I. — Fr«prlétéii phytl^oM
Considérés sous ce point de vue, les muscles sont caractérisés par l«>ur vive coloration, par leur peu de consistance, par la facilité avec laquelle il* 9e laissent allonger et reviennent ensuite sur eux-mi^mcs : rougeur, molle^n^ extensibilité, élasticité, telles sont donc les propriétés physiques qui les di* tinguent.
A. Rougeur, — De toutes les propriétés physiques des muscles, la couleur est celle qui varie le plus. Entre la rougeur d'un Ion si vif qu'ils présonttiii chez l'homme d'un tempérament sanguin et la pAleur qui les caractén^' liiez la femme chlorotique, combien de nuances intermédiaires? Très-pril«*^ oussi dans la première période de la vie ftetale, ils commencent à se colon' r \ers le quatrième ou le cinquième mois de la grossesse, et ont déjil acqui» au moment de la naissance une teinte rouge qui les différencie très- nettement de tous les organes envinmnants. Sous rinfluence de la respiration qui sVtablit alors, ils prennent presque subitement une coloration plus \i\e dont Ij nuance S4* modifie ensuite dans le cours de l'evistence, suivant le tempéiu ment, le régime, l'état de santé ou de maladie, etc., en restant loutefui* «■n relation ronstonte a\ec le volume, c'est-à-dire avec la nutrition : dt^
PROPRIÉTÉS DES MUSCLES. U'd
muscles saillants, bien développés, sont toujours d'un rouge foncé; des muscles grêles, ou minces et comme membraneux, dans l'âge adulte, sont toujours plus ou moins pâles.
Nous avons vu précédemment que la rougeur n'est pas inhérente au tissu contractile, qu'elle a son siège dans l'appareil circulatoire, et qu'en faisant passer un courant d'eau dans les capillaires, les muscles se décolorent. C'est parce qu'ils empruntent leur couleur aux globules du sang qu'ils rougissent au contact de l'air; c'est pourquoi aussi ils sont d'un rouge intense dans les mammifères et les oiseaux, d'un rouge pâle ou blanchâtre dans les reptiles, et tout à fait blancs dans les poissons. Parmi ces derniers, cependant, il en est un petit nombre dont le système musculaire se distingue par une couleur rose ou jaunâtre qui leur est propre, et qui est due à la présence d'un acide particulier, Tacide salmonique.
Les capillaires ne pénétrant pas dans les faisceaux primitifs , la rougeur ne se montre qu'à la périphérie de ceux-ci. Les fibrilles élémentaires sont d'une extrême pâleur ; et les fibres musculaires elles-mêmes sont décolorées lorsqu'elles ont été dépouillées du réseau sanguin qui les entoure.
B. Consistance, — Les muscles possèdent une souplesse, une mollesse toute spéciale dont le degré varie avec leur volume. Lorsqu*ils sont trèsdéveloppés, leur fermeté est aussi plus prononcée. Sous l'influence de toutes les maladies, de toutes les conditions qui entraînent à leur suite une émanation générale , ils deviennent plus mous. On peut facilement apprécier ces dilTérences en posant une main sur les muscles d'un homme fortement constitué et Tautre sur les muscles correspondants d'un convalescent.
Dès que la vie a cessé, les muscles subissent dans leur consistance une modification remarquable qui consiste dans la perte graduelle de leur souplesse, et qui constitue le phénomène de la rigidité cadavérique. Bien que cette modification commence à se produire aussitôt que la circulation du sang est arrêtée, elle ne se manifeste par des effets sensibles que cinq ou six heures après la mort. Les muscles, jusque-là très-extensibles, acquièrent une roideur qui se prononce de plus en plus, arrive à son plus haut degré vers la douzième ou la quinzième heure, persiste dans cet état un jour, deux jours et quelquefois plus, puis disparait aux premiers signes par lesquels s'annonce la putréfaction.
La rigidité cadavérique est subordonnée, dans la rapidité de sa marche et dans sa durée, à la température. Elle parait plus rapidement dans les temps froids et dure aussi plus longtemps. C'est par les membres qu'elle débute, pour s'avancer ensuite des extrémités vers le tronc, à mesure que la chaleur ie retire. En se durcissant, les muscles ne se raccourcissent pas ; ils n'impriment par conséquent aux parties sur lesquelles ils s'insèrent aucune dénation. La rigidité les surprend dans l'état où la mort les a laissés, et elle les laisse dans le même état. Ce phénomène consiste dans une simple modification moléculaire des fibres charnues, qui leur enlève leur souplesse et leur extensibilité, mais sans rien retrancher de leurs dimensions.
C. Extensibilité, — Cette propriété est mise en jeu dans nos moindres mouvements ; car telle est la disposition des organes passifs et actifs de la
UU MYOLOGIE.
locomotion, qu'un muscle ne peut se contracter sans que le muscle oppo^* s^allonge. La contraction des extenseurs a pour conséquence l'eilention des fléchisseurs ; dans la flexion, ce sont les extenseurs qui s'étendent. En portant l'humérus en dehors, le deltoïde fait appel à l'extensibilité du grand pectoral, du grand dorsal et du grand rond ; et lorsque ceux-ci se raccourcissent, ils démontrent à leur tour l'existence de celte propriété dans le muscle abducteur du bras.
Il importe de remarquer que l'extensibilité a pour siège exclusif le corps charnu des muscles. Les tendons, presque aussi flexibles que ces organes, mais infiniment plus denses, opposent une résistance absolue i toutes les causes qui tendent à les allonger. La propriété que possèdent les mus^-lt^s de s'étendre n'est donc pas proportionnelle ù, leur longueur totale, mais â rétendue des fibres contractiles. Les plus superficiels, l'emportant sur le« autres sous ce rapport, sont aussi les plus extensibles.
D. Élatticité, — De même que l'extensibilité, l'élasticité appartient exclusivement à la portion charnue des muscles. Les tendons en présentent A peine quelques vestiges. Elle réside dans le sarcolemme des faisceaux primitifs et dans les fibres élastiques mêlées au tissu conjonctif intra-musculaire. Lorsqu'on coupe transversalement sur le cadavre un muscle quelconque au niveau de sa partie moyenne, on voit aussitôt ses deux moitiés s'écarter : c'est à leur élasticité, et à leur élasticité seule qu'elles obéissi'nl en s'éloignant ainsi l'une de l'autre.
Toute force qui met en jeu l'extensibilité des fibres contractiles, éveilli* aussi leur élasticité. Ces deux propriétés entrent simultanément en action et avec une égale intensité. Plus le muscle s'allonge, plus aussi rélasticitê augmente. La destination de cette propriété est de ramener les fibres à leur étendue normale, afin qu'elles puissent s*étendre de nouveau : résultat m important, que pour l'atteindre plus sûrement, la nature a placé à cOté de cette propriété toute physique une propriété essentiellement vitale, la tonicité musculaire. Pendant la vie, ces deux propriétés se renforcent mutuellement; elles agissent toujours ensemble ; leur action pour l'une comme pour l'autre est permanente.