‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 58 sur 223 · RAPPORTS DES NERFS · texte numérisé non relu

RAPPORTS DES NERFS

leareouleur d'un blanc mat avec la coloration des parties ambiantes, ils defiendront pour lui autant de points de repère qui le guideront dans la ncherehe des parties plus profondes.

Dans les parois du tronc et dans les membres, les nerfs marchent parai- Klement aux vaisseaux artériels. Lorsqu'une artère se divise ou se dévie, le cordon nerveux qui l'avait accompagnée jusque-là l'abandonne, et un lutre le remplace, de telle sorte qu'ils deviennent successivement satellites du même tronc artériel.

Dans les caTités de la poitrine et de l'abdomen, les nerfs, réduits à de pins petites dimensions, et infiniment plus multipliés, contractent avec les irtères viscérales des rapports d'autant plus intimes , que leur trajet est pins long; dans ce dernier cas, ils les entourent de leurs anastomoses et leur forment une véritables gaine qui ne les abandonne que lorsqu'ils arrilentau voisinage de l'organe auquel ils appartiennent. — Ces rapports intimes des nerfs avec les artères viscérales du tronc avaient porté quelques antenrs anciens à les considérer comme une dépendance de celles-ci. Mais les plexus ainsi que les vaisseaux, appartiennent aux viscères vers lesquels ils se dirigent. Les fibres primitives qui entrent dans leur composition, ayant i parcourir pour la plupart un assez long trajet, au milieu d'organes dont les ans sont constamment en mouvement, comme les poumons, le cœur, le foie, la rate, etc., dont les autres augmentent et diminuent tour à tour de folanie,se trouvaient exposées par le fait de leur isolement aux plus graves lésions. Dans le but de les soustraire au danger qui les menaçait, la nature ne les a pas réunies entre elles pour constituer des troncs capables de rési^r; elle les a divisées en plusieurs groupes, et a donné à chaque gronpe un axe artériel mobile et flexueux qui a été chargé de résister pour elles, et autour duquel elles rampent pendant la partie périlleuse de leur trajet, pour devenir libres et indépendantes aussitôt qu'elles n'ont plus aucun danger à courir.

Ces rapports des nerfs avec les artères viscérales nous révèlent toujours le même but, un but de protection. Seulement cette protection si nécessaire aux fibres nerveuses élémentaires a été diversement réalisée : tandis que dans les espaces celluleux elle dérive de leur association, et dans les muscles de leur direction perpendiculaire aux faisceaux charnus, elle est empruntée, pour celles qui se rendent aux viscères de la poitrine, de l'abdomen et du bassin, à des organes placés en dehors d'elles-mêmes. — Ce point d*appui, du reste, elles ne le prennent pas exclusivement sur les artères viscérales. Lorsqu'elles trouvent dans leur voisinage d'autres soutiens, eUes l'empruntent également : c'est ainsi que les divisions du plexus pulmonaire s'appuient dans toute retendue de leur trajet sur les canaux bronchiques, et non sur l'artère et les veines qui les accompagnent.

Les artères viscérales, de même que celles de toutes les autres parties du corps, ont leurs nerfs propres qui président à la contraction de leur

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tunique musculaire et qui sont connus sous le nom de nerf^ vaso-moteurs. Ces nerfs, extrêmement grêles et visibles seulen^enl au microscope, émanent, ainsi que l'a démontré M. Cl. Bernard, du grand sympathique. Ils suivent le trajet des rasa vasorumy et forment comme ceux-ci, dans leur tunique externe, un réseau à mailles irrégulières. De ce réseau partent les filaments qui vont se perdre dans la tunique moyenne.

