MÉCANISME DE LA COLONNE VERTÉBRALE
lique, dans la station verticale, se trouve donc dans un état très voisin de l'équilibre. La direction horizontale de ses condyles contribue à consolider cet équilibre. Situés à droite et à gauche du plan médian, ils le consolident surtout dans le sens transversal. Moins efficacement soutenue dans le sens antéro-postérieur, la tète éprouve une légère tendance à s'incliner en avant, direction qu'elle prend en effet lorsqu'elle est abandonnée à l'influence de son propre poids. Pour combattre cette tendance, deux muscles puissants, les grands complexus, viennent s'insérer perpendiculairement sur l'occiput, et par leur contraction ramènent la tèto dans son état de rectitude, où ils peuvent la maintenir longtemps sans fatigue. Plusieurs autres muscles et le ligament cervical postérieur les secondent dans leur action. Ainsi placée entre deux forces diamétralement opposées, la tête représente un levier du premier genre, qui a pour point d'appui les masses latérales de l'atlas ; la résistance répond à la face; la puissance à l'occiput.
Chez les mammifères, oii les condyles sont plus rapprochés de l'occiput, et obliquement inclinés en bas et en avant, cette attitude exigeait une puissance plus énergique. Aussi voyons-nous chez eux les muscles extenseurs se développer; le ligament cervical postérieur atteindre ses plus grandes proportions; l'apophyse épineuse des cinq ou six premières vertèbres du dos s'allonger considérablement; et toutes les saillies, toutes les dépressions de l'occipital s'accuser beaucoup pins.
Le mécanisme en vertu duquel la colonne vertébrale se maintient en équilibre sur le bassin, diffère peu du précédent. Les viscères thoniciques et abdominaux, suspendus a sa partie antérieure, tendent incessamment à la faire pencher de leur côté, en la courbant de haut en bas. La tôle, dont la partie antérieure offre une légère prédominance de pesanteur, se joint à ces viscères pour l'incliner dans le même sens. D'une autre part, les muscles spinaux qui s'attachent à l'arc postérieur des vertèbres et h la partie correspondante des côtes tendent continuellement h la ramener en arrière. De même que le crâne, le rachis se trouve donc placé entre deux forces contraires. Lorsque ces deux forces se neutralisent, il conserve son état de rectitude ou d'équilibre.
Les deux forces qui, dans l'attitude verticale, tendent à imprimer aux vertèbres un mouvement de bascule, agissent sur elles par des bras de levier très inégaux. Celui de la résistance, étendu de la partie antérieure des corps vertébraux à leur partie- centrale, est très court; celui de la puissance, qui se porte de cette partie centrale au sommet des apophyses épineuses, est trois ou quatre fois plus long. La puissance se trouve donc ici favorisée. Ajoutons que les muscles s'insèrent sur son bras de levier, sous une incidence plus ou moins perpendiculaire.
Plusieurs conditions anatomiques viennent encore en aide à la puis-
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sance. — Kii arriôre. les ligamonls jaunes se coiiiportent à l'égard des vertèbres comme le ligament cervical postérieur des mammifères a regard de la tète ; ils représentent autant de ressorts plus ou moins te«- <lus qui contribuent à maintenir le tronc dans sa direction verticale. A rinfluence toute passive et permanente de la pesanteur des viscères, la nature a opposé une force physique toujours active, l'élasticité. L'action musculaire est une seconde force qui s'ajoute à la précédente, mais qui if intervient que dans certaines conditions et dans les limites nécessaires pour la compléter.
Le poids transmis à chaque vertèbre augmentant de haut en bas, le volume des corps vertébraux augmente aussi des supérieurs aux infi^ rieurs. Ces derniein?, beaucoup plus considérables, possèdent donc une somme de résistance en rapport avec les efforts qu'ils ont à supporter. Rappelons cependant que cet accroissement de volume ne se fait pas d'une manière égale ou proportionnelle au poids, et que la colonne vertébrale a pu être décomposée en trois colonnes plus petites. C'est à l'union des deux colonnes inférieures, c'est-à-dire au niveau de la quatrième ou de la cinquième vertèbre dorsale, que le rachis présente le moins de solidité ; ce point est celui qui devient le siège presque constant des déviations.
Les courbures antéro-postérieures sont aussi pour le rachis une condition de solidité, puisqu'une loi de physique nous démontre : que de deux colonnes semblables sous tous les autres rapports, dont l'une présente des courbures alternes, tandis que l'autre est rectiligne, la première possède une résistance équivalente au carré du nombre des courbures plus un. Mais nous avons vu que ce principe de mécanique ne lui est que très imparfaitement applicable.
Dans la station sur les deux pieds, quelle est la situation du centre de gravité du corps, et de la verticale passant par ce centre, relativement à la colonne vertébrale? Le centre de gravité du corps avait été assez vaguement déterminé par Borelli, qui le plaçait inter nates et pubim, ti. et E. Weber, en 1843, ont repris ce problème, et ont démontré, par une série de mesures très précises, que ce centre était placé, chez l'homme de stature moyenne, sur la partie médiane et centrale du corps de la cinquième lombaire, au niveau de la ligne transversale passant par le centre des deux têtes fémorales. Ce dernier fait était important; car on avait cm jusqu'alors que ce centre de gravité était placé bien en arrière de celte ligne, erreur due à la position presque horizontale qu'on donnait au bassin, tandis que celui-ci s'incline au contraire fortement en avant, ainsi que l'ont établi les recherches de Na^gelé.
Les mêmes auteurs ont constaté que la verticale passant par le centre de gravité était placée au-devant de la colonne dorsale, mais traversait