C. Branches abdaminales des pneumogastriques
Parvenus dans l'abdomen, les deux nerfs pneumogastriques se termine différemment.
Le pneumogastrique gauche, situé au devant du cardia, se décomp en un très-grand nombre de rameaux divergents. — Parmi ces rameau les uns se portent en bas et à gauche vers le grand cul-de-sac de Y mac, où ils se terminent. — D'autres, obliquement dirigés en bas et droite, se répandent sur toute la face supérieure du viscère. — D'autre ^s, plus volumineux, suivent sa petite courbure, à laquelle ils abandotmewmE un grand nombre de filets; puis, considérablement amoindris auvoisina^'C?^ du pylore, se réfléchissent de bas en haut pour aller se distribuer dans Ic^ foie. D'autres, enfin, plus élevés et réunis en un petit faisceau distinct t., cheminent transversalement de gauche à droite entre les deux lames cl ^ l'épiploon gastro-hépatique, se mêlent plus loin aux précédents, et pémè — trent avec eux dans le foie en suivant les divisions de la veine porte.
Le pneumogastrique droit, situé en arrière du cardia, fournit d'aboi un groupe de ramifications qui descendent en divergeant sur la face po térieure de l'estomac à laquelle elles sont destinées. Il se porte ensuite i arrière vers l'extrémité interne du ganglion semi-lunaire de son côté» formant une arcade à concavité supérieure, et se perd dans ce ganglio m\ ainsi que dans le plexus solaire.
NERF PNEUMOGASTRIQUE. 393
De ces deux nerfs, le gauche se termine donc principalement dans l'estomac et accessoirement dans le foie, le droit principalement dans le plexus solaire et accessoirement dans le premier de ces viscères.
Vite générale des nerfs pneumogastriques.
LiCS pneumogastriques sont des nerfs mixtes, auxquels viennent se joindre un grand nombre de fdets anastomotiques qu'on peut considérer comme autant de racines accessoires, et dont les innombrables divisions votit se répandre dans six grands appareils. Ils fournissent :
l** Â Tsippareil de la phonation : le laryngé supérieur, qui, après avoir dlon.né un filet au constricteur inférieur et un autre aucrico-thyroïdien,se tennine par le plus grand nombre de ses branches, soit dans la muqueuse dix larynx, soit dans les muqueuses adjacentes, d*où il suit que ce nerf est bes^ucoup plus sensitif que moteur; et plus bas, à Tentrée du thorax, le ï^urjngé inférieur, qui donne au cœur des fdets moteurs, à l'œsophage etàla ^""^-chée des filets mixtes, au larynx d'autres filets moteurs, et qui, contrai- ''^inent au précédent, est affeclé beaucoup plus au mouvement qu'à la «^lisibilité.
2^ A l'appareil de la respiration, les nerfs pulmonaires antérieurs et Postérieurs, dont quelques divisions sont destinées à l'œsophage, à la tra- ^^ée et au péricarde, mais qui s'épuisent essentiellement dans les bronches ^^T lesquelles ils s'étendent jusqu'à leur extrémité terminale.
3" A Tappareil central de la circulation : les rameaux cardiaques supérieurs qui viennent de la portion cervicale du tronc de la dixième paire ; \es rameaux cardiaques moyens qui émanent de la convexité de l'arcade des nerfs récurrents; les rameaux cardiaques inférieurs, qui naissent audessous des précédents, de la portion thoracique du pneumogastrique. Ces trois ordres de rameaux s'unissent à ceux du côté opposé e't s'entremêlent aux nerfs cardiaques supérieur, moyen et inférieur du grand sympathique pour former le plexus cardiaque.
i° A l'appareil de la déglutition : le rameau pharyngien, l'une des sources principales du plexus pharyngien, dont les filets se répandent en partie dans les lAuscles, en partie dans la muqueuse du pharynx; les rameaux œsophagiens supérieurs, qui partent des récurrents; les rameaux œsophagiens moyens qui viennent des plexus pulmonaires postérieurs ; et les rameaux œsophagiens inférieurs, qui naissent directement du tronc des pneumogastriques.
5" A l'appareil de la chymification, les rameaux si multipliés qui se distribuent au cardia, au grand cul-de-sac de l'estomac, à sa face supérieure, à sa petite courbure et à sa face inférieure.
6« A l'appareil de la chylification : les rameaux que le pneumogastrique gauche envoie au foie ; ceux, infiniment plus multipliés, que le pneumo-
394 NÉVROLOGIE.
gastrique droit abandonne au plexus solaire, et qui de ce plexus rayonnent vers Testoinac, le Toie, le pancréas, la rate et le tube intestinal avec les branches du tronc cœliaque et l'artère mésentérique supérieure.