4*^ Rapport!» dpf» ncrfH avf^e leH valiwieaax lymphatiques. ~-> Lc système

nerveux, sur un grand nombre de régions, et particulièrement sur la surface cutanée, correspond par ses dernières ramifications aux premières radicules du système lymphaliqiîe, et contracte avec ces radicules les plus étroites connexions. Sur tous les points où la sensibilité est vive, et où les nerfs par conséquent sont nombreux, les vaisseaux lymphatiques se trouvent développés et multipliés dans les mêmes proportions : la surface dorsale et les bords de la langue, si riches en filaments nerveux, ne le sont pas moins en vaisseaux absorbants ; les lèvres, dont la sensibilité est si délicate, sont recouvertes de toutes parts par des radicules lymphatiques anastomosées entre elles ; ces mêmes radicules s'étalent avec plus de profusion encore sur la surface du gland, sur les grandes et les petites lèvres, sur l'entrée du larynx, régions dans lesquelles les ramifications nerveuses se pressent aussi en grand nombre. — Le système cutanée présenle-t-il sur un point une sensibilité spéciale, comme la paume des mains, la plante des pieds, la base du nez, par exemple, le système lymphatique acquiert aussitôt une plus grande importance. — Certaines parties de la peau sont-elles plus sensibles aux excitants ordinaires, les réseaux absorbants se montrent plus développés à leur superficie : Sur la peaUy et la plupart des muqueuses^ en un mot, la sensibilité est en raison directe du nombre des fibres nerveuses^ d'une part y et de celui des radicules lymphatiques, de Vautre,

Pour faire la part de l'élément nerveux et celle de l'élément lymphatique dans l'exercice de la sensibilité, il convient de rappeler que les fibres nerveuses sont d'autant plus aptes à être impressionnées par les agents extérieurs, qu'elles sont plus humides : les papilles de la peau et celles de la langue sont peu ou point sensibles lorsqu'elles perdent une partie des sucs qui les imprègnent et subissent une sorte de sécheresse; mais dès que ces papilles sont légèrement humectées par une couche de liquide à la température du corps, elles retrouvent leur aptitude à être impressionnées. Or les réseaux formés par l'anastomose des radicules lymphatiques représentent des myriades de courants qui serpentent continuellement autour de l'extrémité terminale des fibres nerveuses élémentaires et qui les entretiennent dans cet état d'humidité nécessaire à l'accomplissement du rôle dont elles sont chargées. Plus ces courants formés par la lymphe seront multipliés, plus les fibres nerveuses primitives seront protégées contre l'influence de l'air extérieur, et plus aussi sera développée et assurée leur

aptitude à recueillir les impressions du dehors. Les nerfs préposés à la sensibilité sont donc plus ou moins excitables, el leurs divers degrés d'excitabilité dépendent, en partie au moins, du nombre et du volume des radicules lymphatiques qui les recouvrent; c'est pourquoi ces radicules se pressent en si grand nombre à la surface du gland, à rentrée du vagin, SOT les lèvres, sur la langue, à l'extrémité des doigts, etc.

L'bumectation constante de l'extrémité terminale des nerfs sensitifs est une condition si utile, si nécessaire à ces organes pour le rôle qu'ils remplissent, que ceux d'entre eux auxquels une fonction d'une haute importance a été confiée ne sont pas humectés par de simples courants capillaires, mais s'épanouissent à la surface d'une large couche de liquide, cooune le nerf de la vision, ou se plongent par leur extrémité dans ce liquide même, comme celui de l'audition.

E. TemliudMia dea nerlii.

La disposition que présentent les fibres nerveuses à leur extrémité terminale est un des points les plus importants de leur étude. Aussi de nombreuses recherches ont-elles été entreprises aux différentes époques de la science, et particulièrement depuis une vingtaine d'années, pour ac<|aérir sur ce sujet des notions satisfaisantes.

Lorsqu'un tronc nerveux, ou une branche, un rameau, un simple ramoscule sont incisés sur un point quelconque de leur trajet, toutes les parties comprises dans la sphère de leur distribution se trouvent frappées de paralysie, soit dans leur sensibilité, s'il s'agit d'un nerf sensitif, soit dans leurs mouvements, s'il s'agit d'un nerf moteur. Ce fait nous démontre que chaque tronc nerveux a son département dont les limites sont bien arrêtées ; que dans ce déparlement chaque division nerveuse, si réduite qu'elle soit, occupe une place déterminée ; que Tiiidépendance la plus complète existe non-seulement entre les divers troncs, mais entre les divers éléments qui les constituent; que chaque fibre primitive, en un mot, ttfrésente un organe parfaitement distinct, s identifiant avec Vaxe ceré^ brO'Spinal par son extrémité centrale, et avec tel ou tel point de l'économie fHirion extrémité périphérique.

