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PROPRIÉTÉS DES NERFS. J

tioo continuant, la substance luédullaire prend un aspect pulvérulent. Telle est la première phase de Taltération qui se produit lorsque les nerfs ressent d*étre en communication ou continuité avec le centre nerveux. Dans la seconde phase, les granules de la moelle sont résorbés peu à peu, en sorte qu'ils diminuent d'abord de nombre et finissent par disparaître en totalité. Les tubes nen^eux sont alors réduits à la gaine de Schwann, fortement rétractée, plissée dans le sens longitudinal, et au cylindre de Taxe, qui très-probablement aussi participe à Tatrophie des tubes, mais dont les modifications jusqu*à présent n'ont pu être constatées.

Les propriétés des nerfs étant essentiellement liées à leur intégrité, il tsi facile de comprendre qu*elles doivent s'aflfaiblir à mesure que celle-ci s'altère, et disparaître lorsque l'altération atteint ses dernières limites. Ainsi s'éteignent la conductibilité et l'excitabilité des tubes nerveux.

Ccaire» ir^pM^feit éem Berfii. — Cette altération, essentiellement caractérisée par un vice de nutrition, ne frappe que le bout périphérique des nerfs divisés. Le bout central reste intact. Or, comme les deux bouts sont placés dans les mêmes conditions et ne difTôrent que par leurs connexions avec Taxe cérébro-spinal, encore existantes pour l'un et perdues pour l'antre, il était rationnel de penser que la nutrition des nerfs est subordonnée, en partie au moins, à rintluence du centre nerveux. Pour juger de cette influence, il convenait de s'adresser non aux nerfs mixtes, mais k leurs racines. C'est ce qu'a fait M. Waller, qui a pu ainsi en constater la réalitéeten montrer toute l'importance. — Lorsque les racines antérieures des nerfs spinaux sont divisées, c'est le bout périphérique qui s'altère; le bout central reste intact. Si la division porte sur les racines postérieures, ce sont des phénomènes inverses qu'on observe : le bout central s'altère ; le bout périphérique conserve son intégrité. De «es expériences, M. Waller conclut avec raison que les tubes moteurs des nerfs rachidiens ont leur centre de nutrition dans la substance grise de la moelle épinière, et les tubes sensitifs dans la substance grise des ganglions rachidiens. Cette corrélation existe aussi pour les nerfs encéphaliques : ainsi la rjicine motrice de la cinquième paire a son centre de nutrition dans la substance grise de protubérance, et la racine sensitive dans le ganglion de Casser.

Les expériences de M. Waller n'ont pas eu seulement pour avantage de mettre en lumière un point fort intéressant de physiologie. Le procédé qu'ila mis en usage dans ses expériences est applicable aussi aux recherches anatoraiques. Les nerfs sensitifs et moteurs se mélangeant à mesure qu'ils s'éloignent de leur origine, lorsqu'on voudra déterminer pour l'un d'eux la part que prennent les deux ordres de tubes à sa constitution, il 5n(Yii*a souvent de coupt^r ses racines ou ses anastomoses; on comparera ensuite les tubes atrophiés aux tubes sains. Il sera ainsi possible d'élucider certains points de structure devant lesquels l'anatomie et le microscope 3«ÉDiT. ' m— 17

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restent impuissants. Appliqué aux études anatomiques, ce procédé constitue une véritable méthode, la mélhode Wallérienne.

RéséBértttion des nerfs. — L*atro))hie d'une nature toute spéciale qui se produit dans les nerfs à la suite de leur section n'est pas définitive. Après un laps de temps très-variable, les tubes nerveux se régénèrent et leur retour à Télat d'intégrité est suivi du retour de leurs propriétés. Cette restauration est caractérisée par des phénomènes opposés à ceux qui ont été précédemment exposés. La substance médullaire qui avait disparu se reproduit; les gaines de Schwann, qui s*étaient rétractées et plissées, reprennent leur calibre normal; le filament axile, plus ou moins atrophié, revient à son diamètre primitif; le nerf, qui offrait une couleur grisâtre, retrouve sa couleur blanche; la restauration est donc complète. — On avait cru d'abord qu'elle n'avait lieu que pour les nerfs dont les deux bouts ont été réunis et qui rentrent sous Tinfluence du centre nerveux. Mais elle est seulement plus rapide pour ceux qui sont ainsi affrontés; plus lente pour ceux qui restent séparés par un intervalle de !2 centimètres; et surtout pour ceux que sépare une distance plus grande encore, lesquels finissent cependant par s'unir. — Quant aux nerfs qui restent définitivement séparés du centre nerveux, ils semblaient condamnés à une altération incurable. Toutefois les belles recherches de MM. Vulpian et Philipeaux ont établi qu'ils se régénèrent aussi et qu'ils rentrent également en possession de leurs propriétés, après une durée de dix à douze mois (i).

ARTICLE II

DES (;an(;li()Ns en (iénékal

Les ganglions sont des renfiements situés sur le traji*t des nerfs, et caractérisés par la présence de cellules ou corpuscules se continuant avec les tubes nerveux.

Considérés au point de vue physiologique, ces renflements constituent autant de centres d'innervation. Chaque cellule, unie au tube qui en dépend, est un centre nerveux élémentaire.

§ 1. — Conformation extérieure des ganglions.

A. Membre. » Les ganglions sont si multipliés, que leur nombre ne saurait être déterminé, même approximativement. A l'époque où l'on ne connaissait que ceux qui se trouvent situés sur le trajet des cordons nerveux et de leurs principales divisions, ils ne paraissaient pas extrémeitient nombreux. Mais aujourd'hui où nous savons qu'ils accompagnent les divi-

(I) Yulpiaii, LeçoiiK nur la phipioloyie du système nerveuse, I86r», p. tli).

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