II. — BlnMSarc tfc
Les tendons et les aponévroses d'insertion ont pour éléments essentiels des faisceaux de nature fibreuse, à la fois denses et flexibles, extrêmement résistants, auxquels ils sont redevables de leurs attributs les plus caractéristiques. Ils comprennent en outre, dans leur composition, du tissu conjonctif, des artères, des veines et des nerfs.
A. Faisceaux des tendons.
La disposition des faisceaux tendineux répète celle des faisceaux musculaires, ou du moins elle offre avec celle-ci la plus grande analogie. Pour rappeler cette analogie de constitution, je donnerai aux plus déliés d'entre eux le nom de faisceaux primitifs. De la réunion de ces faisceaux primitif» naissent les faisceaux secondaires , et du groupement de ceux-ci les faisceaux ternaires. Un grand nombre de tendons ne présentent que ces troi» ordres de faisceaux. Ce n'est que dans les plus considérables, conmie le tendon d'Achille, le tendon du triceps crural, et quelques autres, qu'on rencontre des faisceaux quaternaires. La segmentation est dune portée moins loin dans les tendons que dans les muscles ; elle est déjà arrêtée dans les premiers qu'elle continue encore dans les seconds; de là il suit que les faisceaux primitifs des tendons l'emportent, par leur volume, sur les faisceaux primitifs des muscles; par contre les fibrilles des faisceaux tendineux sont incomparablement plus nombreuses que celles des faisceaux muscu*
laires.
Les faisceaux ternaires et secondaires revêtent aussi la forme de prismes à trois, quatre ou cinq facettes. Mais les angles qui séparent ces facette» sont presque toujours plus ou moins émoussés, en sorte que les prismes ont une commune tendance à s'arrondir. Beaucoup de faisceaux sont en effet irrégulièrement cylindriques. Ils s'appliquent les uns aux autres par leurs facettes, et ne se trouvent alors séparés que par un faible intervalle. lA)rsqiie plusieurs faisceaux se correspondent par un de leurs angles, ceux-ci étant peu accusés, on observe au ni\eau de leur point de rencontre un espace d'autant plus grand, que le nombre des prismes, contribuant à le limiter, est plus considérable. Il n'est pas rare d'observer sur une coupe transversale des espaces circonscrits par quatre, cinq, et même six faisceaux, et offrant la figure d'un polygone irrégulier, comprimé ordinairement dans un simjs.
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(>l alloogé dans le sens opposé. C'est dans ces espaces interfasciculaires, de dimensions et de formes si différentes, et tous continus entre eux, que cheminent les vaisseaux et les nerfs.
Les faisceaux primitifs des tendons, moins nombreux, mais beaucoup plus volumineux que ceux des muscles, présentent une forme à peu près cylindrique. Les intervalles qui les séparent, bien que très-minimes, se voient avec netteté cependant sur les coupes transversales. — Ils se composent d'une innombrable quantité de fibres de tissa conjonctif de divers diamtMres, parallèles et immédiatement appliquées les unes aux autres. — On remarque dans leur épaisseur des cellules élastiques étoilécs^ nombreuses, tri*s-irrégulières, reliées entre elles par des prolongements de la plus extrême ténuité. Parmi ces cellules étoilées ou cellules plasmatiqueSj celles qui se trouvent les plus rapprochées de la périphérie des faisceaux s'éten- 'lent par leurs prolongements jusque dans les espaces interfasciculaires. — Ites fibres élastiques fusiformes, ou fibres de noyau, contribuent aussi à former les faisceaux primitifs des tendons. Toutes sont situées à leur surface, qu'elles recouvrent presque entièrement. Leur direction croise perpendiculairement celle des faisceaux autour desquels ou les voit s'enrouler en restant toujours parallèles. Leur longueur est très- variable, ainsi que leur diamètre et le nombre des noyaux échelonnés sur leur trajet. Ces fibres représentent manifestement, pour les fibrilles du tissu conjonctif, autant de liens circulaires qui deviennent pour chaque faisceau un moyen de condensation, et par suite un moyen de résistance.
B. Tfssu conjonctif des tnidons,
Le tissu coujonctif se comporte à l'égard des tendons comme à l'égard des muâcles. Il s'étale d'abord sur toute leur périphérie pour leur former une pilne générale. De la face interne de cette enveloppe partent des cloisons qui pénètrent dans les interstices des faisceaux , et qui constituent pour ceux-ci autant de gaines à calibre décroissant.