Ce mode de terminaison est le seul qui ait été longtemps admis. Plus tard, beaucoup d'observateurs ont pensé qu'arrivées à leur destination, ces fibres se recourbent et viennent par un trajet rétrograde s'appliquer^ soit à elles-mêmes, soit à d'autres fibres voisines, pour retourner à leur point de départ, c'est-à-dire au centre nerveux. Ainsi elles n'offriraient pas au terme le plus extrême de leur trajet une extrémité libre, mais une arcade; ou plutôt elles ne se termineraient pas dans les organes ; toutes décriraient une anse dont les chefs seraient plus ou moins longs, suivant qu'elles vont se rendre à des organes plus ou moins éloignés de la masse

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nerveuse centrale. Longtemps ces deux opinions ont compté Tune et raiitr un grand nombre de partisans. Cependant la première est évidemmeoi I mieux fondée ; des faits importants et précis témoignent en sa faveur.

Pour exposer l'état de la science sur ce point, nous allons suivre dan

leurs dernières divisions les nerfs qui se rendent dans les corpuscules d<

Pacini, dans la peau, les muqueuses, les organes des sens, et enfin diiu

les muscles et les parties fibreuses et fibro-cartilagineuses.

* V Terminaison des nerfs dans les corpuscules de Pacini. — Mentûm-

nés en 1717 par Yater, signalés de nouveau en 1832 par Andral, Camus el

LacroiXy ces corpuscules, en 1840, ont été très-bien étudiés dans leu

structure par Pacini, et dans leurs connexions par Uenle.

Ils se présentent sous la forme de petits corps opaques , de couleu blanche, ellipsoïdes ou ovoïdes, libres à l'une de leurs extrémités, se continuant par l'autre avec un filament nerveux très-délié et si court, que beaucoup d'entre eux semblent plutôt accolés que suspendus aux rameau dont ils dépendent. Leur longueur varie de 1 à 3 millimètres.

On les rencontre en grand nombre à la main et au pied, dans le tiaii cellulaire sous-cutané, principalement sur le trajet des nerfs coUattom des doigts et des orteils. Il en existe également sur les nerfs sous-cutanfa des articulations, sur les divisions du nerf honteux interne, sur celles dei nerfs intercostaux et sur quelques autres ; mais ils sont rares et font souvent défaut sur ces divers points. Ces corpuscules, du reste, n'appartieih nent pas exclusivement aux nerfs de la vie animale. Leur existence a pa être constatée aussi sur le trajet des rameaux du grand sympathique, pa^ ticulièrement sur ceux qui partent du plexus solaire et sur ceux qui che^ minent entre les deux lames du mésentère.

Les corpuscules de Pacini se composent de deux parties bien différentes: 1^ de capsules conjonctives et concentriques, extrêmement minces, quiea forment la presque totalité ; 2"" d'un filament nerveux qui en occupe hi partie centrale et s'y termine.

Les capsules, dont le nombre peut s'élever de 15 ou 20 jusqu'à 40 01 môme 50, sont séparées les unes des autres par autant de couches liquides d'autant plus minces qu'elles occupent une situation plus superficielles Chacune de ces capsules présente des noyaux irrégulièrement disséminéi dans son épaisseur. A leur extrémité libre, toutes se soudent, et produis sent ainsi une ligne opaque située sur le prolongement du grand axe di corpuscule» A leur extrémité opposée, elles s*unissent au filament nerveai qui leur sert de pédicule.

Ce filament est un simple tube nerveux qui consarve d'abord ses troii parties constituantes : gaîne de Schwann, myéline, cylinder axis. Mais la gaine et la myéline disparaissent presque aussitôt. Le cylindraxe pénètn seul dans la cavité centrale du corpuscule, cavité très-déliée et ren».

plie d*an liquide transparent. Il est un peu flexueux et se termine par une extrémité libre, légèrement renflée. Souvent on le voit se diviser en deux et même en trois branches.

La destination des corpuscules de Pacini est inconnue. Leur multiplicité sur des régions très-sensibles, comme la paume des mains et la plante des pieds, avait d'abord laissé pressentir qu'ils jouent à l'égard de la sensibilité le rôle d'organes de renforcement. Mais leur présence sur des ramifications nerveuses dont la sensibilité est assez obtuse, comme celles du prand sympathique, ne semble pas confirmer cette opinion, qui doit être accueillie par conséquent avec réserve.

f Terminaisùn des nerfs dans la peau et les muqueuses. -— Corpuscules de Krause, coqpmcules du tact, — Arrivés à la face profonde des membranes tégumentaires, les rameaux nerveux s'engagent dans leur épaisseur et se partagent en un grand nombre de filets, lesquels s'anastomosent pour former un réseau à mailles très-serrées, sous-jacent au corps papillaire.