Fonctions du pneumogastrique.
Pour la plupart des physiologistes, aujourd'hui le pneumogastrique est un nerf mixte dès son origine. Hais cette opinion a rencontré de la part de quelques auteurs une vive opposition basée sur des considérations à la fois analomiques et physiologiques. A leurs yeux, le pneumogastrique et le spinal constituaient une seule et même paire, qui avait pour racine sensitive le premier de ces nerfs, pour racine motrice le second, et qui serait ainsi assimilable à toutes les paires rachidiennes. Us font remarquer que la dixième paire se rend en totalité dans un ganglion, comme toutes les racines sensitives des nerfs spinaux, et que la onzième ne prend aucuae part à la formation de ce ganglion, comme toutes les racines motrices. Os •ajoutent que les excitants portés sur la portion intra-crânienne du pneumogastrique ne déterminent aucune contraction dans les muscles du pharynx, de Tœsophage et de Testomac. Ces arguments ont été développés surtout par Longet (1 ) .
La question qui domine tout le débat peut être ramenée à ces termes très-simples : l'irritation du pneumogastrique dans l'intérieur du crâne produit-elle, en effet, ou ne produit-elle pas des contractions dans les muscles auxquels il se distribue? Or, plusieurs observateurs affirment avoir constaté ces contractions dans les muscles du pharynx, de Fœsophage et de l'estomac. Parmi ces observateurs,je dois mentionner M. Cl. Bernard (2) et surtout M. Chauveau (3). Les expériences de ce dernier physiologiste ne permettent aucun doute à cet égard. Quant à la sensibilité de la dixième paire, elle n'a jamais été contestée. Nous pouvons donc admettre comme un fait aujourd'hui démontré, qu'il est à la fois sensible et moteur dès son point d'émergence.
Le pneumogastrique joue un rôle important dans la déglutition et la chymification, dans la phonation et la respiration. Il est doué en outre d'une remarquable influence sur le cœur.
A. Influenee du pBeuMOSMitriqae mirl« déslauy^n et îm ekymlfleallMi.
— Par les filets qu'il envoie à la muqueuse de la base de la langue et k relies qui tapissent les parois du pharynx, de l'œsophage et de l'estomac, il préside à leur sensibilité ; et pour chacune d'elles cette sensibilité peut devenir et devient fréquemment le point de départ de mouvements ré-
(1) Longet, Traité de physiologie ^ 3* édit., t. II, p. 512.
(2) a. Bernard, Rech. expériment. sur les fonctions du spinal, 1844, p. 30.
(3) Chauveau, Du nerf pneumogastrique {Journal de physioL, 1862. p. 109).
NERF PNEUMOGASTRIQUE. 395
/l0%es* Ainsi les aliments, en entrant en contact avec la muqueuse de la u^se de la langue, provoquent un mouvement de déglutition ; cette même j^BtoUbndiey lorsqu'elle est irritée par le contact des barbes d*une plume ou tott^ autre excitant, provoque des efforts de vomissement ; le bol alimen- I0ir^9 en parcourant la partie inférieure du pharynx et l'œsophage, dél^ffiûne de proche en proche la contraction des muscles sous-jacents ; en ^«^ecumulant dans Testomac, il produit les contractions vermiculaires de la ^^jtique miisculaire de cet organe.
pans toute cette succession de phénomènes réflexes, il s*établit un cercle dont la première moitié est représentée par les fibres sensitives des 0arCs de la dixième paire, lesquelles transmettent Timpression des aliments 0if des boissons à la substance grise du bulbe rachidien, et la seconde par \etkT% fibres motrices, qui apportent aux muscles Tinfluence incitatrice ^anée de cette substance. Lm faits suivants démontrent que c'est bien, 00 effet, par ces tubes moteurs propres des pneumogastriques que le bulbe f^bidien agit sur les fibres musculaires du pharynx, de Toesophage et de l'estomac :
V L'irritation de ces nerfs dans le crâne, selon la plupart des observateurs, éveillent les contractions de ces trois organes.
2* Après la section de leur tronc dans la région cervicale, le bol alimentaire ne traverse plus que difficilement l'œsophage ; la tunique musculaire de Testomac est paralysée ; les aliments introduits dans cette cavité sont imprégnés de suc gastrique à leur surface, mais non dans leurs couches profondes, ces aliments, par suite de l'inertie du viscère, ne pouvant plus être ramenés au contact de la muqueuse, f 3* Non-seulement ce sont les tubes propres des pneumogastriques qui
: président aux contractions de ces trois organes, mais en outre les expérien-
1 ees très-précises de H. Chauveau attestent qu'ils ne pourraient être sup-
{ pléés pour l'œsophcige et l'estomac par aucun autre.