La gaine générale, mince et transparente, présente cependant une notable réMstance. Lorsqu'on soumcl à l'action de l'eau bouillante un tronçon de I ou 2 centimètres de longueur, elle se rétracte plus que les faisceaux. i4?ux-rîy découverts et libres à leurs extrémités, se renflent considérablement^ et sont comme étranglés vers leur partie moyenne par la gaine qui prend alors l'aspect d'un large lien circulaire. Cette enveloppe celluleuse des tendons se compose de fibrilles et de groupes de fibrilles se croisant en t'y» sens, mais dont la plupart affectent une direction transversale. C'est dans son épaisseur que rampent d'abord les vaisseaux et les nerfs, en échangeant de nombreuses anastomoses, afin de répartir d'une manière moins inégale les sucs nutritifs et l'influence nerveuse. Elle est donc remarquable (arsa richesse vasculaire, par sa vitalité, par la part importante qu'elle prend à la nutrition des tendons, et à la restauration de ces organes, lorsqu ils ont été blessés ou divisés. On peut la comparer avec Malgaigne au P^-riosIc ; elle en possède la structure et les attributions; elle joue aussi le mr-me rùlc à la suite de la rupture ou section des tendons.
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I^ . 'Mr. .;^;/r '.xomurir de» fai«ceaui le» artères et les «eines pénètrent d^'.t .*: ^n •r.'«:r*4..e*, en se divisant, subdivisant, s aDastumosant »iir '.'/.> ^•''''.iie de U-^r traj«'t. Lîles donnent ainsi nais^ince à de loague» v:r*''* 4 4/' 4 i^ tabulaires, di«p*s«'es sur un simple, dtmble ou triple ran;:. q .1 ^ffr>-'<* .«^t pi >• «-Ir-zantes dispositions et des variétés presque inflnies. ij^ ar'4'î' ». /r tu'^*^ a*ito>jr des principaux \. .-H*au\, comme autour d un aiA, t^'^^é'i^'tX par leur < on%e\ité aux fais4 eaux tendineux. tVest surtout dan« Ut ;fr%\ < *"[f^jf% iriterfaj^iculaire» qu'elles se multiplient et qu'elles êta* Uiti V/A !•- j'j**' *it l#-un xariétés.
I'afv#;'ji4> t.ir U p«^ripliene des faisceaui secondaires, les raisseaux donu**ii fi«j»M'»'#' a d^t ramifications de la plus extrême ténuité, qu'on voit I .f.'i'i sfT efffre le* faiM>'au\ primitifs. Chacun de ceu\-ci est donc entoure a iMi d i»u r^-^auy rnaift d un simple réseau de capillaires. Aucune ramiti* #4ii'/(i a/'^rfi* i!e ne pénètre dans leur épaisM'ur. Ils puisent leurs sui> fjijtnfjfi dt.'j» le* eapiilaire^ environnants, à l'aide de leurs cellules plasmataquet t\t,ui If* prolongements s'étendent jusqu'aux cloisons celluleuses.
1>^ % ij»*^aiji, «ur toute l'étendue de leur trajet, se trouTent situés dans 1 ' ;*4i»MMjr d«- «»'« (.loi«'>n9. Cest dans leurs mailles et autour de icurs prin-
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cipdes branches que se déposent les cellules adipeuses, assez multipliées souvent pour les voiler en partie et quelquefois même complètement.
D. Nerfs des tefidons.
Ces nerfe, dont j'ai donné aussi la description dans mon mémoire sur la structure des parties fibreuses , sont remarquables par leur nombre et leur lolume. Sous ce double rapport cependant, on ne saurait les comparer ù ceux des ligaments. Ils suivent assez exactement les principaux vaisseaux auiqueb fls se trouvent toujours accolés et parallèles à leur entrée dans la gaine des fendons et dans leurs premiers espaces interfasciculaires. Dans leur trajet ultérieur, ils les accompagnent aussi, mais s'en écartent fréquemment ou les croisent sous des angles divers.
De môme que les artères et les veines , les rameaux nerveux s'anastomo* »ent sur toute l'étendue de leur distribution. Us forment ainsi, dans l'épaisseur de la gaine commune et dans chacune des gaines qui en dépendent, auttot de plexus dont les mailles s'entrelacent avec celles des réseaux sanguins. Au niveau des arcades terminales des vaisseaux, les dernières ramifications nerveuses affectent une disposition très-simple : un filament unique, formé de trois, quatre ou cinq tubes seulement , passe perpendiculairement sur les piliers des arcades, puis les tubes se séparent et disparaissent. Ces tubes pénètrent-ils dans les faisceaux primitifs? se perdent-ils sur les parois des vaisseaux, ou simplement dans le tissu conjonctif ? se terminent-ils par des extrémités libres 7 toutes ces questions restent à résoudre.