De ce réseau naissent, dans quelques régions, des filaments composés d'un ou de plusieurs tubes nerveux, qui pénètrent dans les papilles et qui îont se terminer dans des corpuscules, dont les uns ont été découverts par Krause en 1858, et les autres par Meissner en 1852. Ces deux ordres de corpuscules offrent la, plus grande analogie ; ils ne diffèrent en réalité que par leurs dimensions, ou plutôt par leur développement.

a. Les corpuscules de Krause se voient dans les papilles de la conjoncliîc, où leur existence est facile à constater. Mais ou les rencontre aussi dans les papilles fongiformes de la langue, dans les papilles des lèvres, dans celles du voile du palais, du pharynx et du gland. — Sur la conjonctive, ils sont assez nombreux. Sur les autres régions on n'observe ces corpuscules que dans certaines papilles ; la plupart en sont dépourvues.

Leur forme est généralement sphérique ou conique, et leur volume trèsminime. Leur diamètre moyen n'excède pas 0""",05. Selon Krause et les premiers observateurs, qui ont cherché à déterminer leur structure, ils seraient formés : 1* d'un noyau de tissu conjonctif homogène, finement granuleux; 2** d'une enveloppe de même nature contenant des noyaux transversaux ou perpendiculaires au diamètre du corpuscule; 3° d'un ou de deux tubes nerveux qui leur servent de pédicule. — Ceux-ci, d'abord munis de leur gaîiie de Schwann et de leur gaine médullaire, se dépouillent à leur entrée dans le corpuscule de leur myéline, puis se terminent dans sa partie centrale par une extrémité libre. Souvent ces tubes s'enroulent autour du corpuscule et décrivent un ou plusieurs tours avant de se perdre dans sa partie centrale. Très-souvent aussi les tubes nerveux, en arrivant à rextrémité inférieure des corpuscules, se bifurquent d'abord; chaque branche s'enroule ensuite sur leur périphérie.

M. Rouget) qui a repris l'étude de ces corpuscules en 1868, en donne

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une description plus complète et plus satisfaisante. Chacun d'eux, selon cet auteur, est constitué par un tube plus on moins enroulé, se continuant à son extrémité terminale avec une substance centrale, granuleuse et pourvue de noyaux. Cette substance centrale est de nature nerveuse, comme le cylinder axis dont elle parait être en quelque sorte le renflement. C'est autour de ce renflement que s'enroule le tube nerveux. Les noyaux observés sur la surface des corpuscules sont ceux de la gains de Schwann; ils en suivent la direction. Si certains corpuscules sont très-petits, c'est parce que le tube qui les forme est peu enroulé. Ils sont plus volumineux lorsque Tes tours se multiplient, ou lorsque le tube se bifurque, ou bien encore lorsqu'il est double. L'opinion de M. Rouget rend donc très-bien compte de tous les faits observés. — Pour étudier ces corpuscules, il convient de s'adresser à ceux de' la conjonctive, qui sont les plus faciles à mettre en évidence, et de choisir les plus petits, c'est-à-dire les plus simples, les tubes sur ces derniers étant à peine enroulés.

b. Les corpuscules du tact appartiennent plus spécialement à la paume des mains et à la plante des pieds. C'est sur les points les plus sensibles qu'on les observe en grand nombre. J'en ai rencontré aussi sur la face dorsale des doigts, au niveau de la troisième phalange. Ils sont plus volumineux que les corpuscules de Krause, mais du reste très-variables à cet égard, et de forme ellipsoïde pour la plupart. Ceux de la face dorsale de la main diffèrent des précédents par leurs dimensions beaucoup moindres et par leur forme en général arrondie.

Ces corpuscules ont été aussi considérés comme composés : d'une partie centrale, homogène et transparente ; d'une partie périphérique de nature conjonctive, dans laquelle se trouvent disséminés des noyaux à direction transversale ; et de tubes nerveux au nombre de trois ou quatre le pins habituellement. Quant à la disposition et au mode de terminaison de ceux-ci, la science n'est pas encore fixée. Selon quelques anatomistes, ils serpenteraient irrégulièrement sur la périphérie des corpuscules en les contournant, et se termineraient en anse vers leur partie supérieure.

