‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 71 sur 223 · C. Branches terminales des nerfs olfactifs · texte numérisé non relu

C. Branches terminales des nerfs olfactifs

Au nombre de quinze à dix-huit de chaque côté, ces branches se portent du bulbe olfactif vers la pituitaire, à travers les trous de la lame criblée.

Elles diffèrent de la portion intra-crânienne de ces nerfs : i' par leur enveloppe névrilématique, qu'elles empruntent à la dure-mère ; 2° par leur résistance très-prononcée due à la solidité de ce névrilème; 3° par leur forme et leur structure. (Fig. 531 et 532.)

Toutes ces différences réunies nous montrent combien est réelle et profonde la ligne de démarcation qu'on observe entre le tronc des nerfs de la première paire et leur partie terminale, et combien aussi est fondée l'opinion, aujourd'hui généralement admise, qui considère cette partie terminale comme méritant seule le nom de nerfs olfactifs.

Les ramifications des nerfs de l'odorat, découvertes en 1536, par Massa, se trouvent mentionnées dans les ouvrages de Schneider, de Diemerbroeck, de Willis, de Vieussens, qui parurent de 1655 à 1684. Mais ce n'est qu'en 1789 qu'elles ont été décrites avec exactitude par Scarpa.

Ces branches terminales présentent un volume très-inégal ; quelques-

â78 NÉVBOLOGIE.

UDea sont.asscz considérables, d'autres ottrëmement grêles Elles Tarient, sous ce rapport, comme les trous ou pluUt comme les canaux que leur fournit la lame criblcc <le l'ctlimoule Fnlourfes par I arachnoïde, puis par la dure-mère, qui bientùt s'applique sur elles et leur adhère d'une manière intime, toutes pénètrent dans les fosses nasales ou elles se pirlagont en deux plans dont les divisions cheminent d abord dans la conchc fibreuse ou périostique de la piluitaire — De ces deux plans, ) ao est interne, l'autre externe.

Le plan interne se compose de huit ou dix faisceaux qui forment par leur divei^ence une sorte d'éventail Chacun de ces faisceaux s épanouit à la manière d'un pinceau. Juaqu a présent il n a pas été possible de les suivre au delà de la partie moyenne de la cloison — Les divisions qui forment le plan externe, au nombre de six ou huit seulement, se trouvent d'abord logées dans des canaux ou gouttières creusées sur la face interne des masses latérales de l'ethmoîde et descendent ensuite sur les cornets supérieur et moyen en dcTenant de plus en plus superficielles Elles se distinguent des précédentes par des anastomoses plus nombreuses qui leur donnent une disposition plexiforme bien représentée par Sœmme— -

Fie. 531. — Branche» iniemea da nerf olfactif . 1. Branches internes du bulbe olfactif se ramifi.inl dans 1» muqueuse qui recouvres

doison des fosses ims-iles. — - 3. Ramuscnle interne Ju lilet ethnioidal du nerf naul

3. Nerfs n.iso-palatins. — 4, 5, 6. Plexus caverneux. — 7. Filets supérieurs ou asc^^ dants de ro |jtexus. — tt. Rameau earotidien interne du ganglion cervical supérieur. 'J, '.>. Filets parlant de ce rameau pour aller s'.inastoinoscr avec le rameau earoUX 'fl externe. ^ 10. Origine de ce rameau. — 11. Cinglion du i;1osso-phar;ngien. — 12. &^m glinn jugulaire du pneumoi;3Striquc. — • 13. Filet anastomotique «'étendant du grand ty^ palhiqiic aux deux nerfs qui priScMent. ' — 11. Anastomose du spinal avec le pitmoi gastrique, — 15. Filet unissant le nerf hypiiglose au grand sympathique. — I. Olfactin. H. Optique. — III. Moteur oculaire commun. ~ IV. Palliélique. — V. Tfiiumean.^ VI. Moteur oculaire externe. — VII. Facial. -^ VllI. Acoustique, — IX. Glosso-pharyngS^ — X. Pneumoeaslriqui?. — Xt. Spinal. — XII. Grand hypoglosse.