L'influence du pneumogastrique sur la digestion stomacale ne se traduit
pas du reste par de simples phénomènes mécaniques. Elle s'étend aussi à
la couche glanduleuse de cet organe, dont l'action est très-notablement
modi^ée. Après leur division, le suc gastrique perd en partie ou complète-
ment son acidité; il est souvent neutre ou même alcalin, et alors impropre
stu rôie dissolvant qui hii est assigné. La perturbation jetée dans la sécré-
lion de ce liquide est plus prononcée encore lorsque les pneumogastriques
sont coupés à leur extrémité inférieure ou abdominale. M. Pincus a reconnu
îoe Je suc gastrique est dans ce cas constamment alcalin, qu'il n'a plus
faction sur les aliments, et que la muqueuse stomacale est injectée. Il a
^^oostaié aussi que ces effets sont dus à la section des filets sympathiques
«es pneumogastriques; ils sont plus prononcés lorsque la section a lieu
sur l^e.xtrémité terminale des deux troncs nerveux, parce qu'alors elle
^^'^^ prend tous les filets provenant du système nerveux ganglionnaire.
396 NÉVROLOGIE.
Les mômes phénomènes se produisent du reste sur toute la longueur du tube intestinal après la section des nerfs provenant de ce système.
B. Inflaenee den pneainosaatriqaefl «or îm phoBAtloii. — Lorsque l'on
coupe les quatre nerfs laryngés sur un mammifère, il devient aussitôt complètement aphone. L'aphonie est le résultat de la paralysie des muscles intrinsèques du îarynx. Les filets qui animent ces muscles n'émanent pas cependant des pneumogastriques proprement dits, mais de l'un des nerfs qui s'anastomosent avec ceux-ci ; ils proviennent de la branche anastomotique du spinal. Si l'on coupe, en effet, les racines de cette branche, la voix s'éteint graduellement, et Taphonie devient complète lorsqu'on incise les dernières. Au lieu de procéder à leur section, ce qui nécessite une grave mutilation, il est plus simple de les arracher, ainsi que le conseille M. Cl. Bernard, en saisissant le tronc de chacun des spinaux à sa sortie du crâne.: ce double arrachement est aussitôt suivi d'une aphonie complète et définitive.
Lorsqu'on divise les laryngés supérieurs, on ne paralyse que la sensibilité du larynx, et les muscles tenseurs de la glotte. La paralysie de ces muscles s'annonce par le relâchement des cordes vocales et la raucité de la voix. En rapprochant en avant les cartilages thyroïde et cricoïde à l'aide d'une pince, les cordes vocales étant alors tendues, la raucité de la voLx disparait immédiatement.
Si la division porte sur les deux laryngés inférieurs, l'aphonie est complète chez quelques animaux, incomplète chez d'autres ; il en est de même qui, après cette double section, peuvent encore faire entendre des cris très-aigus. Ces difl*érences sont dues uniquement, ainsi que Ta montré Longet, à Tinfluence de Tâge. Chez les animaux jeunes, la glotte est très-petite, et les cordes vocales, en se tendant, se rapprochent beaucoup, d'où la faculté pour eux de faire entendre des cris. Chez les adultes, la glotte étant beaucoup plus large, elles restent très-écartécs, et la production de la voix à cet âge n'est plus possible.
C. iBflaenee de« pnenaiosMitrlqaes «or l« re«plr«tloii. — CcS ncrfs communiquent à la muqueuse respiratoire la sensibilité exquise dont elle est
douée, et cette sensibilité est aussi la source de mouvements réflexes très-accusés. Qu'une parcelle d'aliment ou une goutte de liquide tombe dans le vestibule de la glotte, aussitôt tous les muscles extérieurs et intérieurs de l'appareil de la respiration entrent en convulsion pour l'expulser; qu'un corps étranger, si minime qu'il soit, se mêle à l'air que nous respirons, et vienne impressionner, irriter la muqueuse de la trachée et des bronches, les mômes muscles entreront en contradiction pour atteindre le même but. L'action des muscles extérieurs est alors évidente. Celle de la couche musculaire de la trachée et des divisions bronchiques, a été constatée expérimentalement par Longet, sur le bœuf et le cheval, en
NERF PNEUMOGASTRIQUE. 397
somjmettant chez ces animaux le tronc et les branches des pneuinogastriqvacs à rinfluence immédiate des irritants mécaniques et galvaniques.
lia section de ces nerfs au niveau de la portion moyenne du cou suppx*iine si complètement la sensibilité des muqueuses trachéale,bronchique et, pulmonaire, qu'on peut les toucher, les irriter de toutes manières, les csLutériser même sans que Tanimal en ait conscience. Elle a en même temps pour résultat d'abolir toute contractilité ; 1*^ dans les muscles sous-jacents â o€s muqueuses ; â** dans les muscles qui s'associent aux phénomènes de 1a respiration en maintenant la glotte béante.