Mais cette opinion trouve aujourd'hui peu de partisans. La plupart des auteurs s'accordent pour penser qu'ils se terminent par une extrémité libre. Meissner et Krause admettent qu'après s'être enroulés au point de recouvrir toute la surface du corpuscule, ces tubes vont se perdre dans sa partie centrale. Telles seraient aussi leur disposition et leur terminaison selon M. Rouget, qui ne voit entre les corpuscules de Krause et les corpuscules du tact aucune différence essentielle, et pour lequel ceux-ci ne seraient qu'un peloton de tubes nerveux enroulés autour du renflement par lequel se termine leur cylindraxe. Ainsi considérés, ils représentent des corpuscules de Krause plus volumineux, plus développés, plus compliqués. Dans les uns et les autres, il n'y aurait qu'un seul

élément, le tube nerveux, se terminant par une extrémité libre et renflée. Senlement, dans les premiers, le tube ne décrit qu'un ou plusieurs tours; rians les seconds, il en décrit un grand nombre. Mes études me portent à admettre cette opinion comme la mieux fondée. L'observation et l'analogie elle-même parlent très-hautement eu sa faveur; elles nous montrent que ces deux ordres de corpuscules sont constitués sur le même type, et différent à peine l'un de l'autre. Ils diffèrent au contraire très-notablement des corpuscules de Pacini.

De l'ensemble des recherches entreprises dans le but de connaître le mode de terminaison des nerfs qui président à la sensibilité générale, il résulte donc que sur les points où ils ont pu être soumis à l'examen microscopique, on les a vus se terminer pur une extrémité libre.

Du réseau de toutes les autres parties de la peau et de certaines muqueuses pourvues de papilles, émanent aussi probablement des tubes nerveux qui ne sont représentés que par leur cylindre d'axe, et que leur extrême ténuité et leur transparence nous dérobent. Cette hypothèse semblerait même confirmée par les recherches récentes de M. Langerhans, qui,inettant à profit le procédé de MM. Hoyer et Cohnheim pour l'étude des nerfs de la cornée, vient de signaler de très-nombreux et très-minimes prolongements s'étcndant du réseau iiitra-dermique dans l'épaisseur des couches profondes de l'épiderme où ils entrent en relation avec des corpuscules arrondis ; de ceux-ci partiraient en moyenne cinq prolongements secondaires qui, après avoir traversé obliquement le réseau muqueux de Malpighi, se termineraient dans la couche cornée.

3° termlBAiMon den nertn de McnMibllité Mpéclnlc. — Nos COUnaisSanceS

sur le mode de terminaison, ou plutôt sur l'origine des nerfs qui sont destinés à recueillir les impressions visuelles, olfactives et auditives, sont encore très-incomplètes. S'il était permis de tirer une conclusion générale de l'ensemble des recherches faites sur ce point, il faudrait admettre que les fibres dont ces nerfs se composent naissent chacune d'une cellule ganglionnaire. Cette conclusion est vraie pour le nerf optique ; elle paraît Télre aussi pour les nerfs de l'olfaction et de l'audition. Pour ces derniers, cependant, elle n'a pas encore été bien nettement démontrée.

Les études de H. MûUer sur la rétine ont établi en effet qu'en dehors de la couche fibreuse de cette membrane il existe une couche de cellules nerveuses multipolaires, et que les fibres ou tubes de la première font suite aux prolongements de ces cellules. Ainsi les nerfs optiques naissent de cette couche celluleuse, comme les nerfs sensitifs et moteurs de la substance grise de Taxe cérébro-spinal.

Quant aux premières radicules des nerfs olfactifs, Ekhard et Ecker ont avancé qu'elles partent des cellules épithéliales de la pituitaire, opinion qu^aucun fait n'est venu confirmer. Selon M. Schultze elles auraient pour 3* ÉDiT. ni — 16

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origine des corps spéciaux, qu'il désigne sous le nom de cellules olfaC' tives. Ces dernières, interposées aux cellules épithéliales, sont allongées el fusiformes. Toutes renferment un noyau sphérique et transpareut. Leur extrémité externe se prolonge jusqu'à la surface libre de répithélium.Leur extrémité interne, plus déliée, présente des nodosités ou renflements : c'est par cette extrémité interne que les cellules olfactives, suivant M, SchulUe, se continueraient avec les fibres des neris de l'odorat. Si cette continuité était démontrée, on doit reconnaître que l'origine des nerfs olfactifs oflTrirait une grande analogie avec celle des nerfs optiques.