NERFS OLPACTIPS. 379

ring. Ces divisions ne dépassent pas le boni libre du cornet moyen; elles ne se prolongent ni dans les méats, ni dans les sinus. — Les lubes ner- Teni qai les composent sont dépourvus de myéline.

Quel est le mode de terminaison des nerfs olfactifs ? Suivant Treviranus, chaque fibre se terminerait par une extrémité libre sous forme de pa- ^He. Sebn Scarpa, leurs ramifications multipliées formeraient par leurs luslomoses une sorte* de membrane. Mai» les tubes qui constituent ces pHs, Q9 mieux le cylindre-axe de ces tubes, semblent plutùt se rendre dus les cfJfutw olfactives récemment découvertes par M. Sthultze, cel- InlH de nature spéciale, situées profondément entre les cellules épithé- Ealtj qui recouvrent la pituitaire, allongées, fusiformes, s'étendant par Bitede leurs extrémités jusqu'à la surface libre de l'épitliélium, et se (wtiouanl par l'autre, rendép et comme variqueuse, avec les tubes nerwa. Ri^pelons, toutefois, que cette coulinuilé entre les cellules olfaclinsetles nerfs de l'olfaction est seulement probable; jusqu'à présent iln'apas été possible de la démontrer. On voit donc, en résumé :

1* Que les nerfs de l'olfaction se distribuent exclusivement à la moitié snpérieure des fosses nasales ;

Fk. 53Î. — BratuAtê exlemei du nerf olfactif (iVaprti L, llirsclifclil).

. BtiDchcs lerminnlei externes Ju bulbe olfactif, se rnminant

te de* corncls lup^rieur et moyen. — i. Filet oxlcnii^ liu rameau cthmoidal ilii uni. — 3. Ganglion ipliéno-palilin. — 4. Diviiioi» tvrminalca iluitrand nerf palais, Nerf palatin postérieur. ^ G. Nerf palatin moyen, — T. Rameau fourni i la wnie du cornet inférii-ur par le graïKl nerf palatin. — K. Ramusciile que donne lo langUMi de Meckel 1 la muqueuse du crrrnel moyen. — !l. I)ri|[ine <lu rameau qui s'i'tend du mioie ganglion à la muqueuse de la cloison îles tusses nasales. — 10. Nerf vidien. — 11. Ranieaii crAnieii du nerf viilicn, ou cranci nerr pt'trcnx superficiel se rendant ilu gangliiKide Meekel au gauRlian icriniculé du nerf facial. — 12. Rameau sympathique du serf lidien. — 13. Rameau cwolidien externe du ganglion cervical supérieur.

280 NÉVROLOGIE.

2o Qu'ils constituent par leur épanouissement une sorte de cône tronqué dont la base se dirige vers Touverture des narines ;

3** Que ce cône est aplati de dehors en dedans et allongé au contraire d'avant en arrière, disposition qui facilite le passage de la colonne d'air chargée du transport des molécules odorantes ;

-i" Que ces nerfs se trouvent ainsi dans les conditions les plus favorables pour recevoir l'impression des odeurs, puisque, d'une part, la colonne d'air aspirée par la dilatation du thorax monte directement vers la région qu'ils occupent, et de Taulre, n'arrive jusqu'à eux qu'après avoir traversé une sorte de vestibule dans lequel elle s'imprègne d'humidité.

D. Usages des nerfs olfactifs.

La muqueuse qui revêt les fosses nasales présente deux espèces de sensibilité : une sensibilité spéciale ou olfactive, et une sensibilité générale ou tactile. Willis, le premier, a été frappé de la coexistence de ces deux modes de sensibilité sur une mcnie membrane, et avec une rare sagacité il a montré que l'une réside dans les nerfs de la première paire, que l'autre est confiée aux nerfs de la cinquième. Cette importante distinction, tour à tour admise et méconnue, n'a été établie sur des bases solides et définitives que dans la première moitié du xix* siècle.

Des faits de plusieurs ordres démontrent que la sensibilité spéciale de h pituitaire est exclusivement confiée aux nerfs de la première paire.

