducrotay de Blainvilie , endolymphe de Breschet, a été longtemps confondu avec le liquide du labyrinthe osseux. Ce n'est qu'en 1794 qu'il en a été distingué par le premier de ces analomistes dans les termes suivants: € Les tubes nembraneux, ainsi que leur sac commun , sont remplis, dans » l'homme, les poissons, les reptiles et les oiseaux, d'une humeur aqueuse » et limpide, dont la présence concourt tellement à augmenter leur diapha- » néité, qu'ils échappent facilement à des yeux inexpérimentés. Le sac » commun de ces tubes, vu dans son intégrité, est distendu par ce liquide j» et si transparent qu'on peut le comparer à une bulle d'air oblongue. Les » tubes membraneux offrent l'apparence de vaisseaux lymphatiques; en » comprimant leurs ampoules, j' ai vu l'humeur qu'ils contiennent se dé- » |)lacer, aller et venir dans leur cavité. Chaque fois qu'on ouvre avec une > pointe l'un de ces tubes ou leur sac commun, celle-ci s'écoule aussitôt » et leurs parois s'affaissent (1).»

Le liquide du labyrinthe membraneux ne diffère pas sensiblement, chez l'adulte , de celui du labyrinthe osseux. Chez le fœtus et pendant les premiers mois qui suivent la naissance, il offre un reflet rougeâtre et une fluidité un peu moindre, surtout dans le saccule et l'utricule. En descendant l'échelle des vertébrés, on voit sa consistance augmenter de plus en plus, de telle sorte que, dans la plupart des reptiles, il prend l'aspect d'une solution de gomme, et, dans un grand nombre de poissons, celui d'un fluide visqueux ou d'une sorte de gelée.

(I) Scarpa, Anat. disquis. (le auilUu et olfaclUy 1794, p. 51.

Ce liquide a jiour usages : 1° de concourir à la transmission «les sons; i° île souleiiirtes parois des cavités membraneuses sur lesquelles viennent s'épanouir tes divisions du nerf acoustique , et d'étaler en quelque sorte les expansions de ce nerf, afin que celles-ci se présentent aux ondes sonores par toute l'étendue de leur surface.

E. — DlairlbnlIoN et termlBalaon dea Merf* «aAllll»-

Les nerfs acoustiques, à leur entrée dans le conduit auditif interne, se parlageiil en deux branrhes : l'une aniérieure ou cochléenne, l'autre postérieure ou vestibulairc.

La branche cochléenne affecte une disposition dont on chercherait vainement un second exemple dans l'économie ; elle se contourne en tourbillon, ou plutùt elle prend la forme d'une lame qui s'enroulerait autour de l'un de ses bords à la manière d'une volute. En étalant cette lame, on voit qu'elle décrit deux tours environ et que son enroulement correspond très-exactement à la lame criblée spiroïde du limaçon. Le bord autour duquel elle s'enroule ainsi occupe le canal central du noyau du limaçon. Les autres faisceaux qui contribuent à former le nerf cochléeii pénètrent dans los canalicules de ce noyau parles trous de la lame criblée, en prenant une situation d'autant plus excentrique qu'ils vont se familier dans

FiG, 773. — nii'isiont terminalta du wrf cocldéen .lorlanl da canal tte Bottnlhal et ctiemiaaiit daas l'épaisseur de la lame spirale oueuse.

1. Tronc du iMsrt coclilùen. — â, i, i. Zonu périphérii|uc ou mcniLraneuM de la Umc spirale. — 3, 3, 3. Exp.iruiun« lonninatoa dii nerT cnchlûcn mises i nu ilans toiitn Inur lilcnilup, jiar l'alitaLiuii ilct la tamollc saiicricuri: iIp la Inuic spirale ossousi;. — i. Urilin- ' nliiiii drs ilciii l'iiinpes; û la pnriio lUpi-riciirc du ccl uriHcc on rcniarqw iciu qui, ^iprËs avuir purcoiiru le canal cpnlral de l'axe, a'i.'punouit sur Ir

unp |inrlii> de la lame spirale plus rapprochée de sa base, — D'aliord parallèles, res faisceaux nerveux ne tardent pas à s'inllérliir pour se diri|;er vers le canal spiral de Rosenthal et le !;anglion de Corli. Après avoir traversé ce (ganglion, les Inhcs nerveux, dépourvus de mjéline, pénètrent dans l'épaisseur de la lame spirale osseuseen s'anaslomosanl, puis dans les trous situés sur la lévrt^ tympanique de la bandelette sillonnée, et se partagent alors en internes et externes. Les internes, selon Rosenbcrg et Max Scliulize, se perdraient dans les cellules cylindriques correspondantes ; les externes, phis déliés, passeraient à travers les arcades de Cortî et se termineraient dans lesm<^ines cellules. — Indépendamment de ces flbres radiaires, dont la terminaison est encore contestable,, il existerait, d'après M. Sctiultze, des fibres spirales qui, contenues dans l'oi^ane de Corti, en suivraient la direction; mais leur nature nerveuse n'est pas démontrée,

La branche reslibulaire se divise en trois rameaux : un rameaii supérieur etanlérieur. un ramrau moyen et un rameau postérieur.