Les nerfs de l'audition partent du limaçon et du vestibule membraneux. La branche limacéenne émane de l'organe de Corti, composé, ainsi que nous le verrons plus tard, de bâtonnets et de cellules nerveuses. Deiters pense que ses fibres proviennent des cellules ; et M. Schultze regarde les connexions des unes et des autres comme probables. — La branche vestibulaire naît des ampoules des canaux demi-circulaires et de la partie blanche du saccule et de l'utricule, par des extrémités libres, suivant la plupart des observateurs, et parliculiërement selon Todd et Bowmann. Sur les ampoules des canaux demi-circulaires, Wagner et Meissner disent aussi avoir vu des cellules ganglionnaires à leur origine.

Les trois nerfs des sens supérieurs semblent donc avoir pour caraclèrc commun de naître par des cellules. Le tube qui part de chaque cellule est d'abord représenté uniquement par le cylindre d'axe. Rappelons toutefois que ce mode d'origine n*est bien démontré que pour ceux de la vision; il est encore problématique pour les deux autres.

4° TermlnalMoii den nerfi» daim leM niuitcles. — Elle dilTt'ire pour les muS-

des de la vie animale et pour les muscles de la vie organique.

La terminaison des nerfs dans les muscles striés nous est coimue. Nous avons vu que les tubes nerveux parvenus aux fibres nmsculaires se continuent, par leur gaîne avec le sarcolemme, et par leur cylindre d'axe avec une plaque terminale sous-jacente à cette enveloppe. Quant à la substance médullaire, elle disparaît au moment où le cylindre d'axe plonge dans le faisceau primitif correspondant (1).

Les nerfs des muscles lisses ont été depuis vingt ans le sujet de trèsnombreuses et importantes recherches, dont la science est surtout redevable à Krause, Meissner, Auerbach, Beale, Klebs, Arnold, Frankenhseuser, el plus récemment à M. Hénocque. Ces recherches ont établi que les divisions nerveuses, arrivées sur les muscles lisses, forment un riche plexus, dont les mailles se partagent en trois ordres : les plus superficielles enlacent le muscle tout entier ; les moyennes entourent les faisceaux qui le composent ; les plus profondes sont situées dans l'épaisseur de ceux-ci. De là trois plexus secondaires : l"* m\ plexus périmiisculaire, ii larges mailles;

(i) Voyez le toiiip il, p. ;J0.

f un plêxus périfasciculairej à mailles plus étroites ; 3^ un plextus intra" fiueiculaire, à mailles serrées.

C'est plus particulièrement sur l'estomac et le tube intestinal (|ue ces trois plexus ont été étudiés. La couche musculaire étant ici formée de deux |)Udsou de deux muscles, il existe aussi deux plexus périmusculaires qui testent isolés du côté du péritoine et du côté de la muqueuse, mais qui se confondent entre les deux plans charnus. Il suit de leur fusion que les deux plexus superficiels acquièrent sur ce point une plus grande importiBc^. Cette portion, commune aux deux plexus et aux deux plans muscnleax,est aujourd'hui généralement connue sous le nom de plexus dWuerhoch^ et celle qui répond à la tunique muqueuse sous celui de plexus ie Meissner. On observe une disposition analogue , mais déjà plus simple sur la vessie, sur les conduits excréteurs des glandes et sur les vaisseaux.

Les rameaux et ramuscules des trois plexus qui précèdent sont remarquables par les ganglions extrêmement nombreux qu'on observe sur leur trajet. Dans le plexus qui porte son nom, Auerbach a trouvé chez le lapin jusqu'à vingt ganglions sur un millimètre carré. Chez Thomine dans le même espace j'ai pu en compter un nombre à peu près égal sur certains points du canal intestinal. La forme de ceux-ci est du reste très-variée. Ils contiennent en général de 8 à 10 cellules, quehjuefois 15, iO et plus encore. Sur les plus petits on en rencontre deux ou trois seulement et même une seule.

