‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 12 sur 390 · DEVELOPPEMENT DES MUSCLES · texte numérisé non relu

DEVELOPPEMENT DES MUSCLES

n n'est aucun tissu dans Téconomie qui soit plus facilement attaqué par le suc gastrique que le tissu contractile^ il n'en est aucun qui soit plus nutritif. Aussi la chair musculaire est-elle , pour la plupart des peuples , l'alinoent qu'ils recherchent le plus, et celui dont ils se lassent le moins. Il en est de même pour un grand nombre d'espèces animales. « Remarquez , » dit Bichat, que la grande masse que représentent les muscles dans le corps B de Sous les animaux oflre aux espèces carnivores d'amples matériaux à

• leur nutrition. Ainsi la nature, en multipliant ces organes pour les besoins > de Tindividu qu'ils meuvent, semble-t-elle les multiplier aussi pour ceux » des individus que celui-ci doit un jour nourrir. En les formant dans

• chaque espèce, elle travaille pour les autres espèces autant que pour j* celle-là. B

Pendant les six premières semaines de la vie intra-utérine, les muscles striés, comme tous les autres organes, ne sont constitués que par la masse des cellules et noyaux embryoplastiqucs ; c'est seulement vers la (in du second mois que commencent à se dessiner leurs premiers vestiges.

La forme que revêtent les faisceaux primitifs au début de leur développement est encore un sujet de controverse.

L'école allemande, représentée par Schwann, Henle, Kolliker, pense que sar les points où se montreront les muscles, les cellules s'allongent pour Tonner les faisceaux primitifs. Si le faisceau est très-court, une seule cellule peut suffire pour son évolution. S'il est plus ou moins long, plusieurs cellules s unissent par leurs extrémités. Dans Fun et l'autre cas, le faisceau primitif prend l'aspect d'un tube qui formera le sarcolemme. Chaque tube renferme une substance granuleuse, semi-liquide, transparente. C'est aux dépens de cette substance granuleuse que se produisent les fibrilles; celles qui naissent les premières se déposent, en quelque sorte, sur les parois du sarcolemme; les autres s'appliquent aux fibrilles qui les ont précédées, et circonscrivent un canal central qui s'efface peu à peu à mesure qu'elles se multiplient. Ainsi, allongement d'une cellule udique, ou de plusieurs cellules qui se soudent en série linéaire pour former le sarcolemme; production successive des fibrilles contractiles qui remplissent la cavité de celte enveloppe, en se superposant de la circonférence au centre : tel serait le mode d'évolution des faisceaux primitifs d'après les principes de la théorie cellulaire.

Pour M. Ch. Robin, ce ne sont pas les cellules, mais bien les noyaux embryoplastiques qui forment le point de départ des fibres musculaires. Les fibrilles se développent en vertu d'une sorte de germination aux deux extrémités des noyaux, qui s'atrophient plus tard et se trouvent alors situés audessous du sarcolemme.

Dans l'une et l'autre de ces opinions, les fibres musculaires se constituent graduellement par les soudures successives de centres de formation primitÎTement isolés et distincts.

Les recherches auxquelles s'est livré M. Rouget l'ont conduit A une conclu-

ii MYOl/H.lL

Les gaines qui enloureal les faiiceaui se comportent envers ceu\H:i romme la gaine générale enten la masse totale da tendoo. Blés deviennent seulement de plus en plus minces à mesure qu'elles corresponde ot à ài^ fai«ceau\ d un pics petit volume. Les plus déliées sont donc celles qui entourent le« laisoeaui primitifs. C^t amincissement cependant ne se produit pas dune manière graduelle et régulière; au niveau des grands espaçai inteKa.w*icuIaires, toutes les gaines se confondant, la trame celluleuse reprend sur ces points plus d'épaisseur et d'importance.

Au ti»»u conjonrtif des tendons, se trou\ent miMécs quelques fibres élastiqufs filiformes, flans les cluis4)ns cellule uses, et surtout dans les grands espaces interfa<ciculaires,on remarque en outre, très-souvent, des cellult^ de cartilage qui sont constantes dans certains tendons, et qui répondent le plus habituellement à leur insertion. — A tous ces éléments s'ajoutent rncoiv des cellules adipeuses, dunt Texistence peut t>tre constatée, même chez les individus les plus émaciés, mais dont la quantité varie du reste avec le degré de Temhonpoint général.

f>. VaiMseaux de» tendons,

Uans un travail présenté à l'Académie des sciences (i), j'ai démontré que les tendons, considérés jusqu'alors comme tK^-peu vasculaires, recevaient au contraire un grand nombre d'artères et de %eines.

Os vaidseaui émanent de ceui du voisinage. Ouelques-uns, Irès-delie^, s épuisent dans la gaine et les faisceaux superficiels. Les autres, plus développés, sont muni» de leurs tuniques musculaires. Tou< s'anastomosent dans l'épaisseur de l'enveloppe commune : par leurs communications multiplié«*s ik forment un très-beau réseau à mailles inégales et irrégulière;^, sur lequel se détachent de distance en distance les artères et les «eines principales.

De l'enveloppe Ci>mmune des faisceaux les artères et les veines péiM'treut dans leurs intervalles, en se divisant, subdivisant, s'anastomosant sur toute 1 étendue de leur trajet. Llles donnent ainsi naissance à de longue* séries d'arcades vasculaires, disp<>s«''es sur un simple, double ou triple ranc. qui offrent les plus élégantes dispositions et des variétés presque infinie-. Ces arcades, groupées autour des principaux \./.^H'aux, comme autour d un aie, répcmdent par leur convexité aux faisceaux tendineux. Ces! surtout dan» \t9 grand > espaces i n te rfascicul aires qu'elles se multiplient et qu'elles eta-> lent tout le luxe de leurs variétés.

Parvenus sur la périphérie des faisceaux secondaires, les vaisseaux don uent naissance à des ramifications de la plus extrême ténuité, qu'on voit s'insinuer entre les faisceaux primitifs. Chacun de ceux-ci est donc entoure aussi d un ré^eau , mais d'un simple réseau de capillaires. Aucune ramitication artérielle ne pénètre dans leur épaisseur» Ils puisent leur» sur? nutritifs dans le« capillaires environnants, à l'aide de leurs cellules pUsmatiques dont les prolongements s étendent jusqu'aux cloisons celluleuse».

I.es vai>seaui, sur toute IVlendue de leur trajet, se trouvent situés dans 1 épaisseur de ees cloisons. C est daii^ leurs mailles et autour de ieurs prin-

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