STRUCTURE DES GANGLIONS
tubes eux-mêmes, avec lesquels elles se continuent. Quelquefois elles se trouvent très-rapprochées et comme groupées autour d'un centre; le ganglion est alors arrondi. Ou bien elles sont inégalement espacées; le renflement, dans ce cas, s'allonge et prend une configuralion ovoïde ou ellipsoïde. On comprend qu'il peut ainsi se modifier de mille manières, toutes subordonnées au mode de groupement des corpuscules.
Le volume de ces corpuscules n'est pas uniforme. Les plus gros présentent un diamètre de 0"'",10, qui se réduit pour les plus petits à 0""",05 (1). Entre ces deux dimensions extrêmes, on observe quelques cellules qui établissent la transition de l'une et de l'autre, mais en nombre relativement peu considérable ; d'où il suit qu'on peut très-bien, avec M. Ch. Robin, grouper les cellules en deux ordres : les grosses et les petites. Cette distinction est importante, parce qu'elle correspond à celle des tubes nerveux en tubes larges et tubes minces. A chaque tube large sensitif est annexé un gros corpuscule, très-rarement deux, dans le même ganglion, ^^ à chaque tube mince un petit corpuscule.
Leur forme est en général spliériquo, mais souvent peu régulière; lors- 9*^'<*Ues sont nombreuses, elles réagissent les unes sur les autres et sem- Wenl alors taillées à facettes.
Leurs prolongements présentent plus d'importance. Ils permettent de ies diviser en trois ordres : cellules unipolaires, cellules bipolaires, cel- "ules multipolaires ou éloilées. Les premières se voient surtout dans le ^and sympathique, où chacune d'elles joue le rôle d'un petit cerveau "onnant naissance à un tube nerveux destiné aux viscères. C'est par s*iîte de l'abondance de ces cellules dans les nerfs de la vie organique lue ceux-ci se multiplient à mesure qu'ils s'éloignent des troncs dont ïLs étaient partis. Les cellules bipolaires ont pour siège principal les ^^nglions du système nerveux de lu vie animale. Les cellules multipolaires ^^tistent en nombre variable dans les ganglions qui dépendent des deux ^ïtlres de nerfs.
La consistance des corpuscules ganglionnaires est si molle, ils sont si
'rtables, qu'on éprouve beaucoup de difficulté à les séparer les uns des
î^wtres pour les soumettre à l'examen microscopique. A la lumière trans-
"ï^^se, dans cet état d'isolement, ils sont transparents et présentent, comme
*^s tubes nerveux, une grande réfringence.
Comme ces derniers aussi, ils se composent d'une enveloppe et d'un contenu. — L'enveloppe est pMe, transparente, homogène et fibroïde, mais non fibreuse. Dans son épaisseur sont disséminés un assez grand nombre df noyaux. — Le contenu est demi-solide, hyalin et très-réfringent dans l*^tat de vie ; solide, opaque et granuleux après le refroidissement, par
(l) Ch. Robin, Dict. de Nyslen, i864, i2« éclit., p. 100.
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suite de sa coagulation. Il contient un gros noyau clair, qui en occupe le centre et qui renferme lui-même un ou deux nucléoles.
C. Tntoe» nerveux. — Certains ganglions, ceux des nerfs spinaux^ par exemple, ne contiennent que des tubes sensitifs. Mais presque tous les autres renferment les deux ordres de tubes.
Les tubes se continuent avec les cellules, en sorte que celles-ci ont pu être considérées comme des tubes dilatés et les tubes comme des cellules qui s'allongent en cylindre. Cette assimilation des deux éléments toutefois ne s'applique qu'à leur enveloppe : l'une et l'autre sont homogènes et hyalines; l'une et l'autre sont nucléées. Seulement, dans l'enveloppe des tubes les noyaux sont plus rares et plus gros ; dans celle des cellules ils sont petits et nombreux. — Une autre différence plus importante dérive de leur épaisseur : l'enveloppe tubuleuse est extrêmement mince ; l'envelopp*^ celluleuse est beaucoup plus épaisse. — Quant à la substance médullaire, elle s'arrête à l'entrée des cellules.
Le cylindre axe pénètre dans la substance propre des cellules, où il disparaît. Quelques observateurs avancent cependant qu'ils l'ont suivi jusqu'au noyau ; d'autres affirment qu'il pénètre dans le noyau pour se continuer avec le nucléole; mais aucun fait ne nous montre bien clairement comment il se termine ; ses véritables connexions sont encore à déterminer.
Tel est l'état de la science sur ce point. C'est surtout aux remarquables recherches de M. Cli. Robin qu'elle est redevable du progrès réalisé depuis vingt-cinq ans. Son travail étant le plus complet qui ait paru sur la structure des ganglions, je crois devoir insérer ici textuellement une analyse succincte de ses études, analyse que notre célèbre histologisle a bien voulu rédiger à ma demande. — « On distingue deux genres de tubes nerveux :
» 1° Les TUBES LARGES {tubes de la vie animale y tubes hlancSy tubes A » double contour) ;
» i'* Les TUBES MINCES {ttibes de la vie organique, des nerfs gris, tubes y^ sympathiques, nutritifs, à simple contour),
» Les tubes larges ont pour caractères dislinctifs : leur diamètre, qui » varie de 0"*™,010 à 0""",015; l'épaisseur de leur paroi, qui est de 0"",OQi ; » et leur contenu visqueux, sirupeux, demi-fluide.
» Les tubes minces diffèrent des précédents par leurs dimensions ordî- » nairement moindres, ce qui a fait dire qu'ils avaient un simple con-r » tour; mais en se servant d'un pouvoir amplifiant convenabje, on constate » leur analogie sous ce rapport avec les tubes larges.
» Le genre des tubes larges comprend deux espèces : 1*" des tubes > sensitifs ; 2° des tubes moteurs. — Ces deux espèces sont distinctes » au niveau des ganglions. Partout ailleurs elles sont identiques.
» Première espèce : Tubes larges sensitifs. — Au niveau des ganglions, » chaque tube sensilif large porte un corpuscule ganglionnaire {cellule