Du plexus intra-fasciculaire naissent les ramifications terminales destinées aux fibres lisses. Ces divisions ultimes, d'une extrême ténuité et trèspàleS) cheminent entre les fibres musculaires. Elles se perdraient, selon FrankenhaBuser, dans leurs noyaux, et d'après Arnold, tantôt dans le noyau, tantôt sur tout autre point. Pour M. llénocque, leur terminaison aurait lieu par un renflement punctilbrme ou en bouton, soit dans le noyau, soit en dehors (le celui-ci, soit même en dehors des fibres lisses.

Ces dissidences entre les observateurs qui se sont le plus spécialement attachés à déterminer le mode de terminaison des nerfs dans les muscles lisses soulèvent des doutes qui ne font (|ue s'accroître lors(|u'on s'applique à contrôler les résultats de leurs recherches. CiOmrne M. llénocque, j'ai fait usage du chlorure d'or [)our colorer les dernières divisions des nerfs, et de très-forts grossissements pour les poursuivre jusqu'à leur extrémité terminale. J'ai ainsi réussi à voir les renflements qu'il a le premier signalés. Mais ceux-ci, ainsi qu'il l'avance lui-même, existent aussi sur le trajet des tubes nerveux au niveau des angles résultant de leur bifurcation. Aucun fait n'établit pérenqitoirement qu'ils doivent être considérés comme aufant d'extrémités libres ; aucun même ne prouve rigoureusement que ies fibres dont ils dépendent sont réellement des tubes nerveux. Je crois donc (jue le problème n'est pas résolu. Nous savons très-bien comment se

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terininenl les nerfs dans les muscles striés; mais nous ne possédons que des notions encore très-incomplètes sur leur mode de terminaison dans les muscles lisses. De nouvelles études sont nécessaires.

5° Termliuitooii deii nerfs Amum les parties ntereuses. — Nos connaissances sur ce point sont à peu près nulles. Bien que j'aie poursuivi les nerls de ces différentes parties beaucoup au delà des limites qu'avaient entrevues mes prédécesseurs et que je me sois ainsi très-rapproché de leur extrémité terminale, je n'ai pu cependant découvrir dans aucun le moindre vestige de celle-ci. Lorsque les tubes nerveux arrivent sur les faisceaux primitifs des tendons, des ligaments, des aponévroses, leur gaine médai* laire se réduit de plus en plus, puis disparait. Chaque tube devient alors si délié et si transparent, qu'il se dérobe à toute exploration. Peut-être en les colorant arriverait-on à de meilleurs résultats.

F. laègale rèpartltloa des aerto.

Les organes les plus riches en ramifications nerveuses sont ceux qui ont pour destination de recueillir les impressions du dehors, au premier rang* parmi ces organes nous devons placer le sens du tact, vaste membrane destinée à nous protéger contre Tinfluence des corps extérieurs, beaucoup moins par son épaisseur et sa résistance que par son exquise sensibilité. Dans sa couche la plus superficielle viennent s'épanouir les dernières divisions du système nerveux périphérique qui s'y rendent en grand nombre, mais qui sont très-inégalement réparties. En classant ses diverses régions d'après leur sensibilité et le nombre toujours proportionnel de leurs nérfS| on trouve parmi les mieux douées : la paume des mains et la plante des pieds, la surface des lèvres, le pourtour des narines, et généralement tous les points par lesquels le tégument externe se continue avec l'interne. La partie médiane du cuir chevelu et des téguments de la face, plus sensible que les parties latérales, ainsi que le démontrent les expériences de Weber^ reçoit aussi plus de rameaux nerveux que ces dernières.

Parmi les muqueuses, il en est deux surtout qui se distinguent par leur grande sensibilité et la multiplicité des nerfs qui les animent : la muqueuse linguale et la muqueuse du larynx.

Les recherches modernes attestent cependant que certaines muqueuses dont la sensibilité paraît assez obtuse sont parcourues par une innombrable quantité de ramifications nerveuses : telles sont la muqueuse stomacale, la muqueuse intestinale, la muqueuse vésicale, dans lesquelles vont se terminer les divisions émanées du plexus de Meissner. Mais ici la multiplicité des agents d'innervation parait être en rapport, d'une part avec les sécrétions, la nutrition et l'absorption, de lautre avec le pouvoir réflexe.

Les nerfs des muscles sont généralement moins nombreux et moins volumineux que ceux des parties sensibles. Voyez Ténorme volume du grand

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