1° Faits tirés de Vanatomie comparée, — Les vertébrés chez lesquels ces nerfs sont le plus développés sont aussi ceux chez lesquels l'odorat est le plus perfectionné. Au nombre des animaux les plus remarquables sous ce double rapport, on peut citer : Parmi les poissons, le requin et les autres squales, qu'un cadavre jeté à la mer attire souvent en foule et à de grandes distances. — Parmi les reptiles, certains batraciens qui, d'après les observations de Scarpa, sont promptement attirés par les émanations d'une femelle qui fraie, ou seulement de la main imprégnée de frai. — Parmi les oiseaux, les rapaces, les palmipèdes et les échassiers. — Et enfin parmi les mammifères, les ruminants, qui se laissent guider dans le choix de leurs aliments par l'odorat, ainsi que l'avait déjà remarqué Willis, et les carnassiers, doués de cette faculté à un si haut degré, qu'ils voient encore leur proie là où elle n'est plus depuis longtemps, suivant l'expression d'un naturaliste célèbre.

2** Faits tirés de Vanatomie anormale. — Schneider, Haller, Valentin, Rosonniûller, Cerutli, M. Pressai, etc., ont constaté l'absence congénitale des nerfs olfactifs sur des individus qui étaient privés de l'odorat depuis leur enfance.

3^ Faits tirés de lanatomie patholotjiqne. — Morgagni, Bâillon, Loder, M. Leblond, M. Vidal, etc., ont trouvé les nerfs olfactifs, plus ou moins

altérés, chez des adaltes et des vieillards qui, après avoir lon^^temps joui de Fodoraty ont perdu peu à peu et complètement cette faculté.

i* Faits tirés de V expérimentation. — Lorsqu'on détruit chez un mam- [oifère les nerfs olfactifs, Fanimal perd la faculté d'odorer. — Chez rhomme, si à l'aide d*un lube, on dirige le courant odorifèrc vers les parties de la pituitaire auxquelles se distribuent les nerfs de Tolfaction, I unpression des odeurs est aussitôt vivement sejitie ; si le courant est dirigé vers tout autre point, cette impression devient nulle.

Les nerfs de la première paire sont donc réellement les nerfs de Todont. Hais Tîntégrité de leur fonction est liée à celle de la membrane dans laquelle ils se ramifient. Il importe que les sécrétions dont celle-ci est le si^e ne soient ni supprimées, ni augmentées, ni altérées. Or, les sécrétions et la nutrition, ainsi que la sensibilité générale de la pituitaire, sont pbcées sous Tinfluence de la cinquième paire, qui joue par conséquent un rtle très-important dans l'exercice de l'odorat, bien qu'elle ne participe en aucune manière au transport des impressions odorantes.

§ 2. — Deuxième paire, ou nerfs oPTiQrEs.

Les nerfs optiques diffèrent des autres nerfs crâniens, par leur origine, par leur enroulement autour de la racine des hémisphères, par leur réunion sur la ligne médiane, par leur terminaison, leur structure et la spécialité de leurs usages.

A. Origine des nerfs optiques.

a. «risiBe apparente. — Ces nerfs naissent par trois racines, deux blanches et une grise. — Les racines blanche», rampantes comme celles des nerfs olfactifs, mais beaucoup plus larges et moins nettement limitées, se distinguent aussi parleur position en interne et en externe. (Fig. 530.)

La racine blanche interne part des tubercules qnadrijumeaux postérieurs sons la forme d'un cordon court et assez volumineux qui se dirige d'abord obliquement en bas et en avant vers le corps genouillé interne. Panenue au niveau de cette saillie, elle s'étale à sa surface, s'élargit par l'addition de fibres nouvelles, puis, se portant en bas et en avant, ne tarde pas à se réunir par voie de fusion à la racine externe.

