MÉCANISME DE LA COLONNE VERTÉBRALE
le ror|)S des promières vertèbres pcrvirales el des dernières verlèbres lombaires. Elle se rapproche donc beaucoup plus de la face antérieure du rachis que de la postérieure.
\V De la colonne vertébrale considérée an point de vue de sa mobilité.
ilonsîdérée sous ce dernier point de vue. la colonne vertébrale nous offre à étudier : des mouvements de totalité, des mouvements propres à chaque région et des mouvements propres à chaque vertèbre.
a. Mouvement de totalité. — Le rachis se fléchit et s'étend; il s'incline à droite et à gauche; il présente en outre un mouvement de circumduction et un mouvement de rotation.
Le mouvement de flexion est le plus étendu. C'est aussi le plus facile, le plus rapide, et celui qui met le moins <lc forces eu jeu. puisqu'il suflll d'une détente des muscles spinaux pour le produire. Dans ce mouvement, la colonne vertébrale se comporte à la manière d'un levier du troisième lîenre. entraînant le thorax qui fait corps avec elle. Sou point d'appui répond au sacrum, la résistance à son extrémité supérieure, et la puissance représentée par les muscles abdominaux à sa partie moyenne. L'action de ces muscles est d'autant plus énergique qu'ils s'attachent perpendiculairement à l'extrémité antérieure des côtes, très loin du point d'appui. Dans l'état de flexion, le ligament vertébral commun est relâché ; la portion molle ou centrale des ligaments interosseux est repoussée en arrière; leur partie antérieure s'affaisse ; la postérieure se tend; le ligament vertébral commun postérieur, les ligaments jaunes, interépineux et surépineux, se tendent également.
Le mouvement d'extension est très limité. Le rachis. qui s'incline si notablement en avant, dépasse à peine eu arrière la verticale; les apophyses articulaires, en s'appliquant les unes aux autres, imposent à son i^enversement dans ce sens des bornes qu'il ne saurait franchir. Dans ce mouvement, du reste, il représente aussi un levier du troisième genre ; le point d'appui occupe son extrémité inférieure, et la résistance son extrémité supérieure. La puissance constituée par les muscles spinaux se prolonge sur toute l'étendue de la colonne rachidienne; les saillies auxquelles elle s'attache étant très courtes, elle agit sur le rachis avec moins de force que dans le cas précédent. — Dans l'état d'extension, les ligaments surépineux, interépineux et vertébral commun postérieur sont relâchés; les ligaments jaunes sont moins tendus; la partie centrale des tibro-cartilages se reporte un peu en avant ; l'antérieure se tend, ainsi que le ligament vertical commun correspondant.
Dans l'inclinaison latérale, le mouvement est plus limité encore que dans l'extension. Sur la région dorsale, il est annulé par la tète des côtes. (|ui s'enfonce h la manière d'un coin entre les deux vertèbres adjacentes.
.m4 AKTHROLOGIE.
ol qui s'oppose par conséquent à leur rapprocboinonl. Aux lombes. Tobstacle principal vient des apopbyses articulaires, qui basculent difficilement de gauebe à droite ou de droite à gaucbe.
La circumduction dans laquelle le tronc décrit un cône à base supérieure s'accomplit surtout aux dépens de la colonne lombaire. Ce mouvement résulte de la succession des précédents.
La rotation est très obscure. Elle consiste dans un mouvement de torsion des ligaments interosseux. Mais la direction oblique des faisceaux fibreux de ces ligaments, la largeur et la résistance de ceux-ci, la conformation que présentent les apophyses articulaires, sont autant de causes qui concourent à la renfermer dans les plus étroites limites.
Il importe, du reste, dans Tétude des mouvements de totalité de la colonne vertébrale, de faire la part de ceux qui appartiennent à cette colonne, et de ceux qui appartiennent au bassin. Presque constamment ceux-ci viennent s'ajouter aux premiers, le bassin faisant corps avec le rachis; et comme il jouit d'une mobilité relativement très grande, ces mouvements, surajoutés à ceux de la colonne, en accroissent considérablement l'étendue.
b. Mouvements propres à chaque région, — Les trois parties du rachis ne présentent pas une égale mobilité. La supérieure tient à cet égard le premier rang : vient ensuite l'inférieure ; puis la moyenne ou dorsale, dont les mouvements sont presque nuls.
La région cervicale possède tous les mouvements généraux du rachis. — Elle représente un levier du troisième genre qui a son point d'appui sur la première vertèbre dorsale; la résistance occupe son extrémité supérieure : la puissance se trouve en avant ou en arrière, à droite on à gauche, suivant le côté vers lequel elle se porte. Ses mouvements de flexion, d'extension et d'inclinaison latérale, qui ont pour but final le déplacement de la tète, sont très prononcés.
La région dorsale présente à peine quelques vestiges de mouvements qui lui soient propres. Les côtes et le sternum s'opposent à sa flexion; les apophyses épineuses, en se recouvrant au niveau de son tiers moyen h la manière des tuiles d'un toit, ne lui permettent pas, dans son mouvement d'extension, de se porter au delà de la verticale. La tête des côtes, enclavée comme autant de coins entre les vertèbres correspondantes, paralyse le mouvement d'inclinaison latérale. — Inférieurement.. où le sternum fait défaut, où les côtes deviennent flottantes, où leur tête ne s'enclave plus entre les vertèbres, la colonne dorsale retrouve une certaine mobilité par laquelle la nature prélude à la mobilité plus grande de la colonne lombaire.
Cette dernière colonne est douée de tous les mouvements qui appartiennent à la région cervicale. Ses mouvements cependant sont moins étendus, et sa mobilité, d'une autre part, est plus grande supérieurement.
ARTICULATION OCCIIMTO-ATLOIDIKNNK. .)r>5
e. Mouvements propres à chaque vertèbre, — Les inouvemenls «généraux de la colonne rachidienne n'étant que la résultante des mouvements de chacune des pièces qui la composent, on pourrait penser que les seconds ne diffèrent des premiers que par leur moindre étendue. Hais en comparant les uns aux autres, on remarque que la différence est beaucoup plus tranchée. Dans les mouvements de totalité, la colonne rachidienne représente un levier vertical du troisième genre ; dans les mouvements partiels, chaque vertèbre représente un levier horizontal et antéro-postérieur du premier genre.
§ 2. — ARTIClJLATlOrs'S PROPRES A CERTAINES VERTÈRRES.
Parmi les articulations du rachis, celles qui répondent à son extrémité supérieure sont les seules qui s'éloignent de la disposition générale. Les modifications qu'elles présentent ont pour but commun d'unir la colonne verlébrale et la tête par les liens les plus solides, en laissant à celle-ci une grande liberté de mouvement. Pour atteindre ce but, les deux premières vertèbres du cou s'articulent entre elles, et toutes deux s'unissent à l'occipital. Nous nous occuperons d'abord de l'articulation occipito-atloidienne ; nous étudierons ensuite l'articulation occipitonxoldienne, puis l'articulation atloldo-axoîdienne.