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INÉGALE RÉPARTITION DES NERFS

fessier, l'épaisseur des spinaux au niveau des lombes, la vaste étendue du grand pectoral, du grand dorsal, et comparez ces muscles à la ténuité, à la pauvreté des nerfs qui vont se ramifier dans leur épaisseur. Dans les parties sensibles Tinnervation n'est en rapport ni avec leur épaisseur, ni avec rétendue de leur surface; les plus minces, les plus limitées, sont souvent celles dans lesquelles elle est le plus développée, comme la peau des doigts, la peau des lèvres, la muqueuse laryngée, la cornée transparente, etc. Dans les muscles, au contraire, elle est en raison inverse de la nasse; les plus gros sont évidemment les moins innervés ; et Ton s'étonne, à l'aspect de leurs branches relativement si grêles, qu'elles puissent animer de telles masses musculaires.

L'observation nous a appris que les tubes moteurs se divisent, se subdivisent et peuvent même se ramifier à leur extrémité terminale ; trèsprobablement ceux qui s'épuisent dans les gros muscles subissent un grand nombre de divisions successives, tandis que ceux destinés aux muscles de petites dimensions en présentent beaucoup moins. Dans les premiers, diaqae tube se ramifie et tient sous son influence une agglomération considérable de fibres musculaires; dans les seconds, les tubes étant beaucoup moins divisés, chacun d'eux anime un nombre de fibres plus limité. On ne saurait contester que la multiplicité des ramifications se concilie très-bien avec l'énergie des contractions ; mais remarquons aussi que moins les tubes se divisent, plus les muscles retrouvent du côté de l'agilité des mouvements ce qu'ils perdent du côté de la puissance. Les plus petits, ricberoent innenés, et dont les tubes par conséquent sont peu divisés, contrastent sous ce point de vue avec les muscles aux larges dimensions. Yojex les contractions du sphincter palpébral, si rapides dans le clignement, qu'elles passent inaperçues ; voyez celles des muscles oculaires et eelles des muscles de la face qui expriment toutes les nuances de nos émotions avec plus d'instantanéité que ne saurait le faire la volonté; voyez surtout les muscles des ciiles chez Tinsectc, d'une ténuité microscopique, dont les contractions se succèdent avec une telle précipit^ition, que M. Marey seul, à l'aide d'instruments d'une admirable précision, à pu réussir à les compter.

Longtemps on a cru que les muscles à fibres lisses étaient plus déshérités encore que les muscles striés ; mais la découverte du plexus d'Aucrbachdans la tunique contractile de l'estomac, de l'intestin, de la vessie, l'étude récente des nerfs appartenant aux conduits excréteurs des glandes, celle des nerfs vaso-moteurs, sont venues démontrer que le système musculaire de la vie organique est beaucoup mieux doté au contraire que celui de la vie animale.

Les nerfs des os accompagnent les vaisseaux sanguins sur les parois desquels ils vont très-probablement se perdre. Ils sont Irès-grèles et trèsrares. La plupart des auteurs admettent qu'ils se ramifient à la fois dans

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le tissu spongieux et dans le tissu compacte. Je répète qu*en ramollissant ce dernier tissu par l'action des acides concentrés, et en examinant ensuite les parties molles mises à nu, il ne m'a pas été doimé d'en rencontrer le moindre vestige. J'ose donc affirmer que les os spongieux en renferment peu et que le tissu compacte en est totalement dépourvu.

Leur distribution dans les parties fibreuses est très-inégale. Ils sont extrêmement abondants dans le périoste et dans les bourrelets destinés à agrandir les cavités articulaires, lesquels peuvent être considérés comme une dépendance de cette membrane. On les trouve en grand nombre aussi dans la plupart des ligaments. Ils deviennent plus rares dans les tendons, plus rares encore dans les aponévroses, puis disparaissent entièrement dans certaines enveloppes fibreuses, comme la sclérotique et la dure-mère rachidienne. Nous avons vu plus haut que les faisceaux primitifs dans les ligaments, les tendons, les aponévroses et les fibro-cartilages en sont aussi complètement dépourvus que le tissu compacte des os.

Il existe des nerfs dans les synoviales articulaires et tendineuses, et dans les membranes séreuses, à l'exception toutefois de l'arachnoïde et de certaines parties du péritoine, comme le grand épiploon, par exemple.

Aux parties précédemment signalées comme n'offrant aucune connexion avec le système nerveux il faut joindre tous les cartilages. — Quant aux fibro-cartilages, beaucoup d'entre eux sont vasculaires sur une partie de eur étendue. Or, tous les points qui reçoivent des vaisseaux reçoivent aussi des nerfs. Tous ceux qui sont privés des uns sont également privés des autres : ainsi la base des fibro-cartilages interarticulaires du genou contient des vaisseaux et des nerfs; dans leur moitié amincie et tranchantei ces deux éléments font défaut; même différence pour les fibro-cartilages de Tarticulation sterno-claviculaire et de l'articulation temporo-maxillaîre, entre leur partie périphérique et leur partie centrale.

§ 2. — Structure des nerfs.

Les nerfs peuvent être décomposés en faisceaux et fascicules; le dernier terme de cette décomposition est le faisceau primitif. Soumis à l'analyse, chaque faisceau primitif est réductible lui-même en filaments d'une grande ténuité, qui constituent les fibres êUmmlalrea, appelées aussi fibres primitives ou tubes nerveux.

Tous les faisceaux et fascicules d'un même tronc, d'une même branche, d'un même rameau, se groupent sous une enveloppe commune qui fournit à chacun d'eux une gaîne secondaire : c'est le névrilème.

Dans le névrilème viennent se répandre des filets nerveux, des artérioles et des veinules qui s'étendent de l'enveloppe principale à toutes les gaines du second ordre.

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