La racine blanche externe, beaucoup plus considérable que la précédente, émane des tubercules quadrijumeaux antérieurs par un tractus grêle et peu apparent qui contourne l'extrémité postérieure de la couche optique, ainsi que le corps genouillé interne, pour se porter vers le corps genouillé externe. Arrivée au niveau de celui-ci, elle acquiert des proportions beaucoup plus grandes, revêt un aspect rubané en poursuivant son trajet demi-circulaire, et se réunit bientôt à la racine précédente.

282 NÉVROLOGIE.

De cette réunion résulte un faisceau aplati, la bandelette optiquey qui se porte obliquement en bas, en avant et en dedans, parallèlement à la grande fente cérébrale dont elle concourt à former la lèvre interne; après avoir décrit une courbe demi-spiroide qui embrasse dans sa concavité le pédoncule cérébral correspondant, celte bandelette se rapproche de celle du côté opposé, et s'unit à celle-ci sur la ligne médiane pour constituer le chiasma ou commissure des nerfs optiques.

La racine grise est située au-dessus de cette commissure. Elle a été entrevue en 1780 par Vicq d'Azyr, qui Ta signalée sous le nom de lame grise d£ la jonction des nerfs optiques j mais c'est à Foville qu*appartient le mérite d'en avoir donné le premier une description exacte.

Cette racine est une dépendance de la masse grise qui revêt la face interne des couches optiques, laquelle n'est elle-même qu'un prolongement de la colonne grise centrale de Taxe cérébro-spinal. (Fig. 530, H.)

Lorsqu'on soulève le chiasma, les deux racines grises réunies se présentent sous l'aspect d'une lame quadrilatère qui répond par son bord supérieur au bec du corps calleux, ainsi qu'au quadrilatère perforé, et par son bord inférieur aux nerfs optiques. Cette lame, appelée sus-optique par quelques auteurs, se dirige obliquement de haut en bas et d'arrière en avant. Elle offre sur la ligne médiane une demi-transparence à travers laquelle on aperçoit la cavité du troisième ventricule. Deux couches superposées la composent :

i" Une couche antérieure, fibro-vasculaire, qui dépend de la pie-mère;

2° Une couche postérieure, formée de substance grise.

La couche antérieure, ou fibro-vaseulaire, est transparente, de couleur opaline et assez consistante. Elle s'étend de chaque côté sur l'espace perforé et sur les racines des nerfs olfactifs. En bas, elle adhère au bord antérieur du chiasma et aux nerfs optiques, qui lui empruntent leur névrilème. Sur tous les autres points de son étendue on peut facilement la détacher et l'enlever.

La seconde couche de la lame sus-optique, ou la couche grise, résulte de l'adossement de deux petites pyramides, de forme triangulaire, dont la base, dirigée en haut et en arrière, correspond aux pédoncules du corps calleux et à la substance perforée de Vic(i d'Azyr, et dont le sommet, tourné en bas et en avant, se prolonge sur les angles antérieurs du chiasma : ce sont ces pyramides qui forment les racines grises. — Celles-ci, au nombre de deux, une droite et une gauche, paraissent unies et confondues sur la ligne médiane lorsqu'elles sont voilées par la couche fibrovasculaire qui les recouvre. Mais on peut facilement constater leur indépendance, lorsque cette couche a été enlevée; elles restent séparées alors par un intervalle conduisant dans le troisième ventricule et limité en haut par la commissure cérébrale antérieure (fig. 530, 11).

b. MgiBe réelle. — Les nei'rs de la vision ont leur origine réelle dans la lubslaOEc pise des lubercules quadrijumeaux. Leurs connexions intimes me ces lubercules sont démontrées :

i* Par les faîscenux de fibres trés-manifesles que nous avons vues partir de ces derniers ;

3° Par l'anatomie comparée : dans les poissons, les reptiles et tes oiseani, les nerfs visuels naissent exclusivement de ces tubercules, ciiB eux au nombre de deux seulement et connus sous le nom de lobes iftiqua;

3* Par l'aAatomie de développement : au début de la vie embryonnaire, les tubercules quadrijumeaux, alors aussi au nombre de deux, sont creusés d'uoe cavité krrondie qui se continue avec celle des nerfs optiques; et Kl nerfs représentent un simple prolongement de leurs parois ;

- 533. — Portion inlra-crdnienne Fie. ûJi. — Portiaa intra-orbitaire de ce uerf du nerf optique. (d'après Hirschfcld).