Cette paralysie des muscles dilatateurs de la glotte a été bien étudiée et
Pâ.pfaitement définie par M. Cl. Bernard. 11 résulte en effet de ses recher-
que les muscles du larynx sont soumis à deux influences nerveuses
n différentes : Tune, vocale, dépendante de la branche anastomotiquc
clui. spinal; l'autre, respiratoire, dépendante du pneumogastrique. Lors-:
^^-■^*on supprime la première, ces muscles sont paralysés au point de vue
^^ la phonation, mais non au point de vue de la respiration ; si Ton sup-
ï^^^^ime la seconde, un phénomène inverse se produit. — L'influence vocale
transmise en partie par les laryngés supérieurs, en partie par les ré-
^rrents ; et l'influence respiratoire exclusivement par ces derniers.
la section des deux nerfs récurrents a donc pour effet de paralyser ^nplétement, au point de vue de la respiration, tous les muscles du la-
^T^x. Si l'animal soumis à l'expérience est jeune, il succombe rapidement; ^ ^1 est adulte, la mort a lieu aussi, mais dans un espace qui varie d'un à ^^^nx jours. Chez l'un et l'autre, elle est due à une cause toute mécanique.
^8 muscles qui dilatent l'orifice glottiqne étant paralysés au moment où
colonne d'air aspirée se^ présente, les deu\ replis aryténo-épiglottiques
rapprochent, puis se juxtaposent au point de fermer l'entrée des voies
spiratoires. Plus l'inspiration est énergique, plus aussi l'occlusion est
Complète. Elle est très-complète surtout dans le jeune âge, les cartilages
'^ï^jténoldes, alors très-mous, se laissant facilement déprimer ; elle l'est
^Uoins chez l'animal adulte, ces cartilages ayant acquis toute leur solidité
^t restant un peu écartés, d'où l'introduction d'une petite colonne d'air
^t l'asphyxie plus lente qu'on observe à cet âge.
La section des deux pneumogastriques à la partie moyenne du cou n'a pas seulement pour effet d'abolir la sensibilité de la muqueuse respiratoire, et de paralyser les muscles respirateurs internes; elle a encore pour conséquences un épanchement muqueux dans les bronches, Tengorgement des poumons, l'emphysème de ces organes, et une diminution très-sensible dans le nombre des inspirations.
D. iBflaenée dea pneainosafltriqaea fiar le eœar. — Le cœur, COmme
tous les muscles, est soumis à l'influence du système nerveux central. Mais cette influence n'est pas concentrée sur un point unique ; elle dérive
de toute l'étendue de l'axe cérébro-spinal. Toutefois, parmi les diverse parties constituantes de cet axe, il eu est une dont l'action sur le cœur et prédominante : c'est le bulbe rachidien. Les pneumogastriques aiuqad: ils donnent naissance sont les intermédiaires de cette influence.
Lorsqu'on les coupe, les mouvements du cœur s'accélèrent, eu softi que leur division produit un efTet diamétralement opposé sur la circalatin et sur la respiration. En même temps que les pulsations cardiaque! augmentent de nombre, elles diminuent d'intensité.
Si l'on irrite ces nerfs, si on les soumet à l'action d'un faible coomi'
Pig. 5Ti. —1. Plancher du qiinlriùmc ventricule. — i. Pédoncule cérébelleux n — 3, Pédoncule cérébelleux mojen. — 4. Pédoncule cérébelleux inférieur. poslérieures. — 6. NerT glasso-phuryngicn. — 7. Nerf pneumogastrique. — 8, Itirf ■[ naissant de la portion cervicale de In moelle et du bulbe rachidien. — Ô, 9. Ligament dentd séparantcenerrdesriicinei untérieurei de la moelle. — 10,10. Racineaposrérieurei qui on été enlevées A gauchcpour montrer le spinal. — 11, 11. Sillon collatéral postérieur dont tt radicules de ce nerf sont très-rapprocliées — IJ, 19. Ganglions spinaux. — I.... VIII. l^ . huit paires cervicales. — I, [l, [II. Les troia premières paires dorsales.
Pig. S75. — 1. Tronc du facial; ton ganglion géniculé, duquel part le grand neifpétr«i sup^Giel.— 9,3. TruncduglosKt-pharjngien; «on ganglion, srianaalonioHt. —3,3. T^YW