Le rameau supérieur et antérieur, plus volumineux que les deux autres, se porte avec te facial au-dessus de la crêle falciforme du conduit auditif interne, se sépare ensuite du tronc de la seplième paire, revêt dans ce point un aspert gangliforme déjà observé et signalé par Scarpa, puis se dirige vers la fossette située immédiatement en arrière de l'orifice initial de l'aqueduc de Fallopc, s'engage dans cette fossette et traverse les perluis de la tache criblée nnléricure. Sorti de ce petit crible, il se divise en trois

Fie. 771. — Lahijrinlhe intmbranevx ; nerl aiulilif; lui dulribulion

A. — Lahijrintlif memhranrux de grandeur naturelle. — 1. Branche vralibulairc ilii nerf aeousliqiin. — 2. Hameau (juo cottB brandie fonmit nu tiaecule. — 3. Hnmraii iin'cllG fuurnit à rnlriculc. — 1. Banieau qu'cllo fournil A l'ampnule ilii lubc membraneux posl^rieiir. — 5. namc-iu qu'elle donne à l'ampoule du lube membrnnDux externe, — II. Rameau qu'elle donne à l'ampoule du tube membraneux lu parieur. — 7. Branche roehléennc du nerf acoustique. — 8. I.iiiiai;on ouvert par aa partie supiVrieure.

B. — Veilibule et canaax ilemi-eirculairai membraneux, rut i un grouiuemeiit de 3 diamétren. — 1. Branche vestibulaïre du nerf auditif. — 2. Nerf sacBulaire l'épannuissant en éventail «ir le s.iccule. — 3. Nerf utrieulaire m terminant par une expaniion rajonnée sur la partie antérieure do l'utricule. — l. Nerf ampullairc poitêrieur. — 5. NeK ampullaire externe, — fl. Nerf ampnllalre supérieur. — 7. Branche cochléenn;.

rainuscules, dont Tun so rend a la partie antérieure et supérieure de riilricule, c'est lonorf utriculaire; l'autre à l'ampoule du lube demi-circulaire supérieur, c'esilenerfampullaire supérieur ; le troisième, à Tampouledu tube demi-circulaire externe, c'est \enerf amptUlaire externe.

Le rameau moyen, ou nerf sacculairCy s'engage dans un petit groupe de trous situé au niveau ou immédiatement au-dessous de l'extrémité postérieure de la crête falciforme du conduit auditif, arrive après un court trajet aux pertuis de la tache criblée moyenne à travers lesquels il s'exprime, et s'épanouit ensuite à la surface du saccule.

Le rameau postérieur, ou nerf ampullaire postérieur y est reçu dans le foramen singulare de Morgagni, puis dans le conduit qui succède à ce trou. Après un trajet de 0 millimètres, il arrive à la tacbe criblée postérieure, s'exprime à travers les pertuis de celle-ci, puis se termine dans l'ampoule du tube demi-circulaire postérieur.

Les trois nerfs ampullaires, parvenus au repli semi-lunaire de l'ampoule qui leur correspond, se partagent chacun en deux filets qui se ramifient dans l'épaisseur de ce repli.

Le nerf utriculaire et le nerf sacculaire s'épanouissent dans l'épaisseur des parois de l'ulricule et du saccule, sur les points qui correspondent aux taches blanches. Nous avons vu que leurs divisions terminales se perdent dans un épithélium de nature spécial qui recouvre ces taches.

F. — artères et veines du labyrinthe membraneux.

Quatre branches artérielles principales se distribuent au labyrinthe. La première, destinée aux canaux demi-circulaires, parcourt un canalicule étendu du bord supérieur du rocher au noyau compacte qui relie ces canaux. — La seconde suit la direction de l'aqueduc du vestibule. — La troisième occupe l'aqueduc du limaçon. — La quatrième, plus importante, pénètre avec le nerf acoustique dans le conduit auditif interne, et avec les divisions de ce nerf dans les cîivités labyrinthiques.

L'artériole qui descend du bord supérieur du rocher vers les canaux demi-circulaires se ramifie, soit dans le périoste qui tapisse leur cavité, soit dans les tubes membraneux.

Le rameau artériel contenu dans l'aqueduc du vestibule se divise, lorsqu'il est parvenu dans la fossette sulciforme, en deux ordres de ramifications, dont les unes se rendent au périoste de la cavité vestibulaire, tandis que les autres se répandent sur les parois du saccule, sur celles de l'utriculc et sur l'ampoule du tube membraneux postérieur.

Lo rameau logé dans l'aqueduc du limaçon, décrit et représenté par Duverney, se distribue : 1° à la membrane de la fenêtre ronde; 2* au périoste des deux rampes ; 3" à la lame spirale. Le ramuscule qui accompagne crtle lame est connu sous le nom de vaisseau spiral;

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