*"«»;. 533. — 1. Tige piluiLiire. — 2. Corps ccndrf. — 3. Tubercules mamillaire». — *■ '*édoncuIe cérébral. — 5. Protubérance annulaire. — 6, Les nerfs optiques s'enlre- •**«»»nt sur la ligne médiane pour former le cliiasma. — 7. Serf moteur oculaire com- "Oo. — 8, Nerf palhélit|uc. — 9. Nerf trijumeau. — 10. Serf moteur oculaire externe.— •| - Nerf faeial. — 1*. Nerf nudilif. — 13. Nerf de Wrisberj;. — H- Nerf giosso-pliaryn- (*»>. —15. Serf pneumogastrique. — 16. Nerf spinal. — 17. Serf y rand hypoglosse.

f tg. 531. — t. Serf optique s'engagcanl dans le trou optique et s'élendant ensuite de ce trou au globe de TiBil, — 2. Nerf moteur oculaire commun. — 3. Branche supérieure ** Ce nerf allant se distribuer aux muscles droit supérieur et élévateur de ta paupière. — 4. Rameau que le moteur oculaire commun fournit nu petit oblique. — 5. Nerf moteur "Claire externe. — 6. Nerf trijumeau. — 7. Hrnnclie ophthalmique incisée au voisin;^ ^ Son origine. — 8. Rameau nasal de la Lranelic opiitlialmique. — !). Gan(;lion ophtlial-

"■"qoe. — 10. Fitet gros et court ou racine motrice de ce giinglion. — 11. Son filet long

•^ grêle ou racine sensitive. — 12. Sa racine grise ou sïmpatbiquc. — 13. Nerfs ciliaires.

— . H. Serf frontal.

284 NÉVROLOGIE.

4° Par l*anatomie pathologic^uc : Gall, Wrolick, Hagendie, H. Lélot, rapportent des faits dans lesquels Tatrophie de Tœil et des nerfs optiques remontait jusqu'aux tubercules quadrijumeaux ;

5° Par la physiologie expérimentale : l'excitation de l'un de ces tubercules détermine des sensations lumineuses, et produit en outre la contraction simultanée des deux iris. L'excitation, la compression, l'ablation de l'une des couches optiques, et même de toutes deux, ne produisent rien de semblable; la vision survit à leur mutilation. C'est donc bien à tort que Galien, Ëustachi, Varole, llaller, et tant d'autres anatomistes, voyaient dans ce renflement, les uns l'origine exclusive, les autres l'origine partielle des nerfs optiques.

Quant aux corps genouillés ils pourraient être considérés, avec M. Lnys, comme des ganglions situés sur le trajet des nerfs optiques, et simplement annexés aux couches optiques.

Indépendamment des trois racines précédemment mentionnées, Santorini, Sœmmering et Gall disent avoir vu partir des pédoncules cérébraux quelque fdets d'origine qui se joindraient à la bandelette optique par son bord externe. Les mômes auteurs parlent également de fibres qui se porteraient du tuber cinereum au chiasma. J'ai vainement cherché ces fibres soit sur le- contour des pédoncules, soit au devant du corps cendré ; leur existence est au moins très-douteuse.

B. Commissure des nerfs optiques.

Le chiasmay ou commissure des nerfs optiques, est situé au devant du corps cendré. — Recouvert par la lame sus-optique, il recouvre inférieurement la lige et le corps pituitaires. — Une gaîne fibreuse, dépendante de la pie-mère, l'entoure et Jui donne une consistance bien supérieure à celle des bandelettes optiques.

Comment sont disposées au niveau du chiasma les fibres qui forment ces bandelettes? Trois opinions ont été émises sur ce sujet.

Un grand nombre d'auteurs anciens, et avec eux quelques modernes, tels que Cheselden, Pourfour du Petit, Sœmmering, etc., pensaient que les nerfs optiques s'entre-croisent d'une manière complète, de telle sorte que celui du côté droit passerait du côté gauche, et vice versa.