L.es tubes nerveux des tendons offrent un double contour; tous sont [looniu d'une enveloppe , d'une couche médullaire et d'un cylinder axis. Oui qui composent les troncs présentent leur diamètre ordinaire ; mais à mesure que leur nombre diminue, leur volume se réduit aussi. Sur les divi- ?ions terminales il est d'une extrême ténuité, d'où les difficultés qu'on rencontre lorsqu'on cherche à déterminer le siège et le mode de leur terminaison.
Pour observer dans toute leur étendue la distribution des vaisseaux san- L'uins et des nerfs, il suffit, après les avoir soumis. à l'action des réactifs appropriés, d'en détacher une coupe transversale qu'on examine à un grossissement de 150 ou 200 diamètres. On voit alors le contour des faisceaux lemaires, secondaires et primitifs, les cloisons cellulaires qui les séparent, et toutes les divisions vasculaires et nerveuses qui cheminent dans ces cloisons et s'anastomosent entre elles, divisions qui forment un plexus annulaire pour chaque faisceau tendineux.
Quelles sont les attributions de ces nerfs répandus en si grand nombre dans les tendons? Dans les ligaments, ils président à la sensibilité toute spéciale qu'ils présentent. Mais les tendons ne sont pas sensibles, ou le sont à peine. Favoriser la nutrition , telle parait être leur unique destination. On sait en ^ffet que, chez les individus depuis longtemps paralysés, les tendons s'atro- ;>hient comme les muscles; j'ai pu constater qu'ils renferment dans cet état d atrophie une proportion beaucoup plus considérable de cellules adipeuses. 1 eur inOuence exclusivement nutritive explique leur étroite et constante
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relation avec les vaisseaux. Sous ce point de \ue, ils différent trùs-nolablemcat des nerfs moteurs qui, dans l'épaisseur des muscles, deviennent tout à fait indépendants des ramifications vasculaires.
§/i. — Composition ciiimiqur des muscles striés.
Les muscles striés ont été soumis à l'analyse par un grand nombre d'auteurs. Mais ces analyses ayant porté à la fois sur le tissu musculaire et U*'^ divers éléments auxquels il se trouve mêlé ont donné des résultats complexes qui doivent être considérés comme simplement approximatifs.
I.c tissu musculaire, comme la plupart des autres tissus de l'organismtN est remarquable par la grande quantité d'eau qu'il contient. Elle varierait, suivant Bibra, de 73 à 7li parties sur 100, et s'élèverait à 77 suivant Bemlius et Braconnot.
Le principe constituant des fibrilles contractiles est représenté par U fibrin$ musculaire ou syntonine de Lehmann, musculine de MM. Ch. Robit: et Verdeil. Cette substance a été longtemps confondue avec la fibrine du sang. M. Liebig, le premier, a démontré qu'elle en diffère très-notablemeiiL bien que les deux espèces de flbrines présentent la même composition éli*mentaire. — Immergée dans une solution extrêmement étendue d'acide chlorhydrique (1 partie d'acide pour 1000 parties d'eau distillée), la musculine Mf dissout assez rapidement; la fibrine coagulée se gonfle, prend un aspeit gélatineux, mais ne se dissout pas d'une manière sensible. — Les cendres dt* la musculine ne renferment point de fer, tandis que celles de la fibrine du sang en présentent constamment. — En outre, les expériences de Mageiidu' ont établi que la première est beaucoup plus nutritive que la seconde.
Dans l'eau qui prend une part si importante à la composition du iUya musculaire, on trouve, à l'état de dissolution : une certaine quantité dalbumine; un peu de gélatine; de l'inositc, matière sucrée isomère de la glyc(»<4'; plusieurs substances azotées, telles que la créatine, la créatinine, la sarkinc la sarkosine, lacidc inosique, et des substtnces formées en proportions variables de stéarine, de margarine, d'oléine, et surtout d'acide oléo-phospl torique.
L'analyse suivante, due à Berzelius, détermine les proportions des divrrprincipes qui entrent dans la composition du tissu mu^^culaire :
Eau 77|t7
Fibrine 15,80
r.élttine 1,W)
Albumine • 3,30
Sub»UiiireH M)lublf!i dans Iran 1 ,05
Substances mlublr.% dun% l'alaH»! S ,80
S«-)s inMiubles 0,08
Le» M*U s ilubles sont rcpréiscntés principalement par des phosphato acide» de potasse, et les sels insolubles pur le phosphate de chaux.