DÉVELOPPEMENT DES MUSCLES
enioure non-seulement les muscles et les viscères, mais il s'insinue jusque dans les mailles des principaux tissus; il procède en un mot, dans son accumulation , à la manière d'un liquide qui s'épanche et s'infiltre. Chez le second, il s'accumule à peu près exclusivement sous la peau; on n'en trouve point sous les aponévroses, point dans les intervalles des muscles, point ou InVpeu dans les cavités splanch niques. Il est très-abondant à la périphérie, où sa présence devient pour l'organisme entier un moyen de protection ; très-rare partout ailleurs , où il pourrait mettre obstacle au jeu régulier des fonctions.
Sous cette épaisse couche adipeuse qui donne à la surface du corps un aspect si caractéristique dans les premiers temps de la vie, on trouve donc des muscles à formes saillantes et bien arrêtées , n'offrant aucune trace de graisse , soit dans leurs intervalles , soit dans les interstices des faisceaux contractiles. Ces organes sont alors plus développés que ceux de la vie organique; ils sont en outre faciles à séparer, en sorte que le système musculaire à fibres striées peut être très-bien étudié sur le fœtus à terme et les jeunes enfants. Leur forme étant non-seulement très-accusée, mais plus pure, ils sont quelquefois préférables pour éclaircir un fait douteux ou résoudre une question controversée.
De la naissance à la puberté le système musculaire strié continue à se dé\eloppQr. Les faisceaux primitifs s'accroissent dans tous les sens, mais peu en épaisseur et beaucoup en longueur. C'est pourquoi les muscles larges restent minces et les muscles longs plus ou moins grêles. La couche cellulograisseuse sous-cutanée ayant en grande partie disparu, les formes sont plus élancées, presque aussi arrondies chez l'homme que chez la femme.
Après la puberté, les muscles qui ont acquis presque toute leur longueur croissent en épaisseur. Il ne se produit pas cependant de nouveaux faisceaux primitifs; mais ceux-ci , jusqu'alors assez déliés, augmentent de diamètre. Ce%{ surtout le corps charnu qui se renfle ; les tendons prennent une part beaucoup moindre à cet accroissement, d'où il suit qu'ils semblent alors relativement plu« petits. A cette époque, l'habitude extérieure, jusque-là peu «iifTérente dans les deux sexes, commence à revêtir ses caractères distinctifs. Chez l'homme, les saillies musculaires se traduisent au dehors, faiblement d'abord, d'une manière ensuite plus accusée. Si elles atteignent leur plus grand développement, on voit se dessiner à la surface du corps, chez les individus de constitution sèche , jusqu'aux interstices qui séparent les muscles parallèles. C'est ordinairement de trente à quarante ans que les formes présentent au plus haut degré les attributs de la virilité. Plus tard, !«' système adipeux se montre de nouveau, ou bien les muscles deviennent ak)in8 volumineux. Dans l'un et l'autre cas, les reliefs de ceux-ci s'affaiblis- ^nt; les formes tendent à reprendre leur rondeur primitive, sans être comparables cependant à celles du jeune homme. Chez ce dernier, elles sont arrondies, mais grêles et fermes ; après l'Age mûr, elles sont tantôt arrondies et fermes, mais alors plus épaisses, ce qui a lieu si le tissu adipeux prédomine : tantôt arrondies et grêles, mais plus molles, par suite de l'amaigris- '«'m«»ut ou du dépérissement commun des organes.
Chez le vieillard, les muscles participent à Tatrophie générale ; et commo ils étaient, parmi nos organes , ceux qui avaient pris le plus grand développement pendant la durée de la vie active, ils sont ceui aussi dans lesqucb cette atrophie se manifeste par les e/Tcts les plus sensibles. Apre» leur retrait, ils ne remplissent plus les gaines aponévrotiques qui les entourent; de U une sorte de flaccidité à laquelle vient s'ajouter encore leur mollesse plut grande.
Cette mollesse a été contestée, il est vrai, par quelques auteurs, qui regardent au contraire le tissu contractile comme plus dense à cet flge; iN invoquent surtout la densité que présentent en effet les chairs des animaui parvenus à un âge avancé. Mais cette remarque s'applique aux chairs soumises à la coction ; or, ce qui est vrai pour les muscles ainsi modifiés par le calorique ne l'est nullement pour les muscles à l'état normal. On pourra facilement le constater en comparant ces organes chez le jeune hommo et le vieillard ; ils sont évidenmient plus fermes et plus consistants chez U* premier que chez le second.
Dans l'extrême vieillesse , le tissu adipeux s'intiltre en plus grande aboiidance entre les divers faisceaux du tissu musculaire, qui prend alors tnV souvent une teinte jaunAtre. Souvent aussi on voit apparaître dans \e< faisceaux primitifs des globules de graisse, et parfois m<>me de véritable? cellules adipeuses.
§ 6. — Propriétés des muscles striés.
f.cs muscles striés présentent des propriétés physiques et des proprie i^ vitales. Nous passerons rapidement en revue les unes et les autres.