Selon Galien, Vésale, Saiitorini, A. Monro, Zinn, Vicq d'Azyr, etc., ces nerfs ne feraient que s'adosser ou mélanger leurs fibres en traversant le chiasma, pour se reconstituer au delà de la commissure, chacun avec leurs éléments primitifs.

Pour la plupart des anatomistes modernes, les bandelettes optiques s'en- Ire-croisenl, mais en partie seulement, leurs fibres internes passant du côté opposé, les externes restant accolées au même tronc dans toute son étendue, depuis les tubercules quadrijumeaux jusqu'au globule ocu-

laire correspondanL En faveur de cet entre-croisement partiel on invoque trois ordres de faits dont Timportance ne peut être contestée.

{'Des faits empruntés à la dissection. — Si, après avoir soumis à l'action des acides concentrés les deux nerfs optiques, on enlève avec précaution leur gaine névrilématiquc, on les voit se décomposer : en fibres externes qui suivent un trajet direct, et fibres internes qui passent du côté opposé en s'entre-croisant entre elles sur la partie moyenne du chiasma, de telle sorte qu'au delà de cette commissure chaque tronc nerveux se trouve formé, en dehors par des fibres émanées du même cùté, en dedans par des fibres venues du cMé opposé. — Indépendamment des fibres directes et entre-croisées, on observe sur le bord postérieur» du chiasma des fibres en arcades dont les extrémités répondent de cha(|ue côté aux tubercules quadrijumeaux ; ces fibres, qui n'existent pas constamment, ont été sij^nalées par Treviranus, par J. Mûller et par Arnold. En opposition à celles-ci, il en existe d'autres situées au devant du chiasma et tournées en sens contraire, dont les extrémités se perdent dans les rétines.

2» Des faits empruntés à Vanatomie comparée, — Dans les poissons osseux, les nerfs optiques s'entre-croisent sans mélanger leurs fibres. Dans les poissons cartilagineux, dans les reptiles, les oiseaux et les mammifères, cfê fibres s'entre-croisent aussi, mais en se mêlant et en formant par ce mélange un chiasma analogue à ct'lui (]u'on observe chez riiomme. Longet a soamis ce chiasma à l'analyse analomique dans plusieurs espèces animales, particulièrement chez le cheval et le bœuf, et il a constaté un entrecroisement partiel des fibres qui le composent. 11 en est très-probablement de même dans le plus grand nombre des vertébrés.

3* Des faits empruntés à l'anatomie pathologique, — Les annales de la science renferment un très-grand nombre d'exemples d'atrophie des nerfs optiques à la suite de la perte de la vue d'un seul cùté. Les cas les plus nombreux sont ceux dans lesquels l'atrophie se trouve limitée à la partie du nerf qui est antérieure au chiasma. Mais on a vu aussi r.ette atrophie se propager d'avant en arrière jusqu'aux corps genouillés, et suivre alors, tantôt la bandelette optique du même cùté, tantùt celle du cùté opposé, et tantôt enfin ces deux bandelettes à la fois. L'anatomie nous fournit l'explication de toutes ces différences : l'atrophie à son début, et même longtemps après qu'elle a débuté, n'atteint pas d'une manière toujours égale les deux ordres de fibres qui forment les nerfs opticjues : porte-t-elle plus spécialement sur les libres externes, elh^ semblera se propager du même càié en arrière du chiasma; porte-t-clle sur les libres internes, elle ptiraîtra au contraire se propager du cùté op|)osé ; intéresse-t-elle également les deux espèces de fibres, elle se manifestera des deux côtés à la fois. C'est donc à tort que Vésale, Riolan, Sanlorini, Meckel, etc., en voyant l'atrophie se propager du même cùté en arrière du chiasma, avaient conclu de

286 NÉVROLOGIE.

ces faits au non-entrecroisement des nerfs optiques; c'est à tort aussi que Michaêlis, Sœmmering, Caldani, en voyant cette même atrophie se propflK ger du côté opposé, ont conclu à une décussation complète.

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